Ecologie chimique. [Chemical ecology.]
Les substances naturelles produites par les organismes au niveau de leur métabolisme secondaire jouent un rôle prépondérant dans les nombreuses interactions existant entre les êtres vivants qui partagent un même milieu, tant au niveau intraspécifique qu'interspécifique. Nous étudions plus particulièrement les phéromones impliquées dans la reconnaissance des conspécifiques chez les insectes ainsi que le rôle des médiateurs chimiques dans les relations plantes-insectes (défense chimique des insectes phytophages, mimétisme chimique par leurre sexuel). Les principaux taxa envisagés sont les fourmis, les termites, les chrysomèles, les coccinelles et le complexe orchidées-insectes pollinisateurs. Par ailleurs, la défense chimique des insectes vis-à-vis de leur ennemis naturels, soit autogène, soit dérivée de la plante hôte (séquestration des toxines végétales) est également envisagée. Les mécanismes enzymatiques permettant d'utiliser des toxines végétales sont analysés, ainsi que leur origine évolutive. L'évolution historique de ces relations est étudiée à l'aide d'hypothèses phylogénétiques basées sur données moléculaires (allozymes, séquences d'ADN). [Natural substances produced by organisms from their secondary metabolism play a major role in interactions (intra- or interspecific) between living organisms sharing the same environment. We focus on pheromones involved in conspecific recognition among insects but also on the role of chemicals in insect-plants interactions (chemical defense in phytophageous insects, chemical mimicry in deceit pollination). Taxa studied are ants, termites, chrysomelids, ladybirds and the orchid-pollinator complex. Moreover, the enzymatic mechanisms allowing the utilisation of plant toxins by insects are analysed, as well as their evolutionary origin. The historical evolution of these tritrophic interactions are disclosed using molecular technics (allozymes and ADN sequences). Genetic diversity between insect populations resulting from natural or artificial habitat fragmentation is assessed using molecular technics.]