Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Alexandra VAN KEYMEULEN (Chercheur qualifié - 2007)

Parcours

Les choix sont souvent le fruit de rencontres et de hasards... A son entrée à l'université, Alexandra Van Keymeulen choisit la chimie parce qu'elle avait eu à l'école secondaire un excellent professeur. Très vite, elle constate que si la discipline l'intéresse, elle devient passionnante lorsque le professeur expose ses travaux de recherche et surtout lorsqu'il évoque leurs perspectives en termes de santé? Alexandra Van Keymeulen choisit l'option biochimie et prépare son mémoire à l'Institut de recherche interdisciplinaire en biologie humaine et moléculaire (IRIBHM), au sein de la Faculté de médecine de l'ULB. Elle enchaîne avec une thèse sur un mécanisme moléculaire fondamental dans le cancer, celui qui occasionne la prolifération des cellules.

Sa thèse soutenue, la chercheuse s'envole pour San Francisco où elle prépare son post-doctorat. Elle y restera quatre ans et demi, axant ses recherches sur les mécanismes de migration des cellules qui entraînent la chasse des bactéries. Elle touche ici aux maladies inflammatoires sans oublier ce qui l'a motivée dès ses premières années de recherche, le cancer dont certains types présentent des mécanismes de migration dérégulés. "Le cancer constitue le fil rouge de ma recherche. Cette maladie est passionnante sur le plan fondamental: le cancer ne se déclare qu'à la suite d'une série de mutations. Il faut comprendre toutes ces mutations, identifier leur localisation, établir leurs éventuelles interdépendances pour tenter de comprendre pourquoi la maladie se déclare. Une telle complexité est stimulante sur le plan intellectuel. Par ailleurs, le cancer est aujourd'hui répandu et reste grave, parfois mortel: pour moi qui m'intéresse directement aux perspectives médicales concrètes de mes recherches, c'est très motivant de participer à une recherche qui contribue in fine à soigner ou à prévenir une telle maladie", souligne Alexandra Van Keymeulen.

Après son séjour à San Francisco, la chercheuse revient à l'ULB, au sein de l'IRIBHM. Depuis 2006, elle y étudie le rôle des cellules souches adultes dans le cancer du sein. Les cellules souches adultes - à ne pas confondre avec les cellules souches embryonnaires - jouent un rôle-clef dans l'organisme: elles contribuent au maintien de l'équilibre cellulaire dans les tissus et à la régénération des tissus endommagés. Particularité: ces cellules souches affichent une durée de vie très longue; elles sont capables de se renouveler et de se différencier selon les besoins. Plusieurs scientifiques pensent que ces cellules souches matures jouent un rôle-clef dans certains types de cancer. On a notamment pu mettre en évidence dans des leucémies, des similitudes moléculaires entre cellules souches adultes et cellules cancéreuses. Une hypothèse est désormais posée : les mutations à l'origine du cancer - ou de certains cancers - pourraient se produire au niveau des cellules souches adultes. Hypothèse d'autant plus séduisante pour les scientifiques que les cellules souches adultes vivant et se multipliant pendant une période longue, présentent le profil idéal pour accumuler des mutations oncogéniques variées. Reste une question fondamentale: les mutations oncogéniques apparaissent-elles dans des cellules souches normales ou au sein de cellules plus différenciées qui acquièrent ensuite des propriétés typiques des cellules souches telles que la longévité et l'auto-renouvellement?

"Découvrir dans quelles cellules survient le cancer est crucial. On sait en effet que les cellules souches adultes se divisent moins souvent que leur descendance. Or, la plupart des traitements anticancéreux actuels ciblent des cellules qui se divisent rapidement. Si le rôle des cellules souches adultes était démontré, on pourrait expliquer les récidives de nombreux cancers. Nous devrions remettre en question notre conception des traitements chimio et radiothérapeutiques. Mieux comprendre le lien entre tumeur et cellule souche ouvre des perspectives cliniques importantes tant pour la détection précoce des cancers que pour la mise au point de traitements", explique Alexandra Van Keymeulen.

Pour l'heure, la chercheuse observe sur le modèle murin (souris) le rôle des cellules souches mammaires en cas de cancer. Dans un deuxième temps, elle souhaite étudier les caractéristiques des cellules cancéreuses du sein prélevées chez des patientes. Et progresser dans ce lien à démontrer entre tumeur et cellules souches adultes.

Contacts

Alexandra VAN KEYMEULEN

Faculté de Médecine

tel 02 555 3017(4175),

Campus Erasme

ULB CP602, route de Lennik 808, 1070 Bruxelles