Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
sommairesommairepage précédentepage précédentepage suivantepage suivanteimprimerimprimerenvoyerenvoyermarquermarquer

Emmanuelle DANBLON (Chercheur qualifié - 2004)

Parcours

De formation, je suis romaniste. Ensuite, j'ai suivi un DEA en sciences du langage à l'Université de Nice. Ceci m'a permis de me spécialiser en linguistique. J'ai également passé l'agrégation avant de décrocher mon doctorat, de nouveau à l'ULB, en orientation langues et littératures modernes. La linguistique est une discipline quelque peu particulière en philo et lettres car elle recouvre des allures scientifiques. Sans négliger le travail personnel, nous fonctionnons beaucoup en équipes, à l'instar de ce qui se fait en chimie ou en physique, pour ne citer que ces matières. Certes, nos groupes sont plus réduits, mais nous en retirons les indispensables échanges de données que ne peuvent pas se permettre certains chercheurs littéraires plus isolés.

Ma thèse portait sur les liens entre la rhétorique et la rationalité. J'ai repris les grandes théories de la rhétorique classique jusqu'à nos jours, et j'ai essayé de les réétudier à la lumière de la linguistique contemporaine, et en particulier à travers la question de l'émergence du langage et des capacités d'exprimer la rationalité par le discours. Ces capacités se sont développées selon les espèces - avec par exemple, comme étape clé, l'apparition du langage articulé ou de l'écriture - et s'étendent avec l'âge de l'homme. J'ai travaillé sur les conséquences de ces étapes pour l'expression de la rationalité ainsi que sur la relecture des capacités rhétoriques à partir de ces questions. En d'autres mots, sur les deux grands piliers de la rhétorique : la persuasion et la critique. Sur cette base, j'ai proposé un modèle de rationalité discursive. J'essaye notamment d'étudier comment fonctionne la persuasion, par exemple en allant rechercher des capacités qui nous viennent de loin, comme le mime. Celles-ci sont en effet réélaborées de façon plus complexe, afin de donner des éléments typiques de la rhétorique contemporaine, comme par exemple l'argumentation, indispensable pour la démocratie. Ma recherche étant assez large et transdisciplinaire, j'ai persévéré sur les thèmes de la persuasion et de la critique.

Le côté théorique du travail consiste en grande partie à se documenter et à reprendre les travaux d'autres personnes pour les critiquer en fonction de nos hypothèses. Nous fonctionnons sur base de corpus, autrement dit sur un échantillon de discours ou de langage humain à analyser. Ceux-ci sont choisis en fonction des thèmes que l'on travaille. Pour mon domaine, la rationalité, j'étudie les discours argumentés : textes politiques, de procès ou de circonstances (éloge funèbre, mot de bienvenue?). En les analysant et en comprenant la rationalité cachée derrière ce type de discours, surtout pour ceux de circonstance, on saisit qu'ils sont fondamentaux pour les liens sociaux. Et donc pour le maintien des structures de la société. Pour l'apport concret de ma recherche, étant donné que notre société a perdu l'usage de l'enseignement de l'argumentation - et de ce fait sa pratique au niveau des citoyens - il est important de montrer les dangers liés à ce déficit. Notamment en prouvant que la rhétorique est essentielle pour la démocratie.

Tout le monde travaille au nom de la liberté d'expression. Mais il existe un biais qui finalement bloque les échanges en pratiquant une rhétorique tournant à vide. Cela se produit dans deux cas : soit tous les avis sont considérés comme bons et c'est la mort de la discussion, soit on ne veut déranger personne et on ne parle plus de rien. Pour éviter ce biais, il est essentiel de réexpliquer au citoyen quels sont les outils de la critique, et comment ils fonctionnent.

Thèse

La justification argumentative. Vers une théorie de la rationalité (publiée le mai 2001)

Contacts

Emmanuelle DANBLON

Fac Lettres, Traduction et Communication

tel 02 650 4507,

Campus du Solbosch

ULB CP175, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles