Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité - CIERL

Lambros Couloubaritsis

Professeur

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Dernière publication

" La Proximité et la question de la souffrance humaine. En quête de nouveaux rapports de l'homme avec soi-même, les autres, les choses et le monde ", Lambros Couloubaritsis, Editions Ousia, Bruxelles, 2005, 756 pages.

L'anéantissement des distances par les moyens de la technologie moderne a mis en évidence le rôle primordial des proximités relationnelles de l'homme avec lui-même, avec les autres et avec les choses. cette ambivalence éclaire la triple structure de la souffrance, d'après laquelle la souffrance s'impose par sa singularité, se diffuse au autres qui l'éprouvent autrement que l'être souffrant, et se laisse transfigurer par les discours politiques, les psychotérapies, les médias, la littérature et les mythes. C'est à travers ces pratiques que l'auteur puise les liens inextricables entre proximité et souffrance. Cette tâche devient d'autant plus difficile que la technique révèle également la complexité des choses, ce qui ajoute une antinomie radicale, le proche devenant éloigné et immaîtrisable. Or, pour surmonter l'oscillation entre entre l'aveuglement d'une proximité immédiate et la dissémiation d'une complexité que notre stature limitée rend irréductible, nous édifions une monde proximal à travers des configurations et des activités configurées qui, paradoxalement, au lieu de limiter le monde distal de l'inconnu et du complexe, l'amplifie à travers chaque nouvelle découverte. La technique, qui contribue à la formation de ces configurations, tente de combler le champs immense qui s'étend entre notre cerveau et les confins de l'Univers, où la profusion des choses requiert de multiples processus de leur provenance. Mais c'est la littérature qui réussirait le mieux à faire voir la complexité du réel. que la philosophie réduit, le plus souvent, à des conditions de posibilité abstraites, ultimes et simplifiées.

Pourtant, aujourd'hui, c'est la technique qui investit la Nature d'une présence humaine et édifie un monde technico-économique, fondement de notre époque, où la domination mal partagée de la globalisation multiplie les souffrances, empêchant la mondialisation sociale et culturelle de se constituer dans un cadre plus favorable à la dignité humaine. Selon l'auteur, seuls de nouveaux rapports de l'homme au monde, dominés par des proximités qui tiendraient enfin compte de la souffrance comme mesure, et non comme conséquence d'un mal, pourraient ouvrir des chemins d'espoir pour l'humanité.

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