Ariane Fraipont
1. Décrire et comprendre les différents réseaux qui se sont constitués au sein de l’exil tchèque après 1968 en France et leurs relations avec les mouvements d’opposition en Tchécoslovaquie.
2. Analyser les relations qui existaient
entre les exilés tchèques et les forces politiques ainsi que les courants
intellectuels français.
Nous nous proposerons au cours de ce travail
d’établir les bases d’une description et d’une compréhension du phénomène de l’exil des
intellectuels tchèques, en France, après 1968 et de ses relations avec, d’une
part, les forces politiques et les courants intellectuels français et, d’autre
part, avec les mouvements d’opposition en Tchécoslovaquie. Pour se faire, nous
rassemblerons les informations éparses sur le sujet et nous recueillerons les
témoignages des principaux protagonistes de cet exil car nous pensons que
l’essentiel des informations sur le sujet sont encore orales.
Bien sûr, nous n’aurons pas la prétention
d’être exhaustifs car le sujet est vaste et extrêmement complexe puisqu’il
s’agit d’expériences individuelles qui ne peuvent être réduites à des
généralités. Nous ne tenterons pas de brosser un tableau détaillé de ce
phénomène car il nous manquerait toujours l’une ou l’autre nuance
indispensable. Nous avons donc choisi de développer nos recherches sur le
terrain de l’exil tchèque en France autour d’une problématique, en suivant un fil
conducteur. Nous tenterons de rassembler un maximum d’éléments afin de répondre
à certaines questions, afin d’éclairer un problème posé plutôt que de vouloir
épuiser un sujet.
Ainsi, le « fil conducteur » de ce travail
sera constitué par les relations existant entre les intellectuels, le pouvoir
et l’opposition. Nous travaillerons essentiellement sur l’exil des
intellectuels tchèques ou encore, des « publicistes », dans le sens
centre européen du mot, c’est-à-dire des individus s’intéressant à la chose publique
(nous comprenons par là la politique au sens large du terme c’est-à-dire non
limitée à la « politique partisane » mais dans le sens de
« gestion de la société »), participant et même créant les débats
publics. Ainsi, nous analyserons le phénomène de l’exil tchèque à travers le
prisme des relations entre les intellectuels, le pouvoir et l’opposition. Nous
pensons que ce « fil conducteur » est pertinent pour notre sujet
étant donné les liens privilégiés existant en Tchécoslovaquie entre la culture
et la politique et les débats récurrents en France sur l’engagement des
intellectuels et une certaine « politisation des intellectuels » ou
une volonté « d’intellectualisation de la politique ». Il serait donc
intéressant de déterminer comment l’exil tchèque s’est positionné par rapport
aux structures politiques et milieux intellectuels français.
- “Une
gestion complexe du passé, entretien avec Václav Benda” (en collaboration avec
Karel Bartosek) in La Nouvelle
Alternative, n° 46, juin 1997, pp. 51-52.
- “La loi de
lustration en République tchèque” in La
Nouvelle Alternative, n° 51, septembre 1998, pp. 47-50.
- “Un héritage
difficile” in La Revue Générale, n°
8-9, août-septembre 1998, pp.41-52.
- Collaboration
scientifique à la réalisation du numéro spécial République tchèque de La Revue Générale, n° 8-9,
août-septembre 1998.
- Collaboration
scientifique à la réalisation de l’ouvrage Le
Printemps tchécoslovaque 1968, éditions Complexe, Bruxelles 1999.