L'historique
Contexte de la création des P.U.B.
Vue aérienne de l’Université Libre de Bruxelles dans les années 1940-1950.L’idée de créer un organisme d’édition universitaire dans le courant des années ‘50 n’a pas été une proposition isolée. En effet, la naissance des Presses Universitaires de Bruxelles s’est inscrite dans un processus de mutation et de réadaptation initié par l’Université libre de Bruxelles dans la période de l’après-guerre.
Devant l’accroissement toujours constant de la population estudiantine (405 inscrits en 1859, 4114 en 1956) et par souci du sort moral et matériel des étudiants, l’U.L.B. a multiplié les services proposés afin de garantir leur bien-être au sein du campus.
Façade des actuels services médicaux de l’U.L.B.Ainsi, face à l’évolution des conditions de vie, l’Université inaugure en 1947 un Service social dont l’ambition est de venir en aide aux étudiants en situation difficile. En 1949, c’est un Service de médecine préventive qui est mis sur pied au sein duquel sont effectués des examens cliniques dans le but de lutter contre certaines maladies comme la tuberculose. A ce service vient s’ajouter, en 1955, un Centre de guidance (renommé en 1965 Service d’aide psychologique aux étudiants), chargé d’aider les étudiants sur le plan psychologique.
Ancienne crèche, avenue JeanneC’est donc dans ce contexte et consciente de l’importance de son rôle social auprès des étudiants que l’Université a poursuivi l’aménagement de son site par l’ouverture, en 1958, d’une garderie et d’un service d’édition. Nées de la collaboration entre les associations estudiantines, l’Université et l’Union des Anciens Étudiants, les Presses Universitaires de Bruxelles ont été constituées en association sans but lucratif.
Prélude à la création des P.U.B.
La nécessité de créer un organisme d’édition des syllabus est une question qui a été soulevée dès les années ‘40. À l’époque, le souhait est de créer un établissement analogue à ceux déjà existants dans le monde anglo-saxon. Ce n’est pourtant qu’à partir de 1952 que de réelles discussions sur le sujet voient le jour et soulèvent des conflits opposant les initiateurs du projet aux représentants du monde estudiantin. Pour les premiers, les Presses Universitaires de Bruxelles représentent un important moyen de diffusion des doctrines philosophiques et scientifiques de l’Université. Elles doivent servir tant le prestige de l’institution et du corps professoral que l’intérêt de l’apprentissage des étudiants. Pourtant, les offices étudiants, à l’origine de la collecte et de la vente de notes de cours, soupçonnent l’université de n’avoir trouvé cette solution que pour reprendre à son propre compte la vente et la production de syllabus. Cette guerre intestine entre instances universitaires et représentants étudiants, qui a duré plus de 6 ans, s’achève le 8 juillet 1958 par la création officielle de l’a.s.b.l. « Presses Universitaires de Bruxelles » en instaurant au sein de ce nouvel organisme un système de cogestion étudiants –anciens étudiants jusqu’alors inédit à l’U.L.B. En effet, les P.U.B. doivent leur existence à l’initiative conjointe de l’U.L.B., de l’Union des Anciens Étudiants (UAE) et de l’Association Générale des Étudiants (AG), qui se sont associées dans le but d’assurer la publication non commerciale des cours.
Les autres Presses Universitaires…
De manière générale, lors de leur création, les Presses Universitaires de Bruxelles sont une organisation relativement innovante dans l’ouest de l’Europe. En effet, en Belgique, en France et en Allemagne, l’édition et les publications universitaires sont le plus souvent prises en charge par des maisons d’édition ordinaires.
En Angleterre et aux Etats-Unis, beaucoup d’universités se sont dotées de « services de presses officielles » destinés à publier ou à imprimer les livres nécessaires à l’enseignement ainsi que des ouvrages d’érudition. Certaines ont acquis une renommée universelle. Citons les célèbres « Oxford University Press » et « Cambridge University Press », créées l’une en 1585 et l’autre en 1598.
Les universités ont tout intérêt à assurer elles-mêmes leurs propres services d’édition qui permettent la publication des travaux de membres de la communauté universitaire et une diffusion des avancées scientifiques les plus pointues. L’université, éditrice, bénéficie donc au travers de ses publications d’un rayonnement supplémentaire.
La mission des P.U.B.
Les Presses Universitaires de Bruxelles sont un organisme volontairement créé au service de la communauté universitaire et qui mène depuis toujours une véritable politique sociale. Dès leur création, les P.U.B. ont lutté contre les discriminations pratiquées dans les offices étudiants lors de la vente de cours, notamment, en appliquant un prix unitaire équivalent pour tous les cours et pour tous les étudiants et en garantissant à chacun de disposer de notes de qualité publiées régulièrement.
L’ ouvrage de Georges Papy : « Le premier enseignement de l’analyse », édité aux Presses Universitaires de Bruxelles, Bruxelles 1968. La mission des P.U.B. est également (ainsi que le mentionne l’article 3 des statuts) : … la diffusion, le développement et le soutien de l’enseignement ainsi que de la recherche scientifique. C’est pourquoi, en dehors de la production de cours, les P.U.B., quelques années après leur création, ont édité des ouvrages scientifiques tels que des publications de thèses, des ouvrages spécialisés, des rapports de mission et de recherches et bien d’autres écrits.
C’est donc pour l’accomplissement de ces différents objectifs que les P.U.B. maintiennent et développent des services de publication des cours , de réalisation de travaux d’imprimerie et ont ouvert des librairies spécialisées . Ces différentes activités leur permettent de surcroît de tenir une place de choix en qualité d’éditeur et de librairie universitaires.
Enfin, par le biais de l’impression de syllabus, les P.U.B. ont participé à une réforme de l’enseignement : en effet, l’existence des Presses Universitaires de Bruxelles a permis une modification des méthodes d’apprentissage dans le milieu universitaire. La prise de notes est allégée pour les étudiants. Cela permet de réserver l’attention des uns et des autres à la compréhension de la matière et de rendre les cours plus conviviaux grâce à une participation accrue des étudiants.
Les implantations des P.U.B.
Façade actuelle du bâtiment de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’U.L.B. au Square Jean Servais
Cliché de l’ancien atelier des P.U.B, situé dans les caves de la Faculté de Philosophie et Lettres.
Immeuble Lamertin au début des années 1970, après l’installation des P.U.B. Les Presses Universitaires de Bruxelles ont eu comme premier berceau un local de quelques dizaines de mètres carrés en-dessous de la Faculté de Philosophie et Lettres, un ancien « local à bicyclettes » qui donne sur le square Jean Servais. L’inauguration a lieu le 7 novembre 1958 en présence de nombreux professeurs et étudiants. C’est là que les P.U.B. vont prendre en charge la publication de cours et d’ouvrages divers durant plus de 5 ans.
Au début de l’année 1967 et suite au succès remporté par les Presses auprès de l’ensemble de la communauté universitaire, d’importants travaux débutent dans l’immeuble Lamertin, situé au 42, avenue Paul Héger, afin d’offrir aux P.U.B. un espace suffisant pour leur permettre d’améliorer leur production. Le 1er octobre 1967, les Presses élisent donc domicile dans leurs nouveaux locaux et remplacent ainsi l’ancienne librairie « Lamertin ». Aujourd’hui encore, leurs installations occupent trois niveaux du bâtiment tandis que les deux autres sont réservés à l’Université.
De 1972 à 1974, les P.U.B. sont associées à l’Unishop. Cet organisme, né dans le même contexte et à la même période que les P.U.B., propose à l’époque aux étudiants un service de papeterie. Le rapprochement entre ces deux organismes est souhaité par le Conseil d’administration. Durant cette période, les ouvrages de sciences humaines vont donc se vendre dans les locaux de l’Unishop, 22 avenue Paul Héger, tandis que les ouvrages traitant des sciences exactes sont accessibles aux P.U.B., au 42 de la même avenue.
Au début des années 70, les Presses Universitaires proposent leurs syllabus de médecine à la Maison Facultaire du Cercle de Médecine (MFCM), 162 rue aux Laines. Lors de la cession d’activités de la MFCM, le point de vente des P.U.B. est transféré dans le grand hall du bâtiment sis au Boulevard de Waterloo, 90. Elles y demeureront jusqu’à leur déménagement en 1991 vers le campus Érasme à Anderlecht. Les Presses Universitaires vont également disposer d’un point de vente satellite situé sur le campus de la Plaine. Ce dernier, implanté fin des années ’70, sera définitivement fermé au cours de l’année 1985.
Les P.U.B. de 1958 à nos jours
Un exemple de cogestion qui a porté ses fruits
Monsieur Félix Leblanc, président du Conseil d’administration de l’U.L.B en 1958. |
Monsieur le ministre Henri Janne, recteur de l’U.L.B. en 1958 |
Monsieur Jean-Pierre Gillet, administrateur de l’U.L.B en 1958. |
Monsieur André De Bluts, trésorier et secrétaire général de l’Union des Anciens Étudiants en 1958. |
Créées en 1958 sous l’impulsion de Roger Laurent, président de l’UAE, et à l’initiative du recteur Henri Janne, de Jean-Pierre Gillet - administrateur de l’U.L.B. et d’André De Bluts (à cette époque trésorier et secrétaire général de l’Union des Anciens Étudiants), ainsi que de Félix Leblanc, président du Conseil d’administration de l’U.L.B. et ancien administrateur, les Presses Universitaires de Bruxelles ont repris l’Office des Trois Cercles, l’Office des cours du Cercle des Sciences et celui de la Revue de l’Ecole Polytechnique. Dotées d’une autonomie juridique et financière et ne bénéficiant d’aucun subside venant de l’Université, les P.U.B. sont le premier cas de cogestion réelle au sein de l’Université.
De l’imprimerie à la librairie
Monsieur Serge Lion, premier directeur des P.U.B en 1958. |
L’ ouvrage de Chaïm Perelman : « Justice et raison », édité aux Presses Universitaires de Bruxelles, Bruxelles 1963. |
L’ ouvrage d’Eugène Dupréel : « Traité de Morale »,
édité aux Presses Universitaire de Bruxelles en 1967. |
L’ouvrage « Chimie Générale » de Lucia de Brouckère, édité aux Presses Universitaires de Bruxelles en 1968. |
Les objectifs que se sont fixés les Presses Universitaires de Bruxelles visent tant la publication de syllabus que l’édition d’ouvrages spécialisés. Un tel projet ne pouvait bien entendu être finalisé en une seule étape. En 1958, les P.U.B. ont donc entamé leurs activités par la publication de quelques 180 syllabus. En 1959, Jean-Pierre Gillet fait le choix judicieux de nommer Serge Lion comme directeur de l’a.s.b.l. Il ne faut que peu de temps à ce dernier pour faire des P.U.B. un réel organisme d’édition. Parmi les premiers ouvrages édités, on compte les travaux d’éminents professeurs comme Chaïm Perelman, Eugène Dupréel ou Lucia de Brouckère. Après avoir résolu certaines difficultés telles que la recherche de rédacteurs consciencieux parmi les étudiants, il faut établir une collaboration confiante avec le corps professoral. Cette dernière acquise, les P.U.B. prennent un départ en flèche.
Née d’une équipe d’à peine 5 personnes, les P.U.B. comptent maintenant 23 salariés qui travaillent au service de la communauté universitaire.
Aujourd’hui …
Aujourd’hui les Presses Universitaires de Bruxelles publient les cours enseignés à l’Université. Elles sont un organisme de première importance pour tous les étudiants et attirent un public d’Anciens toujours plus nombreux, grâce à une véritable polyvalence et un professionnalisme toujours renouvelé.
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