Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Stéphanie LORIAUX (Premier assistant - 2006)

Parcours

Dès mes humanités, je me suis fortement intéressée au néerlandais ; je ressentais une réelle envie de le parler. Cela peut paraître étrange comme démarche pour une Wallonne mais, avec deux parents germanistes, sans doute disposais-je de plus d'atomes crochus visà- vis de cette langue que mes camarades de classe pour qui elle était souvent totalement étrangère. Une fois à l'ULB, j'ai donc logiquement entamé des études de philologie germanique, avec le néerlandais et l'allemand comme options (à présent langues et littératures modernes, orientation germanique) et très vite, la littérature néerlandaise m'a fascinée au point de devenir le fil conducteur de ma carrière.

En licence, je suis partie à Amsterdam grâce au programme Erasmus. Ce fut un véritable coup de foudre, non seulement affectif car j'y ai rencontré mon mari mais également par rapport à la ville, à sa population, sa culture, etc. Cela m'a tellement plu que j'ai d'ailleurs réussi à obtenir une dérogation pour y refaire un second Erasmus. J'ai ensuite réellement commencé la recherche sur la littérature une fois ma bourse du FNRS en poche. Suite à un départ, j'ai pu bénéficier d'un poste d'assistante à l'ULB, une situation préférable à celle de boursier car je pouvais échanger avec les étudiants et les voir évoluer tout au long de leur cursus.

Pour ma thèse, j'ai travaillé sur la littérature coloniale féminine néerlandaise, un terrain jusque là fort peu exploré. Il faut dire qu'au XIXe siècle, les femmes écrivain étaient souvent caricaturées comme des « revendicatrices excitées », capables uniquement de produire une littérature de second rang. La littérature féminine était à cette époque réellement considérée comme le parent pauvre de l'écriture. Je me suis intéressée au contenu véritable de leurs écrits, et non à ce que l'histoire en avait retenu. Il en ressort un regard très complexe sur la société coloniale de l'époque, et un conflit identitaire profond, universel, qui s'illustre en réalité encore dans la littérature d'aujourd'hui.

Au départ de ma thèse, l'idée consistait à réaliser un corpus de toutes les femmes - une quarantaine - qui ont écrit sur les Indes néerlandaises. Je souhaitais les répartir en trois périodes : 1850-1900, 1900-1945 et de l'après guerre à aujourd'hui. Mais je me suis vite rendue compte qu'il s'agissait d'un travail de titan et j'ai donc centré ma thèse sur la première période afin de garder les deux autres pour plus tard. C'est ce qui m'occupe actuellement. Enfin, par le biais d'articles, je travaille aussi sur la problématique de l'écriture au féminin et sur la littérature féminine néerlandaise plus récente, notamment celle des allochtones, et sur la littérature postcoloniale en général.

Ma nomination tombe à merveille. Mon travail est de longue haleine et je vais pouvoir oeuvrer sereinement, et élargir l'horizon de mes recherches. Sans cette nomination, cela n'aurait peut-être pas été possible. De plus, je vais être chargée de deux cours de littérature. Un cours d'analyse de textes littéraires contemporains et un cours d'histoire de la littérature. Dans ce dernier, j'ai décidé d'initier les étudiants à la littérature néerlandaise des trente dernières années afin d'éveiller leur intérêt par le biais de problématiques contemporaines. Les cours de littérature font pour moi partie intégrante de l'apprentissage d'une langue. Les étudiants enrichissent bien sûr leur vocabulaire mais ils sautent également à pieds joints dans une autre culture. C'est ma passion pour cette altérité que j'espère leur transmettre.

Généralement, quand un Flamand apprend que je suis francophone et originaire de Charleroi, il cache difficilement son étonnement et me demande d'où provient cette passion pour le néerlandais. C'est vrai que je suis plutôt une exception, même si les choses changent petit à petit et que l'enseignement du néerlandais s'améliore en Wallonie. Mais les résultats sont encore nettement insuffisants. L'idée d'une Flandre méprisante, véhiculée à tort par les médias, n'aide d'ailleurs pas à stimuler l'apprentissage de la langue de Vondel.

Thèse

Luid tussen twee stilten. Vergeten vrouwenstemmen uit tempo doeloe. De Indisch- Nederlandse literatuur uit het negentiende-eeuwse damescompartiment (publiée le 15 novembre 2003)

Contacts

Stéphanie LORIAUX

Fac Lettres, Traduction et Communication

tel 02 650 3813,

Campus du Solbosch

ULB CP175, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles