Madeleine Defrenne (1916-2008)

Née à Genval en 1916, Madeleine Defrenne  entreprend des études de philologie romane dans notre université. Elle consacre son mémoire à la poésie de Charles Cros et obtient son diplôme de licence avec grande distinction en 1939. Elle entre aussitôt à l’athénée d’Uccle où elle enseignera la morale jusqu’en 1959.
Son retour à l’université a lieu en 1940. Elle devient alors l’assistante de Gustave Charlier, assurant jusqu’à la fermeture de l’université la suppléance d’Émilie Noulet partie rejoindre son époux, le poète catalan Josep Carner, alors en exil au Mexique. À l’issue de la guerre, Émilie Noulet qui appréciait « ses qualités d’intelligence, son savoir littéraire, son autorité pédagogique », tiendra à lui témoigner sa reconnaissance et son soutien : elle s’attache ses services comme déléguée aux stages en 1949 et ensuite comme assistante à partir de 1956. Cette année-là, Madeleine Defrenne soutient avec la plus grande distinction sa thèse de doctorat consacrée au poète bruxellois Odilon-Jean Périer. Publiée en 1957 par l’Académie royale de littérature, cette étude, à la fois érudite et subtile, continue à faire autorité. Elle lui vaut le Prix du Brabant de littérature française en 1959. Le choix d’Odilon-Jean Périer n’était pas fortuit et témoigne de l’intérêt que Madeleine Defrenne porte à la problématique de l’esthétique classique en général. En effet, parallèlement à ses travaux sur la littérature contemporaine, elle se consacre à la France du XVIIe siècle et publie diverses études sur Honoré d’Urfé, Pascal, Molière, La Fontaine ou encore Fénelon.
En 1959, Madeleine Defrenne est nommée chef de travaux. Durant trois ans, elle assure la suppléance d’Émilie Noulet, à laquelle elle succède en 1962. Professeur extraordinaire en 1964 et professeur ordinaire en 1967, elle s’investit dans ses enseignements de littérature française moderne et de didactique. Sur le plan personnel, elle prouve sa force et sa générosité : bien que célibataire, elle brave les préjugés et adopte et élève seule un jeune orphelin.
Les événements de 1968 provoqueront en elle une profonde rupture : des problèmes de santé se mêlant à une profonde perte de confiance en soi, elle décide, avec courage et lucidité, de renoncer temporairement à ses enseignements. Madeleine Defrenne est admise à la retraite en 1982. Ses dernières apparitions à l’ULB l’avaient montrée heureuse de cultiver, auprès de ses quatre petits-enfants, l’art d’être grand-mère.
(évocation par Manuel Couvreur)
 
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