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Le dossier à la Une


ERC: 10 ans !

Le Conseil européen de la recherche, ERC, fête ses 10 ans en mars. Serge Schiffmann, Vice-Recteur à la recherche et à la valorisation, nous en parle.

L'anniversaire de l'ERC a un écho particulier à l'ULB...

Serge Schiffmann: Certainement puisque nous participons à cet ambitieux programme de recherche depuis son lancement en 2007 où deux chercheurs de l'ULB ont décroché une subvention du Conseil européen de la recherche ERC Starting Grant: Estelle Cantillon en économie et Cédric Blanpain en cancérologie. Aujourd'hui, l'ULB totalise 24 ERC, dans toutes les catégories de financement, "Starting, Consolidator ou Advanced" Grants, et dans des domaines variés: science politique, sociologie, économie, neurosciences, intelligence artificielle, mathématique, physique, géologie, sciences de l'ingénieur, cancérologie ou encore parasitologie.

Quelles sont les spécificités de ce programme très sélectif ?

Serge Schiffmann: C'est effectivement un programme très sélectif; il soutient des chercheurs de haute qualité scientifique qui réfléchissent leur projet en-dehors des sentiers battus. Et je pense que c'est là, une force de l'ERC: il amène les chercheurs à sortir de leurs lignes de projets habituelles, à poser leurs questions en dehors du cadre dans lequel ils s'inscrivaient jusque-là et donc à privilégier une approche encore plus innovante. Les projets ERC sont toujours à la fois de haute qualité, très originaux et porteurs d'avancées et découvertes capitales. Ce sont aussi des projets longs – 5 ans – qui bénéficient de budgets élevés – jusqu'à 2 ou 3 millions d'euros pour certains projets.

Les ERC ont-ils pris une place qui manquait jusqu'alors ?

Serge Schiffmann: Certainement, l'ERC est venu compléter fort judicieusement le paysage européen du financement, en soutenant une recherche libre, non-orientée, sans priorité thématique répondant à une stricte approche bottom-up; des projets risqués "pour permettre aux scientifiques de repousser les frontières de la connaissance", comme l'a souligné le Président de l'ERC, Jean-Pierre Bourguignon. L'ERC est une formidable opportunité pour l'Europe et nos universités, d'apporter des avancées majeures, guidées par la curiosité et la créativité de nos chercheurs. Je souhaite donc un heureux anniversaire au Conseil européen de la recherche et une longue et passionnante vie.

░ ►►Découvrez les projets ERC de l'ULB◄◄


Starting Grant: au bout de l'Everest, un tremplin

Chercheuse au Laboratoire G-Time de la Faculté des Sciences, Vinciane Debaille étudie la composition des météorites pour mieux comprendre les débuts du système solaire. Titulaire d'un ERC Starting Grant, décerné aux chercheurs qui débutent leur carrière, elle reconnait que cette bourse est un tremplin formidable, mais représente aussi beaucoup de pression. Résumé autour de 3 stades de son projet ERC.

Au début: l'Everest

"Un tel projet, c'est énorme", commence à brûle-pourpoint Vinciane Debaille, "Les sommes financières représentent l'équivalent de 3 à 4 chercheurs en plus dans le laboratoire, dédiés à un seul sujet de recherche. Il faut gérer ce personnel, les finances, les sous-projets de chacun, etc. On voit aussi tout le chemin qu'il y a à parcourir. C'est une montagne de choses qui arrivent en même temps, avec beaucoup de pression. Il faut arriver à garder les pieds sur terre, remonter les bretelles de son sac à dos et se lancer dans l'ascension".

Les Starting Grant sont octroyés à des chercheurs 2 à 7 ans après leur défense de thèse "Je suis contente de l'avoir obtenu à la 7e année", explique la chercheuse, "Je menais déjà mes propres recherches, grâce à un mandat d'impulsion du FNRS, et je gérais un post-doc' et un thésard: c'était le bon moment et j'étais préparée à gérer une équipe plus large. 2 ans après ma thèse, ç'aurait été trop tôt".

Aujourd'hui: "ça roule"

Grâce au financement de l'ERC, la chercheuse a pu acquérir un spectromètre de masse à thermo-ionisation d'une précision 10 à 50 fois supérieure à celle d'autres spectromètres pour certains éléments chimiques. "Il est moins flexible que d'autres mais est indispensable pour étudier les débuts du système solaire. Et je n'aurais clairement pas pu l'acquérir sans l'ERC". Une fois l'équipement commandé, reçu et les protocoles mis au point, le laboratoire est aujourd'hui dans une phase de routine. "Une fois la mise en place terminée, j'ai pu me recentrer sur la recherche", explique Vinciane Debaille, "Nous sommes à un peu plus de la moitié de la bourse et nous avons plusieurs publications en préparation. Ça roule !"

Bilan: un tremplin pour la suite

La jeune chercheuse est consciente qu'elle devra bientôt penser à la suite: "La pression sur la recherche actuelle, en Belgique comme ailleurs, est telle que l'on sait qu'on va devoir enchaîner les demandes de subsides. L'ERC est évidemment un tremplin formidable pour un jeune chercheur car le développement de l'équipe et d'un nouveau sujet de recherche va de pair avec une visibilité plus importante et la mise en place de collaborations. Sans compter, dans notre cas, sur le spectromètre, qui continuera à être utilisé au-delà du projet ERC. C'est un investissement sur la durée".


Advanced Grant: repousser les frontières

Axel Cleeremans dirige le centre de recherche "CO3, Consciousness, Cognition & Computation" (Faculté des Sciences psychologiques et de l'éducation & UNI) où il étudie depuis de nombreuses années les mécanismes de la conscience. Son projet RADICAL, soutenu par un ERC Advanced Grant, lui a permis d'ouvrir une nouvelle voie dans ses recherches.

Au début: aller au-delà

"Obtenir un soutien comme celui de l'ERC, c'est très excitant car on sait que l'on va pouvoir étudier un champ de recherche peu exploré", explique Axel Cleeremans, "Le financement est très supérieur à ce qui est offert par d'autres types de projets: j'ai désormais 6 chercheurs, soit presque la moitié du laboratoire, qui travaillent sur l'idée centrale du projet — le fait que la conscience est quelque chose que le cerveau apprend à faire. C'est donc vraiment une opportunité d'explorer une nouvelle thématique de recherche, des nouvelles méthodes, d'aller au-delà de ce que l'on sait déjà. La grande autonomie est aussi un atout: on peut décider de réorienter les recherches dans une voie plus porteuse, par exemple".

Aujourd'hui: un tournant

Le projet ERC d'Axel Cleeremans court jusqu'en 2019. Le chercheur est donc à mi-parcours, et commence à voir émerger des choses intéressantes "Après toute la phase de mise en place et de peaufinage des expériences, je constate que nous arrivons à une convergence des lignes de recherche, on commence à comprendre comment avancer de manière concrète. J'ai l'impression que l'on va vraiment entamer maintenant le bon travail".

Dans les acquis déjà engrangés de ce projet ERC, le chercheur souligne aussi le changement de perception autour de son laboratoire: "Le fait d'avoir un ERC est un indicateur d'excellence vis-à-vis de l'extérieur, y compris pour les autres scientifiques. L'excellence du laboratoire est soulignée par la compétitivité de ces bourses européennes". Axel Cleeremans continue cependant à collaborer principalement avec les même partenaires qu'auparavant: "Le projet nous a permis de formaliser ces collaborations, sur base des contacts que l'on avait précédemment".

Au final: un breakthrough?

L'ERC a pour but de soutenir des projets High risk, high gain : "Des travaux de recherches risqués, c'est-à-dire avec le potentiel de réaliser une véritable avancée, mais sans garantie d'obtenir des résultats. C'est une formule qui résume assez bien le projet que j'ai soumis pour cette Advanced Grant", explique Axel Cleeremans, "J'espère terminer avec un vrai breakthrough, une véritable avancée dans le domaine de la psychologie et de l'étude de la conscience, qui serait obtenue grâce à ce financement ERC. Ce serait génial !"

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Rédaction: Nathalie Gobbe, Natacha Jordens, Communication Recherche, Département des relations extérieures

Développement et mise en page: Cellule Web

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