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Le dossier à la Une

Sécurité alimentaire au Cambodge et au Laos

Arrivé à son terme fin janvier, le projet européen Annâdya – le bonheur de manger à sa faim en sanskrit - était coordonné par le LAMC - Pierre Petit, Faculté des Sciences sociales et politiques -, en partenariat avec l'ONG CEDAC au Cambodge et par l'Université Nationale d'Agriculture du Vietnam et Gembloux Agro-Bio Tech au Laos.

« Le projet avait pour ambition d'optimiser la sécurité alimentaire des minorités ethniques en favorisant l'utilisation de technologies appropriées, qui permettent d'augmenter la diversité et la productivité agricole de l'agriculture familiale », explique depuis le Cambodge, Annick Schubert, chercheuse du LAMC, responsable de l'implémentation sur le terrain.

Après 3 années d'actions, le bilan est très positif, précise l'évaluation externe du projet. « Au Cambodge, 5500 familles, soit 76% de la population totale des 64 villages appuyés, ont pu réduire leur période soudure de 3 mois, tout en améliorant leur équilibre alimentaire. Au-delà de la production agricole, la facilitation de l'accès à l'eau, particulièrement problématique dans cette région en saison sèche, a permis des meilleures conditions d'hygiène et de santé. Enfin, la mise en place de groupes de micro-finance dans les villages a facilité l'accès au crédit tout en renforçant l'organisation et la cohésion communautaire », souligne Annick Schubert.

Le LAMC a aussi réalisé plusieurs recherches, en soutien aux activités de terrain. Parmi celles-ci, une étude anthropologique sur l'alimentation des populations du Ratanakiri. « Nous nous sommes intéressés à la chaine alimentaire complète, depuis l'acquisition de nourriture jusqu'au repas dans l'assiette », précise Manon Istasse, collaboratrice scientifique du LAMC chargée de cette étude. « En étudiant les populations de 4 villages – deux proches d'une ville, deux isolés -, nous avons notamment constaté que les terres dédiées à l'agriculture diminuent au profit de plantations d'hévéa (caoutchouc); la mécanisation et l'intensification de l'agriculture sont présentes - les tracteurs remplacent peu à peu les buffles dans les rizières-; les populations locales dépendent de plus en plus des marchés que ce soit pour vendre leurs productions de noix de cajou, soja, manioc ou légumes ou pour acheter de quoi se nourrir, en particulier de la viande. Toutes ces données vont aider les ONG locales à apporter des réponses plus adaptées aux besoins alimentaires ».

Transdisciplinaire, le projet Annädya s'est aussi appuyé sur l'Ecole Polytechnique de Bruxelles – TIPs, Benoît Haut – en mettant en place deux de ses technologies: des séchoirs solaires alimentaires et une unité-pilote d'extraction d'huile essentielle.

Coopération: une Journée, une ONG, des actions

La 8e Journée de la coopération ce 11 mars verra le lancement d'une ONG, ULB-Coopération. Quel est son rôle?

Serge Jaumain: La création d'ULB-Coopération est la concrétisation d'un de mes projets les plus chers: fusionner trois ONG très liées à l'ULB pour leur offrir une force de frappe inégalée. La gestation fut longue mais le résultat est à la hauteur de nos espérances. Il permettra à l'ULB de renforcer son poids et son action dans les multiples domaines liés à la coopération au développement au bénéfice de nos partenaires du Sud mais aussi de notre recherche et de notre enseignement. ULB-Coopération visera à stimuler la recherche, l'innovation et la créativité et sensibilisera le monde universitaire aux réalités du Sud. Elle permettra à nos chercheurs notamment de mieux connaître les nombreuses opportunités qui existent dans le Sud pour développer, diffuser, valoriser leurs travaux.

Quelles seront les priorités d'ULB-Coopération?

Serge Jaumain: ULB-Coopération déploiera dans un premier temps ses activités autour des quatre axes qui étaient au cœur des actions des trois ONG: la gestion des territoires et des ressources, la santé, l'appui à l'entreprenariat et à la gestion, l'éducation et la citoyenneté critique. Ses actions se concentreront d'abord sur six pays: le Burkina-Faso, le Burundi, le Cameroun, la RD du Congo, le Sénégal et le Togo où elle bénéficie de nombreux partenaires locaux. L'idée est bien sûr de toucher progressivement toutes les disciplines et d'étendre le périmètre géographique. ULB-Coopération comptera une douzaine de collaborateurs et disposera de bureaux sur le campus de La Plaine .

Comment expliquer cet intérêt de l'ULB pour les actions de coopération?

Serge Jaumain: Aujourd'hui, la coopération universitaire au développement est bien plus qu'une simple action de solidarité, c'est devenu une action win-win qui enrichit aussi notre recherche et notre enseignement. A côté de l'aide apportée au développement des pays du Sud, la coopération permet en effet de récolter du matériel de recherche, d'expérimenter des hypothèses sur place, de bénéficier des expériences des intellectuels du Sud et surtout de confronter nos chercheurs et nos étudiants aux réalités d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine. Partager une recherche avec des collègues du Sud, c'est souvent une formidable expérience de vie, un enrichissement intellectuel que l'on n'oublie jamais. Que l'on étudie la maladie de Chagas, le micro-crédit, la conservation de la mémoire de la colonisation ou l'activité des volcans, les collaborations avec les universités du Sud ont beaucoup à nous apporter.

En savoir plus sur l'ULB et la coopération.

Santé au Burundi

« On ne lance pas une campagne de sensibilisation au sida destinée à des adolescents de la même manière qu'une campagne sur l'ostéoporose, par exemple. Pourtant, en santé, on a souvent voulu appliquer en Afrique des modèles pensés à Bruxelles, sans prendre en compte les réalités culturelles, humaines, matérielles... du pays », souligne Anne Fromont. Doctorante au FRIA-FNRS, la chercheuse de l'Ecole de Santé publique connait bien le terrain de la santé, en particulier dans la région des Grands Lacs: elle a travaillé pendant 10 ans comme infirmière et a déjà mené une évaluation d'une politique de santé au Rwanda.

Actuellement, elle participe à l'évaluation d'une intervention dans les centres de santé (CDS) burundais. Mené par la coopération allemande, ce projet est original puisqu'il comporte une évaluation avant et après intervention, et vise ainsi à augmenter la capacité des locaux à diagnostiquer leurs problèmes et à trouver des solutions en autonomie. C'est là qu'interviennent les chercheurs de l'ULB et une équipe québecoise. Plus précisément, le centre Politiques et systèmes de santé-santé internationale de l'Ecole de Santé publique évalue l'impact sur les professionnels de santé. « Les centres de santé constituent la première ligne santé, ce sont les équivalents des médecins généralistes chez nous mais, faute de ressources, ils sont en général dirigés par un infirmier. Nous évaluons l'impact de cette intervention de la Coopération allemande sur l'estime de soi des professionnels de la santé: avoir plus d'autonomie augmente-t-il par exemple leur satisfaction? Nous nous intéressons aussi aux représentations sociales: que signifie par exemple faire du travail de qualité dans un CDS? En répondant à cette question, nous comprendrons ce que les locaux vont réellement s'approprier parce qu'il fait sens pour eux », explique Anne Fromont qui sera en mars au Burundi pour recueillir de nouvelles données.

Défi

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Rédaction: Nathalie Gobbe, Natacha Jordens, Communication Recherche, Département des relations extérieures

Développement et mise en page: Cellule Web

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