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Des critiques des Droits de l'Homme...

Si la littérature sur les Droits de l'Homme est prolifique, il existe, en revanche, peu d'analyses des critiques des Droits de l'Homme issues du sein même de la pensée politique occidentale. C'est cette approche originale qu'a choisi d'adopter Justine Lacroix (Département de Science politique, Faculté des Sciences sociales et politiques) dans le cadre de son projet ERC. Plus précisément, la chercheuse étudie les critiques adressées aux Droits de l'Homme - et en particulier à la déclarartion de 1789 - par six penseurs, représentatifs de six courants de pensées : Burke, Marx, Bentham, Maistre, Comte et Schmitt. En parallèle, Justine Lacroix épaulée par deux chercheurs, s'intéresse aux discours des Droits de l'Homme dans nos sociétés contemporaines et en particulier dans la philosophie politique française depuis 1980. Elle publiera cet automne un article à ce propos dans la revue Political Studies.
"On a parfois l'impression que l'Europe soutient uniquement une excellence hyperspécialisée qui serait validée par des dizaines de publications dans des revues à comités de lecture internationaux. Cette vision n'est peut-être pas totalement fausse mais elle est aussi caricaturale : le Conseil européen de la Recherche soutient mon projet qui est volontairement synthétique et peu spécialisé. Si nous essayons de publier dans des revues internationales, l'objectif principal reste d'écrire un livre qui ne soit pas une simple collection d'articles mais bien une monographie; ce qui reste essentiel dans nombre de champs de sciences humaines" observe Justine Lacroix.
L'ERC lui a également permis d'inviter des experts internationaux, de nouer des collaborations avec d'autres centres de recherche (notamment Sciences Po Paris où elle anime un séminaire, Oxford University, l'Université du Québec...), d'organiser des collaborations avec d'autres équipes de l'Université (par exemple, le séminaire Polis qui réunit des politologues, des philosophes, des juristes...). "Je ne compte pas m'isoler dans mon projet de recherche mais bien profiter de l'impulsion de l'ERC pour nouer des liens, partager des connaissances et développer un Centre de théorie politique à l'ULB" précise Justine Lacroix.
Les grants ERC : une priorité pour l'ULB

Rappelez-nous brièvement ce que sont les "ERC Grants".
Christine Courillon: Il s'agit de financements très sélectifs accordés par le Conseil européen de la Recherche. Deux types de Grants existent et cela quelle que soit la discipline: les Starting attribués à des chercheurs qui ont obtenu leur thèse il y a maximum 12 ans; les Advanced qui récompensent des chercheurs seniors, leaders dans leur domaine. Les Grants sont attribués à des projets de recherche fondamentale de haute qualité, qualifiés de high gain, high risk, à savoir des projets où le chercheur a l'audace et la compétence d'explorer une voie inattendue, originale pour attaquer une question qui, si elle est résolue, enrichira de manière majeure la connaissance en Europe. Les taux de réussite s'élèvent à environ 25% (starting) et 15% (advanced).
L'ULB a décidé de faire de l'ERC une priorité, pourquoi ?
Christine Courillon : Aujourd'hui, l'ULB a décroché sept Starting Grants et deux Advanced Grants dans des disciplines aussi variées que la médecine moléculaire, l'informatique, l'économie, la pensée politique, la sociologie, l'intelligence artificielle, la physique, la mathématique... Nous sommes en tête en Fédération Wallonie-Bruxelles, aux côtés de l'UCL mais encore timides vis-à-vis de certains voisins européens, et notamment flamands. Nous pouvons faire mieux et nous y travaillons parce qu'obtenir un Grant du Conseil européen de la Recherche est un label de qualité reconnu internationalement. Afficher un tel label permet à l'université de progresser dans les rankings européens, de stimuler la carrière des chercheurs, d'attirer des professeurs étrangers ou de brillants post-doctorants et donc, in fine, d'améliorer encore la qualité de sa recherche... Pour les chercheurs, l'ERC offre, outre un financement très important, une très belle carte de visite pour développer leur équipe, nouer des collaborations internationales, innover dans leur secteur de recherche...
Concrètement, comment allez-vous traduire en action cette priorité de l'ULB ?
Christine Courillon : Nous sommes convaincus - sur base notamment des excellents résultats de l'ULB aux prix Francqui ou dans les PAI - que nos chercheurs et nos chercheuses pourraient être bien plus nombreux à entrer - et à réussir ! - dans cette compétition du plus haut niveau international. Nous voulons donc les sensibiliser à l'importance de ce programme et aussi les préparer à concourir. Nous organisons en juillet deux séances de formation avec un consultant externe qui va leur expliquer notamment comment présenter au mieux leur projet de recherche selon les normes de l'ERC et comment présenter le plus efficacement leur CV scientifique... A un tel niveau où seuls les meilleurs concourent, la sélection se fait parfois sur d'infimes détails comme le choix des mots-clefs : tout est important ! Au-delà de ces deux séances, la cellule Europe assiste et conseille le chercheur dans la préparation de son dossier de candidature et de la défense orale s'il est retenu, avec l'aide des lauréats de l'ULB qui sont prêts à partager leur expérience avec les nouveaux candidats.
Contact : Christine Courillon, ulb-europe@ulb.ac.be
...aux critiques des logiciels de contrôle !

"Aujourd'hui, de nombreuses applications complexes et critiques sont mises en oeuvre à l'aide de logiciels informatiques: l'assistance au pilotage d'un avion ou la régulation du rythme cardiaque par un pacemaker, par exemple. Pour ces applications critiques, il est primordial de s'assurer que le logiciel construit est correct. Or, écrire un logiciel correct est une tâche difficile. Mais il est encore plus difficile de prouver mathématiquement qu'un logiciel ne contient aucune erreur" explique Jean-François Raskin (Département d'informatique, Faculté des Sciences), à la tête du projet inVEST (De la vérification à la synthèse automatique des logiels critiques), soutenu par le Conseil européen de la Recherche.
Son objectif ? Fournir les bases théoriques (grace à la logique, la théorie des automates et la théorie jeux) pour permettre la construction automatique de logiciels de contrôle prouvés corrects à partir de descriptions mathématiques.
Les 7 et 8 juin prochains, Jean-François Raskin organise à l'ULB une rencontre scientifique sur le thème de la vérification et la synthèse de logiciels critiques, qui réunira les groupes de cinq autres chercheurs soutenus par l'ERC (U Oxford, IST Austria, U Paris 7, U Jerusalem). "Le financement substantiel reçu de l'ERC est une opportunité unique pour nos groupes d'accroitre nos collaborations existantes et d'ainsi réaliser des progrès importants dans un domaine de recherche fascinant, à l'intersection de l'informatique et des mathématiques" souligne Jean-François Raskin.