Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Véronique POUILLARD (Professeur-Assistant)

Parcours

Après des humanités classiques, Véronique Pouillard choisit d'étudier l'histoire à l'Université libre de Bruxelles, "j'ai apprécié l'ouverture de la discipline et la rigueur de l'enseignement, fortement tourné vers la recherche puisque dès la 1re candidature, on nous a mis des archives sous les yeux. Ce fut pour moi une véritable découverte", se souvient celle qui sera nommée en 2008 premier assistant à la Faculté de philosophie et lettres de l'ULB.

Au milieu des années '90, l'Université reçoit le fond d'archives d'Hirsch and Cie : magasins et ateliers bruxellois réputés, Hirsch and Cie reproduisait la haute couture parisienne, à destination d'une clientèle d'Europe du nord. Alors étudiante, Véronique Pouillard est plongée dans ces archives : elle décide de consacrer son mémoire de licence à Hirsch and Cie. Elle découvre alors un champ de recherche qu'elle ne quittera plus vraiment : la convergence entre histoire économique et démarche artistique. "Mes parents sont artistes peintres et j'ai toujours pratiqué les arts plastiques, ce secteur m'intéressait énormément", explique-t-elle. Licenciée en histoire, elle entame à l'ULB une thèse de doctorat : elle étudie la publicité à la fin entre 1850 et 1975, en Belgique.

"Au fil de mes recherches, j'ai constaté que ce sujet était en réalité international : si je voulais avoir une vision à long terme, je devais également étudier les influences transnationales, en particulier françaises et américaines. Les Etats-Unis se caractérisent en particulier par une spécialisation : alors que les agences du XIXe siècle comme Havas vendent de l'information, de la publicité et de l'espace média, l'agence américaine J. Walter Thomson vend, elle, uniquement de la publicité et son expertise dans la conception et la diffusion du message publicitaire. Cette agence new yorkaise s'implantera au 19e à Londres, puis, en 1927 à Anvers qui va devenir sa tête de pont en Europe continentale", explique la chercheuse. Le 11 septembre 2001 - eh oui -, elle s'envole vers la Caroline du Nord où elle poursuit ses recherches au sein de la Duke University.

En 2003, elle défend sa thèse et enchaîne aussitôt avec un post-doctorat : grâce au soutien du FNRS, elle revient à ses premières amours, l'histoire de la mode croisée avec l'histoire de l'entreprise. Elle s'intéresse à la manière dont la haute couture se démocratise (à travers la diffusion de copies notamment) sur fond de société de consommation, entre 1900 et 1970. Elle commence par étudier des archives en Belgique, pays qui a joué un rôle majeur dans cette démocratisation : proche de Paris, la Belgique est aussi francophone et surtout elle possède une industrie textile de grande qualité, de quoi faciliter les échanges avec les créateurs parisiens.

Véronique Pouillard décide d'élargir son champ de recherches une nouvelle fois aux Etats-Unis, acteurs de premier plan dans cette société de consommation. Elle part mener ses recherches à l'Université de Columbia, au sein du département d'histoire et de l'institut d'études européennes. "J'ai adoré ces deux années passées à New York. Le monde académique y est fascinant", avoue-t-elle et elle poursuit, "Considérée parmi les fleurons américains de l'éducation privée, l'Université de Columbia est une université de recherche qui compte plus d'étudiants en thèse ou en post-doctorat que d'étudiants "undergraduates". C'est une université très internationale, à la fois dans son corps académique, ses étudiants et ses enseignements. J'ai énormément appris dans cette ville. C'est un foyer de rencontres extraordinaires et cosmopolites et cela, ce n'est pas si différent de Bruxelles. En tant qu'historienne, ma première source d'information, ce sont les archives bien sûr mais j'apprécie aussi le contact avec des praticiens contemporains et New York compte plusieurs excellentes écoles de design. Ces rencontres, au-delà des témoignages qu'elles apportent, donnent souvent aussi accès à des fonds d'archives privés".

Lors d'un colloque, la chercheuse rencontre un professeur de l'Université Harvard. Suite à cette conversation, elle pose sa candidature là-bas et y obtient un nouveau post-doctorate. "J'ai rejoint le groupe d'histoire de l'entreprise qui est intégré à Harvard Business School. Pour la première fois, je ne travaille pas au sein d'un département d'histoire mais dans une école de commerce. C'est extrêmement stimulant de combiner des points de vue différents, des approches d'historiens et d'économistes. Harvard compte une communauté scientifique très soudée, qui interagit énormément : je compte y discuter ma recherche et terminer mon livre sur l'histoire économique de la mode", souligne Véronique Pouillard qui rejoindra la Faculté de philosophie et lettres de l'ULB à la rentrée académique 2009.

"De retour à l'ULB, je serai appelée à donner cours : j'ai déjà eu l'occasion d'animer des séminaires notamment, j'en ai gardé un très bon souvenir; ce sera aussi l'occasion de communiquer sur ma recherche. J'aime l'échange constant entre enseignement et recherche. Etre chercheur ? C'est se montrer créatif et développer des sujets pour lesquels on a une affinité. Personnellement, j'aime étudier la confluence entre histoire ou contrainte économiques et histoire artistique. J'aimerais dans les années à venir continuer de répondre à cette question centrale : quelle est la nécessité pour une économie d'utiliser des arguments esthétiques ?".

Contacts

Véronique POUILLARD

Faculté de Philosophie et Lettres

tel 02 650 4366, fax 02 650 3919,

Campus du Solbosch

ULB CP175/01, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles