Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Laurent BAVAY (Professeur-Assistant - 2008)

Parcours

"J'ai toujours été intéressé par les sciences historiques. Lors de journées portes ouvertes à l'ULB, j'ai découvert que l'archéologie correspondait parfaitement à mes attentes : elle combinait recherche en bibliothèque avec un travail de fouille sur le terrain, elle permettait un contact direct, matériel avec le passé", explique Laurent Bavay. A 18 ans, il s'inscrit donc en histoire de l'art et archéologie à l'ULB. "Je n'avais alors pas d'intérêt particulier pour l'Egypte mais c'est venu très vite, grâce à la personnalité captivante du professeur Tefnin", se souvient celui qui en 2008 a été nommé 1er assistant à titre définitif à l'ULB, titulaire de la chaire d'archéologie égyptienne.

Encore étudiant, il a la chance d'accompagner Roland Tefnin en mission sur un chantier dans le delta du Nil. "J'ai participé là à une fouille française, qui m'a permis de prendre conscience de ce qu'était le métier d'archéologue et de rencontrer des archéologues de différents pays : le virus était entré, il ne me quitterait plus", sourit-il. Sa licence terminée, Laurent Bavay devient assistant chargé d'exercice à l'ULB. Un emploi à temps partiel qui lui permet dès la fin des années '90 de participer à une quarantaine de campagnes de fouille partout en Egypte, au sein d'équipes française, allemande, anglaise, etc. "J'ai accumulé des connaissances à la fois du pays mais aussi de méthodes de travail différentes : l'archéologie française par exemple n'a rien à voir avec l'archéologie allemande. J'ai vécu là une expérience de terrain précieuse", précise-t-il.

Mais l'université l'appelle : il devient assistant de deux professeurs d'archéologie reconnus, Pierre-Paul Bonenfant et Roland Tefnin et se voit chargé en particulier de l'encadrement des stages de fouilles des étudiants qui ont lieu chaque été en France et en Belgique. En 1999, le professeur Tefnin met en place la première mission de l'ULB à Louxor : l'université obtient la concession de deux tombes qui deviendront le principal terrain de recherche de Laurent Bavay et où il réalisera sa thèse de doctorat. Situées non loin de la Vallée des Rois et de la Vallée des Reines, ces deux tombes se trouvent au coeur d'une nécropole privée, occupée par l'élite du Nouvel Empire. L'une d'elle - qui porte le numéro 29 - avait été construite pour un vizir, soit le premier personnage du royaume après le pharaon. Dans le cadre de sa thèse, Laurent Bavay étudie la céramique des niveaux post-antiques (c'est-à-dire post-pharaoniques) dont il trouve des témoignages dans ces tombes de Louxor.

"L'intérêt de ces tombes est aussi dans la diversité de leurs occupations. Nécropoles de hauts personnages, elles ont été réutilisées au fil du temps par des défunts de rang social moins élevé puis elles ont été transformées en lieux de vie par des anachorètes; elles sont ainsi devenues des ermitages chrétiens à la fin du 7e siècle; il y a une cinquantaine d'années, elles étaient encore habitées, après avoir été largement pillées au 19e siècle", explique le chercheur. Sa thèse de doctorat lui permettra d'étudier ces différentes occupations d'un même lieu et notamment de mettre au jour des vestiges de faïence fabriquée à Nimy. Il découvrira que la faïencerie hennuyère exportait abondamment vers le Moyen Orient à la fin du 19e siècle.

Sa thèse défendue en février 2008, Laurent Bavay poursuit son étude des deux tombes égyptiennes et de leur occupation depuis leur construction jusqu'à nos jours au sein du CReA, le Centre de recherches archéologiques de l'ULB : chaque année, une vingtaine de scientifiques de l'ULB et de collaborateurs extérieurs - spécialistes de l'écriture ou de la peinture égyptienne, experts en conservation, en botanique? - partent mener leurs fouilles sous sa direction. "En archéologie, au fur et à mesure que l'étude progresse, le chercheur découvre de nouveaux axes à explorer, il pointe de nouvelles questions à se poser. C'est passionnant de constamment remettre en question ses acquis, d'ouvrir de nouvelles perspectives scientifiques", souligne le chercheur.

Passionnant également de confronter son point de vue d'égyptologue avec celui d'autres spécialistes, comme il l'a fait, par exemple, dans une ARC (Action de recherche concertée) consacrée à l'étude de la céramique dans les sociétés anciennes - leur production, leur distribution et leur usage : de quoi offrir une vision transversale d'une même question à travers le monde méditerranéen.

Si l'Egypte est sa première passion, le chercheur ne limite pas ses travaux à ce pays. Impliqué dans l'encadrement de stages d'étudiants, il a obtenu un nouveau chantier en Bourgogne, sur le Mont Beuvray, l'ancienne Bibracte. "C'est un oppidum celtique fondé à la fin du 2e siècle avant JC. Devenu une porte d'entrée en Gaule pour les Romains, ce lieu a joué un rôle majeur dans notre histoire. François Mitterand en a fait un centre de recherches archéologiques européen réputé", précise-t-il, lui qui y emmènera cet été une quinzaine d'étudiants, pour une campagne de fouille commune avec l'Université de Bologne. "J'ai eu la chance de participer comme étudiant à un chantier en Egypte; en tant que professeur, aujourd'hui, j'ai envie de partager avec les étudiants cette expérience stimulante".

Contacts

Laurent BAVAY

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 2523, fax 02 650 4349,

Campus du Solbosch

ULB CP133/01, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles