
Ci-Dit
Journée d'Etude, Université d'Oxford,
Royaume-Uni
12 octobre 2002
Formes et stratégies du Discours
Rapporté:
Approche linguistique et littéraire des
genres de discours
Kjersti
Fløttum,
Université de
Bergen, Norvège
Courriel: kjersti.flottum@roman.uib.no
Site internet: http://www.hit.uib.no/kiap/flottum_engelsk.htm
Présentation du
projet de recherche
Identité
culturelle en discours académique : nationale versus disciplinaire
(En norvégien : Kulturell Identitet i Akademisk
Prosa : nasjonal versus disiplinavhengig, ou KIAP)
http://www.hit.uib.no/kiap/index-e.htm
Quels sont les
facteurs constitutifs de ce que l'on pourrait appeler identité culturelle dans le discours académique ?
Une telle identité est-elle nationale (par exemple, existe-t-il une identité
académique spécifique pour les Norvégiens) ou est-elle disciplinaire (par exemple, existe-t-il
une identité spécifique dans la discipline de médecine) ? Telles sont les
questions principales que nous posons au sein du projet Identité culturelle
en discours académique. Notre corpus se compose d'articles scientifiques rédigés en
anglais, français et norvégien, tirés de trois disciplines différentes, à
savoir la médicine, l'économie politique et la linguistique. Les questions de
recherche seront étudiées à travers une analyse de l'utilisation et de la
distribution de quelques marques linguistiques sélectionnées, centrées autour
des points suivants :
Pour mener à bien
ces recherches, nous nous servirons d'un corpus électronique (en construction)
comportant environ 500 articles de recherche tirés de revues différentes.
Le cadre théorique,
prenant son point de départ dans le genre de l'article scientifique, se définit
en gros par des études sur les modalités, le métadiscours, les citations/le discours rapporté, la polyphonie
linguistique,
la sémantique lexicale et la sémantique interprétative textuelle.
_______________________
Danielle
Forget
Université d'Ottawa,
Canada
Courriel: dforget@uottawa.ca
Les discours
rapportés et leur cohabitation dans le texte littéraire et non-littéraire.
_______________________
Francis
Grossmann
Université Stendhal,
Grenoble III
LIDILEM, EA 609
Courriel: grossmannf@yahoo.fr
Polysémie des
introducteurs du discours d'autrui et ambivalences de l'attribution du dire
dans l'écriture
de recherche.
Aspects
sémiopragmatiques et incidences didactiques.
On considère
généralement que le fait de rapporter le dire d'autrui à une source clairement
identifiable est une contrainte nécessaire dans l'écriture de recherche. Les
consignes figurant dans les manuels destinés aux enseignants chercheurs vont
d'ailleurs clairement dans ce sens et insistent sur ce point. Cependant,
lorsqu'on examine de plus près les textes produits par les chercheurs, on se
rend compte qu'il existe des stratégies permettant de maintenir l'incertitude
autour des sources, ou plutôt de se référer de manière relativement floue au
discours tenu par un autre auteur. Partant de ce constat, établi à partir d'un
corpus d'articles de revues de sciences humaines, nous tenterons de repérer les
stratégies utilisées par les auteurs des articles et d'en examiner les raisons.
En ce qui concerne les moyens linguistiques, nous examinerons la polysémie des
introducteurs du discours d'autrui, en observant la latitude qu'ils offrent
pour maintenir une certaine ambivalence dans l'attribution du dire. En ce qui
concerne les raisons, trois hypothèses explicatives seront examinées : une
explication générale, relevant de l'hétérogénéité énonciative, constitutive de
tout discours ; une explication en termes de pertinence communicative, liée à
l'économie des échanges linguistiques ; enfin, une explication
sociolinguistique, liée aux jeux de positionnement dans le champ scientifique.
Nous nous demanderons pour finir quels enseignements tirer de cette étude, si
l'on se place dans le cadre d'une formation à l'écriture de recherche.
_______________________
Juan
Manuel López-Muñoz
Université de Cadiz,
Espagne
Courriel: jmanuel.lopez@uca.es
La justification
dans le contexte du discours rapporté
À partir d'un corpus
de documents tirés des Forums électroniques du Monde, nous nous proposons
d'analyser les différentes occurrences de l'emploi combiné de la justification
et du discours rapporté (justifier ses propres mots avec des mots d'autrui,
justifier avec ses propres mots les discours d'autrui, etc), ainsi que leur
importance au niveau de l'argumentation (apporter des preuves, persuader,
etc.). Nous avons visé dans cette étude les cas où la justification est
introduite par un connecteur (notamment car et qui)
_______________________
Sophie
Marnette
Université d'Oxford,
Angleterre
Courriel: sophie.marnette@modern-languages.oxford.ac.uk
Site internet: http://users.ox.ac.uk/~fmml0059
Stratégies du
discours rapporté et genres de discours dans la presse contemporaine
L'une des questions
posées dans mon prochain livre est de savoir s'il existe une 'nouvelle
grammaire du discours rapporté' dans la presse écrite contemporaine. Pour y
répondre, je me suis penchée sur différent types de publications écrites, dont
certains sont tout-à-fait absents de la réflexion linguistique en général et de
celle portant sur le DR en particulier: 'people magazines' (Voici, Ici
Paris, Gala),
magazines féminins (Elle, Marie-Claire), magazines d'information (Paris-Match, Soir
Magazine, Nouvel Observateur, Marianne) et journaux quotidiens (Le Soir, Le Figaro, Libération et Le
Monde).
Or une étude
détaillée montre que ces quatre groupes ont une cohérence propre en matière de
stratégies du DR: le nombre d'occurrences, les types de catégories utilisées et
les fonctions du DR diffèrent de façon importante et participent de la
construction de relations interpersonnelles entre la publication (i.e. sa persona) et les lecteurs, la mise en
place d'idéologies et d'univers de croyances particuliers, la négociation du
rapport à la réalité et la vérité (entre subjectivité et objectivité), etc.
Par conséquent, ce
n'est qu'en prenant en compte la diversité du corpus et donc des genres de
discours que l'on peut commencer à envisager le DR dans la presse et tenter de
répondre à ma question de départ, un vaste projet que je ne me propose
évidemment pas de traiter entièrement aujourd'hui!
_______________________
Alain
Rabatel
IUFM de Lyon
GRIC, Université de
Lyon2, UMR CNRS 5612
Courriel: at.rabatel@wanadoo.fr
Typologie des
formes d' "effacement énonciatif"
Effets
argumentatifs (in)directs des phénomènes de sur-énonciation et de
sous-énonciation
La tradition
grammaticale appréhende la problématique générale du discours rapporté à
travers les diverses transpositions qu'entraîne l'insertion du discours cité
dans le discours citant, jugeant nécessaire de préciser l'origine énonciative
des dires, et analysant les formes énonciativement complexes que sont le DIL ou
le DDL comme des traits de style. On se demandera au contraire si
l'estompage de l'origine énonciative des dires d'autrui (en n'ayant garde
d'oublier qu'autrui va jusqu'à intégrer soi-même comme autre) ne constitue pas,
sinon l'usage dominant, du moins un usage fréquent, pour des raisons qui
tiennent autant à la complexité linguistique de la représentation des dires
qu'aux contraintes pragmatiques pesant sur les interactions (à l'écrit comme à
l'oral, dans les genres premiers comme dans les genres seconds).
En effet, d'un point
de vue linguistique, les transpositions qui résultent de l'insertion des dires
d'autrui dans son propre discours sont loin d'être en congruence : ainsi,
des déliaisons entre transpositions de personne, de "temps", de
marquages temporels et spatiaux, qui affectent les locuteurs ; ainsi
encore des disjonctions entre marquage déictique et expression du sujet modal
du discours cité, puisque les dires rapportés sont requalifiés, modalisés par
le locuteur-énonciateur citant, au point qu'il n'est pas toujours aisé de
distinguer ce qui relève du point de vue du locuteur-énonciateur cité (L2-E2)
ou de celui du locuteur-énonciateur citant (L1-E1). Si les contre-exemples à
l'idée d'un rapport fidèle des dires d'autrui par le locuteur citant sont si
nombreux (Rosier 1999 : 238ss), cela s'explique par le fait que le DR se
définit essentiellement par la mise en scène des "dires" (paroles
prononcées ou putatives, pensées, perceptions, etc.) : d'où l'intérêt de
la notion de discours représenté plutôt que celle de discours rapporté. Ce
changement de paradigme opère d'une part au niveau du statut énonciatif de certains énoncés
représentés paradoxaux (ainsi des énoncés stéréotypés, ou des points de vue
narratifs dans les récits hétérodiégétiques), d'autre part au niveau de la nature
de l'effacement : effacement de l'énonciation du locuteur cité et / ou
effacement du rapport par le locuteur citant, comme les discours direct sans
verbum dicendi. On voudrait donc lister les principales formes d'effacement
énonciatif selon que le locuteur citant se comporte tantôt comme sur-énonciateur, effaçant non seulement
l'origine énonciative du locuteur cité, mais, surtout requalifiant les dires
d'autrui de manière à modifier le point de vue de E2, tantôt comme sous-énonciateur, E1 s'effaçant devant la
représentation du point de vue de E2.
En conclusion, on
analysera quelques unes des fonctions pragmatiques essentielles de cet
effacement énonciatif : ces modalités relèvent éventuellement de
maladresses dans la gestion de la polyphonie, mais renvoient aussi à une grande
maîtrise de la mise en scène des dires d'autrui, pour mieux asseoir son propre
point de vue, quitte à se retrancher derrière des dires d'autrui, ou à donner à
des opinions l'aspect de vérités objectives. D'où les tensions de toutes sortes
qui affleurent chez le locuteur : donner ses sources tout en effaçant le
locuteur cité, son dire ; s'effacer soi-même comme pour mieux laisser
parler un alter ego de convenance à sa propre place. On constate ainsi que les formes
indirectes d'argumentation, autrement dit d'effacement argumentatif, sont le pendant de ces
formes d'effacement énonciatif.
_______________________
Laurence
Rosier
Université Libre de
Bruxelles, Belgique
Courriel: lrosier@ulb.ac.be
Du discours
rapporté à la circulation des discours : l'exemple des dictionnaires de
"critique ironique du français"
Notre conférence se déroulera en trois
temps :
Ces dictionnaires ont
la particularité de présenter des types sociaux à travers leurs spécificités
langagières, réalisant, de façon caricaturale certes, l'un des projets de
l'analyse du discours : le lien entre classes sociales et pratiques
discursives ; Ils rapportent et
les termes et expressions qu'ils contiennent doivent apparaître comme tels
c'est-à-dire qu'en les lisant, on se dit : c'est bien comme cela qu'
" ils " parlent (les snobs, les journalistes, les
politiques, les jeunes, les vieux, les précieux…)
_______________________
Raphael
Salkie
Université de
Brighton, Angleterrre
Courriel: r.m.salkie@brighton.ac.uk
Site internet: http://www.brighton.ac.uk/edusport/languages/html/staff/raf_salkie.htm
Metarepresentations
in reported speech and elsewhere
Recent work in
relevance theory has made extensive use of the notion of metarepresentation. A
metarepresentation is "a representation of a representation: a
higher-order representation with a lower-order representation embedded within
it" (Wilson 1999:127). The notion of metarepresentation rests on a
distinction between descriptive and interpretive use: "According to
relevance theory ... any representation of propositional form can be used in
two ways: either descriptively, where the representation is used as a
truth-conditional description of external circumstances, or interpretively, in
which case the representation represents another representation with a
propositional form which it resembles in content." (Papafragou 2000: 68).
The notion of metarepresentation has been used in three different areas:
* Reported
speech (Wilson 1999)
* Epistemic
modality (Papafragou 2000)
* Translation
(Gutt 2000)
But can this notion
do all this explanatory work, and is it a well-motivated notion in any case? In
this paper I will address these two questions, referring to the analysis of
indirect reported speech in Salkie & Reed (1997).
References
Gutt, E.-A. 2000.
Translation and relevance. (2nd edn). Manchester, St. Jerome.
Papafragou, A. 2000.
Modality: issues in the semantic-pragmatics interface. Amsterdam, Elsevier.
Salkie, R. & S.
Reed. 1997. Time reference in reported speech. English Language &
Linguistics 1, 319-48.
Wilson, D. 1999.
Metarepresentation in Linguistic Communication. UCL Working papers in
Linguistics 11, 127-162. [Also available on the web: http://www.phon.ucl.ac.uk/home/PUB/WPL/99papers/wilson.pdf ]
_______________________
Mise à jour: juillet 2005
courriel : sophie.marnette@balliol.ox.ac.uk