Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Pierre VANDERHAEGHEN (Chercheur Qualifié - 2001)

Parcours

Le cortex cérébral constitue la structure la plus évoluée de notre cerveau. En corrélation avec ses fonctions élaborées, il se caractérise par la grande complexité de ses connexions neuronales, mais les mécanismes responsables de la genèse de ces connexions sont mal connus. En particulier, les parts respectives des mécanismes extrinsèques (apparentés à l'apprentissage), et intrinsèques (tels que des facteurs génétiques), restent controversées.

Nous avons récemment initié l'étude d'une famille de facteurs de signalisation neuronale, les ephrines, au cours du développement des circuits neuronaux du cortex " somatosensoriel ", la région qui intègre nos sensations tactiles. Cette région contient une "carte de représentation" du toucher, où sont représentées les différentes parties de notre corps. La comparaison des cartes de représentation chez diverses espèces ou individus montre que les différents composants de la carte (représentation des doigts, de la langue, des bras...) ont une taille relative qui reflète l'importance fonctionnelle de l'élément considéré. Ainsi chez l'homme, la représentation des doigts ou des lèvres est hypertrophiée, tandis que chez la souris ce sont les vibrisses (les moustaches qui lui servent de senseurs tactiles) qui sont surreprésentées. De même au sein de l'espèce humaine, les violonistes professionnels ou les aveugles lisant le braille présentent une hypertrophie de la représentation des doigts. Ces données établies au cours des dernières décennies font donc penser que la formation de la carte de représentation corticale dépend des contraintes fonctionnelles de l'environnement.

Au cours de nos recherches, nous avons montré que chez des souris transgéniques mutantes pour le gène d'une ephrine corticale, la carte de représentation du corps présentait une distorsion quant à la taille relative de ses constituants: la représentation des pattes est diminuée de taille, celle du museau augmentée, celle de certaines vibrisses augmentées ou diminuées. Des changements très réminiscents de ceux évoqués plus haut, mais cette fois-ci causés par un changement génétique et non par une adaptation à des facteurs extérieurs. Ces données ne remettent bien sûr pas en cause l'influence déterminante de l'environnement sur le développement cérébral, mais elles identifient des facteurs d'un autre type, intrinsèques et liés à nos gènes, qui agissent de concert pour façonner les connexions de notre cerveau et par là son fonctionnement.

L'identification de facteurs comme les ephrines capables de (re)spécifier le profil des connexions neuronales a ainsi des implications quant à notre compréhension du développement cérébral pathologique, notamment pour les maladies mentales d'origine génétique, et de la plasticité du cerveau adulte, en particulier dans la perspective de thérapies cellulaires des troubles neurologiques. Nous poursuivons nos recherches par la génération et l'analyse de nouveaux modèles transgéniques afin de déterminer plus avant l'influence in vivo des ephrines sur la forme et la fonction des cartes sensorielles corticales. Nous développons en parallèle un modèle in vitro de développement cortical en culture, afin d'étudier les mécanismes cellulaires d'action des ephrines, ainsi que les mécanismes moléculaires du contrôle de leur expression génique.

Thèse

Caractérisation de gènes de récepteurs olfactifs exprimés dans la lignée germinale mâle des mammifères (publiée le 09/05/1996)

Contacts

Pierre VANDERHAEGHEN

Faculté de Médecine

tel 02 555 4185(4186), fax 02 555 4655,
http://dev.ulb.ac.be/pvdhlab/

Campus Erasme

ULB CP602, route de Lennik 808, 1070 Bruxelles