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I-APAS et la théorie de la ruine

Assurances voiture, habitation, familiale, etc., vous payez probablement plusieurs primes pour protéger vos proches et vos biens. Mais savez-vous comment ces primes sont calculées ?
Tout commence en 1903 lorsque Filip Lundberg, actuaire suédois décide de calculer la probabilité qu'a une compagnie d'assurance de faire faillite. Il estime donc le risque que le capital de la compagnie, c'est-à-dire la somme des primes de ses clients et des fonds initiaux diminuée du remboursement des sinistres, devienne négatif. Cette "théorie de la ruine" (ou "théorie du risque") est toujours utilisée aujourd'hui dans les banques et compagnies d'assurance. Les modèles ont été progressivement améliorés et sont à la base de plusieurs réglementations, par exemple sur les réserves financières minimales dont la société doit disposer.
L'Action de recherche concertée "I-APAS" ("Interplay between Analysis, Probability and Actuarial Sciences") a, entre autres, pour ambition d'affiner l'analyse et la compréhension de ces modèles à l'aide d'outils mathématiques. En effet, les théories existantes ne prennent pas en compte par exemple les intérêts réalisés par la compagnie à partir des primes versées.
Les Services d'Analyse, de Probabilités et de Sciences actuarielles de la Faculté des Sciences collaborent depuis 2009; il se voient aujourd'hui officiellement associés au sein de cette ARC. Un soutien bienvenu qui servira en grande partie à l'embauche de nouveaux chercheurs.
Les résultats futurs du groupe pourraient trouver des applications dans le secteur de l'assurance et de la finance mais aussi dans d'autres domaines où l'analyse d'un facteur aléatoire peut être intéressante, comme la chimie, l'épidémiologie ou l'astrophysique par exemple.
Actions de Recherche Concertées

Que soutiennent les Actions de Recherche Concertées (ARC) qui viennent d'être attribuées ?
Pierre Marage : Les ARC constituent un soutien très important de la Fédération Wallonie-Bruxelles en faveur de la recherche fondamentale; les appels ont lieu tous les deux ans. Le financement est attribué aux Académies universitaires, pour nous l'ULB et l'UMONS. Pour le présent appel 2012-2017, quelque 7,3 millions d'euros revenaient à l'ULB. Dans notre optique, ces financements doivent servir non seulement à mener de l'excellente recherche mais aussi à mettre nos meilleurs chercheurs en position de se projeter également vers d'autres sources de financement, en particulier européennes.
Comment les projets sont-ils sélectionnés ?
Pierre Marage : Chaque projet devait être présenté par deux équipes au moins, appartenant éventuellement à nos deux universités. Toute la sélection, menée en commun pour l'ULB et l'UMONS, a été réalisée par des experts extérieurs à la Fédération Wallonie-Bruxelles : pour chacun des projets déposés (54 au total), quatre experts de la discipline ont remis des avis circonstanciés portant notamment sur l'originalité et la cohérence du projet ainsi que sur la compétence des équipes. Le classement final a été réalisé par trois panels interdisciplinaires. Notre politique a donc été de favoriser la qualité et de laisser jouer librement la compétition entre les équipes au sein de chacune des universités.
Toutes les disciplines sont-elles concernées par le programme ARC ?
Pierre Marage : Oui. Pour l'ULB, cinq projets ont été sélectionnés en sciences et technologies, cinq en sciences de la vie et de la santé, trois en sciences humaines et sociales, ce qui reflète approximativement les proportions des demandes. Chaque projet a obtenu 500.000 euros au moins sur cinq ans, dont la majeure partie destinée à l'engagement de doctorants et de post-docs mais également une part significative pour de l'achat d'équipements et surtout pour le fonctionnement des équipes : il ne sert pas à grand-chose d'engager des chercheurs s'ils ne peuvent pas se procurer les produits nécessaires aux expériences, financer la réalisation d'enquêtes, se rendre à des congrès, etc.
Découvrez l'ensemble des ARC 2012-2017.
Les facteurs rhésus en 3D

Le système rhésus, tout le monde le connaît. Il s'agit de trois protéines présentes sur la surface des globules rouges qui déterminent, en partie, les compatibilités lors de transfusions sanguines. Mais il existe aussi deux autres facteurs rhésus, exprimés dans plusieurs organes du corps humain comme le rein, le foie ou le système reproducteur mâle.
Leurs fonctions demeuraient inconnues jusqu'à ce que des chercheurs de l'Institut de biologie et de médecine moléculaires (IBMM) découvrent leur implication dans le transport d'ammonium chez la levure et les mammifères. L'équipe d'Anna Maria Marini, Laboratoire de Biologie du transport membranaire, Faculté des Sciences a ensuite pu démontrer un lien entre ces transporteurs rhésus et le contrôle de la fertilité mâle et du pH sanguin chez la souris. Cependant, beaucoup de questions restent encore à élucider, notamment le fonctionnement de ces transporteurs, leur rôle et les maladies humaines auxquelles ils seraient associés.
L'Action de recherche concertée consacrée aux "Mep-Amt-Rhesus factor family" vise donc à étudier le rôle physiologique et pathologique de ces facteurs rhésus ainsi que leur fonctionnement moléculaire. Le laboratoire d'Anna Maria Marini s'est pour cela associé à celui de René Wintjens, en Faculté de Pharmacie, spécialiste de l'analyse structurale des protéines. Ensemble, les deux équipes projettent de cristalliser et d'étudier la structure 3D de ces transporteurs rhésus dans leur forme active, afin de comprendre leur fonctionnement et leur régulation au niveau moléculaire.
Bruxelles: culture et mobilité s'entrecroisent

Développement des premiers cinémas et théâtres sur les grands axes, concentration d'artistes dans certains quartiers proches des gares: le développement de la culture dans les centres-villes est souvent intimement lié aux questions de mobilité. La nouvelle Action de recherche concertée "Culture, mobilité et territoire: émergence et transformation de l'identité métropolitaine bruxelloise" vise à explorer les interactions entre les lieux de création et de diffusion artistiques et les lieux de mobilité de la capitale, du 18e siècle à nos jours.
Interdisciplinaire, le projet rassemble six équipes des Facultés de Philosophie et Lettres, d'Architecture et des Sciences. Il s'intéressera particulièrement à la jonction Nord-Midi, lieu central de la mobilité et du développement artistique de Bruxelles. Comment aménager les gares et leurs pourtours ? Comment la culture contribue-t-elle à façonner l'identité urbaine? Quel est l'impact d'une délocalisation des lieux culturels sur le devenir de la ville ? Ce sont autant de questions, déterminantes pour les politiques culturelles futures, que se poseront les chercheurs.
Le point culminant du projet sera la création d'un "Atlas culturel et historique de Bruxelles", en collaboration avec l'équipe ARTLAS de l'Ecole normale supérieure de Paris. Les équipes prévoient aussi l'organisation de plusieurs séminaires et colloques tandis que les cours donnés aux étudiants seront ponctués de références à cette ARC. Historiens, architectes, romanistes, géographes, confirmés ou en devenir: tout le monde sera donc impliqué !