Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Franca BELLARSI (Premier assistant - 2005)

Parcours

Mon parcours s'avère quelque peu atypique. J'ai commencé à apprendre l'anglais, en autodidacte, à l'âge de 13 ans, afin de comprendre les paroles de la musique pop. J'ai tout de suite senti que la langue de Shakespeare faisait partie intégrante de ma vie.

J'ai décroché une licence en philologie germanique (anglais-allemand) à l'ULB, et, en tant qu'angliciste, j'estimais que ma formation ne serait complète qu'après avoir vécu un certain temps en Angleterre, l'attrait des langues et d'une littérature étrangère résidant aussi dans une autre manière d'être, une transformation du mental au quotidien.

Souhaitant d'abord acquérir une expérience pratique de la vie, je suis directement partie pour Londres après avoir remis mon mémoire. Suite à un concours de la Communauté française, j'étais initialement sensée y séjourner douze mois pour enseigner le français dans des écoles secondaires londoniennes. La capitale anglaise s'est révélée tellement formative et envoûtante que j'y suis restée six ans ! D'une part, j'ai encore travaillé dans l'enseignement secondaire, ce qui a constitué une préparation pédagogique cruciale lorsque j'ai, plus tard, encadré des étudiants en tant qu'assistante à l'ULB. D'autre part, comme la littérature me manquait, j'ai postulé pour une bourse auprès de la British Academy pour entamer une maîtrise à l'Institute of United States Studies (London University). Au cours de cette maîtrise pluridisciplinaire, j'ai pleinement découvert la poésie américaine contemporaine et j'ai commencé à songer à une thèse sur la Beat Generation.

De retour à l'ULB, j'ai donc, d'abord comme doctorante libre, entamé une thèse consacrée au poète Allen Ginsberg et à son occidentalisation du bouddhisme. En effet, si Ginsberg n'est pas un inconnu, le travail scientifique sur sa personne se révèle relativement déficient. Pour la première fois de manière systématique, ma thèse a montré que, depuis ses débuts jusqu'à la fin de sa carrière, on retrouve chez Ginsberg différents concepts et métaphores bouddhistes. Par ailleurs, en partie sur base de documents inédits, j'ai aussi démontré que, contrairement à ce qu'on avait affirmé, William Blake demeura une inspiration majeure de Ginsberg bien après 1963, au point que ce dernier tenta vers la fin de sa vie d'effectuer une synthèse entre son bouddhisme et le mysticisme de Blake.

Les poètes de la Beat Generation illustrent par excellence cette dynamique qui pousse des écrivains à pratiquer l'écriture presque comme une religion, mais chez qui la quête d'absolu débouche sur un mysticisme propre, compatible avec la libre pensée parce que réconciliant spiritualité, engagement politique et liberté individuelle. En outre, devançant de 50 ans le discours actuel, une conscience écologique radicale faisait partie intégrante de la religiosité de la Beat Generation, surtout sur la côte ouest des États-Unis.

C'est essentiellement cette composante écologique qui constitue le lien entre mes recherches d'hier et d'aujourd'hui. En approfondissant la tradition écologique dans la poésie américaine, je me suis intéressée au courant dit " éco-critique " et à la tentative de réconcilier Culture et Nature dans d'autres traditions poétiques, en particulier celles des sociétés post-coloniales, et tout spécialement dans la poésie canadienne d'expression anglophone. Cette dernière constitue mon principal pôle de recherche actuel, le cadre " écocritique " jetant des ponts importants entre l'université et le monde en crise écologique qui l'entoure.

Je ne considère pas du tout la poésie comme le " parent pauvre " de la littérature. Cet art se trouve fort marginalisé dans notre société, mais il fut un temps où il constituait un discours initiatique dont les auteurs étaient dignement considérés par leurs contemporains. La poésie n'est toutefois pas morte et, paradoxalement, elle permet à l'individu de s'affirmer par le langage tout en s'en déconditionnant. L'Homme en a donc plus que jamais besoin.

Thèse

Confessions of a Western Buddhist "Mirror-Mind" : Allen Ginsberg as a Poet of the Buddhist "Void" (publiée le 16 mai 2003)

Contacts

Franca BELLARSI

Fac Lettres, Traduction et Communication

tel 02 650 6747,

Campus du Solbosch

ULB CP175, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles