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BIBLIOGRAPHIE PAPYROLOGIQUE

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Georges NACHTERGAEL et Roger S. BAGNALL,

Problèmes et projet de Bibliographie Papyrologique (1979)

 

Reproduit de: Actes du XVe Congrès international de Papyrologie. III = Papyrologica Bruxellensia. 18 (Bruxelles, 1979) pp. 7-19.

 

1. Bibliographie courante et projet de Bibliographie Générale de la papyrologie (G.N.).

La Bibliographie Papyrologique existe depuis quarante-cinq ans. C'est en effet au IIe Congrès de Papyrologie à Leyde en 1931 que Monsieur Marcel Hombert a présenté une communication sous le titre " Projets de bibliographie papyrologique " (Chronique d'Égypte 7, 1932, Nos 13-14, pp. 227-236). Ces projets étaient au nombre de deux. Il s'agissait d'abord de publier " dans un délai aussi rapproché que possible une bibliographie générale de la papyrologie grecque depuis les origines ". Ce projet devait être mené à bien en collaboration avec le Professeur et Bibliothécaire Henry Bartlett van Hoesen. Celui-ci se chargeait de mettre au point la bibliographie des origines à 1900, Monsieur Hombert de 1900 à 1931. Seymour de Ricci, qui s'intéressait vivement à l'entreprise, était disposé à y apporter toute l'aide possible. Monsieur Hombert soumit aux Congressistes les questions de méthode qui le préoccupaient; elles donnèrent lieu à un large échange de vues. Le second projet, quoiqu'indépendant du premier, s'y rattachait étroitement, puisqu'il avait pour but de le continuer sous la forme d'une bibliographie courante sur fiches paraissant à des intervalles rapprochés.
Pour l'exécution du premier projet, le Professeur Van Hoesen avait obtenu la promesse d'importantes subventions de l'American Council of Learned Societies. Hélas, les conséquences de la profonde dépression économique des années 1929 et suivantes touchèrent aussi le projet Hombert ­ Van Hoesen. Tout espoir d'une subvention s'envola et le Professeur Van Hoesen dut renoncer. L'entreprise paraissait définitivement abandonnée.

Le second projet, au contraire, trouva rapidement un début de réalisation. Les problèmes techniques d'impression et d'expédition des fiches furent résolus par la Fondation Égyptologique Reine Élisabeth, qui assume depuis le début l'édition de la Bibliographie Papyrologique. Le premier envoi fut fait en 1932. L'assistance apportée à ce moment par Mademoiselle Claire Préaux fut précieuse, puisqu'en cette année, Monsieur Hombert faisait un long séjour en Égypte. Depuis 1932 et malgré de nombreuses difficultés, particulièrement pendant les années de guerre, la Bibliographie Papyrologique sur fiches a continué sa carrière sans interruption, et actuellement elle fait parvenir chaque année aux abonnés six envois de cent fiches. Depuis 1974, mon Maître m'a associé à la rédaction de la Bibliographie sur fiches.

Je viens de parler des difficultés rencontrées au fil des années par la Bibliographie Papyrologique. Je ne crois pas exagérer en affirmant que ces difficultés sont aujourd'hui plus grandes que jamais. Pour les cerner, il faut définir les trois exigences auxquelles doit satisfaire la Bibliographie: 1) elle doit être, dans toute la mesure du possible, complète, c'est-à-dire ne rien omettre d'essentiel; 2) elle doit être aussi correcte que possible; 3) elle doit parvenir aux intéressés dans le délai le plus bref après la sortie de presse des publications qu'elle est appelée à faire connaître. Les difficultés que nous rencontrons pour satisfaire à ces trois exigences sont exactement celles que rencontrent les rédacteurs de l'Année Philologique et que Mademoiselle Juliette Ernst a - une fois de plus -exposées dans la magistrale communication qu'elle a présentée au Colloque de la FIEC à Bruxelles en septembre 1976 (Aspects des Études classiques édités par Jean Bingen et Guy Cambier, Bruxelles, 1977, pp. 17-25). La prolifération des revues, souvent éphémères, la modification de leur titre, le changement d'éditeurs, la multiplication des volumes de Mélanges et d'Opera Minora, d'Actes de Congrès et de Colloques en tout genre, la politique de publication à outrance suivie par les Organismes chargés de promouvoir la recherche, les séries de périodiques introuvables, en tout ou en partie, dans les bibliothèques, ont pour effet que, sans parler de références certainement nombreuses qui nous ont totalement échappé, nous en avons accumulé par centaines qui ne nous sont connues que de seconde main et que nous n'osons faire figurer dans la Bibliographie par souci de respecter l'exigence de la plus grande correction possible, car c'est une expérience qui se renouvelle sans cesse qu'une référence de seconde main contient presque toujours des inexactitudes. Tout se tient et les difficultés de répondre aux deux premières exigences - être complet, être correct - sont une des causes principales qui empêchent de satisfaire à la troisième, celle de la rapidité d'information. La Bibliographie Papyrologique souffre pour l'instant d'un retard considérable.

Mais laissons là les difficultés qui - je l'espère bien - n'empêcheront pas la Bibliographie de continuer sa carrière, et venons-en à ce qui doit constituer l'objet principal de la communication conjointe du Professeur Bagnall et de moi-même. Le sentiment de la grande utilité d'une bibliographie générale de la papyrologie avait inspiré le projet Hombert ­ Van Hoesen. D'une façon tout à fait indépendante, ce sentiment a inspiré à un autre savant américain le désir de réaliser le même projet. C'est au Professeur Bagnall que revient l'initiative de publier une telle bibliographie. Comme il savait que Monsieur Hombert a travaillé pendant toute sa carrière à la constitution d'un fichier - dont celui-ci connaît toutes les lacunes et toutes les imperfections: il ne me pardonnerait pas de ne pas le dire -, il a proposé à Monsieur Hombert de mettre sa documentation au point en vue d'une publication, le traitement automatique devant être réalisé à l'Université de Columbia. Si l'on rapproche le projet conçu il y a quelque cinquante ans de celui qui est en cours d'exécution, on constate que le programme est fondamentalement le même, mais les moyens de réalisation ont fait des progrès considérables grâce au traitement automatique.

Dans la description des ouvrages, nous observons les mêmes règles que dans la Bibliographie Papyrologique courante. Les prénoms sont donnés en entier dans toute la mesure du possible, même si l'auteur s'est contenté d'une initiale. Nous veillons à mentionner les planches partout où elles existent. Toutefois, la mention des prix, dont l'intérêt est évident quand il s'agit de bibliographie courante, ne figurera pas dans la bibliographie rétrospective, où elle ne servirait qu'à susciter d'amers regrets. D'autre part, dans la citation des revues, nous avons adopté les abréviations de l'American Journal of Archaeology et, pour les revues qui y manquent, celles de l'Année Philologique. Il est entendu que, si le titre ne comporte qu'un seul mot, ce mot est donné en entier: Acme, Aegyptus, Aevum, Eos, Gnomon, Labeo, Maia, Mnemosyne, etc.

Le Professeur Bagnall expose ci-après le travail qui sera accompli à Columbia, et je me borne à un dernier point, celui du plan de la Bibliographie. Il n'existe pas de plan parfait. Ce que nous avons cru, c'est qu'il valait mieux en adopter un qui existe depuis longtemps et qui a fait ses preuves, plutôt que d'essayer d'en élaborer un nouveau. Le plan que nous avons fait nôtre est fondamentalement celui qui est à la base de la Bibliografia Metodica d'Aegyptus, commencée par le regretté Aristide Calderini en 1920. Au fil des années, les rédacteurs d'Aegyptus y ont apporté quelques retouches. Nous avons cru utile, de notre côté, d'introduire un certain nombre de modifications. Les suggestions du Professeur Bagnall nous ont été très précieuses pour l'établissement du plan que nous suivons désormais et qu'on trouvera ci-dessous. Ces modifications n'ont été décidées qu'après mûre réflexion, parfois après de longues hésitations et de longues discussions. Aussi ai-je la conviction qu'il représente une réelle amélioration - et ceci nous amène à demander à Mademoiselle Orsolina Montevecchi ici présente si elle ne croit pas que notre plan, je le répète, fondamentalement inspiré par celui de la Bibliografia Metodica, pourrait, dans ses derniers perfectionnements, être adopté par Aegyptus? Monsieur Hombert et moi-même sommes à son entière disposition pour lui exposer les raisons de nos choix.
Dans les subdivisions de la rubrique 140, consacrée aux éditions de papyrus, ostraca, tablettes, ces éditions sont rangées dans l'ordre alphabétique des abréviations qui les désignent. On trouvera d'abord, avec leur numéro d'inventaire, les textes qui ont fait l'objet d'éditions isolées, ensuite ceux qui ont trouvé place dans les recueils.

Dans le choix des abréviations, de grands efforts ont été faits pour répondre à des conditions parfois difficiles à réunir: adopter les abréviations le plus souvent usitées, présenter un système cohérent, concilier la brièveté et la clarté.

Une méritoire tentative dans le même sens a abouti à la publication récente de la Checklist of Greek Papyri and Ostraca de John F. OATES, Roger S. BAGNALL et William H. WILLIS, qui occupe tout le premier fascicule (pp. 1-35) du volume 11 (1974) du Bulletin of the American Society of Papyrologists. Les auteurs espèrent " that the list will alert papyrologists to the confusing and anomalous practices of the past and lead to greater consistency and clarity in the future " (pp. 2-3). La Checklist nous a servi de base; mais nous nous en sommes écartés sur plus d'un point, afin d'approcher autant que possible de l'idéal que les trois papyrologues américains ont cru irréalisable: l'établissement d'une liste standard, s'imposant à tous, des abréviations désignant les papyrus, etc. [Note de correction: Une nouvelle édition de la Checklist a paru en 1978 comme BASP Supplement 1.]

Dans 364 et 365, les auteurs anciens sont cités sous leur forme latine telle qu'elle est proposée dans un répertoire qui est entre toutes les mains: l'Année Philologique. Nous avons adopté les " rubriques collectives " de cet ouvrage pour désigner les adespota, sans nous interdire ni d'y faire quelques additions (par exemple, Historia Mundi, Lipogrammata, Scolia acrostichia), ni de maintenir certaines d'entre elles qui ont été abandonnées.

Ménandre est l'objet d'un traitement particulier. Les milliers de fiches qui concernent cet auteur seraient difficilement utilisables si elles étaient présentées dans un ordre alphabétique unique. Aussi [des] subdivisions suivantes sont-elles prévues [...] Il est vraisemblable que la nécessité de subdivisions analogues ne tardera pas à s'imposer pour d'autres auteurs. En attendant, chaque utilisateur de la Bibliographie a la possibilité de les introduire dans son fichier.

2. Plan for a General Bibliography of Papyrology on Microfiche (R.S.B.).

The proposal to create a systematic bibliography of papyrology began with the suggestion - made to me in 1975 by a friend who was at that time a student in Library Science at Columbia University - that papyrological bibliography might be able to benefit from the use of a computer. It was at once apparent to me that the Bibliographie Papyrologique formed a natural subject for a systematic treatment by automatic data processing, for reasons which are certainly known to all of you: most of the Bibliographie Papyrologique is no longer available on cards, and few institutions - let alone individuals - have complete files; the labor of maintaining even an alphabetic file by author is so burdensome that many libraries simply will not keep their files current; and the file has no subject classification. Since one cannot in many cases judge the contents of an article accurately from its title - as many cryptic titles on the program of this congress show - any scholar who wanted to maintain a file with classification by subject had to examine each item personally to assign it to a subject area. For every papyrologist to do such a thing, of course, is exceedingly wasteful of time.
The published bibliography runs to perhaps 25,000 cards. Early in my pursuit of this project, however, I learned that Professor Hombert has a file in his possession of a largely complete bibliography of the field for the period before cards began to be published in 1932. What is more, this entire file, as far as 1960, existed in a classified version, organized essentially according to a modified version of the decimal system used in the Bibliografia Metodica of Aegyptus. In short, the basis for a classified version of the Bibliographie Papyrologique already existed; the work did not need to be done from the foundations.

With a file of perhaps 40,000 cards, the task nonetheless remained large. The file as it exists includes thousands of handwritten entries, additions and corrections; a direct reproduction of it was therefore out of the question. Furthermore, all cards from 1960 had to be integrated into the file, a matter of 10,000 cards to be classified. Finally, we agreed that we should not lose sight of the goal of computerizing the bibliography, for only computerization of the file can permit the addition of future years to the general file without great trouble and expense. Our ultimate aim, therefore, is to convert the entire file into a computerized data bank which once on tape can be used for various purposes by computor programs. Each new year's cards would then be entered as issued and integrated automatically with the existing file, with the result that the general file would always be up to date. Perhaps equally interesting, from an edited tape it will be possible to produce a bibliography which can be typeset entirely automatically by computerized photocomposition units and reproduced by offset printing. Such a publication would have significantly lower costs than any conventional method. We expect, further, that the adaptation of existing computer programs will make it possible to provide such services as key word indices to the bibliography.

Between the present reality and this final goal lie many obstacles, some of which have already been mentioned. Some of these consist of aspects of the nature of the card file, and others in mastering the computer methodology. About the card file, something has already been said; but beyond adding the work of the last 17 years, it will be necessary in a general bibliography to introduce abbreviations for journal titles and to consolidate cards listing reviews of a given work. Still more, despite Professor Hombert's well-known passion for system and the very high accuracy of Bibliographie Papyrologique, much needs still to be checked, standardized, or revised. Finally, the existing file simply cannot be turned over to computer key-punch operators for typing, for the handwritten entries, the corrections, and editorial markings would only confuse a typist. All of this imposes much work of two sorts: (1) the revision and final classification of the file by Marcel Hombert and Georges Nachtergael, and (2) the systematic retyping of the entire file in one format and style, so that it will be intelligible to key-punch operators. Part 1 began in earnest during the spring of 1977 and will continue for some time to come; part 2 will begin this fall, by the work of my assistant in the office of the American Society of Papyrologists in New York, whenever a first section of the file is ready. It is impossible at present to offer any date for the completion of this work, which depends on the efforts of several people, all on different schedules.

On the computer side too there are numerous problems to be solved. My colleague in library science, Linda Sundwall, has done extensive work. Her major accomplishment has been the creation of a system for entering the bibliographic material in such a way that its various elements can be individually identified and manipulated by the computer. She has also worked on adapting existing programs for manipulating and indexing the material. But she has moved away from New York this summer, and I shall have to pursue the further development of these programs this fall without her aid. It is already clear that the greates task will be the creation of the program for instructing the photocomposition unit to take the material on the tape and print it as we want it. The programming which remains to be done, in fact, will require the services of a professional computer programmer. This, in turn, requires substantial funding.

Because it is not clear when the final computerized version of the bibliography - if final is the proper term for anything connected to something we all regard as a permanently continuing institution of papyrology - can be produced, we have decided to publish an interim version from the sheets on which the bibliography will be typed by my assistant. In this way, the bibliography will be made available much sooner, and the final version will be able to benefit from corrections and additions which users of the interim version will be able to propose. I had at first thought of publishing this interim version in book form, by photo-offset from the typescript. It became clear, however, that such a work would probably run to 1,500-2,000 pages at least, and cost a great deal to print; moreover, that it would have to be sold at a price which would discourage most individuals from acquiring it, something which seemed selfdefeating in an interim edition, to say the least.

We have therefore decided to issue the work on microfiche, at about one fifth the price. We have taken this decision well aware that at present few scholars in papyrology, or the other fields which make use of papyrologists' findings, own microfiche readers. But by the time that the Bibliographie Papyrologique on microfiche is issued, a large amount of papyrological material - and not only papyrological - will be available cheaply on microfiche, and I anticipate confidently that ownership of readers will be very widespread.

In conclusion, we would put forth two requests. First, to the editor of Aegyptus, that this journal adopt the minor revisions to their system which we have made, thus establishing a universal standard in papyrological bibliography; and secondly, to the future users of the Bibliographie Papyrologique in the interim version I have described, that they send to Marcel Hombert and Georges Nachtergael all corrections and additions which they find, in order to make the ultimate computerized bibliography as complete and useful to all as possible.

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