Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Marius GILBERT (Chercheur qualifié - 2006)

Parcours

Au moment de choisir des études universitaires, j'ai opté pour les études d'agronomie à la Section interfacultaire d'agronomie de l'ULB (aujourd'hui Ecole interfacultaire de bioingénieurs). Ce curriculum m'a plu car il comporte un bagage scientifique très complet alliant sciences du vivant et ingénierie. En dernière année du grade, j'ai présenté un travail de fin d'études en entomologie forestière et j'ai postulé pour une bourse Wiener-Anspach afin d'effectuer un séjour de recherche à Oxford. J'ai eu la chance de bénéficier de cette bourse deux années consécutives durant lesquelles j'ai été chercheur-visiteur au Département de biologie de l'Université d'Oxford.

De retour à l'ULB, j'ai terminé ma thèse en 2001 sous la direction de Jean-Claude Grégoire à l'aide d'un financement du FRIA. Le sujet s'inscrivait dans le prolongement de mon mémoire qui portait sur un insecte ravageur, le grand scolyte de l'épicéa, Dendroctonus micans. Cette espèce envahissante occasionnait des dégâts importants dans nos forêts au début du siècle dernier, avant de se propager dans la seconde moitié du XXe siècle en France et en Grande-Bretagne. Mon apport a consisté en la prise en compte du paysage, de la dimension géographique dans l'étude des phénomènes de propagation. En effet, la cartographie et l'analyse des populations en fonction de leurs zones d'habitat permettent d'en apprendre énormément sur les conditions écologiques favorables à une espèce, ainsi que sur divers processus biologiques, comme par exemple la dispersion.

Après ma thèse, j'ai décroché un contrat de recherche financé par l'Institut bruxellois pour la gestion de l'environnement (IBGE) qui m'a permis de m'intéresser à une seconde espèce invasive, un petit lépidoptère qui s'attaque aux marronniers et occasionne des défoliations assez spectaculaires. L'étude de cette espèce m'a permis d'approfondir le développement de modèles d'invasions biologiques, en intégrant notamment le rôle des activités humaines qui participent sans le savoir, ou parfois délibérément, à la propagation d'espèces envahissantes ou de pathogènes.

J'ai ensuite pu bénéficier de trois mandats postdoctoraux successifs de collaborateur scientifique du FNRS. Pendant cette période, j'ai pu ouvrir mon champ d'étude en appliquant la méthodologie développée pour les insectes à d'autres systèmes, notamment aux maladies d'animaux d'élevage telles que la tuberculose bovine, la fièvre aphteuse ou la grippe aviaire en collaboration avec un groupe de recherches d'Oxford d'une part, et de la division de la santé animale de la FAO d'autre part. La thématique que nous développons permet de jeter des ponts entre une approche empirique basée sur des données de terrain d'une part, et des approches de modélisation purement théorique d'autre part. A l'avenir, nous aimerions accroître la collaboration avec des théoriciens et des groupes travaillant en génétique des population pour pouvoir intégrer la composante génétique, c'est-à-dire tenir compte de l'évolution génétique d'une espèce dans les modèles de propagation géographique.

Grâce à ma nomination, je vais pouvoir envisager ces recherches à long terme, notamment en me lançant dans des manipulations qui nécessitent un long suivi, développer notre équipe et diversifier les problématiques, ce qui permettra de dégager des caractéristiques communes à différents systèmes d'études.

Dans différents domaines, les résultats de l'analyse spatiale de la distribution de ravageurs ou de pathogènes se traduisent directement dans des outils d'aide à la décision pour les gestionnaires. La Région wallonne, par exemple, finance actuellement une étude sur le développement d'un système d'avertissement sur les scolytes qui devrait permettre de mieux organiser les opérations de lutte en cas de pullulations. À une autre échelle géographique, nous développons pour le compte de la FAO une cartographie de prédiction des risques de persistance et de propagation de la grippe aviaire en Asie du Sud-Est, basée sur une connaissance approfondie des systèmes agraires impliqués dans cette épizootie.

Thèse

Spatial Ecology of Dendroctonus micans (Kug.) (Coleoptera: Scolytidae) (publiée le 16 janvier 2001)

Contacts

Marius GILBERT

Service d'Epidémiologie spaciale

tel 02 650 3780, fax 02 650 2445,

Campus du Solbosch

ULB CP160/12, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles