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Le dossier à la Une

Les trésors d'Alba Fucens

Il y a 2300 ans, à 100 km à l'est de Rome, aux pieds des monts enneigés des Apennins, se dressait la cité coloniale d'Alba Fucens. Entourée d'une enceinte polygonale, la ville militaire avait un but: imposer le pouvoir de Rome aux populations locales.

Initiées dès 1949 par Joseph Mertens (UCL-KUL), les fouilles archéologiques sur ce site d'exception ont toujours porté la marque des truelles belges. Depuis 2007, à l'invitation de la Surintendance Archéologique des Abruzzes, le CReA-Patrimoine - Faculté de Philosophie et Sciences sociales - a repris le flambeau, en collaboration avec les Musées Royaux d'Art et d'Histoire. Les recherches menées par les équipes de Cécile Evers portent sur la zone occidentale du Forum. Dans cette partie du site, peu explorée auparavant, les archéologues ont découvert deux salles mitoyennes d'une importance capitale. Leur butin? Deux anciennes boutiques réaménagées en salle de banquet et en lieu de culte, probablement impérial.

Entre ces salles et le forum, jeté sur le sol en mosaïque du portique, gisaient les fragments d'un grand calendrier peint de l'époque julio-claudienne (27 acn à 67 pcn). Une découverte exceptionnelle puisqu'on ne référence que deux autres calendriers de ce type à travers le monde. Y sont indiqués les mois, les jours, les congés et fêtes religieuses, mais aussi, sous le calendrier, une liste des paires de consuls qui donnaient leur nom à l'année.

Retrouvé en centaines de fragments extrêmement fragiles et difficiles à déchiffrer, cet ensemble fait l'objet d'une recherche interdisciplinaire associant restaurateurs (des MRAH et de l'ENSAV-La Cambre), dessinatrice et épigraphistes. Le calendrier sera ramené à Bruxelles cet automne afin d'être soumis à une batterie d'analyses et d'en proposer une reconstitution qui sera exposée dans le futur musée du site.

Crédit photo: CReA-Patrimoine

Plongée dans les bouches de Bonifacio

Les Bouches de Bonifacio séparent la Corse de la Sardaigne. Durant des siècles, ces eaux cristallines étaient une des routes commerciales maritimes importantes en Méditerranée. Témoin de ce statut passé, l'imposante villa romaine de Piantarella à Bonifacio: d'une surface de 3600 m2, elle possédait une cour intérieure de 1800 m2, des thermes pavés de mosaïques, des bureaux, des ateliers, des écuries, un port privé, etc. Fouillée partiellement dans les années 1970-1980, son histoire est longtemps restée méconnue...

Depuis 2016, des archéologues du CReA-Patrimoine - Faculté de Philosophie et Sciences sociales - et des géologues de G-Time - Faculté des Sciences -participent à une mission internationale de fouilles archéologiques sur le site. Sous la direction de Sébastien Clerbois et Nadine Mattielli, l'équipe étudie plus particulièrement les carrières maritimes de granite. Une vingtaine de carrières d'exploitation de cette roche, très prisée à l'époque romaine, sont disséminées dans l'archipel des Lavezzi, entre les eaux corses et sardes. De multiples questions se posent: ces carrières sont-elles toutes romaines ou sont-elles issues de la reprise d'exploitation au 19e siècle? Quel volume a été extrait? Quelle en était la finalité? Le propriétaire de la villa de Piantarella était-il le propriétaire ou le gestionnaire des carrières? L'exploitation du granite a-t-elle contribué à l'économie de cette région?

Les premières analyses permettent de redessiner la carte régionale de l'exploitation du granite et de dissocier la production romaine de celle, plus tardive, opérée au 19e siècle. Ce relevé aide aussi à caractériser la technologie romaine et à comprendre les stratégies d'exploitation. En 2019, pour la première fois, des fouilles seront menées au sein-même des carrières, afin de mieux comprendre et dater l'exploitation et l'occupation romaine. Par ailleurs, l'équipe a également repris les fouilles de la villa de Piantarella afin d'en établir la carte d'identité.

Crédit photo: Letizia Nonne

L'abbaye de Preuilly: un joyau cistercien

L'abbaye cistercienne de Preuilly a été fondée entre 1116 et 1118 par le comte de Blois et de Champagne, Thibaut II (1102-1151). Un calcul politique pourrait être à l'origine de la fondation de ce monastère: le comte de Champagne voulait marquer l'appartenance de ce territoire forestier et frontalier à la limite du domaine royal.

Des études pluridisciplinaires, dirigées par François Blary du CReA-Patrimoine - Faculté de Philosophie et Sciences sociales -, sont entreprises sur le site de l'abbaye. Le bâti d'un des bâtiments domestiques a retenu l'attention des chercheurs par son exceptionnelle conservation: la Grange des Beauvais. Grâce à ces fouilles, des éléments spectaculaires d'un atelier métallurgique de grande ampleur ont été mis en évidence, comportant de nombreux foyers et fours, ainsi que l'ensemble des traces de leur fonctionnement. L'excellente conservation des vestiges va permettre de documenter de manière très précise l'histoire de la production de fer et des techniques mises en œuvre au sein des grands monastères occidentaux du XIIe jusqu'à la fin du XIVe siècle.

Aujourd'hui, l'investigation des sols de ces salles se poursuit. Ces campagnes de fouilles participent également à la formation des étudiants de l'ULB dans le cadre des stages organisés par le CReA-Patrimoine.

Crédit photo: François Blary

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Rédaction: Nathalie Gobbe, Natacha Jordens, Mathieu Léonard, Communication Recherche, Département des relations extérieures

Développement et mise en page: Cellule Web

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