Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Riccardo ARGURIO (Chercheur qualifié - 2005)

Parcours

Durant mes études, que ce soit à l'école ou à l'Université, j'ai toujours poursuivi un but : comprendre " pourquoi " plutôt que " comment " les choses fonctionnent. C'est certainement pour cela que je me suis inscrit en physique et non en polytechnique par exemple, et que j'ai préféré, sans hésitation, la physique théorique à la physique expérimentale.

J'ai commencé par étudier les trous noirs, dans le cadre de mon mémoire, pour me pencher par la suite sur la théorie des cordes lors de ma thèse. Il existe en effet un désir, que l'on peut qualifier d'esthétique, de voir sous une forme unifiée toutes les interactions connues dans la nature. Depuis le début, ce souhait est profondément ancré dans la tête des physiciens. Maxwell avait par exemple déjà unifié l'électricité et le magnétisme au 19e siècle, alors pourquoi ne pas unifier toutes les autres forces ? La théorie des cordes est une proposition extrêmement compliquée, maintenant presque trentenaire, qui recèle justement la possibilité d'unifier toutes les interactions. Elle stipule en effet qu'au lieu de recenser de nombreuses particules avec des noms différents, on observerait une seule corde " de violon " fondamentale. Celle-ci aurait plusieurs modes de vibration correspondant chacun à une des particules fondamentales que nous connaissons. A priori donc, un seul élément étendu pourrait décrire, à un niveau moins fondamental, de nombreuses particules connues.

Dans ma thèse, j'étudiais des objets encore plus étendus que les cordes : les (mem)branes à plusieurs dimensions. Après cette tâche, j'ai réalisé trois post-docs à l'étranger, très enrichissants à tous points de vue. Comme dans mon domaine nous pouvons travailler seuls, sans promoteurs ou projets particuliers, ces post-docs permettent notamment de se confronter aux ?uvres d'autres collègues, d'échanger des idées et d'étudier de nouveaux aspects de la théorie des cordes. Du point de vue pratique, il n'existe cependant pas de retombées pratiques de cette théorie, c'est de la recherche fondamentale. La communauté mondiale des chercheurs qui se penchent dessus est cependant très large et fort soudée. Nous publions en effet nos résultats presque en temps réel sur Internet, faisant ainsi de la recherche un effort collectif.

Ma nomination va me permettre de me focaliser davantage sur des problèmes à long terme. La réalité des post-docs, généralement d'une durée de deux ou trois ans, force malheureusement à publier rapidement des articles sur des sujets " chauds ". Les scientifiques sont ainsi fréquemment incités à réorienter leurs recherches, en tout ou en partie, vers des domaines portant à plus court terme à des résultats. C'est particulièrement vrai pour un sujet aussi vaste que la théorie des cordes. Grâce à cette stabilisation, je vais donc pouvoir étudier plus en profondeur certains sous-domaines. Je vais par ailleurs avoir la possibilité de participer aux tâches d'enseignement et d'encadrer des thésards.

Beaucoup de chercheurs sont confrontés à ce que l'on pourrait appeler communément une " guerre à la publication ". Heureusement, ce n'est pas le cas dans mon domaine. La chronologie de l'apparition des papiers sur Internet est plus importante que leur publication finale. De plus, dans la quasi totalité des papiers, la liste des auteurs est rédigée alphabétiquement, éliminant ainsi le problème d'ordre de citation des auteurs. Par ailleurs, si deux publications venaient, en peu de temps, à traiter du même sujet, cela serait accepté dans le milieu. Enfin, nous possédons un moteur de recherche qui comptabilise le nombre de citations de chaque papier. Cette mesure de " popularité " et " d'importance " fait généralement foi bien qu'elle génère parfois certaines frictions. Globalement, je peux donc dire que cela se passe bien chez nous, surtout quand on connaît les problèmes rencontrés par des collègues dans d'autres spécialisations...

Thèse

Brane Physics in M-theory (publiée le 8 juillet 1998)

Contacts

Riccardo ARGURIO

Faculté des Sciences

tel 02 650 5911,

Campus de la Plaine

ULB CP231, boulevard du Triomphe, 1050 Bruxelles