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Etude écocritique de la poésie canadienne d'expression anglophone.

En tant que paradigme en phase d'élaboration, l'"ecocriticism" s'est essentiellement développé outre-Atlantique au cours des dix dernières années. Dans les grandes lignes, ce courant ne rejette pas le postmodernisme, mais entend apporter certains correctifs importants à ce dernier. En particulier, la pensée écocritique reproche au postmodernisme d'avoir évacué à tort le concept de "Nature" de ses théories et de n'avoir pas suffisamment dépassé l'anthropocentrisme et le dualisme classiques dans sa critique de l'humanisme. S'étant profondément inspiré des oeuvres du philosophie norvégien Arne Naess et de sa 'Deep Ecology', le courant écocritique se veut résolument biocentrique et transhumaniste dans son étude textuelle de l'interaction de "l'humain" et de "l'inhumain", ainsi que dans sa conception théorique du rôle que peut jouer la littérature dans le combat écologique d'aujourd'hui. En conséquence de sa vision biocentrique, la pensée écocritique considère l'espèce ("species"), la biodiversité et la biorégion ("biodiversity" / "bioregion"), l'habitat ("dwelling") et l'étendue sauvage ("wilderness") comme étant des catégories critiques aussi importantes que celles de l'appartenance ethnique ("race"), sociale ("class") ou sexuelle ("gender"). Par ailleurs, l'approche écocritique remet en question la tradition naturaliste/réaliste, doutant que celle-ci puisse vraiment interroger la nature en tant que texte et le texte en tant que nature. Enfin, le courant écocritique vise à entretenir un dialogue beaucoup plus étroit entre la théorie littéraire et les structures du vivant que nous révèlent les sciences naturelles.



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Langue et littérature d'expression anglaise Langues et littératures Théorie de la littérature

biocentrism deep ecology nature wilderness