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Dans l'actualité

Microfinance au Vietnam

La plupart des institutions de microfinance ont commencé leur activité comme ONG ou institutions sans but lucratif, avec l'aide de subventions. Après quelques années, certaines institutions ont décidé de se transformer en institutions bancaires. Peu de recherches ont jusqu'à présent permis d'identifier les impacts de cette transformation sur l'identité de ces institutions et sur leurs performances économiques et sociales.

Au sein du CERMi (Centre européen de recherche en microfinance) - Faculté Solvay Brussels School of Economics and Management, Marek Hudon s'intéresse en particulier aux défis de gestion internes et externes auxquels font face les institutions de microfinance lors de leur transformation.

Il rentre d'une mission scientifique au Vietnam où une nouvelle législation a permis de faciliter la transformation de ces institutions de microfinance: pendant une année, accueilli à la National Economic University d'Hanoi, Marek Hudon a collecté différentes données et effectué soixante interviews afin d'étudier les dimensions managériales de la transformation institutionnelle des institutions de microfinance.

De retour à Bruxelles, Marek Hudon a commencé à étudier ces données et à les comparer avec d'autres collectées au Kenya. Il effectuera ces recherches dans le cadre d'un nouveau Pôle d'attraction interuniversitaire (PAI) "If not for profit, for what ?" qu'il coordonne pour l'ULB.

Politique et immigration

L'immigration est devenue aujourd'hui un enjeu du débat politique dans la majorité des états européens. Pourtant, selon les pays, selon l'époque, le débat devient central ou pas.

Soutenu par le 7e programme-cadre de l'Union européenne, le projet SOM, Support and Opposition to Migration tente de comprendre pourquoi le degré de politisation de l'immigration varie ainsi.

Le Cevipol - Jean-Benoit Pilet - et le GERME - Dirk Jacobs -, Faculté des Sciences sociales et politiques ont participé à ce projet aux côtés des Universités d'Amsterdam, Neufchâtel, Bath, Manchester, Leicester, Vienne et du Trinity College Dublin. Le 27 septembre, ils présentent les conclusions de leur étude lors d'une conférence The politisation of migration in Europe, co-organisée avec le European Policy Center (EPC), à Bruxelles.

Au terme de leur étude sur la période 1990-2010, les chercheurs observent notamment que l'immigration représente très peu un enjeu en Irlande, Espagne, Suisse francophone et Belgique francophone tandis que les prises de position publique sur la question sont très fréquentes en Flandre, en Autriche, en Suisse germanophone ou au Royaume-Uni. Les Pays-Bas, quant à eux, alternent des périodes de fort débat avec d'autres plus calmes.

De façon surprenante, ces différences ne sont pas liées  systématiquement à des facteurs objectifs comme l'arrivée massive d'immigrants, la récession économique ou l'arrivée d'un parti de droite radicale.

Etonnant également, les chercheurs notent que les politiques adoptées ne semblent pas toujours avoir les mêmes effets sur le degré de politisation du débat : des politiques plus fortes sur l'immigration peuvent dans certains cas calmer le débat et le retirer de l'agenda alors qu'ailleurs elles peuvent conduire à une intensification des débats publics.

Les chercheurs ont également étudié la question spécifique de l'immigration musulmane. Ils montrent que les prises de position publique sur l'immigration musulmane augmentent partout en Europe : de 3% en 1990 à 15% en 2005. Cependant, ces pourcentages montrent aussi qu'il y a bien plus de déclarations d'acteurs ne faisant aucune distinction quant à l'origine des migrants. Les chercheurs pointent également l'absence des acteurs musulmans dans le débat public.

La micro/nanofluidique, technologie du futur

Si la technologie évolue vite, la majorité des applications potentielles reste encore à venir. Les chercheurs Benoit Scheid et Benoit Haut du laboratoire TIPs, Ecole Polytechnique de Bruxelles, viennent de décrocher un projet dénommé LEGOMEDIC, dans le cadre des pôles MecaTech et BioWin du Plan Marshall 2.Vert de la Wallonie. Ce projet s'inscrit dans le développement récent des activités microfluidiques du laboratoire.

La maîtrise de la microfluidique et des micro- et nanotechnologies appliquées au domaine de la santé, de la biochimie et de la chimie fine est de plus en plus une condition incontournable pour maintenir, dans ces secteurs industriels, des activités à forte valeur ajoutée et donc des emplois en Wallonie.

La micro/nanofluidique (MRT/PI : Micro Reactor Technology/Process Intensification) a été identifiée par une étude prospective à long terme du MIT comme « une des dix technologies qui changeront le monde » (MIT Technology Review). Cette technologie progresse de manière exponentielle depuis plus de 10 ans, et la majorité des applications potentielles en chimie et biologie de la micro/nanofluidique est encore à venir. Par exemple, chacune des trois étapes majeures d'un procédé chimique (réaction, purification, génération du solide) a été étudiée séparément au niveau universitaire, mais il n'existe pas ou peu de procédés totalement intégrés et continus pour la production de nouvelles molécules chimiques. Ce « nouveau » concept d'intensification de procédé répond également aux nombreux problèmes relatifs à la montée en échelle (scale-up), en la substituant par la montée en nombre (number-up) autorisant ainsi de fortes diminutions tant des déchets (chimie verte) et risques chimiques (sécurité intrinsèque) que des coûts d'investissements et d'opérations.

Dans ce contexte, le projet LEGOMEDIC qui démarrera le 1er novembre 2012 pour une durée de 4 ans, a pour objectif de développer et d'optimiser de façon holistique (technologie/design, matériaux, conditions opératoires) de nouveaux procédés microfluidiques intégrés et continus afin de produire des molécules d'intérêt pharmaceutique. Il s'agit d'un consortium coordonné par la société UCB-Pharma et réunissant 4 partenaires industriels et 4 partenaires universitaires, dont le laboratoire TIPs de l'ULB. Celui-ci aura pour mission de développer un microcristalliseur adapté à une molécule chimique cible d'intérêt pharmaceutique.

Mission IASI : nouveau satellite lancé

Moment important pour les scientifiques impliqués dans la mission IASI: ce 17 septembre a été lancé le satellite MetOp-B depuis le cosmodrome de Baïkonour, emportant à son bord le deuxième exemplaire de l'instrument IASI.

Lancé en 2006, le premier sondeur atmosphérique IASI a permis de collecter des données qui alimentent quotidiennement les modèles météorologiques de prévision du temps ou permettent de surveiller la composition de l'atmosphère et son évolution en temps réel.

A l'ULB, une équipe de 12 personnes du Service de Chimie quantique et Photophysique - Pierre Coheur, Cathy Clerbaux -, Faculté des Sciences travaille à plein temps sur l'exploitation et la valorisation de ces données, en collaboration avec une équipe française de l'Université Pierre et Marie Curie.

Découvrez leur recherche en vidéo...



Hystérie à l'étude

Dès le 22 septembre, le Musée provincial Félicien Rops (Namur) accueille l'exposition Hystériques !, co-organisée par Laurence Brogniez, du centre de recherche SAGES (Savoir, Genre, Société), Faculté de Philosophie et Lettres.

Confrontant oeuvres artistiques, discours sociaux et médicaux, l'exposition rencontre parfaitement les recherches de SAGES sur la construction des identités sexuées. "Le discours sur l'hystérie constitue en effet un instrument de la différenciation entre les sexes et participe au processus de naturalisation de la soi-disant infériorité des femmes à une époque - la fin du XIXe siècle - marquée par la redistribution des rôles sexuels et sociaux" explique Laurence Brogniez, "Si elle n'est plus perçue aujourd'hui comme une maladie à proprement parler, l'hystérie n'a pas disparu de notre vocabulaire et continue à véhiculer des stéréotypes liés au genre".

A l'occasion de cette exposition, SAGES organise le vendredi 19 octobre au Musée Rops, une après-midi d'étude Hystérie, réalités et représentations. Muriel Andrin, Vanessa d'Hooghe et Jérôme Janicki, tous trois chercheurs au SAGES aborderont la question de l'hystérie en croisant histoire des sciences, des mentalités et des arts. Laurence Brogniez proposera à 19h une visite guidée agrémentée de lectures pour clore la journée.

Epiderme: rôle-clef des cellules souches

Barrière indispensable à la survie, la peau protège notre organisme contre des agressions multiples. Les cellules de la peau ne cessent tout au long de notre vie d'être perdues par desquamation et remplacées pour maintenir un équilibre délicat...

Une équipe de checheurs dirigée par Cédric Blanpain, chercheur FNRS et investigateur du Welbio au sein de l'IRIBHM, Faculté de Médecine, en collaboration avec le Cavendish Laboratory de l'Université de Cambridge a démontré l'existence d'une nouvelle population de cellules souches de la peau, qui donne naissance à des cellules progénitrices responsables du renouvellement quotidien de l'épiderme. Ces cellules souches jouent également un rôle fondamental dans la réparation des plaies cutanées.

Publiée dans la revue Nature, cette recherche pourrait avoir des implications importantes en médecine régénérative, en particulier pour la réparation de la peau de patients gravement brûlés ou souffrant de plaies chroniques.

Ces travaux ont été financés par le FNRS, le Welbio, la Région de Bruxelles-capitale, la Wallonie, la Fondation contre le cancer, la Fondation ULB, le Fond Gaston Ithier, l'European Research Council et l'EMBO Young Investigator.

Serious game et applications thérapeutiques

« Les données captées par la barrette optique tournée vers le patient sont augmentées afin de restituer sur écran une image en trois dimensions du sujet, expliquent Benoît Penelle, du Laboratoire de l'Image : Synthèse et Analyse  (Lisa) de l'Ecole Polytechnique de Bruxelles, et Dominique Mouraux du Centre de réadaptation de l'appareil locomoteur  de l'hôpital Erasme. Le logiciel ne garde que la moitié de l'image : celle où se situe le bras encore présent chez un patient amputé par exemple. L'ordinateur reconstruit ensuite de manière digitale l'autre moitié du corps. A l'écran, le patient, muni de lunettes 3D, se voit donc au complet. Il a l'illusion d'avoir à nouveau deux bras et doit, avec son bras manquant reconstruire virtuellement, effectuer certains exercices. Son bras valide devient ainsi son membre fantôme avec lequel il doit toucher des objets virtuels qui lui sont présentés. »

Avec cette thérapie, dite par miroir, l'image du membre amputé est rétablie dans le cerveau, ce qui permet d'atténuer de manière persistante la douleur liée à celui-ci. Les avantages de l'outil sont nombreux : « Outre le jeu qui mobilise l'attention et les mouvements du patient, et bien sûr les premiers résultats cliniques encourageants déjà engrangés, il y a aussi l'accessibilité au matériel. Des vraies caméras 3D et le système qui les accompagne en rééducation/ réhabilitation sont généralement hors de prix pour des patients. Ici, pour quelques dizaines d'euros, ils peuvent disposer du matériel à la maison».

Depuis le début de cette année, huit patients volontaires (une personne amputée d'un bras et sept autres souffrant de douloureuses neuropathies) ont testé le système de jeu.

Au terme de six séances de quinze minutes, étalées sur une dizaine de jours, les patients ont expliqué avoir vu leur douleur diminuer de 30 % en moyenne. « Plus le membre est lésé, plus la thérapie semble efficace, note Dominique Mouraux. Et cet effet analgésique semble durer dans le temps, jusqu'à trois mois après le traitement.»

Il ne reste plus qu'à valider le système et à comprendre plus en détail le mécanisme neurobiologique en action. Deux études complémentaires sont donc déjà programmées au Cral. L'une portera sur vingt nouveaux volontaires. L'autre tentera, par imagerie du cerveau, d'identifier les connexions concernées dans le cortex.

Sexe et normes

Psychologue, docteur en criminologie, Christophe Adam enseigne la criminologie clinique en Faculté de Droit et travaille dans un centre spécialisé dans le traitement des délinquants sexuels. Il étudie en particulier l'effet de la libération conditionnelle chez les délinquants sexuels.

Ces libérations conditionnelles augmentent-elles le risque de récidive? Selon les statistiques, le nombre de récidives en cas de délinquance sexuelle est très faible. "Il y a moins de récidive que chez les auteurs de vols avec violence par exemple. Et parmi les délinquants sexuels, ceux qui récidivent le plus souvent sont les auteurs de délits les moins graves tels que l'exhibitionnisme. Il est vrai que si la première mission d'une prison n'est pas de soigner, en revanche, les délinquants sexuels en liberté conditionnelle ou en congé pénitentiaire sont soumis à un suivi psycho-médico-social étroit. Beaucoup de mythes circulent toujours autour de la récidive. Le centre de recherche criminologique va prochainement entamer une recherche pour tenter de déconstruire ces idées reçues" explique Christophe Adam.

Aujourd'hui au coeur des discours et pratiques de politique criminelle, la délinquance sexuelle a fait l'objet d'un colloque organisé par l'Ecole des Sciences criminologiques - Faculté de Droit à l'occasion de son 75e anniversaire. Les actes sont désormais réunis dans un ouvrage dirigé par Christophe Adam, Dominique De Fraene, Philippe Mary, Carla Nagels et Sybille Smeets: Sexe et normes, aux Editions Bruylant.

THESPI - Tools for Household Energy Saving Practices Innovation

Financé par Electrabel et achevé en juin dernier, l'objectif du projet THESPI est de caractériser de manière détaillée le contexte du verrouillage comportemental du système sociotechnique (STS) « Consommation d'énergie », d'identifier les ressorts activés et de construire une matrice d'adéquation entre différents profils de consommateurs et une série d'outils innovants pour réduire la consommation d'énergie.

Cette recherche repose notamment sur une caractérisation fine du STS « énergie » et des dynamiques comportementales qui y sont associées. Dans ce cadre, de nombreux outils innovants ont été analysés et décryptés dans le but d'identifier les voies les plus prometteuses. Ce travail a servi de base à une analyse empirique contenant deux volets : une enquête par questionnaire avec analyse de segmentation de profils et la mise en œuvre de trois « labs » (expériences de « laboratoires ») distincts.

Ce projet de recherche fut coordonné par Kevin Maréchal du Centre d'Etudes Economiques et Sociales de l'Environnement (CEESE-ULB) et effectué en collaboration avec le Research Group Marketing (RGM-KUL) et le CEDD-ULB.

Archéologie préventive à Bruxelles

La multiplication des travaux d'aménagement du territoire que connaissent nos régions depuis plusieurs décennies (réhabilitation de bâtiments publics ou privés, creusement de parkings souterrains, création de parcs d'industrie ou d'infrastructures de transport, etc.) entraîne la destruction des vestiges enfouis dans le sous-sol et du bâti ancien. Depuis le milieu des années 1990, les pouvoirs publics régionaux se sont dotés de moyens destinés à prévenir la disparition de ce patrimoine archéologique, sans entraver le développement nécessaire de la société. L'archéologie « préventive » vise à enregistrer le maximum d'informations sur ce patrimoine menacé, avant sa destruction.

Répondant à la mission de services à la société de l'université, le Centre de Recherches en Archéologie et Patrimoine (CReA-Patrimoine), pôle d'expertise qui fédère l'ensemble des programmes de recherche en archéologie à l'ULB, constitue un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics en charge du patrimoine et en particulier la Direction des Monuments & des Sites (DMS) de la Région de Bruxelles-Capitale.

Agréé comme auteur de recherches archéologiques par le Gouvernement bruxellois depuis 2009, le CReA-Patrimoine se voit confier la réalisation d'études et de fouilles préventives sur le territoire de la Région. Une collaboration qui s'inscrit dans une relation de bénéfices réciproques particulièrement efficace et productive.

Les marchés publics et les conventions de recherche permettent l'engagement de chercheurs dédiés à l'archéologie bruxelloise (représentant aujourd'hui 3,5 ETP). Les données inédites et originales récoltées au cours de ces interventions viennent nourrir les programmes de recherche menés par le CReA-Patrimoine : une thèse de doctorat mini-ARC sur les matériaux de construction dans le bâti bruxellois, ou encore des recherches post-doctorales soutenues par le FNRS-FRS. En retour, ces travaux de recherche fondamentale et les compétences réunies au sein de l'équipe viennent enrichir l'analyse des données de terrain et intégrer celles-ci dans des problématiques historiques plus larges.

Les résultats se traduisent sous la forme de publications scientifiques, de communications et de publications visant le grand public ou encore d'expositions. En outre, ces actions contribuent efficacement à conscientiser les acteurs de l'aménagement du territoire - décideurs politiques, architectes, entrepreneurs, urbanistes - à l'importance du patrimoine bruxellois.

Ce type de collaboration vient renforcer l'ancrage régional de l'ULB et le rôle que doit jouer l'Université dans son environnement social et culturel.

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Défi

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Rédaction: Nathalie Gobbe, Natacha Jordens, Mathieu Léonard, Communication Recherche, Département des relations extérieures

Développement et mise en page: Cellule Web

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