Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Anne COURTOIS (Chargé de cours à titre définitif)

Parcours

"Clinicienne chercheuse ou chercheuse clinicienne, voilà comment je me définis", annonce d'entrée de jeu Anne Courtois. Nommée chargé de cours à titre définitif en 2008, Anne Courtois a tout au long de sa carrière associé étroitement pratique clinique, recherche et enseignement, "trois pôles qui se complètent mutuellement : la consultation est un peu un laboratoire en situation naturelle", insiste-t-elle.

Licenciée en psychologie de l'ULg, docteur en psychologie de l'UCL, elle devient chargée de cours à l'ULg et psychothérapeute enfant-adolescent et famille dans un centre de santé mentale du Brabant wallon dans lequel elle consulte toujours. Elle construit au fil de ses expériences des espaces d'échange et de recherche inter-universitaire. Ses référents théoriques sont la psychologie du développement et la systémique. Ces deux disciplines privilégient une approche globale et interactionniste : la personne est façonnée par ses milieux d'appartenance qu'elle transforme en retour. Les symptômes et la souffrance ont des étiologies multifactorielles.

Ses recherches portent sur trois volets complémentaires : le développement de l'enfant/l'adolescent dans les nouvelles configurations familiales, les arrêts de développement et les perspectives de traitement.

Elle s'intéresse tout d'abord à la qualité des ajustements entre l'enfant, la mère et le père. "Ainsi, la construction identitaire du bébé est liées aux "jeux" dans cette triade fondamentale : la manière de réagir du père ou de la mère face à l'enfant qui refuse par exemple de dormir influence l'attitude de l'enfant lui-même" explique Anne Courtois qui poursuit, "Ces ajustements ont pour toile de fonds la famille contemporaine (monoparentale, plurirecomposée, homoparentale, mère porteuse). Des enfants et des parents de "c?ur" s'adoptent mutuellement, d'autres se détruisent. Certains enfants ou adolescents s'épanouissent dans ces contextes familiaux mouvants tandis que d'autres éprouvent plus de difficultés à les vivre. Pourquoi ?".

Sa recherche porte également sur des arrêts et blocages survenant chez le jeune enfant et chez l'adolescent, deux étapes majeures du développement de l'individu. "En tant que chercheuse et que clinicienne, j'ai la conviction que l'individu cumule dès sa naissance des forces et des fragilités. Tout au long de sa vie, ces forces et fragilités peuvent se transformer : des événements de la vie, des réactions ou absences de réactions de l'entourage familial amènent l'individu à se construire et mener une vie " normale " ou, à l'autre extrémité, à s'engager dans la psychopathologie. Ainsi, dans une recherche Mini Arc, l'enjeu est de comprendre les facteurs de résilience en jeu chez de grands adolescents victimes d'attentats en Israël et en Angleterre. C'est étonnant de voir comment, face à un même événement, des individus vont réagir différemment; certains surmontent le traumatisme, d'autres n'y réussissent pas. De même, dans un projet mené avec l'hôpital Saint-Pierre à Bruxelles, il s'agit d'analyser l'aptitude à faire face de jeunes séropositifs depuis la naissance. Certains patients suivent leur traitement, se marient, envisagent même d'avoir des enfants tandis que d'autres patients se déconstruisent littéralement. Pourquoi ?", interroge la chercheuse.

Enfin, troisième volet de sa recherche : la psychothérapie. Anne Courtois tente de répondre à une question majeure : quels traitements novateurs peut-on proposer qui permettent à l'enfant ou à l'adolescent comme à ses parents de reprendre les rennes de leur vie ? Elle s'intéresse ici à une population clinique consultant pour des problématiques "psychosociétales" telles que l'enfant "tyran", les parents en perte d'autorité, les phénomènes de co-dépendance mère-fils, les passages à l'acte de violence? "Ces nouvelles problématiques chez l'enfant/l'adolescent et ses parents nous forcent à revisiter nos cadres conceptuels dans un va et vient incessant entre "praxis" et théorie", ajoute-t-elle.

Un quatrième volet de recherche est transversal aux trois premiers. "Dans la mesure où nos objets de recherche sont complexes, nos méthodologies sont souvent qualitatives et peuvent poser question dans le monde académique. Comment trouver des méthodologies rigoureuses qui prennent en compte la sphère émotionnelle et les contextes de vie naturels ? En tant que chercheur, nous devons être critique; en tant qu'enseignant, nous devons apprendre à nos doctorants une démarche réflexive. C'est pourquoi, nous avons mis en place un groupe de contact FNRS (ULB-ULg-UCL et UMH) que je préside, centré sur les méthodologies spécifiques à nos recherches cliniques et développementales", précise-t-elle.

Anne Courtois apprécie enseigner aux trois niveaux du cursus universitaire (BA, MA et formation continuée). "Enseigner est pour moi une remise en question perpétuelle, l'obligation de rigueur de la transmission. Je suis très attentive à rendre mes cours interactifs et confrontants, en discutant des concepts théoriques à partir d'exemples cliniques ou de questions de société notamment. La meilleure illustration de cet échange entre étudiant et enseignant est bien sûr le mémoire de fin d'études : l'étudiant doit alors prendre du recul par rapport à son objet d'étude et devenir le sujet de sa recherche. Mon message est toujours que l'étudiant est acteur de son savoir et que ce savoir doit se construire tout au long de sa formation mais aussi de sa trajectoire professionnelle. C'est d'ailleurs ce qui est passionnant dans le métier de clinicienne chercheuse ou chercheuse clinicienne", sourit Anne Courtois.

Contacts

Anne COURTOIS

Faculté des Sc psycho. et Education

tel 02 650 3276,

Campus du Solbosch

ULB CP122, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles