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Kenneth BERTRAMS (Chercheur qualifié - 2007)

Parcours

"Etre chercheur? C'est à la fois un travail et un loisir pour moi", sourit Kenneth Bertrams. Et l'université est devenue sujet d'étude pour lui qui a consacré sa thèse aux relations entre les entreprises et les universités en Belgique de 1870 à 1970, soit du début des écoles d'ingénieurs à la première réforme institutionnelle belge. L'objectif de sa thèse est de montrer comment les entreprises vont soutenir la recherche et l'enseignement dans les universités. Comment les réseaux d'anciens étudiants vont ou non s'activer. Comment également les universités vont réagir à ces partenariats industriels. Comment l'Etat, en investissant plus - en particulier au lendemain de la 2e guerre mondiale - ou moins, va influencer ces interactions entre entreprises et universités.

En janvier 2004, Kenneth Bertrams défend sa thèse, il boucle ensuite une licence en philosophie entamée en Allemagne avec un mémoire sur le concept d'historicité chez Heidegger et à l'automne, il s'envole pour les Etats-Unis grâce à une bourse de la Belgian American Educational Foundation. Un flash-back en quelque sorte pour le chercheur qui avait consacré son mémoire d'histoire aux échanges culturels et scientifiques de 1945 à 1960, entre la Belgique et les Etats-Unis - pays où son père a grandi.

Kenneth Bertrams séjourne une année à l'Université Columbia, à New York. "Je souhaitais farfouiller dans les archives américaines pour collecter de multiples informations sur les notions de réseaux, de transfert, de société de la connaissance, de technocratie. J'ai notamment découvert là-bas le poids de la philanthropie des Américains même en dehors de leur territoire: ils ont misé sur le mécénat avec l'objectif d'une stabilisation politique. L'hôpital Saint-Pierre à Bruxelles en est un exemple, lui qui a été créé grâce au soutien des Rockefeller. Ceux-ci ne se contentent pas de financer, ils pensent le projet et l'orientent. J'ai d'ailleurs découvert dans les archives américaines que c'était les Rockefeller qui avaient insisté sur l'importance de la recherche au sein de l'hôpital alors que leurs interlocuteurs belges étaient plus orientés vers une vocation exclusivement clinicienne", explique le chercheur.

De retour en Belgique, Kenneth Bertrams poursuit sa comparaison sur les relations entre l'Etat, la science et l'économie en Belgique, aux Etats-Unis et en Allemagne. Petit à petit, un sujet de recherche se structure en lui : la société de la connaissance et plus précisément les mécanismes historiques qui lui ont donné naissance en Europe. Avec une question sous-jacente: ces mécanismes de relations scientifiques intereuropéennes ont-ils contribué à construire l'Europe ? Et une préoccupation: ne pas s'arrêter aux frontières de l'Europe mais intégrer dans cette réflexion les territoires des anciennes colonies et les Etats-Unis pour le rôle-clef qu'ils ont joué dans le développement des métropoles européennes. "J'étudie ce qu'on appelle le "long 20e siècle", c'est-à-dire à partir de 1880 environ. A l'époque, il existe des congrès ou des conseils internationaux, les chercheurs se rencontrent, l'Espace européen de la recherche est déjà en germe. A travers ma recherche, je compte montrer la construction européenne sous une perspective inhabituelle: non pas l'angle politique et économique généralement utilisé mais bien celui des relais formels et informels de la science et de la technique", souligne Kenneth Bertrams qui avoue n'en être qu'aux prémices.

Un axe pourtant émerge déjà, celui de l'expertise sur laquelle la société de la connaissance ne cesse de s'appuyer. "L'expert est celui qui vous dit comment il faut faire, qui sélectionne et qui cautionne. C'est sans doute un mieux mais c'est aussi un risque de faillite pour la démocratie: quelle est la légitimité de cet expert qui fournit la légitimité? Historiquement, les centres de production des sciences ont toujours été tenus par des élites. Y a-t-il démocratisation ou "élitisation" dans la société de la connaissance? Quel est le rôle des universités? Et le rôle des chercheurs souvent appelés à se mêler du débat démocratique, à donner leur avis sur la place publique mais aussi à jouer le rôle d'expert?", interroge Kenneth Bertrams. Lorsque l'historien cherche, le philosophe n'est guère éloigné?

Contacts

Kenneth BERTRAMS

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 3956, fax 02 650 4349,

Campus du Solbosch

ULB CP133/01, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles