
sujet de recherche

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Altruisme, curiosité et souci de partager mes
connaissances sont sans doute les traits de mon
caractère qui ont guidé mon parcours jusqu'à ce jour.
C'est donc par vocation que j'ai débuté des études
de médecine à l'ULB. Pour me « distraire » de ces
longues études, ma curiosité m'a menée à goûter à
la recherche durant ce cursus.

Convaincue que ma place était néanmoins auprès
du patient, j'ai poursuivi mes études en entamant
une spécialisation en médecine interne. J'ai alors
découvert la réalité et la dureté de la souffrance
des patients et combien à la fois le médecin était
peu formé à prendre en charge cette souffrance et
combien la médecine elle-même se préoccupait
avant tout de l'établissement d'un diagnostic à tout
prix, en délaissant le bien
être psychique du patient.
Afin de prendre du recul
vis-à-vis de cette souffrance
mais aussi de satisfaire mon
esprit curieux et soucieux
d'apprendre, j'ai alors débuté
une thèse de doctorat au
Laboratoire d'immunologie
expérimentale du professeur
Michel Goldman.

Je me suis plongée dans un
tout nouvel univers, où le
plaisir de comprendre, de s'étonner, de découvrir
était le moteur d'un travail de grande persévérance.
À l'issue de ma thèse de doctorat, j'ai terminé ma
spécialisation en médecine interne. Apres 15 années
d'études, j'ai alors décidé de continuer à savourer le
luxe de pouvoir apprendre et comprendre, et de faire
de la recherche mon métier. Un mandat de chargé de
recherche du FNRS m'a permis de rester encore trois
ans au Laboratoire d'immunologie expérimentale de
Michel Goldman où j'ai pu satisfaire mon plaisir de
partager mes connaissances en encadrant une petite
équipe et en donnant des cours d'immunologie en
Faculté de médecine.

Afin de continuer à évoluer et à m'enrichir, j'ai rejoint le
Laboratoire d'immunologie de Nicolas Glaichenhaus,
à l'Université de Nice Sophia-Antipolis. En tâchant
de comprendre les raisons de la protection conférée
par l'allaitement sur le développement de maladies
allergiques, j'ai formulé l'hypothèse suivante :
lorsqu'une mère qui allaite respire de potentiels
allergènes, ceux-ci pourraient, à l'instar des aliments,
passer dans le lait et être transmis au nouveau-né.
Cette voie de transmission d'un allergène permettrait
de façon particulièrement efficace de rendre l'enfant
tolérant à cet allergène. Les expériences réalisées
chez la souris ont permis de démontrer la validité de
cette hypothèse.

Grâce à ma nomination, je vais désormais continuer
ces recherches en les plaçant dans un contexte
plus général et avec plus de perspectives. Ainsi, je
m'attellerai à 3 points : (1)
Quels sont les mécanismes
impliqués dans l'induction et
le maintien de la tolérance et,
en particulier, quels sont les
facteurs présents dans le
lait maternel qui favorisent
l'induction de tolérance ?
(2) Est-ce que l'induction de
tolérance via l'allaitement
maternel peut modifier
le cours de pathologies
immunologiques autres que
l'allergie, telles les maladies
auto-immunes ? (3) Les observations faites chez la
souris sont-elles valables également chez l'homme ?
En insistant sur la persistance d'un lien entre le
nouveau-né et la mère via l'allaitement maternel,
ces travaux devraient permettre d'avoir un nouveau
regard sur les mécanismes de tolérance néonatale.
Ce projet devrait ouvrir également de nouvelles
perspectives thérapeutiques pour le contrôle de
maladies d'origine immunologique.

Enfin, une position définitive me donnera aussi
l'opportunité d'avoir une charge d'enseignement,
ce qui me permettra, outre le fait de transmettre
mon enthousiasme face à la richesse de la nature,
d'intégrer le regard « naïf » des étudiants dans le
questionnement de mes recherches.

La liberté m'apparaît comme la condition
nécessaire à l'éclosion d'une idée nouvelle
et la persévérance comme sa meilleure
nourrice. Traduite en expériences, cette
idée sera perpétuellement remise en
question mais, au fil du temps et en
intégrant les observations des autres, elle
évoluera et s'affirmera. Ainsi enrichie, elle
pourra éclairer des chemins inexplorés,
sources d'étonnement et, qui sait,
d'avancées thérapeutiques.

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