previous next Title Contents

LE RESEAU BIBLIOTHECONOMIQUE DE LA VILLE DE BRUXELLES : UNE SYNERGIE PEDAGOGIQUE - BILAN ET PERSPECTIVES.


________________________________________________________________

Mme Jany Clercy

Inspectrice de l'Education Permanente et de la Culture à la Ville de Bruxelles

Préambule :


L'exposé ci-après se base sur des témoignages d'équipes éducatives de tous les niveaux d'enseignement composées :
- d'enseignants responsables de bibliothèques et centres de documentation, de bibliothèques de classes, de cycles, d'écoles ;
- de directions ;
- de membres de l'inspection de l'enseignement fondamental ;
- de bibliothécaires professionnels issus des bibliothèques de l'enseignement supérieur non universitaire (la Haute Ecole[1]);
- de bibliothécaires professionnels travaillant dans le service public de la lecture.
Qu'il me soit permis de les remercier pour l'authenticité de leur témoignage et leur dynamisme constructif.

1. Le Réseau bibliothéconomique de la Ville de Bruxelles et ses particularités.


Le réseau précité compte des institutions de lecture publique et des bibliothèques d'école . Une proximité géographique lie les premières aux secondes.
En outre, la lecture publique et les bibliothèques d'école dépendent du même échevinat, celui de l'Instruction publique, ce qui facilite évidemment les synergies possibles.
Avant d'aborder le bilan des synergies possibles, définissons d'abord le service public de la lecture au sens du décret organisant le service public de la lecture, du 28/02/1978 :
"La bibliothèque publique est celle qui est ouverte à tous; qui par les services qu'elle organise à l'intention de ses lecteurs, par les collections de livres, périodiques, documents et autre équipement approprié qu'elle met à leur disposition, est adaptée aux besoins d'éducation permanente de l'ensemble de la population qu'elle est appelée à desservir; elle garantit en outre la protection des tendances idéologiques et philosophiques."
Soulignons, en passant, la notion d "éducation permanente" selon l'Arrêté du Gouvernement de la Communauté française, relatif à l'organisation du service public de la lecture du 14 mars 1995.
L'"éducation permanente" consiste en "toute action visant à favoriser l'expression et l'exercice d'une citoyenneté responsable, active et publique, impliquant une prise de conscience et une connaissance critique des réalités sociétales, des capacités d'analyse, de choix d'action et d'évolution, des attitudes de responsabilité et de participation active à la vie sociale, économique, culturelle et politique."
Nous touchons là, me semble-t-il, le coeur du sujet.
Les pouvoirs publics l'ont bien compris, puisqu'ils subventionnent les bibliothèques qui répondent aux critères précités par l'accomplissement de missions prévues selon leur catégorie, selon des structures et modes de fonctionnement bien définis. Ces bibliothèques, alors "reconnues", reçoivent des subventions - de la Communauté française et de la Commission communautaire française. Les pouvoirs organisateurs, tels les communes, complètent - en principe - ces subventions.
Les pouvoirs publics, en investissant de la sorte, sont conscients du rôle social important que doivent jouer les institutions de lecture publique.
Voyons où se situe le service public de la lecture de la Région de Bruxelles - Capitale par rapport à celui de la Communauté française de Belgique.
La situation est celle qui a été enregistrée au 31.12.95[2]. Le réseau bibliothéconomique de la Région vient en 4e position avec 48 institutions (reconnues ou non) pour 644.522 habitants, soit 68% d'habitants desservis par rapport à la province de
Namur : 49 institutions pour 275.441 habitants soit 64% d'habitants desservis.
Liège : 173 institutions pour 679.401 habitants, soit 72% d'habitants desservis.
Hainaut : 184 institutions pour 1.044.258 habitants, soit 81% d'habitants desservis.
Comme institutions reconnues, la Région de Bruxelles-Capitale propose :
2 bibliothèques principales dont 2 sises à Bruxelles-Ville;
6 locales - pivots dont 2 sises à Bruxelles-Ville;
25 filiales et dépôts dont 16 sises à Bruxelles Ville.
La Ville de Bruxelles connaît donc, par rapport à l'ensemble de la Région, une position privilégiée dans le service public de la lecture. Elle propose, à travers son territoire (de Bruxelles -Centre à Haren) des entités proches de ses institutions scolaires voire même y incorporées.

2. La synergie entre lecture publique et enseignement s'exerce donc naturellement des crèches à l'enseignement fondamental et secondaire.


Que propose la bibliothèque publique aux écoles et comment s'établissent les synergies avec la bibliothèque scolaire et/ou l'école ?
Les actions concernent les tout-petits (le public des crèches), l'enseignement maternel, primaire et secondaire. Elles proposent deux axes : la bibliothèque comme outil de travail et la bibliothèque comme source de plaisir de lire.
Ces deux axes existent depuis 20 ans dans l'enseignement primaire et depuis 10 ans dans l'enseignement maternel.

Axe 1 La Bibliothèque : outil de travail.


Par un contact personnel avec les écoles, les bibliothécaires incitent les enseignants à montrer le chemin de la bibliothèque publique. Ils proposent des visites du lieu, expliquent ses divers services, son fonctionnement et l'art de pratiquer des recherches par le biais des fichiers manuels et par l'informatique.
Ils apprennent comment consulter un ouvrage de références, expliquent la différence entre table de matière, index, glossaire...
Par le biais du comité de lecture, les bibliothécaires proposent aussi des sélections d'ouvrages aux enseignants.
Une brochure, "Nous avons lu," reflète la nouveauté et des livres sont sélectionnés pour l'enseignement primaire et secondaire.
Les bibliothécaires établissent, en outre, des bibliographies thématiques et proposent des dépôts de livres dans les classes et les bibliothèques d'écoles.

Axe 2 La Bibliothèque : plaisir de lire.


Là encore, le personnel bibliothéconomique s'active et propose des expositions qu'il monte lui-même ou accueille, selon des thèmes prévus, qui pourront être approfondis à l'école. Il invite des animateurs professionnels qui y intéresseront jeunes et adultes.
Des animations telles l' "Heure du conte"; les expositions; l'organisation d'opérations de lecture; l' invitation d'un auteur, d'un éditeur, d'un directeur de collection, d'un illustrateur; l' analyse d'une oeuvre, d'une collection, aboutissent à des échanges réguliers entre jeunes et bibliothécaires.
En outre, la bibliothèque qui, vous l'avez compris, cesse de représenter un lieu clos permet la réalisation d'ateliers : ateliers poétiques; ateliers "Mots et images"; ateliers de peinture avec des illustrations de livres pour enfants ... Les prix littéraires se trouvent également à l'honneur, tels le prix Verseele, le prix Paul Hurtmans attribué lors d'un Séminaire de littérature pour la jeunesse, doublé d'un "Salon du Jeune Lecteur".
Ce Séminaire a, comme public cible, les futurs formateurs (étudiants du département pédagogique de la Haute Ecole F. Ferrer), les élèves de l'enseignement primaire et/ou secondaire, les enseignants, les bibliothécaires, les éditeurs de littérature pour la jeunesse.
Ses buts ? réconcilier le jeune, l'adolescent avec le plaisir de lire; sensibiliser enseignés comme (futurs) enseignants à l'existence d'une littérature pour jeunes souvent méprisée car méconnue.
L'on rejoint ici les deux axes précisés : la bibliothèque, initiatrice du plaisir de lire et la bibliothèque comme outil de travail.
Les activités animant ce séminaire sont diverses : il s'agit
de conférences
d'ateliers relatifs
à l'écriture (chanson, conte, nouvelle)
à l'art de raconter
à l'exploitation d'une oeuvre en dehors du contexte scolaire
de rencontres entre les classes et les écrivains
entre les éditeurs et les auteurs ...
On constate le succès de la synergie entre la bibliothèque publique et les crèches pour les puéricultrices : conteurs/ conteuses, parents s'initiant à la "lecture pour bébés", par des livres à sucer, à toucher, à mordre...[3]

Les complémentarités avec l'enseignement fondamental (maternel et primaire) se passent le mieux du monde. Ainsi, chaque école, à la Ville de Bruxelles, a son coin BCD "Bibliothèque, Centre de Documentation", voire sa bibliothèque de classe.
L'usage s'en répand de plus en plus.
Cette volonté appartient le plus souvent à un projet d'école et initie les enfants les plus petits, ceux qui ne savent pas encore lire, au plaisir du LIVRE, grâce à un astucieux système de repérage par signes.
Il existe, par exemple, toute une méthode de classement par logos, par couleurs et par chiffres.
Chaque semaine, un nouveau sujet est abordé par les enfants qui viennent, - dans un local aménagé en trois parties : espace de recherche, espace "lecture plaisir" et espace "écoute" - chercher les livres en rapport avec ce thème.
Le système est parfois entièrement géré par les enfants.
Il s'adapte aussi aux enfants de milieux immigrés d'où le livre est souvent exclu.
L'enfant apprend l'autonomie, la consultation d'ouvrages de référence, tel le dictionnaire et de manuels scolaires.
Les synergies avec la lecture publique sont les suivantes : aide d'un bibliothécaire, voire d'une classe de l'enseignement primaire pour le classement ; dépôt de livres; venue à la bibliothèque pour une visite, des animations.[4]
Bref, la bibliothèque publique complète, comme cela a été évoqué plus haut, la tâche du pédagogue.
Qu'en est-il au niveau de l'enseignement secondaire ?
Là surgit un constat amer : la cassure, inacceptable au niveau du troisième degré. Créativité, curiosité, démarche intellectuelle visant non à "SAVOIR LIRE" mais à "VOULOIR LIRE" se sont évaporées.
Selon les enseignants consultés, il existe, dans certains établissements tant d'enseignement général que technique et professionnel, des bibliothèques de classes, de cycles et/ou d'écoles et, ainsi que je l'ai déjà signalé, une entité bibliothéconomique proche voire même incorporée à ces institutions.
Alors, que deviennent les acquis du fondamental ?
Là se pose un problème très vaste qui, me semble-t-il, relève d'un problème sociétal. Les prétextes les plus entendus quant au manque d'intérêt pour la recherche de l'information sont :
- la multiplicité des enseignants qui se succèdent dans une même classe, par opposition au système de l'enseignement fondamental;
- l'objectif de l'enseignement secondaire, soit la "préparation optimale aux connaissances de l'enseignement supérieur universitaire ou non", soit la préparation à un métier pour le technique de qualification et l'enseignement professionnel :
- on n'a donc pas "de temps à perdre" !
- la vastitude du programme à suivre ...
Bref, et je serai dure, un ramassis de lieux communs qui reflètent la succession de
générations bien pensantes où l'argument d'autorité, de notoriété l'emporte sur l'esprit critique.
Toutefois, reconnaissons-le, l'enseignant se trouve confronté à des générations qui manifestent :
- des faiblesses rédhibitoires en français. Les élèves produisent des résumés sans comprendre les termes qu'ils emploient. Le mot "hors du commun" ne les interpelle pas, ils le réutilisent, sans entendement.
- L'esprit critique développé dans la scolarité antérieure est remplacé par une culture de masse. L'élève ne différencie pas l'ouvrage sérieux de l'écrit empirique ou futile. "C'est écrit, donc c'est bon". L'élève "ne sait pas qu'il ne sait pas" : un
"profil" synthétique ou un "parcours fléché", des "pages choisies", une sorte
de "best of", cela lui suffit donc ?
Enfin, les nombreuses sollicitations extrascolaires amènent les jeunes à une véritable sélection intellectuelle où la "rentabilité scolaire" l'emporte sur la curiosité.
Et pourtant serait-ce du temps perdu que de continuer à pousser l'adolescent à poursuivre ses recherches, à alimenter son esprit critique, à dégager l'essentiel de l'accessoire, à choisir son information dans les deux axes précités : celui du savoir ou/et celui du plaisir ?
Toutefois, nous assistons souvent à une reproduction quasi inconsciente d'automatismes qui prônent une tête bien pleine.
Ceux qui font l'école, les enseignants, ont-ils peur - inconsciemment, je l'espère - de perdre une parcelle de leur pouvoir en distribuant non du savoir en infusettes, mais une culture vivante qui évolue et se forge selon chaque individu et le groupe avec qui celui-ci se trouve inévitablement en interaction. La culture est CONFRONTATION entre la personne et le milieu qu'elle fréquente. Cela fait sa richesse et sa vie.
Ne laissons pas au jeune un statut d'irresponsable, voire d'assisté. Encourageons ses efforts et rappelons que l'erreur est source de progrès, que le temps passé à "apprendre à apprendre" permettra au futur étudiant d'acquérir une attitude de vie, un comportement intellectuel qui l'aidera dans sa réussite scolaire.
Il y a, en chaque jeune, un potentiel "exploitable" - au sens noble du terme - à ne pas négliger.
Les capacités des élèves existent et sont mobilisables pour une série de "manipulations de base" : prise de notes en bibliothèque, recherche de références, consultation dans d'autres langues, utilisation d'une table de matières, etc..
Il faut donc aller plus loin que la simple restitution, c'est une nécessité sociale pour ne pas être entraîné dans une société duale. Effectivement, comme tout autre support d'information (multimédia - TV - autoroutes de l'information), l'écrit exclut.
Pour l'aborder, il faut du savoir, des prérequis, on doit pouvoir établir des connotations diverses, pensons à l' "hyper texte" sur Internet ; cela exige, par conséquent, un choix parmi les informations ... encore un nouvel apprentissage !
Les synergies entre lecture publique et bibliothèques de classe n'ont jamais eu tant d'importance !
Evoquons maintenant le volet de la Haute Ecole.
Là encore, alors que chaque département bénéficie d'une bibliothèque spécialisée, d'un personnel idoine (à la différence des autres niveaux d'enseignement), les bibliothécaires se plaignent de son sous-emploi, du manque de curiosité des étudiants comme des professeurs.
De tels témoignages restent heureusement à nuancer. Pourquoi ? Parce que les bibliothèques de la Haute Ecole sont conçues comme un réel outil de travail. Ouvrages de références, périodiques, ouvrages spécialisés, CD-ROM, installation d'Internet répondent aux besoins des étudiants en fonction de leur future profession. Mieux encore, des ordinateurs munis d'un traitement de texte permettent l'intégration immédiate de la recherche dans les travaux de fin d'études.
La bibliothèque cesse de symboliser un lieu de savoir "introverti", elle s'ouvre au monde grâce à l'apport des nouvelles technologies et les étudiants - souvent issus de milieux défavorisés - la fréquentent assidûment.. Elle se confond, pour eux, en un lieu indispensable; c'est d'ailleurs là son objectif.
Alors, pourquoi le désabusement témoigné par certains bibliothécaires ?
Parce que, trop souvent, ils constatent le manque d'esprit critique des étudiants.
Plus que jamais, la synergie avec l'institution scolaire doit se mettre en place. Si la plupart des enseignants connaissent les sources du savoir, ils méconnaissent parfois les techniques de recherche.
Il semble, en outre, que, quelle que soit la technologie proposée, certains étudiants soient réfractaires à l'usage des langues étrangères (en sciences, e.a.).
Beaucoup d'étudiants fréquentent donc la bibliothèque d'école mais, en dehors du renseignement nécessaire pour tel travail de fin d'étude, ne fournissent aucun effort d'investigation supplémentaire. Ils recherchent un renseignement, parce qu'ils le doivent; il reste à les inciter à dépasser cette étape, éphémère par définition, pour qu'ils s'attachent à des acquis durables.
L'engouement pour Internet installé à la Haute Ecole F. Ferrer de la Ville de Bruxelles et bientôt dans les deux bibliothèques principales ouvre une voie, mais là encore viennent seulement ceux qui le désirent pleinement.
Conclusion et perpective
Comment donc former ces savoirs en devenir, sinon en apprenant aux jeunes à "développer une vision personnelle, à défendre et à soutenir leurs idées dans le respect du point de vue d'autrui"?
"En les rendant disponibles à l'information, à son interprétation et à sa critique;
- en éveillant leur faculté d'adaptation, de mobilité, de souplesse, de communication;
- en éveillant l'esprit d'initiative, le sens des responsabilités, et de la critique face aux technologies nouvelles "
Pour ce faire, nous allons essayer, avec l'ULB, de mettre sur pied un programme d'initiation à la recherche documentaire, pour les rhétoriciens.[5]

Le projet englobe professeurs, élèves, futurs formateurs et bibliothécaires tant du service public que de la bibliothèque de classe.
La Promotion sociale de la Ville prévoit, si la dotation périodes le permet, des formations relatives à l'utilisation d'Internet.
Effectivement, voici longtemps que le livre est "cannibalisé" par d'autres supports de la pensée.
Il est grand temps que les programmes scolaires prévoient des cours d'initiation à la recherche documentaire, aux moyens audiovisuels et aux nouvelles technologies ! Sans quoi, nous allons droit vers une autre société duale, non plus celle où s'opposaient le riche et le pauvre, mais celle où l'illettrisme face aux technologies fera de la future société de la connaissance un nouveau "METROPOLIS" ( Fritz Lang).
L'école ne peut être une vie entre parenthèses; à chacun de permettre au jeune de devenir acteur de sa formation, tout au long de sa vie. A l'enseignement de plein exercice de lui inculquer, tout au long de son cursus scolaire, avec harmonie et suivi, ce désir d'autoformation. Devenu adulte, il pourra le développer en autodidacte ou en s'aidant des formations à lui proposées par les Universités, les Hautes Ecoles, l'Enseignement de Promotion sociale ou d'autres acteurs de formation.
Par la cohérence ainsi apportée au projet de vie de chacun, nous rejoignons les objectifs de l'éducation permanente, base d'une "citoyenneté responsable, active et critique".

Bibliographie

Questions de lecture J. FOUCAMBERT - Ed. RETZ/AFL - Paris 1989.


[1]

Les Hautes Ecoles regroupent - à la suite d'un décret - les instituts d'enseignement supérieur (type court et long) en une trentaine d'entités pour l'ensemble de la Communauté française de Belgique.
[2] Etat des lieux du service public de la lecture en Communauté française pour la revue "Lecture" de mai-juin 1996.
[3] (cf. cassette produite par le Centre Vidéo de Bruxelles et la Communauté française de Belgique - Ministère de la Culture et des Affaires sociales , Direction générale de la Culture et de la Communication - Direction d'Administration des Lettres et du Livre - Direction de l'Audiovisuel et Service de l'Education permanente - dans le cadre de la "Fureur de lire", "BOUQUINS CALINS")
[4] Contacts : - Centre Vidéo de Bruxelles - rue Royale Ste Marie 113 - 1030 Bxl. tél. (00 -19)2/216.80.39 - Fax (00-19)2/245.13.45
- Direction des Lettres et du Livre (CLPCF) bd. Léopold II, 44 - 1080 Bxl - tél. (00-19)2/413.21.18 - Fax (00-19)2/213.20.53
[5] Projet pédagogique de la Ville de Bruxelles.


previous next Title Contents