Extrait du syllabus de P. Bertelson "Le traitement de l'information chez l'homme" (1983-1984), pp. 149-151.
Nous vous recommandons de passer d'abord la situation expérimentale comme sujet naïf.
Pour plus de facilité, nous vous permettons aussi de faire apparaître l'applet dans une fenêtre pop-up que vous pourrez garder sous les yeux sous les yeux pendant que vous lisez le texte.
Démonstration
La découverte de la mémoire iconique est due à
George Sperling (1960).
Le point de départ du travail de Sperling est l'expérience classique de
détermination de l'empan d'appréhension. Si on présente au
tachitoscope un certain nombre d'éléments, de lettres par exemple, on
constate que le nombre de réponses correctes ne peut pas dépasser une
valeur de l'ordre de 4 à 5, indépendamment du nombre de lettres
présentées. Tant que le nombre d'éléments présentés
reste en-dessous de cette limite, tous les éléments sont reproduits correctement;
au-delà, la performance reste fixée à la limite, quel que soit le nombre
d'éléments qu'on présente. Cette limite est ce qu'on appelle l'empan
d'appréhension.
La notion d'empan d'appréhension a suscité beaucoup d'intérêt à la fin du siècle passé, après que Javal eût découvert le phénomène des fixations et des saccades: la présentation tachistoscopique devenait une façon de simuler ce qui se passe au cours d'une fixation. L'empan d'appréhension suggérait l'existence d'une limite fixe à l'information sensorielle qui peut être prélevée en une fixation.
L'idée que l'empan d'appréhension révèle une limitation de la quantité d'information sensorielle prélevée dans une présentation ne semblait toutefois pas en accord avec une impression que rapportaient souvent les sujets et qui était d'avoir vu plus d'éléments qu'ils n'avaient été capables d'en rapporter. Cette impression suggérait une autre interprétation de l'empan, qui était qu'il s'agissait d'une limitation d'ordre mnémonique.
L'apport essentiel de Sperling a été de trouver une technique qui a apporté une réponse claire à la question que nous venons de poser. Il s'agit de la technique du rappel partiel. Dans une de ses expérienes, il présente à chaque essai au sujet une matrice de trois lignes et quatre lettres chacune pendant 50 msec. Si on demande au sujet de reproduire tout ce qu'il a vu, on obtient environ quatre réponses correctes en moyenne. Dans la condition du rappel partiel, un son de tonalité élevée, moyenne ou basse, est produit au moment où la présentation se termine et la tâche qui a été indiquée au sujet est de reproduire uniquement la première, la deuxième ou la troisème ligne, selon la hauteur tonale du son. On obtient ici une performance de l'ordre de trois réponses correctes. Comme rien ne permettait au sujet de prévoir quelle ligne lui serait demandée, on doit admettre qu'immédiatement après la fin de la présentation, l'information nécessaire pour reconstituer neuf des lettres présentées se trouvait disponible quelque part.
Ceci a amené Sperling à l'hypothèse qu'une forme de représentation de la stimulation visuelle demeure accessible pendant un temps bref après la fin de la présentation. C'est Neisser, en 1967, qui a proposé d'appeler cette représentation icone.
La raison pour laquelle on ne pourrait pas reproduire neuf éléments dans le cas d'un rappel total serait que la trace iconique se détériore pendant que les premiers éléments sont reproduits et que, sur le temps qu'on arrive à avoir reproduit quatre ou cinq éléments, il n'y en a plus de disponible en mémoire iconique.
Le décours temporel de la mémoire iconique a été étudié par Sperling dans une autre expérience où l'indice de sélection était présenté non plus immédiatement à la disparition de la matrice mais après différents intervalles de temps. Les résultats (figure à insérer) montrent qu'en une seconde environ la performance tombe au niveau qui correspond au rappel total.
Forme du codage en mémoire iconique.
Deux propriétés principales sont généralement attribuées à l'icone.
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by Marielle Lange |