Avril 2017

Le joli muguet de mai… oui, mais !

Qui ne connaît cette plante, que l’on s’offre le 1er mai ? On l’oublie parfois, mais le muguet est une plante sauvage de nos régions. Il habite le sous-bois des forêts de chêne et de hêtre. C’est un « géophyte », c’est-à-dire une plante aux tiges souterraines (rhizomes), invisible pendant une grande partie de l’année. Au printemps, il produit deux feuilles et une grappe de jolies clochettes blanches très odorantes. Les fruits sont des baies rouges. La reproduction est principalement végétative, par allongement des rhizomes. Ainsi, toute une plage de muguet dans votre jardin peut très bien ne représenter qu’un seul individu…

Toutes les parties de la plante contiennent des substances irritantes (la convallarine, un saponoside) ainsi que des molécules toxiques pour le cœur (hétérosides cardiotoniques). Les saponosides sont responsables de douleurs digestives. Les hétérosides cardiotoniques ont des effets semblables à ceux de la digitale. L’intoxication survient quand on mâchonne un brin de la plante, ou que l’on boit l’eau dans laquelle une tige a séjourné… Les enfants et les animaux domestiques en sont les victimes les plus fréquentes.

Février 2017

Dictionnaire érotique moderne - Réserve précieuse

L’édition marginale ou clandestine en Belgique au XIXe siècle est un domaine encore peu exploré, notamment en raison de la difficulté de trouver des exemplaires de ces éditions dans les collections publiques. L’impressionnante collection réunie par René Fayt, fruit de plus de quarante ans de patientes recherches, constitue incontestablement l’ensemble le plus riche et le plus complet dans ce domaine pointu. Réunie par l’un des plus éminents spécialistes de l’édition belge du XIXe siècle, elle représente un témoignage précieux de tout un pan de l’histoire de l’édition dans notre pays et une ressource de premier ordre pour les chercheurs dans des domaines comme l’histoire littéraire, l’histoire de l’imprimerie et de l’édition ou l’histoire culturelle. En 2016, l’Université libre de Bruxelles a décidé d’acquérir cette bibliothèque, qui est venue enrichir les collections de la Réserve précieuse.

Une des plus belles pièces de cet ensemble est incontestablement l’exemplaire décrit ci-dessous. Dictionnaire érotique moderne par deux professeurs de langue verte. Troisième édition dans laquelle on a refondu la première et la deuxième édition in-18 et que l’on a augmentée d’environ sept à huit cents termes nouveaux, puisés dans les meilleurs auteurs érotiques, anciens et modernes. Freetown, Imprimerie de la Bibliomaniac company, MDCCCLXXV. 29 x 18,3 cm, 218 p. dont les 11 premières en romaine et les 4 dernières (215-218) forment un catalogue des « Publications de la Bibliomaniac compagny ». Illustré d’un frontispice libre reproduisant celui de Rops figurant dans les deux éditions précédentes mais modifié par Chauvet (?) ou plus vraisemblablement par Frédéric Lukkow.

On se trouve ici en présence d’une contrefaçon assez rare, sinon unique, par l’éditeur clandestin Vital Puissant (Walcourt, ca 1836 – Bruxelles, 1878) et plusieurs éléments permettent d’étayer cette thèse. L’ouvrage est illustré de vignettes souvent utilisées par Vital Puissant (et jamais par ses confrères) : p. IX : un diablotin à la manière noire ; p. 47 : un heaume entouré d’épées et de branches. Autre indication : l’imitation, la transformation d’éléments utilisés par ses confères. Il reprend le nom de la ville présumée de parution de l’ouvrage trouvé par Jules Gay (Freetown), non par manque d’imagination mais pour provoquer la confusion.

L’exemplaire de la Réserve précieuse est notamment enrichi du frontispice original de Rops sur chine et d’un portrait de Delvau à l’eau-forte par Le Rat en 3 états. La reliure est en demi-marocain rouge à coins signée Paul-Charles Allô.

Décembre 2016

L’officine ou répertoire général de pharmacie pratique (1910 – 15e éd. – Dorvault) – Musée des Plantes médicinales et de la Pharmacie

Né à Saint-Etienne de Montluc le 26 janvier 1815, François Dorvault a des parents de condition modeste : son père Julien, sabotier, dit ne pas savoir signer lorsqu’il déclare la naissance de son fils.

C’est à Nantes que François commence l’étude de la pharmacie, avec Davout. En 1833, Dorvault se rend à Paris, où il va travailler dans plusieurs pharmacies. Interne des hôpitaux, il est pharmacien en 1841 et s’installe dans une officine sise au numéro 7 de la rue de la Feuillade à Paris. En 1844, Dorvault édite pour la première fois L’officine ou répertoire de pharmacie pratique, véritable encyclopédie qui rassemble tout ce qui a trait à la profession pharmaceutique. Cet ouvrage va rester une référence pendant plus d’un siècle, avec 18 éditions successives. Trois ans plus tard, il publie L’iodognosie : monographie chimique, médicale et pharmaceutique des iodiques en général, de l’iode et de l’iodure de potassium en particulier.

Dorvault a 37 ans lorsqu’il fonde en 1852 la Pharmacie centrale des pharmaciens. Pour préserver la santé publique et pour ouvrir une nouvelle voie au salut de la profession pharmaceutique, Dorvault imagine un établissement modèle, tout à la fois droguerie et laboratoire, qui fabriquera en toute confiance les drogues simples, les médicaments composés que les pharmaciens ne peuvent préparer eux-mêmes. En septembre 1867, la Pharmacie centrale de France acquiert la partie droguerie de la Société Menier Père et fils, ce qui permet à l’établissement de Dorvault d’ouvrir des succursales dans les grandes villes françaises. En Janvier 1860, Dorvault fait paraître le premier numéro de l’Union pharmaceutique, destiné à informer la profession de toute l’actualité dans les domaines scientifiques et de l’organisation de la Pharmacie. Cette revue sera complétée en 1872 par le Bulletin commercial.

À sa mort le 16 février 1879 à Paris, la Pharmacie centrale va vivre des turbulences importantes, mais la profession pharmaceutique sera unanime à reconnaître son œuvre. Une statue, réalisée par Sanson, est érigée dans la cour d’honneur de la Pharmacie centrale de France, rue de Jouy, le 23 octobre 1879, marquant ainsi la pérennité de l’œuvre de Dorvault.

Novembre 2016

Jeu « Laboratorium » - Expérimentarium de Chimie

« Laboratorium » est un jeu de plateau conçu sur une idée originale de la professeure Nathalie Vaeck et de deux doctorants, Maxence Delsaut et Stéphane Vranckx, du Département de Chimie de l’Université Libre de Bruxelles. L’Expérimentarium de Chimie de l’ULB a permis sa réalisation et sa mise à disposition du public à partir du 17 novembre 2016.
Le jeu consiste à « construire » une molécule telle que vanilline, resvératrol, myrcène, linalol, cynnamaldéhyde etc. Ces molécules ont été choisies pour leurs propriétés et leur utilisation, mais leur nombre n’est pas limité. La molécule est « construite » à partir de jetons atome et de cartes « Chimie », « Réactifs ». Attention car les règles de sécurité doivent être respectées (carte « Sécurité » avec lunettes, blouse blanche, extincteur, etc.) et des cartes « Boum ! » apparaissent telles que « explosion » ou « espionnage industriel ». Les joueurs s’identifient donc aux chimistes.

Septembre 2016

La bouteille de Leyde – Expérimentarium de Physique

Au XVIIIe siècle, pratiquer des expériences d’électricité statique était le jeu à la mode. Il s’agissait de soumettre des volontaires (?) à des chocs électriques produisant au mieux des horripilations, au pire des commotions et des saignements de nez. Au passage, on prétendait par le même biais guérir quelques troubles (alcoolisme) ou en stimuler d’autres (aphrodisiaque)… Les sources de l’électricité nécessaire étaient des machines électrostatiques dont les dimensions étaient généralement aussi impressionnantes que les phénomènes qu’elles produisaient, ce qui en faisait des objets plutôt encombrants. C’est alors qu’une découverte toute fortuite changea la donne.

Vers 1745, l’allemand Von Kleist et le hollandais Pieter Van Musschenbroek à Leyde s’essayaient à électriser l’eau contenue dans une bouteille en verre. Un clou plongé dans le liquide et relié à une machine électrostatique servait d’électrode. On comprend que les fausses manœuvres n’étaient pas rares : lorsqu’ils touchaient le clou, une décharge désagréable s’ensuivait, sans grande conséquence pourtant. Par contre, quand les deux expérimentateurs répétèrent l’exercice en tenant cette fois la bouteille en main, la même fausse manœuvre leur apparut particulièrement violente : l’assistant de Musschenbroek, Andreas Cuneus, en tomba assommé et ne s’en remit qu’après deux jours !

À son ami Réaumur, Van Musschenbroek écrivit (en latin) : « Tout à coup, ma main droite fut frappée avec tant de violence que j’eus tout le corps ébranlé comme d’un coup de foudre. (…) En un mot, je croyais que c’était fait de moi. »

Visiblement, la charge électrique accumulée dans le dispositif main-bouteille-eau s’avérait gigantesque comparée à celle générée dans la seule bouteille. Le condensateur, objet de taille réduite et qui permet d’accumuler une grande quantité d’électricité, était né. Pour le réaliser, il suffit d’assembler deux plaques conductrices séparées par une fine épaisseur isolante.

Cette invention, dont le fonctionnement restait largement inexpliqué au XVIIIe siècle, engendra une vaste production de « bouteilles de Leyde », sortes de réservoirs d’électricité constitués d’une bouteille en verre contenant des morceaux de métal (le clinquant remplace l’eau) et recouverte, à l’extérieur, d’une feuille métallique, qui remplace la main de l’expérimentateur.

Actuellement, les condensateurs se présentent généralement sous une forme miniaturisée : il s’agit de fines feuilles d’aluminium séparées par un isolant, le tout enroulé sur lui-même et logé dans un petit boîtier. Ces éléments de circuit sont désignés par leur capacité électrique, un vocable qui rappelle indubitablement la bouteille d’origine.

L’usage actuel du condensateur est extrêmement diversifié : flashs électroniques des appareils photos, accéléromètres des smartphones, écrans tactiles et horloges électroniques. Des super condensateurs de très haute capacité ont également fait leur apparition.

Juillet 2016

Coq – Gallus ferrugineus Gmelin, 1788 – Muséum de Zoologie et d’Anthropologie

Parmi le millier de spécimens de la collection permanente du Muséum de Zoologie et d’Anthropologie se trouve une pièce particulièrement intéressante de coq (Gallus ferrugineus Gmelin, 1788 mâle ; syn. Gallus gallus L.).
En effet, sa présentation est relativement rare : il s’agit d’une demi- peau montée laissant voir le squelette. Cette présentation très didactique permet de visualiser la manière dont la peau s’ajuste sur le squelette.
Par ailleurs, cette pièce témoigne de l’ancienneté d’une partie de la collection zoologique de l’Université libre de Bruxelles.
Comme mentionné par Renaud Bardez dans sa thèse de doctorat1, cette pièce provient de la « Collection Canzius de Jan Lubbertus Onderdenwijngaart Canzius, fils du Directeur du Musée de l’Industrie jusqu’à sa destitution lors de la création de la Belgique.
En juillet 1837, le fils Canzius s’adresse au Conseil d’administration de l’Université libre de Bruxelles en lui proposant l’achat de sa propre collection anatomique. Il propose la vente d’une collection de près de 700 pièces d’anatomie physiologique et pathologique. Elle est présentée comme étant idéale pour constituer le cœur de la collection universitaire. Celle-ci est également composée de pièces de sciences naturelles dont certaines existent toujours dans les collections universitaires. »
Le coq (Gallus ferrugineus), actuellement visible dans la vitrine 32 du Muséum de Zoologie et d’Anthropologie, en faisait partie.
Gallus ferruginosus est un oiseau de l’ordre des galliformes. Les représentants mâles (coq) se distinguent des femelles (poules) par une taille plus grande, un plumage plus vif et une queue plus développée. Ils possèdent également une crête beaucoup plus marquée ainsi que des ergots bien visibles. L’ergot (toujours présent chez les galliformes) est un éperon situé sur les pattes au niveau du métacarpe. Le coq les utilise pour se défendre ou pour se battre.
À noter que le spécimen décrit ici fait figure d’exception, puisque la patte présentée en os possède deux ergots !

1 BARDEZ, R., La Faculté de médecine de l’Université libre de Bruxelles : entre création, circulation et enseignement des savoirs (1795-1914), Thèse de doctorat, ULB, 2015, n.p.

Juin 2016

La bouchonneuse Ponty – Écomusée du Viroin

La Bouchonneuse Ponty de l’abbaye des Pères trappistes de Chimay est un objet exceptionnel. Cette machine à bouchonner les bouteilles de bière de 75 cl est montée sur bâti de chêne assemblé à mi-bois. L’engin est muni d’un manche à poignée en bois qui, à l’aide d’un contrepoids, fait descendre un piston qui force le bouchon dans le goulot. Sur le contrepoids, un médaillon en laiton indique, en relief : “J. Ponty et Cie”, en haut, en convexe ; “Constructeur” au centre, en horizontal ; “Bruxelles”, en bas, en concave.

Cette machine, qui a fonctionné pendant plus d’un demi-siècle dans la brasserie de l’abbaye des Pères trappistes de Chimay, a été récupérée par Arnold Berlooz, grand-père de l’épouse du vendeur, ami du Frère Léopold et du Père Noël (sic), à l’abbaye de Scourmont, après la guerre, au moment de la rénovation de la brasserie en 1948.

Une bouchonneuse analogue figure sur une carte postale de l’abbaye, datable du début du siècle, montrant la salle de mise en bouteille. Cette dernière a pu être acquise en brocante le 15/07/2006 (Inv. 9262). Une autre figure également sur une photographie de 1956, reproduite sur une carte publicitaire édité par Chimay Gestion à l’occasion de l’exposition « Chimay s’expose », en 2006 (Inv. 9309). Cet objet est emblématique des collections de l’Écomusée. Il s’agit d’un objet très commun à l’époque, modeste, mais devenu rare : il est le seul vestige mécanique conservé actuellement répertorié de la brasserie trappiste de Chimay d’avant-guerre et il bien documenté : sa provenance est assurée, une partie de son histoire est connue, sa fonction clairement établie et il apparaît au moins sur deux documents d’époques différentes, conservés à l’Écomusée, qui lèvent un voile sur son histoire. Ici, les différentes collections de l’Écomusée s’interpénètrent et se complètent idéalement.

Mai 2016

La gousse des légumineuses : cas de la gousse lomentacée d’Entada – Jardin botanique Jean Massart

La 68e Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2016 Année internationale des légumineuses ! Leur but ? Sensibiliser le grand public aux avantages nutritionnels des légumineuses dans le cadre d’une production vivrière durable. Pour l’occasion, le Réseau des Musées de l’ULB vous propose de découvrir cette extraordinaire famille le 21 mai prochain lors d’une journée Portes ouvertes entièrement gratuite au Jardin Botanique Jean Massart...

Et l’objet du mois dans tout cela ? Les légumineuses se reconnaissent à leur fruit singulier : la gousse ! D’un point de vue botanique, rien à voir avec les gousses d’ail ou de vanille… la gousse est un fruit sec qui s’ouvre en deux parties une fois parvenu à maturité. Un exemple ? Le haricot ! Mais lentilles, pois chiches et fayots sont autant d’autres graines sorties de leurs gousses. Les gousses peuvent prendre de nombreuses formes : très allongées, enroulées en spirale, torsadées, etc., et on en trouve de toutes les tailles ! Celles qui battent tous les records ? Les gousses d’Entada (Fig. 1).

Les Entada sont un genre de légumineuses des régions tropicales qui vivent généralement en bordure de rivières, de lacs ou de mangroves. Il s’agit essentiellement d’espèces de lianes et de quelques arbustes. Leurs gousses atteignent des tailles records : jusqu’à 2 mètres de long sur 15 cm de large ! Mais ce n’est pas leur seule particularité. Les gousses d’Entada sont ligneuses et resserrées, voire étranglées, entre deux graines, ce qui les fait ressembler à un chapelet. On parle de gousses « lomentacées ». Elles se composent d’une série d’alvéoles creuses contenant chacune une graine. À maturité, les alvéoles se détachent les unes des autres et les graines qui s’en libèrent tombent très souvent à l’eau ou finissent emportée lors des moussons. Leur aptitude exceptionnelle à flotter (Fig. 2) explique qu’elles se retrouvent par la suite sur les plages du monde entier. Ce mode de dispersion aquatique des graines (hydrochorie) n’est pas très courant, mais rappelle un exemple bien connu : la noix de coco.

En Norvège ou en Grande-Bretagne, ces graines dérivantes sont considérées comme de véritables porte-bonheur aux multiples vertus ou comme talismans contre le malin… Au Connemara (Irlande), les Entada étaient glissées sous le matelas pour faire fuir les mauvais esprits. En Afrique de l’Ouest, portées en pendentifs, elles calmeraient les enfants agités. Au Gabon, la graine est aussi considérée comme fétiche et les habitants la plantent à l’entrée des villages pour éloigner les mauvais esprits.

Mais ces larges graines lisses et couleur chocolat sont principalement utilisées dans des jeux traditionnels ou pour la fabrication de bijoux et d’instruments de musique… Plus récemment, en Europe, les Entada, une fois chauffées, servent lors de séances de massage.

Avril 2016

Découpoir à ardoise (inv. 7199 – Ardoisière de l’Hamérienne – Oignies-en-Thiérache – Fonte et bois) – Écomusée du Viroin, Treignes

Le façonnage ou rondissage donne à l’ardoise sa forme définitive. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, cette opération est totalement réalisée à la main, par les rebatteurs, comme le montrent deux vignettes de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert : le rebatteur, ou hacheur, est assis à califourchon sur une sorte de tréteau, le cheval. La partie plus élevée de ce cheval est traversée par une petite planche, le béquillon. L'ardoise y est placée et coupée à l'aide d'un rebattret, ciseau à manche court percuté par un maillet.

Dès le milieu du XIXe siècle, l’opération se mécanise partiellement, en deux étapes : la découpe et le moulage. Le découpoir, actionné à la pédale à ressort, fonctionne comme une cisaille et permet de formater l’ardoise : cette machine très simple suffit pour obtenir les ardoises rectangulaires ou à pans coupés (anglaises). Les autres formes d’ardoises sont obtenues à l’aide du moule ou broye, également actionné à la pédale avec une partie active mobile et une partie dormante servant de support, selon le mode d’action des emporte-pièce, que nous aborderons dans une autre note.

Le découpoir se compose d'une table supportée par quatre pieds, reliés deux à deux, sur laquelle est fixé un couteau au tranchant horizontal. Un deuxième couteau, au tranchant vertical et mobile, est actionné par une pédale à ressort. Pour couper la feuille d'ardoise, il suffit de la poser sur le couteau horizontal et d'appuyer sur la pédale. Ce découpoir est fréquemment représenté sur les cartes postales et photos de la première moitié du XXe siècle.

D'abord utilisé à Deville, Monthermé et Rimogne (Ardennes), il n'apparaîtra que vers la fin du XIXe siècle à Fumay, Haybes (Ardennes) et Oignies-en-Thiérache (Viroinval - Province de Namur). Il restera en usage jusqu'en 1971, date de fermeture des dernières ardoisières ardennaises de Fumay et Rimogne.

En 1891, au Moulin Sainte-Anne de Fumay, le directeur-gérant, M. Brassart, dans un souci de rentabilité, désirait mécaniser le façonnage des ardoises et voulu remplacer les cisailles et moules à ressort par de nouvelles machines à vapeur et des scies à ruban. Cette modernisation entraîna une réorganisation du travail des ouvriers et, en fait une baisse de rendement : le rapport de production d’ardoise baissa par rapport au volume de pierre remontée et, par voie de conséquence, la redevance due à la commune diminua ! Les ouvriers déplorèrent la division du travail entraînant une perte de motivation dans le travail, des manutentions plus nombreuses entraînant plus de casse et un gaspillage de la matière première. La commune de Fumay se fit le porte-parole de la main d’œuvre auprès de la Société qui sera forcée de se défendre d’un double préjudice. Procès, expertises et contre-expertises ont duré près de dix ans.

Mars 2016

Stirpium Historiae Pemptades Sex Sive Libri XXX de Rembert Dodoens – Musée de la Médecine

Le Musée de la Médecine possède un très bel exemplaire de la deuxième édition du Stirpium Historiae Pemptades Sex sive Libri XXX de Rembert Dodoens (1518-1586), célèbre médecin et botaniste malinois du XVIe siècle. Ce traité connut une première édition à Anvers en 1583 et une seconde en 1616. Il réunit les recherches qu’effectua Rembert Dodoens tout au long de sa vie sur les plantes et leurs vertus médicinales .

Entre certaines pages de cet herbier imprimé, nous avons retrouvé des feuilles végétales séchées, parfois accompagnées du nom de la plante inscrit à la main sur un petit bout de papier. Ce détail laisse entrevoir une des fonctions quotidiennes de ce type de livre : permettre aux apothicaires, aux botanistes, aux médecins ou aux érudits d’identifier les plantes en les comparant aux plantes représentées dans le traité . Les gravures de plantes qui accompagnent le texte latin de ce livre sont en effet d’une très grande qualité, tant d’un point de vue esthétique que scientifique.

Le frontispice Le frontispice du Stirpium Historiae Pemptades Sex Sive libri XXX de 1616 présente quatre personnages dans une architecture Renaissance, entourés de diverses plantes. Nous découvrons d’abord les figures de deux personnages bibliques : le premier homme, Adam, et le roi Salomon, représentés de part et d’autre du cadre central portant le nom de l’auteur et le titre de l’ouvrage. Tous deux sont figurés debout, de face, le regard dirigé vers les cieux. Dans le registre inférieur sont assis un célèbre botaniste et un médecin de grande renommée. Il s’agit de Théophraste et de Dioscoride. Ils tiennent chacun un livre, attribut traditionnel des auteurs et symbole de leurs illustres traités : les Recherches sur les plantes et les Causes des plantes de Théophraste et La Matière médicale de Dioscoride. Au centre, des textes apparaissent comme gravés dans des plaques de pierre faisant corps avec l’architecture.

Dans le cadre central, on peut lire l’inscription principale reprenant le nom de l’auteur, son origine, son statut de médecin impérial de Maximilien II et de Rodolphe II de Habsbourg ainsi que le titre de l’ouvrage.

Sous le grand cadre du titre se trouve une autre inscription reprenant la ville, l’année et la maison d’édition : Anvers, Imprimerie Plantin – Moretus, 1616.

ANTVERPIAE EX OFFICINA PLANTINIANA Apud Balthasarem et Ioannem Moretos M. DC. XVI.

Décembre 2015

Spectrographe à prisme en cuivre – Expérimentarium de Chimie

Chaque constituant de la matière sous forme gazeuse, liquide ou solide est caractérisé par une « empreinte digitale » qui lui est propre. Cette empreinte exprimée sous forme lumineuse est appelée « spectre ». En effet, la lumière est formée d’ondes électromagnétiques, c’est-à-dire des vibrations des champs électriques et magnétiques qui se propagent à travers l’espace telles des vagues sur l’océan. Chaque onde électromagnétique est caractérisée par une longueur d’onde particulière, la longueur d’onde étant la distance entre deux crêtes de la « vague ». Par exemple, une onde électromagnétique dont la longueur d’onde est de 700 nanomètres (7/10 000 000 de mètre) correspond à une lumière monochromatique rouge.

Un système chimique (atome, molécule, solide, agrégat, etc.) n’existe que dans certains états d’énergie. La lumière joue le rôle d’ascenseur entre ces niveaux d’énergie. Le système absorbe de la lumière pour monter et en émet pour descendre. Toutefois, ces sauts d’énergie ne peuvent se faire que lorsque la longueur d’onde de la lumière correspond exactement à la différence d’énergie entre les états du système. L’ensemble des longueurs d’onde émises par le système forme son spectre et le caractérise donc de manière univoque. La spectroscopie consiste à séparer et à enregistrer les longueurs d’onde émises par la matière afin d’en déterminer ses constituants.

Il existe de nombreux instruments permettant d’enregistrer un spectre. Le spectrographe présenté ici est un spectrographe à prisme de type Huet. La technique de séparation est similaire à celle utilisée par Newton en 1675. Celui-ci utilisa un prisme pour séparer un faisceau de lumière blanche des faisceaux monochromatiques (d’une seule longueur d’onde ou couleur) ; un pour chaque couleur de l’arc-en-ciel (rouge, orange, jaune, vert, bleu et violet). Dans notre cas, le spectrographe enregistre le spectre émis par des molécules excitées par une source de chaleur ou par décharge électrique. Une lentille, dont le point focal est situé sur la fente d’entrée du spectrographe, envoie un rayon lumineux parallèle sur le prisme. La lumière est dispersée dans le prisme en fonction de sa longueur d’onde en une série de rayons monochromatiques. Une seconde lentille refocalise les rayons ainsi séparés sur un film photographique agissant comme détecteur.

Ce magnifique instrument, qui permettait d’enregistrer les spectres dans le domaine de la lumière visible, n’est plus utilisé de nos jours et a fait place à des techniques de spectroscopie de haute précision bien plus sophistiquées, qui permettent notamment d’analyser la composition chimique des étoiles ou du milieu interstellaire.

Novembre 2015

Fig. 1 : Démonstration de la zone irrégulière de calcification à l’emplacement de l’insertion du muscle grand adducteur

Un cas de périostite traumatique ou myosite ossifiante à l’insertion du muscle grand adducteur sur le fémur – Musée d’Anatomie et Embryologie Louis Deroubaix

L’os pathologique ici présenté provient des anciennes collections du service d’Anatomie pathologique de l’Hôpital Saint-Pierre. Ce fémur présente (Fig. 1) une zone de calcification irrégulière à l’insertion du troisième faisceau du muscle grand adducteur (Fig. 2).

Ce type de lésion a une origine traumatique : un arrachement du tendon d’insertion entraîne l’apparition d’un hématome, qui finit par se calcifier. En l’absence de traitement, il en résulte une impotence définitive. Une lésion similaire a pu être observée sur un fémur fossile : celui-ci est appelé fémur n° 1 de Trinil (Indonésie), correspondant à un Homo Erectus ayant vécu il y a approximativement 500 000 ans, jadis appelé Pithécanthrope, et découvert par Eugène Dubois en 1892. Elle correspond (Fig. 3 et 4) à une périostite traumatique affectant d’autres tendons du même groupe musculaire (les adducteurs de la cuisse), mais situés plus haut.

Référence : F. Hotton, S. Louryan, A. Bollaert, A. Leguebe et J. De Vos, « Paléo-radiologie. Etude radiologique du fémur n° 1 (Homo Erectus) de Trinil (Indonésie) », dans Bulletin de la Société royale belge d’Anthropologie préhistorique, 95, 1984, p. 99-107.

Octobre 2015

Harpagophyton – Musée des plantes médicinales et de la pharmacie

Le Musée des Plantes médicinales et de la Pharmacie vous fait découvrir un fruit étonnant.

L’Harpagophytum procumbens (Burch.) DC ex Meissn. ou harpagophyton (Pedaliaceae) est une plante herbacée, vivace, géophyte développant une grande fleur solitaire dont le tube, jaune clair, s’évase en une corolle rouge-violacé. Ces fleurs donnent naissance à un fruit ligneux dont le diamètre peut atteindre 15 cm et portant des excroissances très acérées, recourbées vers l’intérieur ; la forme du fruit est rappelée dans la dénomination du genre (« harpagos » désigne un grappin, un crochet d’abordage). Cette configuration particulière concourt à la dissémination de la plante à longue distance, les excroissances de son fruit se fixant dans la queue, la crinière ou la fourrure des animaux (épizoochorie). Cette adaptation participe aussi à leur nuisance. En effet, les excroissances peuvent se planter dans les pieds, sous les sabots ou dans la mâchoire des animaux, d’où la dénomination « griffe du diable », qui fait allusion aux mouvements désordonnés des animaux qui tentent de se débarrasser des fruits acérés.

L’aire de distribution de la plante comprend, en particulier, le désert et les savanes du Kalahari et s’étend jusqu’au sud de la rivière Orange. La plante croît sur un sol sablonneux, appelé sable du Kalahari. L’appellation « racine de Windhoek » lui est quelquefois donnée ; Windhoek, capitale de la Namibie, est en effet un centre du commerce de la plante. Seules les racines latérales tubérifiées sont réservées à l’usage thérapeutique. La production annuelle dépasse les mille tonnes ; il existe donc un danger réel de disparition de l’espèce et les conditions de culture sont étudiées aujourd’hui.

Des iridoïdes, majoritairement l’harpagoside, représentent les constituants majeurs intervenant, en fonction de leurs proportions relatives, dans l’activité pharmacologique globale.

L’utilisation en médecine traditionnelle de l’harpagophyton est répandue parmi les Bushmen, les Hottentots et les Bantus pour le traitement de maux divers. Lorsque l’harpagophyton est parvenu en Europe, les indications initiales des racines semblent avoir été oubliées, au bénéfice exclusif de leurs propriétés anti-inflammatoires (antirhumatismales) et analgésiques. En fonction de leur amertume prononcée, elles sont aussi préconisées comme stimulants de l’appétit et calmants des douleurs digestives. L’harpagophyton et ses extraits semblent dépourvus de toxicité. Selon des essais cliniques récents, son utilisation est probablement intéressante dans le traitement de troubles d’origine rhumatismale, mineurs ou moyennement invalidants.

Septembre 2015

La Salle des Marbres au Grand Hall de l’ULB a retrouvé sa statue fétiche : retour du Zeus / Poséidon de l’Artemision restauré ! – CreA-Patrimoine

Cette statue de dieu de près de 2 m de hauteur découverte en Grèce au cap de l’Artemision à la fin des années 1920 est, avec l’Aurige de Delphes, l’une des rares statues antiques en bronze conservées. Daté des années 470-460 av. J.-C., l’original est conservé au Musée national archéologique d’Athènes. Peu de temps après sa mise au jour, son moulage, exécuté selon la technique de la galvanoplastie ou électroformage, fait partie des premières copies offertes par le Gouvernement grec au Musée Léon Leclère de la Fondation archéologique de l’ULB , aménagé en 1931 dans les locaux de « feu » la Villa Capouillet . Exposée après la Seconde Guerre mondiale dans le Grand Hall de l’Université, cette copie figure sur nombre de photos des rassemblements de mai 68 (Fig. 1).

Son sort dans les années 2000 est moins enviable. Reléguée dans un couloir latéral, elle sert alors non plus à accrocher des banderoles de revendications estudiantines, mais des cintres ! La statue est même en piteux état et doit être retenue par des ficelles pour éviter qu’elle ne s’écroule ventre à terre. Il devient dès lors urgent d’y porter attention si l’université ne veut perdre à tout jamais cette œuvre témoin de son histoire et de l’enseignement en histoire de l’art (Fig. 2).

C’est grâce à la Direction de la Bibliothèque des Sciences humaines que la restauration peut être conduite et qu’aujourd’hui, l’œuvre a retrouvé sa place dans le Hall des Marbres, sur un nouveau socle assurant sa stabilité .

Cette restauration s’inscrit dans un vaste plan de réhabilitation de la collection des moulages de l’ULB établi en partenariat avec l’ENSAV-La Cambre. Cette collection ne compte plus qu’une centaine de pièces sur les quelque deux cent cinquante d’origine, éparpillées et détruites après 1940-1945, entreposées dans des locaux aux conditions de conservation souvent inadéquates et aux espaces d’entreposage insuffisants * .

À l’heure actuelle, toutes les œuvres ont trouvé refuge dans un local plus approprié à leur conservation et les étudiants en histoire de l’art de l’ULB et de La Cambre travaillent ensemble à l’étude stylistique et technique des œuvres ainsi qu’à leur conservation-restauration. Le but final est de pouvoir, un jour, représenter au public l’ensemble de la collection mise en valeur dans un espace adéquat. Affaire à suivre donc…

* « Mise au point simultanément par Moritz Hermann von Jacobi à Saint-Pétersbourg et par Spencer en Angleterre dès 1837, la galvanoplastie est un procédé électrochimique permettant de recouvrir un alliage ou un matériau rendu conducteur d'une couche de métal, grâce à l'électrolyse d'un électrolyte contenant un sel de ce métal. Cette technique (décrite dans Principes d'analyse scientifique. La sculpture, méthode et vocabulaire, Imprimerie nationale, Paris, 1978) … permettait la reproduction des œuvres sculptées à partir de moules non conducteurs en gutta-percha (gomme provenant du latex de certains arbres), recouverts alors de plombagine. Le moule relié au pôle négatif d'une pile se recouvre d'un dépôt métallique, épousant les moindres détails de l'objet original. La première Exposition internationale des créations de l’art et de l’industrie qui s’est tenue à Londres en 1851, dans le Crystal Palace de Joseph Paxton, fit connaître au public les premières réalisations en galvanoplastie. … En offrant de véritables fac-similés, la galvanoplastie bouleversa les idées sur le luxe. Elle permettait en effet de reproduire un objet à des centaines, voire à des milliers d'exemplaires … Les œuvres en galvanoplastie ont alors la valeur didactique des copies » (www.universalis.fr/encyclopedie/galvanoplastie - consulté le 17/08/2015). N. Gesché-Koning, « Du musée Léon Leclère au Musée d'histoire de l'art et d'archéologie », dans N. Gesché et N. Nyst (éds.) Les Musées de l’Université libre de Bruxelles. L’ULB et son patrimoine culturel, ULB, Réseau des Musées de l’ULB, 2009, p. 110-117. N. Gesché-Koning, « Conflit de patrimoines. L’ULB prête à renier son patrimoine architectural », dans Lettre d’information du Réseau des Musées de l’ULB, 2, 2013, p. 9-10. S. Clerbois, « La statue du Dieu du Cap Artémision est de retour dans la Salle des Marbres », site Facebook du CReA-Patrimoine (https://fr-fr.facebook.com/creapatrimoine et photos d’A. Stoll – consulté le 17/08/2015). Lettre d’information du CReA-Patrimoine, 7-8, 2012, p. 16 (http://crea.ulb.ac.be/images/Lettre/Newsletter%20CReA7-8-janv-juil2012.pdf) et S. Clerbois, « La conservation-restauration des moulages en plâtre de la Fondation archéologique, un projet pluridisciplinaire entre le CReA-Patrimoine et l’ENSAV-La Cambre » dans Newsletter du CReA-Patrimoine, 11, 2014, p. 12 (http://crea.ulb.ac.be/images/Lettre/Newsletter-CReA-11-janvier2014.pdf).

Août 2015

Le bureau de Jules Bordet - Musée de la Médecine

Ce bureau en bois a appartenu à Jules Bordet (1870-1961) et a été légué au Musée de la Médecine par son petit-fils, André Govaerts, professeur d’immunologie à l’Université libre de Bruxelles.

Docteur en médecine à l’ULB en 1892, Jules Bordet débute ses travaux de recherche à Paris, dans le laboratoire d’élie Metchnikoff à l’Institut Pasteur. Huit ans plus tard, il quitte la capitale française pour fonder le même Institut dans le Brabant, qu'il dirige de 1901 à 1940. Bordet y fait des recherches en immunologie et démontre que deux substances entrent en compte dans la bactériolyse (destruction des bactéries). La première est une substance chimique agissant spécifiquement contre la bactérie, développée par le corps comme réaction de l’immunisation ; la seconde est une substance thermolabile, contenue dans tous les sérums, qu’il appelle « alexine » (du grec alexein, repousser). Aujourd’hui, ces deux substances sont connues respectivement sous le nom d’« anticorps » et de « complément ».

En 1894, Pfeiffer démontre que les propriétés bactériolytiques du sérum immunisé servent au diagnostic du choléra en laboratoire. Reprenant son concept et le modifiant, Bordet prouve que le test peut être fait dans une éprouvette. À l’aide de ces données, il développe, avec son confrère Octave Gengou, le test de fixation du complément, qui permet de dépister premièrement la syphilis (réaction Bordet-Wassermann), puis plusieurs autres maladies contagieuses. En 1906, Bordet et Gengou découvrent également le coccobacille de la coqueluche (Bordetella pertussis).

Les nombreux travaux que Jules Bordet consacre à la bactériologie et à l’immunologie sont couronnés en 1919 par le Prix Nobel de physiologie ou médecine. Jules Bordet est ainsi le premier scientifique belge à être récompensé par ce prix prestigieux. En 1924, il intègre la direction scientifique du Centre des Tumeurs de l’hôpital Brugmann à Bruxelles et, en 1935, un nouvel institut porte son nom. Enfin, en 1933, il est appelé à présider le Conseil scientifique de l’Institut Pasteur de Paris. Le Musée de la Médecine est aujourd’hui fier d’exposer le bureau de Jules Bordet, éminent professeur de l’ULB, premier prix Nobel belge de Médecine et scientifique du plus haut niveau, dont le travail fut déterminant pour le diagnostic et le traitement de plusieurs maladies contagieuses dangereuses.

Bureau de Jules Bordet Bois, 177 x 86 cm, XIXe s. – Inv. MM-1996-028

Juillet 2015

Le cerf à 14 cors - Muséum de Zoologie et d’Anthropologie

Dans le cadre de la préparation d’une exposition sur la faune de Belgique, le Muséum de Zoologie et d’Anthropologie de l’ULB vient d’acquérir plusieurs spécimens, dont un magnifique cerf de quatorze cors. Le premier acquéreur, Pierre Cattelain, conservateur de l’Écomusée du Viroin, nous a appris que l’animal a été abattu par des agents de l’Office de la Nature et des Forêts dans le Département de l’Indre, pour des raisons de sécurité publique. En effet, ce mâle solitaire, devenu très agressif avec l’âge, représentait un réel danger pour les promeneurs. Confiée au musée de Châteauroux, la dépouille du cerf a été conservée dans un congélateur avant d’être acquise par P. Cattelain en 2009. À la demande de ce dernier, l’animal a été naturalisé par un des meilleurs taxidermistes de la région, dans une position naturelle qui lui donne un air véritablement vivant.

Le cerf élaphe (Cervus elaphus) est incontestablement le plus grand cervidé et le plus grand mammifère de nos forêts. Le mâle mesure jusqu’à 1,5 m au garrot pour un poids pouvant atteindre plus de 200 kg. La femelle, appelée biche, dépasse rarement 1,3 m au garrot et pèse généralement moins de 100 kg. C’est une espèce grégaire, qui forme des hardes de plusieurs dizaines de biches accompagnées de leurs jeunes. Au début de l’automne, les mâles adultes rejoignent les femelles et s’engagent dans de violents combats afin de s’assurer le monopole de la reproduction au sein d’une harde. C’est également à cette époque que l’on peut entendre le brame, cri rauque et puissant par lequel le cerf signale sa présence aux biches et aux mâles rivaux.

Les bois, portés uniquement par les mâles, ne sont pas des cornes. Ce sont de véritables excroissances osseuses du crâne, qui tombent chaque année vers la fin de l’hiver et repoussent au printemps. Jusqu’au terme de leur croissance annuelle, ils sont recouverts d’un tégument, appelé velours. Vers la fin de l’été, le velours se dessèche et se détache, laissant les bois nus pendant toute la période de reproduction. Ceux-ci constituent de redoutables armes qui seront utilisées lors des combats entre les mâles en rut. Au fur et à mesure des repousses, la ramure du cerf devient plus grande et plus complexe. Le nombre de cors n’est toutefois pas directement lié à l’âge. Il se stabilise vers dix ans et régresse même chez les individus plus âgés.

Juin 2015

Le cristal de Spath - Expérimentarium de Physique

L’Expérimentarium de Physique est un musée bien vivant et la majorité des visiteurs sont habituellement motivés par les démonstrations de physique très contemporaines qui sont préparées à leur intention. Cependant, les vitrines présentant les collections d’instruments anciens de l’ULB contiennent, elles aussi, des trésors qu’il convient de ramener à la lumière de temps à autre. Et, en parlant de lumière, ce cristal de Spath niché dans son écrin ne peut qu’attirer le regard curieux.Il s’agit d’un monocristal de calcite, un minéral composé de carbonate de calcium contenant généralement des traces de nombreux autres métaux. La variété connue sous le nom « Spath d’Islande » est bien transparente et développe une biréfringence très visible.

Posé sur un papier portant un mot écrit, il en donne en effet deux images distinctes, l’une dite extraordinaire et l’autre ordinaire, ce qui suggère que les faisceaux lumineux s’y dédoublent, d’où le nom de biréfringence. Au centre de l’attention des physiciens des XVIIe et XVIIIe siècles, ce dédoublement resta largement énigmatique pour Isaac Newton, partisan d’une élaboration corpusculaire de la lumière, tandis que Christiaan Huygens en donna une représentation mathématique cohérente et ondulatoire, sans toutefois parvenir à lui attribuer un sens physique. Au XIXe siècle, on découvre le phénomène de polarisation des ondes transversales : la lumière est la propagation d’une oscillation dans l’espace et la direction dans laquelle se fait cette oscillation peut être sélectionnée par les plans d’orientation privilégiés de certains cristaux. Si on ajoute à cela que certains cristaux ont des propriétés optiques différentes dans des directions différentes – parce qu’ils ne sont pas chimiquement parfaitement symétriques –, il en résulte une vitesse de propagation de la lumière différente suivant sa direction de propagation. On remarque également que les intensités lumineuses des deux images, ordinaire et extraordinaire, ne sont pas identiques.

Aujourd’hui, la sélection de la lumière suivant la polarisation connaît quantité d’applications pratiques et la fabrication de polariseurs synthétiques est devenue monnaie courante. La vogue encore récente du cinéma 3D est bien là pour nous le rappeler.

Mai 2015

L’alchémille - Jardin Botanique Jean Massart

L’alchémille est une plante à fleurs de la famille des rosacées. De petite taille et aux minuscules fleurs vert-jaunâtre, elle passe souvent inaperçue. En apparence, elle n’a donc rien de l’esthétique florale de ses cousins les rosiers. Toutefois, pour attirer notre regard, cette petite plante singulière à une alliée de premier choix : l’eau !

En effet, les alchémilles se parent souvent de « perles d’eau », au creux de leurs feuilles ou en collier sur leurs contours. L’origine de cette eau ? La pluie, la rosée ou, dans le cas des fameux colliers, la plante elle-même ! Il s’agit alors d’un phénomène d’exsudation. Les alchémilles s’observent souvent dans des milieux relativement humides, avec des sols riches en eau. Le « trop » d’eau qu’elles absorbent par leurs racines est rejeté par de fins canaux émergeant au niveau de la tranche des feuilles. Les petites gouttelettes qui s’y formen bordent la feuille à la manière d’un fin collier de perles.

Pendant longtemps, cette eau a été récoltée par les petites gens, qui lui attribuaient des vertus thérapeutiques diverses et variées. Pour les alchimistes, il s’agissait de l’« eau céleste » entrant dans la composition de la fameuse « pierre philosophale ». Le nom d’Alchemilla rappelle encore aujourd’hui ce passé prestigieux.

Mais pourquoi ces gouttes d’eau ne dégoulinent-elles pas simplement le long de la feuille ? Comment font-elles pour se maintenir ainsi sous forme de perles ?? L’explication est à chercher en physique des surfaces. L’épiderme des feuilles d’alchémille possède une nanostructure particulière faite de creux et de bosses distancés de manière telle que les gouttes d’eau, à leur contact, restent liées les unes aux autres (tension superficielle) et forment ces mystérieuses perles. Ce phénomène, appelé « superhydrophobie », n’est pas rare dans le monde végétal (feuilles de capucine, lotus, gingko, lupin, …). Même s’il ne prend pas toujours exactement la même forme, le résultat reste identique : les feuilles superhydrophobes ne sont jamais mouillées ! De plus, en coulant le long de la feuille, les perles d’eau entrainent avec elles les poussières et tout ce qui se trouve sur leur passage. La feuille reste donc non seulement sèche, mais également propre ! Ces propriétés ont évidemment fait mouche dans le monde de l’ingénierie et sont à l’origine de nombreuses surfaces de synthèse superhydrophobes : c’est ce qu’on appelle du biomimétisme.

Mais revenons à notre alchémille… Maintenant que son secret a été dévoilé, ses effets médicinaux ou magiques sont fortement remis en question. Si son « eau céleste » n’apporte pas la vie éternelle, l’alchémille est néanmoins particulièrement riche en tanins et contient de l’acide ellagique et des flavonoïdes qui lui confèrent quelques vertus thérapeutiques. Ainsi, l’alchémille aurait des propriétés toniques, astringentes et dépuratives. On l’utiliserait en cas de troubles digestifs, de régulation du système hormonal (génital ou thyroïdien) ou encore en gynécologie (douleurs prémenstruelles, notamment).Vous pouvez l’observer au Jardin Massart, tant dans la parcelle des plantes à tanins de la collection des plantes médicinales que dans la zone humide.

Références
Alchemilla vulgaris L. : alchémille (Rosaceae). K. Ghedira, P. Goetz & R. Le Jeune (2012) Phytothérapie 10 : 263-266.
Superhydrophobic and superhydrophilic plant surfaces: An inspiration for biomimetic materials. K. Koch & W. Barthlott (2009), Phil. Trans. R. Soc. A 367, 1487-1509.

Avril 2015

L’ardoisière Saint-Joseph - Ecomusée du Viroin

L’Écomusée du Viroin, à Treignes, a déjà présenté dans cette rubrique plusieurs objets rares ainsi que des éléments de sa collection d’affiches concernant le monde agricole. Une des facettes méconnues de l’Écomusée, et pourtant non des moindres, est sa très belle photothèque, harmonieusement complétée par sa collection de témoignages oraux, portant sur plus d’un demi-siècle, riche de plus de 500 enregistrements, dont la numérisation est en cours de finalisation.?La photothèque comprend notamment une importante collection de cartes postales anciennes, dont nous présentons ici une des dernières acquisitions, effectuée dans le cadre de l'exposition Au fil de l’ardoise, au fil de l’eau, présentée à l’Écomusée jusqu’au 11 novembre 2016.?Cette carte montre un atelier de surface de l’ardoisière Saint-Joseph à Fumay, village français voisin d’Oignies-en-Thiérache, composante, au même titre que Treignes, de l’entité de Viroinval.?Sur cette image du début du XXe siècle, on voit un groupe d’ouvriers posant pour la photographie, l’un d’eux portant notamment une lourde plaque d’ardoise, ce qui n’a pas lieu d’être dans un atelier de découpe : l’opération de portage, très pénible, se faisait dans la mine, « dans le fond », sur des échelles abruptes. En revanche, l’image montre une découpeuse, machine permettant de mettre les ardoises préalablement fendues au gabarit, dont l'Écomusée possède un bel exemplaire dans ses collections, provenant de l'ardoisière l’Hamérienne à Oignies-en-Thiérache.

Mars 2015

Les hélicènes - Expérimentarium de Chimie

Le modèle moléculaire, ci-contre, représente le [13] hélicène, molécule qui comporte 13 cycles benzéniques condensés et agencés en spirale. On distingue aisément les trois plans superposés formant « l’hélice ».

Les hélicènes font partie de la classe des hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA). Au milieu du XXe siècle, de nombreux représentants de cette importante classe de produits chimiques étaient connus, dont le coronène, aussi appelé « superbenzène ». Il est constitué de 6 noyaux benzéniques fusionnés en une couronne plane et ne contenant que des atomes de carbone et d’hydrogène. Cette substance, une poudre jaune, est naturellement présente dans une roche sédimentaire dénommée « carpathite ».
L’ajout d’un noyau supplémentaire à la chaîne benzénique semblait peu probable à réaliser, car elle nécessite un chevauchement de deux noyaux, impliquant une torsion du plan de la molécule. Ce premier composé complexe, le [7] hélicène, fut cependant obtenu par synthèse photochimique (R.H. Martin, 1966), dans le laboratoire de Chimie organique de l’Université libre de Bruxelles. Dans ce [7] hélicène, on remarque l’ébauche d’une géométrie hélicoïdale. En quelques années, les homologues supérieurs, du [8] au [14] hélicène, ont été synthétisés par la même équipe bruxelloise.
Une des particularités de ces molécules est leur pouvoir rotatoire extrêmement élevé (déviation du plan de la lumière polarisée). Ce phénomène est dû à la chiralité axiale et non à la présence de carbones asymétriques. Deux conformations coexistent : une hélice tournant vers la gauche, l’autre vers la droite. Les recherches dans ce domaine de la chimie organique ont conduit à la découverte, à la synthèse et à l’étude de nombreux composés carbonés à la structure complexe, curieuse et improbable. Citons, par exemple, le fullerène (le ballon de football, appelé également footballène) et les nanotubes, en pleine actualité et de plus en plus exploités dans des applications très diverses.

Janvier 2015

L’avaleur de sabre - Musée de la Médecine

Au milieu des années 1870, les cires anatomiques qui servaient à l’apprentissage des étudiants en médecine tombèrent progressivement en désuétude dans les facultés de médecine suite, entre autres, à l’apparition du cliché photographique - moins coûteux, plus facile d’usage et reproductible. Le dernier grand sursaut des cires anatomiques concerna leur présence « muséale » dans les fêtes foraines. Le plus célèbre exemple fut le Grand Musée anatomique et ethnologique du Dr. Spitzner. Itinérant dès 1885, il se rendit régulièrement en Belgique jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

La collection anatomique du Musée de la Médecine de Bruxelles est, elle aussi, l’héritage de deux grands musées forains : le Musée de l’Homme et le Grand Musée d’anatomie de M. De Ridder. Elle compte 349 pièces et donne à voir organes et muscles en cire, écorchés, squelettes, etc., le tout formant une démonstration analytique de l’organisme vivant. Le visiteur qui déambulait à l’époque parmi ces pièces y découvrait le corps humain sous toutes ses coutures. Apprenant comment et de quoi il est constitué, depuis l’intérieur jusqu’à l’extérieur, il trouvait là l’occasion de lever le voile sur les mystères de son anatomie. Cependant, ce type de musée représentait avant tout un formidable spectacle, où – sous couvert d’argument médical – se côtoyaient curiosités naturelles, organes en bocaux, représentants des « races » lointaines (Papous, Hottentots, Nubiens…), êtres difformes et sculptures en cire de tout genre.

L’avaleur de sabre du Musée de la Médecine constitue l’une de ces curiosités fascinantes. C’est un modèle anatomique en cire du thorax et de l’abdomen qui, ouvert, permet de suivre le trajet de la lame dans le tube digestif, depuis la bouche jusqu’à l’estomac. Les organes sont reliés, par des rubans de couleur, à une étiquette qui les identifie. Un mécanisme fait monter et descendre le sabre, ce qui permet de se rendre compte à quel point l’exercice est périlleux, car l’épée, dans son fourreau œsophagien, passe au ras du cœur, de l’aorte et des poumons. Sur le plan technique, l’épée doit s’aligner exactement avec le sphincter œsophagien supérieur, la tête renversée vers l’arrière, le cou en hyper-extension.

A une époque où l’endoscopie n’existait pas encore, la démonstration était tout bonnement stupéfiante pour les médecins et le grand public. Déjà la cire anatomique, qui conflue entre la vie et la mort, le réel et le simulacre, était source d’effroi et d’admiration ; si en plus elle mettait en scène le sensationnel, l’inexplicable, elle en devenait véritablement captivante.

Novembre 2014

La petite histoire du téléphone... Expérimentarium de Physique

Pourquoi dit-on « Allô ? » au téléphone ? L’objet du mois de l’Expérimentarium de Physique vous explique tout ! Le fait de répondre « allô » ? tient à une tradition, une convention, de la même façon que l’on dit O.K. quand on a compris ou comme on dit euh... quand on hésite. Chaque langue a un mot passe-partout qui signifie, quand on décroche le récepteur du téléphone, qu’on est attentif à ce que notre interlocuteur veut nous communiquer. En japonais, on dit Moshi Moshi et en italien on utilise Pronto ! (salutations). L’origine de notre « allô ? » est assez lointaine. Le mot viendrait de Hallow une salutation que les marins anglais se lançaient d’un bateau à l’autre. Pour simplifier, disons que « allô ?» est la francisation (1890) de hello qui vient de l’anglais des États-Unis. On ne trouve la forme écrite de Hello qu'après 1880 alors que le mot est devenu la salutation la plus utilisée au téléphone aux USA. La légende veut que Thomas Edison, l’inventeur du télégraphe et du phonographe, soit le premier à avoir utilisé Hello au téléphone. Ses biographes affirment qu’à partir de ce moment, la salutation fut utilisée partout.

Aujourd’hui, le téléphone est toujours le système de communication le plus répandu. La voix humaine est utilisée pour moduler l’intensité du courant électrique d’un micro, qui va alimenter un écouteur reconstituant aussi fidèlement que possible le son de départ.
Si on oublie les premiers essais de transmission du son par les fils, les cordes, les tuyaux (dans les immeubles) et les messages codés par interruption de contact, l’idée du téléphone électrique était certainement l’une des préoccupations majeures de la seconde moitié du XIXe siècle.
La fabrication des premiers écouteurs s’inspira des découvertes de l’électromagnétisme. Le courant électrique circule dans un bobinage enroulé autour de pièces en fer doux. Ce courant génère un champ magnétique capable d’attirer un mince disque en fer (environ 5 cm de diamètre) placé dans le voisinage immédiat des bobines. Ce disque mince et flexible, appelé diaphragme, vibre à la même fréquence que celle du courant électrique.

Quant au microphone, cette invention était évidemment nécessaire au fonctionnement du téléphone. Les premières réalisations datent de 1878 (Hughes et Righi, par exemple) et la plupart d’entre elles faisaient appel à la variation de résistance électrique d’un élément sous la pression sonore variable. En 1891, Hunnings présenta un microphone à charbon : la pression de l’air renforce les contacts électriques entre les grains d’une poudre de carbone et permet ainsi d’augmenter l’intensité du courant qui y circule. Dans cet appareil, deux petits disques de carbone sont séparés par de la grenaille de charbon (G). Si les disques sont comprimés l’un sur l’autre, ils écrasent la grenaille dont la résistance électrique diminue. Comme l’un des deux disques sert de diaphragme (M), les ondes sonores qui le font vibrer mènent à une variation similaire de l’intensité du courant électrique qui traverse la grenaille.

Traditionnellement, l’alimentation électrique continue se fait sous 48V et le transformateur T permet d’amplifier les variations de courant induites par le son. La très grande sensibilité de ce genre d’appareil en a généralisé l’emploi, même si sa médiocre fidélité limitait la bande passante entre 200 et 2000 Hz.

Clément Ader (F 1841-1925), celui de la machine volante, réalisa une des propositions de Hughes : des pointes de charbon reposent dans des coupelles, elles-mêmes taillées dans des blocs de charbon fixés sur une planchette. Lorsqu’on parle devant la planchette, les vibrations se communiquent aux blocs de charbon, qui font varier la résistance de contacts avec les pointes.

Pour célébrer le centenaire de l’indépendance des états-Unis, le gouvernement américain décida d’une grande exposition à Philadelphie en 1876. Le téléphone de Graham Bell y fut présenté à cette occasion. Écouteur et microphone avaient exactement la même allure et la distance maximale d’utilisation était d’environ 75 km.

Le téléphone apparaît en Europe en 1877 et de nombreux perfectionnements se suivront à un rythme effréné, notamment par Elisha Gray, Charles Cros et Thomas Edison.

Progressivement, on sut installer l’écouteur et le micro dans une même poignée qui devait porter le nom de « combiné » (Brown, vers 1880). Le circuit ci-dessous illustre un système téléphonique vraisemblable dans lequel le décrochage du combiné de gauche actionne le bouton poussoir et fait sonner le timbre de droite. Le décrochage du combiné de droite fait cesser la sonnerie et met les deux interlocuteurs en communication. Le plus souvent, une magnéto devait être mise en marche à l’aide d’une manivelle pour alimenter la sonnerie.

Au départ, toutes les connexions entre les téléphones étaient directes mais comme le nombre d’appareils en fonctionnement grandit très vite, il fut bientôt nécessaire de régler le trafic entre téléphones. Les lignes furent raccordées à une centrale, sorte de carrefour où un opérateur (habituellement une femme !) connectait manuellement les correspondants.
A la fin septembre 1883, Anvers comptait 711 abonnés, Bruxelles 516, Liège 321 et Louvain 50.

Octobre 2014

Médailles et breloques patriotiques et caritatives - Archives & Réserve précieuse

La Frappe patriotique durant la Première Guerre mondiale a produit un nombre considérable de médailles et breloques déclinées en de multiples variantes. Les Archives et Bibliothèques de l’ULB possèdent une importante collection de ces témoignages patriotiques ainsi que des publications concernant la numismatique. Parmi celles-ci… Dès le 7 août 1914 apparaît la première médaille à l’effigie du Roi Albert Ier ; au revers, un simple « 1914 ». Cette médaille est vendue au profit de la Croix-Rouge. Le 12 août, une première variante, au revers « Campagne 1914 – Souvenir ».

Deux jours plus tard surgit une nouvelle médaille à l’effigie d’Albert et d’Élisabeth, qui célèbre Liège : « Gloire à Liège, la Vaillante ». Celle-ci est frappée par la commune d’Ixelles. Cette même commune annonçait dès le 5 août, par voie d’affiche, « qu’il était organisé des collectes publiques et la vente d’insignes nationaux au bénéfice des victimes de guerre ».

Dès septembre, le Comité national de secours et d’alimentation, dont Ernest Solvay est président, coordonne les organisations qui assurent l’alimentation des populations. Jusqu’en 1918, les frappes rendent hommage au Roi, à la Patrie, aux soldats ou soutiennent les organisations caritatives. Ces manifestations de soutien ne sont évidemment pas au goût de l’occupant.
Un arrêté du 26 juin 1915 stipule les amendes et peine d’emprisonnement « pour quiconque porte, expose ou montre en public d’une façon provocatrice des insignes belges ou, même d’une manière non provocatrice, des insignes d’autres pays en guerre avec l’Allemagne et ses alliés ».
La réaction est immédiate : les médailles deviennent discrètes, voire minuscules, ou prennent l’apparence de feuille de lierre, de sentence,… Seules les frappes de bienfaisance se poursuivent. Les ateliers contrevenants voient leur matériel détruit pas l’armée d’occupation.
À la fin de la guerre, les frappes patriotiques seront remplacées par les frappes commémoratives.

Références :
« La Frappe en Belgique occupée » Exposé succinct et chronologique de la frappe patriotique, de nécessité, de bienfaisance et commémorative en Belgique Occupée par Lefebure, Charles
Mémoire de Métal : l'Université Libre de Bruxelles en médailles, plaquettes et jetons par Vancraenbroeck, Marc ,1999

Septembre 2014

Le nénuphar blanc - Jardin botanique Jean Massart

Parmi les pièces didactiques utilisées au Jardin Massart pour les démonstrations de botanique à l’intention des étudiants de l’ULB se trouvent encore quelques très beaux anciens modèles Brendel.
Ces modèles allemands datent de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle et constituent de véritables sculptures de fleurs agrandies, aux pièces parfois amovibles.
Ils sont fabriqués en papier mâchés ou, selon les cas, en bois, pulpe de canne, perle de verre ou plumes.

De la famille des Nymphaeaceae, le nénuphar blanc (Nymphaea alba) est une plante à fleur appartenant au groupe des protoangiospermes : « ANITA ».
Ce groupe est caractérisé par des plantes à fleurs à carpelles libres, en forme d’urne, fermés dans la partie supérieure par une sécrétion et non par un épiderme.
La famille des Nymphaeaceae comprend des herbes aquatiques à feuilles flottantes peltées ou lobées. Les fleurs possèdent un grand nombre de pétales libres (non soudés) et un grand nombre d’étamines.

Le nénuphar blanc est indigène en Belgique. Il est présent sur les étangs du Jardin botanique Jean Massart.

Juillet 2014

Le nouvel objet du mois est cette fois dédié aux Ginkgo huttoni (Ginkgoaceae) : Feuilles fossilisées datant du Jurassique (-175 millions d’années), Yorkshire, Grande-Bretagne

Les ginkgos sont des organismes d’exception. L’odyssée de ces arbres dioïques a débuté il y a 270 millions d’années et s’est poursuivie au Jurassique. Ils ont connu une évolution rapide et leurs aires de distribution se sont étendues à pratiquement toutes les régions tempérées ou subtropicales du monde.
Seule l’espèce biloba a survécu pendant le Tertiaire.
La structure archaïque des inflorescences des ginkgos les place comme des intermédiaires entre les cryptogames vasculaires (fougères) et les plantes supérieures.
Les caractéristiques botaniques permettent aux ginkgos de revendiquer une position de pionniers et d’innovateurs et leur créativité en termes de substances actives est tout aussi remarquable ; en particulier, les terpènes lactoniques (ginkgolides) présentent une structure chimique exceptionnelle.
Les nombreuses propriétés thérapeutiques attribuées aux extraits standardisés (EGb 761) issus des feuilles de Ginkgo biloba sont aujourd’hui quelque peu affaiblies par les résultats d’études cliniques récentes. Actuellement, l’on insiste davantage sur des effets neuroprotecteurs potentiels, utiles pour ralentir les processus de vieillissement.

Juin 2014

Voici l'horloge astronomique de Nismes, conservée à l'Ecomusée du Viroin. Cette horloge est essentiellement l'œuvre de Jules Crussol dit « Cressot » Français originaire du Haut Doubs (Jura), venu habiter à Nismes (Viroinval) vers les années 1935-1940. Horloger à la retraite, il est parti d’une horloge déjà existante qu'il a agrandie et complétée avec des matériaux de récupération, avec la volonté d'imiter l'horloge astronomique de Senzeilles, près de Cerfontaine. Il s’employa à ajouter tout ce dont il disposait pour en faire une horloge astronomique, mais sans bien connaître nos cieux, les mouvements de la terre, les saisons… Quoi qu'il en soit, cela fonctionnait plus ou moins et, pour notre Crayat d’adoption, ce n’était pas si mal ! Cette œuvre fit longtemps partie des objets anciens disposés au château Licot, maison communale de Nismes depuis 1963, puis de Viroinval dès 1977. L’horloge déménagea probablement dans les années 1980 pour rejoindre le musée du Baillis avec d’autres vestiges du passé. Depuis 1997, elle fait partie des collections de l’Écomusée du Viroin (ULB) suite à la fermeture du Musée de la Maison du Baillis, réaffecté en Maison du Parc Naturel, Maison de l'Urbanisme et Office du Tourisme de Viroinval. L'horloge astronomique de Nismes est actuellement en cours de restauration, mais toujours visible à l'accueil de l'Écomusée.

Mai 2014

A l’occasion de l’évacuation par l’ULB, en 2009, de certains bâtiments qu’elle occupait au Jardin Massart et, en 2013, de la Villa Capouillet, vouée à la démolition, un important fonds de plaques photographiques anciennes a été mis au jour et transféré aux Archives et à la Réserve précieuse. Ce fonds, dont l’inventaire reste à faire, comprend plusieurs milliers de plaques en verre de formats variés. Elles datent approximativement de la période 1900-1932. Une partie des clichés sont de Jean Massart, Charles Bommer et Lucien Hauman, titulaires de la chaire de botanique à l’ULB pendant la première moitié du vingtième siècle.

Jean Massart (1865-1925) reste connu comme un pionnier de la conservation de la nature en Belgique. Il a un projet ambitieux : photographier tous les paysages naturels de Belgique. Ce projet, commencé au début du vingtième siècle, est interrompu par la Première Guerre mondiale et ne sera jamais achevé. Massart a alors couvert essentiellement le nord du pays. Beaucoup de ces clichés sont publiés en grand format dans un ouvrage magistral, en collaboration avec Charles Bommer (1866-1938) : Les aspects de la végétation de la Belgique.

Seule une petite partie des clichés originaux de Massart sont conservés dans le patrimoine de l’ULB. Ces clichés sont précieux comme témoins de l’état des paysages en Belgique à la fin du régime agropastoral traditionnel. Le cliché sélectionné (Vallée de la Meuse à Lustin, 1909) montre parfaitement à quel point les rochers calcaires de la vallée de la Meuse étaient dénudés au début du vingtième siècle, en raison de la pratique du pâturage extensif par les moutons. Lucien Hauman (1880-1965) a commencé sa carrière comme professeur de botanique à Buenos-Aires (Argentine). Il rejoint l’ULB en 1925 pour succéder à Jean Massart, décédé inopinément. En 1932, Hauman prend part à une expédition ambitieuse d’exploration scientifique du Ruwenzori (est de la République démocratique du Congo). Il y fait de nombreuses observations et en ramène des récoltes abondantes. Ce matériel lui permet de publier des travaux pionniers sur la flore afro-alpine. Les clichés sélectionnés montrent les paysages caractéristiques des hautes montagnes du Rift albertin ainsi que des plantes afro-alpines remarquables par leur port très particulier : les Lobélias et les Séneçons arborescents, qu’Hauman avait particulièrement étudiées. Ces clichés témoignent aussi de la manière dont étaient conduites les expéditions scientifiques en région tropicale à cette époque.

Références

de Grunne, X., Hauman, L, Burgeon, L et Michot, P, 1937. Vers les glaciers de l'équateur. Le Ruwenzori : mission scientifique belge 1932. Dupriez, Bruxelles.

Bommer Ch. et Massart J, 1908 et 1912. Les Aspects de la végétation en Belgique, 1 et 2. Jardin botanique de l’Etat, Bruxelles.

Avril 2014: La nacelle de Piccard

Les collections des Archives et Bibliothèques de l’ULB détiennent un bien curieux objet : sphérique (2m10 de diamètre), lourd (130 kg), deux petites portes, de petits hublots… la nacelle de Piccard, premier engin à avoir emmené l’homme dans la stratosphère !

En 1930, Auguste Piccard, professeur à l’ULB, soumet un projet au Fonds national de la recherche scientifique nouvellement créé à l'initiative du roi Albert 1er. Le but : étudier les rayons cosmiques. « Sont-ils peut-être un phénomène radioactif ? » s’interroge-t-il dans un discours. Le projet est accepté. Une société belge, la Compagnie belge de l’aluminium, spécialiste en tonneaux de bière, est chargée de la construction de la nacelle. L'engin est immédiatement mis en chantier : un ballon sphérique rempli d'hydrogène, une cabine en aluminium, peinte en noir et blanc afin de réguler la température, prévue pour deux personnes. Son poids total (nacelle, aéronautes, lest et équipements) avoisine les 1.200 kg.
Une première tentative de décollage a lieu en septembre 1930 mais une météo défavorable entraîne son annulation.
Une seconde tentative est programmée à Augsbourg le 27 mai 1931. Départ prévu à 5h30, mais il y a du vent, l’envol est précipité, les deux aéronautes embarquent dans la nacelle vers 4h et, soudain, le ballon décolle inopinément. « Voilà une cheminée qui passe en bas ! », s’exclame Kipfer. Rapidement, les ennuis s'accumulent et, au lieu de réaliser les nombreuses mesures prévues, les aéronautes doivent faire face à de multiples problèmes techniques vitaux (perte d’oxygène suite à la défectuosité d’un hublot, panne de l’appareil à oxygène). La montée est très rapide. En une demi-heure, le but est atteint, ils sont à 15.000 mètres : ils sont les premiers à atteindre la stratosphère ! Les deux scientifiques peuvent enfin effectuer quelques mesures. Puis vient l’heure de redescendre et, là, de nouveaux problèmes empêchent les prises de mesures : la soupape de descente est bloquée puis, peu après, le système de régulation de la température s’interrompt. La cabine surchauffe, ils n’ont plus d’eau. Après 17 heures de vol, ils atterrissent enfin. Auguste Piccard et Paul Kipfer sont devenus les premiers héros de l’espace. Petite anecdote concernant l’équipement de la nacelle: les fameux casques en osier, protection à l’atterrissage, ont fait également office de tabourets durant l’expédition.
La nacelle est toujours une vedette. En 2009, exposée au Musée suisse des transports, 500.000 visiteurs ont pu l’admirer. Si vous aussi, vous désirez la voir, il faudra vous rendre au Musée de l’Armée, au Cinquantenaire à Bruxelles, où elle se trouve en dépôt.

Référence : Collection Archives
• Discours prononcé au cours de la séance académique solennelle, Palais des académies, 18 juin 1931 en l’honneur de M. le Professeur Piccard et de M. Kipfer.
• Conferencia, Journal des annales. Regards sur le monde : Deux Ascensions dans la Stratosphère. Conférence de M. le Professeur Piccard. 30 novembre 1932.

Mars 2014: Crâne de Sahelanthropus tchadensis (moulage)

Cette espèce est plus couramment appelée « Toumaï » ce qui signifie « espoir de vie » en Tchadien. Le fossile du crâne retrouvé au Tchad date de 7 millions d’années. Les adultes de cette espèce devaient mesurer entre 1,15m et 1,25 m et peser entre 23 et 25kg. Leur capacité crânienne est estimée à 360-370 cm3. Elle est donc équivalente à celle du chimpanzé. Par ailleurs, la base du crâne de Toumaï présente un trou occipital en position très antérieure ainsi que des marques d’insertion des muscles du cou caractéristiques d’un bipédisme tout au moins partiel. A ces éléments s’ajoutent une face relativement plane et d’autres observations anatomiques plus techniques qui font actuellement penser aux spécialistes que Toumaï est plus proche de la lignée humaine que de la lignée des chimpanzés et des gorilles.
Il se situe au bas de l’arbre évolutif des hominidés.
Sa découverte en 2001 (avec celle d’Orrorin tugenensis en 2000) remis en cause l’hypothèse de l’East Side Story élaborée par Yves Coppens.

Arbre phylogénétique des hominidés (Fiches sur l’évolution biologique de l’Homme ; Orban et al. 2010)

Février 2014: Matériel didactique pour comprendre les techniques de polychromie des retables brabançons

Le Centre dispose d’une importante documentation sur la fabrication des retables brabançons, leurs techniques de polychromie, leur histoire matérielle et leur état de conservation. Parmi le matériel mis à la dispositioin des étudiants, les plaquettes réalisées en collaboration avec l’Institut royal du Patrimoine artistique permettent de comprendre la dextérité dont devaient témoigner les artisans en charge de la polychromie.
Comme dans la peinture, le bois est d’abord recouvert d’une couche de peinture blanche isolante sur laquelle est appliquée une couche d’argile, le bolus, pour donner plus d’élasticité et qui peut être laissé à l’état mat ou au contraire être lissée. Certains décors seront déjà gravés dans ces deux couches parfois également recouvertes de tissus dont le relief imprimera la couche suivante, à savoir une feuille d’or laissée mate ou lissée. C’est à ce niveau que se situe le savoir-faire des artistes brabançons qui vont jongler d’ingéniosité dans les décors gravés à la roulette ou au au poinçon voire combinés avec la technique du sgraffito qui consiste à recouvrir la feuille d’or mate ou lisse d’une couche de peinture le plus souvent rouge ou bleue que l’on gravera, une fois séchée, afin de faire apparaître l’or sous-jacent. Des éléments (clolus, petits boutons) complètent parfois ce riche décor. D’autres plaquettes permettent de comprendre la technique des brocarts appliqués qui font l’objet d’un chapitre très complet dans la dernière publication du Centre sur le Retable du Couronnement de la Vierge conservé dans l’église d’Errenteria (Espagne), sans nul doute une œuvre maîtresse de la production bruxelloise. Sa restauration conduite par une équipe pluridisciplinaire a permis de l'étudier de manière approfondie et d’en attribuer vraisemblablement la production au renommé atelier des Borman (la date de 1528 est apparue à la suite du nettoyage du livre d’Heures tenu par la Vierge dans la scène de la Pentecôte). Cette monographie bilingue est le résultat d’un travail collectif qui aborde le retable sous tous les angles : iconographique, stylistique et technologique. L'étude de la polychromie y occupe une place importante ainsi que celle de la restauration. Les nombreuses illustrations prises avant, en cours et après restauration constituent de précieux outils de travail qui viennent éclairer d’un jour nouveau nos connaissances sur les techniques de fabrication et de décoration des retables. L’ouvrage replace ce retable dans la production générale des retables bruxellois et brabançons, sujet abondamment traité au Centre, obligeant parfois à revoir certaines hypothèses de travail à la lumière de cette dernière restauration et en en proposant de nouvelles. Les retables n’ont décidément pas fini de nous émerveiller.
M. Barrio Olano, I. Berasain Salvarredi et C. Périer-D'Ieteren (éds.), Le retable du Couronnement de la Vierge. Église de l'Assomption d'Errenteria/Het retabel van de Kroning van Maria. Kerk van Maria-Tenhemelopneming te Errenteria, 2013, 206 p.
Informations : editechnart@skynet.be

Janvier 2014: Le forceps du Musée de la Médecine

Apparu au XVIIe siècle, le forceps révolutionna la pratique de l’obstétrique : il permit enfin l’extraction, par les voies naturelles, d’un fœtus bloqué dans le bassin maternel, sans qu’il faille le retourner ou le mutiler. Constitué de deux cuillères métalliques, le forceps était inséré à l'intérieur du vagin d’abord, puis le long du crâne fœtal, à l’intérieur de l’utérus, selon une disposition précise qui permettait d’éviter les lésions de la tête de l’enfant, tout en l’aidant dans sa descente et son expulsion hors des voies génitales.

Les inventeurs du forceps furent probablement Peter l’aîné Chamberlen (1560-1631) ou Hendrick van Roonhuyse (1625-1672). Cependant, l’un comme l’autre, le premier en Grande-Bretagne, le second à Amsterdam, gardèrent jalousement le secret du forceps pour eux et leurs descendants, pendant quatre générations ! Seul Jan Palfyn (1650-1730), chirurgien flamand, sembla vouloir faire bénéficier ses contemporains de sa découverte : il présenta ainsi vers 1720, devant l’Académie royale des Sciences de Paris, sa « mains de fer », ancêtre du forceps à branches parallèles.

Une fois connu de tous, le forceps fut considérablement amélioré lorsqu’André Levret (1703-1780) et William Smellie (1697-1763) le dotèrent d’une « courbure pelvienne », c’est-à-dire adaptée à la direction de l’axe du bassin. Cette courbure, nouvelle, rendit désormais possible une préhension sur une tête encore haute dans l'excavation pelvienne maternelle – configuration extrêmement difficile et pourtant très fréquente. L’apport de Stéphane Tarnier (1828-1897) est également à mentionner : son trait de génie fut de séparer mécaniquement la saisie de la tête fœtale entre les cuillères du forceps – sur lesquelles l’opérateur n’intervenait désormais plus après leur positionnement correct – de l’accessoire mécanique fixé sur le forceps lui-même, qui servait à exercer les tractions nécessaires à la descente de la tête dans l’axe du bassin de la mère.

Après ces perfectionnements majeurs, le forceps devint l’instrument vedette de l’obstétrique quotidienne pendant plus de deux siècles sur le continent. Cependant, beaucoup d’accoucheurs développèrent au XVIIIe siècle une fâcheuse tendance à le considérer comme une panacée et à l’employer à tort et à travers. Dans les cas réellement difficiles, cette pratique intempestive n’entraina que trop souvent des compressions et des tractions intenses et brutales. Les parturientes en arrivèrent à redouter cet instrument, dont le seul cliquetis les faisait frémir.

À l’opposé, en Grande-Bretagne, l’obstétrique était depuis l’époque d’Harvey nettement plus attentiste et basée sur le « wait and see ». Lorsque les excès de l’utilisation du forceps se firent jour, ce courant ne fit que s’accentuer. Le premier et plus éminent représentant de cette évolution fut William Hunter (1718-1783), suivi par Thomas Denman (1733-1815) et son associé William Osborn (1736-1808), qui laissaient aller les parturientes jusqu’à l’extrême limite de leurs forces avant d’intervenir.

L’ère de l’abstentionnisme obstétrical à outrance s’estompa vers le début du XIXe siècle, dans le contexte du cas d’école de Charlotte de Hanovre, seule héritière du trône de Grande-Bretagne, qui décéda, comme son enfant, des suites de son accouchement malheureux, lequel dura plus de cinquante heures ! À l’analyse du cas, il devint évident qu’une application de forceps exécutée en temps utile aurait pu sauver la mère et le bébé. La réaction de l’opinion publique face à cette catastrophe ne se fit pas attendre et Richard Croft, l’accoucheur, sombra dans la dépression avant de se suicider.

De nos jours, l’utilisation du forceps s’est considérablement amenuisée grâce à divers progrès techniques, comme la pratique des perfusions ocytociques, la ventouse obstétricale et la sécurisation de l’opération césarienne. Il n’en reste pas moins que son emploi est encore préféré par nombre d’accoucheurs pour terminer une expulsion ralentie et demeure indispensable dans certains cas de tête dernière bloquée ou d’échecs répétés d’une application de ventouse.

Décembre 2013: L’ADN revisité du Centre de Culture Scientifique

Le CCS a terminé 2013 en célébrant un anniversaire ! Celui de la publication, il y a 60 ans, en avril 1953, de la structure de l’ADN par J. Watson et F. Crick. À l’époque, le rôle de l’Acide DésoxyriboNucléique (A.D.N.) comme matériel génétique était reconnu : on savait bien que c’est lui qui transmet le patrimoine génétique de génération en génération et que c’est lui qui contient les informations nécessaires au fonctionnement et au développement de tous les êtres vivants.

Watson et Crick ont découvert la structure de l’ADN grâce notamment aux travaux de Rosalind Franklin sur la diffraction des rayons X par des cristaux d’ADN. Cette structure est illustrée ici par un modèle réalisé au moyen d’une impression en 3D. Il a été spécialement conçu par le Centre de Culture Scientifique de l’ULB pour mettre en évidence divers aspects de cette structure. L’ADN est une macromolécule : une molécule constituée d’un très grand nombre d'atomes. C’est une très très longue molécule dont seulement une infime partie est représentée dans ce modèle-ci et que l’on doit imaginer se poursuivre vers le haut et vers le bas.

On reconnaît tout d’abord la forme en hélice, c’est-à-dire s'enroulant comme une courbe géométrique autour d’un cylindre. Mais il s’agit d’une « double hélice » que l’on voit courir parallèlement, sorte de double épine dorsale constituée par la succession de groupes phosphate et de groupes ribose (plus exactement, il s’agit de Désoxyribose, qui donne une partie du nom de l’ADN). La partie inférieure du modèle met en évidence la forme de la molécule qui montre que les deux hélices forment entre elles deux « sillons » de largeurs différentes.

C’est dans le grand sillon au travers de sa surface accidentée que s’effectuent des reconnaissances avec certaines protéines. Cette surface est définie par les atomes qui constituent la molécule ; les atomes sont représentés par des boules de couleurs : blanc pour l’Hydrogène, rouge pour l’Oxygène, gris pour le Carbone, bleu pour l’Azote et orange pour le Phosphore. Dans la partie supérieure, on a enlevé les boules représentant les atomes de la partie centrale de la molécule pour ne plus laisser apparentes que les liaisons chimiques entre ces atomes (les atomes des groupes phosphate et désoxyribose sont toujours représentés par des boules). On met ainsi en évidence les « bases nucléiques » : à chaque groupe ribose d’une hélice est attaché un autre groupe d’atomes, une base Nucléique (d’où la troisième lettre d’ADN).

Dans l’ADN, il y a quatre bases différentes symbolisées par leur initiale et colorées de façon différente dans le dernier agrandissement : A (adénine) en rouge, T (thymine) en vert, C (cytosine) en jaune, G (guanine) en brun. Chaque base nucléique, attachée à une hélice, « fait face » à une base de l’autre hélice selon un appariement spécifique A - T (rouge - vert) et C - G (jaune - brun). Cet appariement est assuré par des ponts Hydrogène ; comme ils sont moins solides, ils sont représentés dans le modèle par un bâtonnet blanc plus fin que les liaisons chimiques entre les atomes.

Octobre 2013: L’amateur de reliques du Musée Ghelderode - Réserve précieuse

L’objet présenté par le Musée Ghelderode est une aquarelle de Jean-Louis Muschs datant de 1962 et illustrant "L’amateur de reliques". Ce texte est extrait du livre Sortilèges publié aux Éditions de l’Essor en 1941, ensemble de douze contes rédigés entre février 1939 et avril 1940.

Le 26 juin 1961, Jean-Louis Muschs, né à Ixelles le 11 juillet 1935 et étudiant en philologie romane à l’Université libre de Bruxelles, écrit à Michel de Ghelderode. Il souhaite l’informer qu’il a été choisi pour jouer le rôle d’Aspiquet dans la pièce Le Grand Macabre mise en scène par le jeune théâtre de l’ULB et qu’il est chargé de réaliser les décors et costumes pour la pièce Escurial qui sera montée à Uccle la saison suivante.

Il décrit le décor qu’il a imaginé et demande à l’écrivain ce qu’il en pense :
« … Auriez-vous la grande bonté de me donner votre avis sur ce choix, qui n’est qu’un choix d’amateur ? mais d’un amateur qui vous redit encore une fois : bravo et merci, monsieur de Ghelderode, poète et dramaturge d’ici, de chez nous ! »¹

Michel de Ghelderode accueille favorablement son courrier :
« … J’ignorais tout d’un Escurial à Uccle : ces images plastiques me plaisent, jeunes ; pratiques – elles collent aux personnages ; il n’y a de théâtre, dans notre éclairage, sans mise de valeurs plastiques … On peut obtenir des effets fantastiques, et sans efforts. Qu’en croyez-vous ? On a le temps … Si vous voulez venir en parler, avant la saison – cet été, vous me trouverez chez moi, une fin d’après-midi, car je ne voyagerai pas… ».

La lettre de Jean-Louis Muschs porte l’inscription manuscrite de Michel de Ghelderode : « me voir l’été – l’aiderai ».

Jean-Louis Muschs reprend la plume le 26 février 1962, en rappelant à Michel de Ghelderode leur entretien de juillet 1961. Il est maintenant militaire et informe Ghelderode sur sa carrière artistique, mais il tient surtout à lui confier sa découverte des « contes crépusculaires » :

« … J’adore le conte, j’en suis un “intoxiqué” et principalement du conte fantastique, en lequel je repalpe si bien la grande peur connue jadis, et sensément oubliée. …
Voilà pourquoi je me suis permis de vous envoyer ces quelques illustrations inspirées par vos contes, peut-être vous amuseront-elles pendant un moment, mon pinceau n’a pas eu d’autre but. »

Michel de Ghelderode écrira « Très bon ! » à la suite de ce paragraphe sur la lettre de Jean-Louis Muschs.

Les quatre aquarelles mettent en images les contes suivants : "Le jardin malade", "Le diable à Londres", "Sortilèges" et "L’amateur de reliques".

Michel de Ghelderode répondra, dans une lettre datée du 1 / 2 mars 1962 :
« … Quelle joie, les gouaches, quatre, m’illustrant, écho plastique si juste de mes Contes crépusculaires. C’est cela, le salaire de l’Écrivain : voir qu’on l’a compris, aimé : les ondes qui vous reviennent, captées : les images … Je les aime. Surtout la boutique, l’intérieur. Et le jardin avec le petit fantôme triste … Oh, quel noble instant !... ».

¹ Correspondance de Michel de Ghelderode établie et annotée par Roland Beyen, t. 10, Bruxelles, AML éditions, 2012

Septembre 2013: Le polarographe de l’Expérimentarium de Chimie

Voici l’ancien polarographe que vous avez pu admirer dans la bibliothèque des sciences humaines à l’occasion de l’exposition "Les musées de l’ULB mis en boîte", qui s’est tenue du 10 septembre au 31 octobre 2013.

Le polarographe est un appareil électrique mesurant le courant qui circule lorsqu’une tension contrôlée est appliquée entre des électrodes placées dans une solution contenant des espèces susceptibles de se réduire ou de s’oxyder.

La polarographie est une méthode électroanalytique découverte dans les années 1920-1930 par JaroslavHeyrovský (né à Prague le 20 décembre 1890 et décédé à Cambridge le 27 mars 1967) et qui lui valut le prix Nobel de Chimie en 1959. Cette méthode a la particularité d’utiliser comme électrode de travail une électrode à gouttes tombantes de mercure.

La polarographie est particulièrement adaptée à la détermination quantitative des traces (mesure de concentrations de l’ordre du mg/L). Ses applications sont nombreuses : contrôle du degré de pollution des eaux, contrôle de la qualité des produits finis ou des matières premières dans l’industrie pharmaceutique ou cosmétologique, détermination quantitative de certains constituants d’alliages dans le domaine de la métallurgie, analyses toxicologiques...

Août 2013: Coupe sagittale de la tête du Musée d’Anatomie et d’Embryologie humaines

Cette coupe sagittale de la tête, spécimen plastiné conservé au Musée d’Anatomie et d’Embryologie humaines, sert de modèle pédagogique à l’explication de l’appareil olfactif humain et, en particulier, des fosses nasales.

Une fois introduites dans le nez, siège de l’odorat et porte de l’appareil olfactif, les molécules odorantes franchissent les cornets nasaux, traversent la couche du mucus, puis l’épithélium, déclenchant aussitôt réactions chimiques et électriques. Après l’étape nasale, un mécanisme cellulaire, puis moléculaire, se produit : la transduction olfactive dirigée depuis les cils olfactifs, capables de reconnaître près de dix mille substances odorantes différentes.

Lorsque les signaux olfactifs ont traversé l’épithélium, les prolongements (axones) des quelque dix millions de cellules réceptrices se rassemblent pour former une multitude de faisceaux, qui traversent le toit des fosses nasales et la « lame criblée » ; ces faisceaux constituent le « nerf olfactif ».

Ce nerf assure la jonction vers le bulbe olfactif, amas de tissus nerveux qui accueille et trie les informations provenant du nez avant de les orienter vers le cortex olfactif. Le cortex procède enfin à l’identification de l’odeur concernée et y associe diverses valeurs affectives (la « madeleine de Proust »).

L’olfaction est le plus souvent sollicitée par voie directe (ortho-nasale), mais également par voie rétro-nasale (rétro-olfaction), de la bouche à l’épithélium via l’arrière du palais. Dans le cas de l’olfaction ortho-nasale, ce sont des odeurs qui sont captées, tandis que ce sont des flaveurs ou des arômes que détecte l’olfaction rétronasale.

L’air inhalé, qui porte les molécules odorantes, chemine donc dans les fosses nasales, où il est réchauffé par les cornets nasaux, fortement vascularisés, qui servent un peu de « radiateurs ».

Dans le toit des fosses nasales se situent de petits trous, au sein de la « lame criblée ». Ces trous sont traversés par les filets du nerf olfactif, qui n’est pas à proprement parler un « nerf », mais une expansion du cerveau.

Le nerf olfactif chemine sous le lobe frontal. Les fibres correspondantes effectuent plusieurs « relais » neuronaux, avant d’arriver dans le cortex olfactif, situé dans le lobe temporal. C’est une partie très ancienne du cerveau en termes d’évolution : cet « archicortex » est très développé chez les poissons, les amphibiens, les reptiles et certains mammifères, comme les chiens.

Les fibres du nerf olfactif qui traversent le toit des fosses nasales comportent des cellules neurosensorielles présentant une spécificité chimique, laquelle permet de reconnaître diverses molécules odorantes. On notera que les saveurs des aliments correspondent aussi à un processus olfactif et non gustatif : les papilles de la langue ne reconnaissent en effet que le sucré, le salé, l’aigre et l’amer. C’est pourquoi, en cas de gros « rhume », on goûte peu la subtilité de la bonne cuisine.

Juillet 2013: Le calendrier Persoons de l’écomusée du Viroin

Parodiant La Fontaine, nous pourrions intituler la scène « Le bourgeois des villes et le bourgeois des champs » !
L’un est venu de son village par-delà la rivière, l’autre, traversant le canal, vient de Bruges, dont on aperçoit le beffroi et les pignons à redents typiques des villes flamandes. On reconnaît le paysan à son costume voyant et à sa figure rubiconde. Le citadin, lui, a endossé un costume plus sobre, qui sied mieux à sa fonction de chef d’entreprise.

Au centre de l’affiche trône l’écrémeuse Persoons.
Pour les deux compères, elle est l’instrument et le symbole moderne de leur réussite sociale et financière. Ils le prouvent en se serrant la main au-dessus de la machine, confortant ainsi le slogan de l’affichette, « L’entente est faite ».

Calendrier Persoons - 1925.
« L’entente est faite » - L’écrémeuse Persoons - Thildonck – Brabant est la meilleure.
Carton imprimé – chromolithographie
Lithographie artistique de Bruges
N° inv. 8626 – 24,5 x 35 cm

Juin 2013: Les poupées médicinales Marapahibommai du Musée des Plantes médicinales et de la Pharmacie

Depuis des temps très reculés, en Inde du Sud, les parents ne manquaient jamais de déposer, dans le berceau de leur enfant, un morceau de bois aux propriétés médicinales, appelé marapachi. Le terme marapachi désignerait l’espèce de l’arbre utilisé ; le marapachi était destiné à être sucé ou mâchonné par le bébé, qui bénéficiait ainsi des substances actives présentes dans le végétal.
La médecine traditionnelle enseignait que ces marapachis possédaient des propriétés bienfaisantes et guérissaient un grand nombre d’affections digestives, comme les coliques, la diarrhée, les douleurs intestinales et même celles des gencives lors de l’apparition des premières dents ; dans cette indication, la mère étendait au préalable du lait maternel sur le bois en le frottant longuement, puis le donnait à sucer à l’enfant.

Petit à petit, plutôt qu’un simple bout de bois, les marapachis furent travaillés en forme de poupées non articulées présentées en couple, de tailles et de formes variées (marapachibommai signifie jouets en bois), offertes aux jeunes mariés.

À l’origine, ces poupées semblent avoir été sculptées dans un bois particulier, le Kalimaruthu, de maruthu, bois dans le langage tamil, et de Kali, l’une des épouses de Shiva, adorée plus particulièrement par les populations des campagnes et des forêts. L’exemplaire exposé appartient à une collection d’une quarantaine de marapachis anciens découverts récemment et par hasard, lors de la vente d’une maison de Chettiyars, près de Madurai, situé à l’extrême sud de la péninsule indienne.

Mai 2013: Le psychromètre de l’Expérimentarium de Physique

L’eau et le climat sont bien entendu étroitement liés. L’eau qui s’évapore peut être transportée sur des distances considérables par les vents ; ensuite, elle se condense en formant des nuages, de la pluie et de la neige. Comme la vapeur d’eau est l’agent principal de l’effet de serre, que les nuages modifient les échanges d’énergie par rayonnement et que les changements d’état incessants de l’eau conditionnent le stockage et la libération d’énergie, il est clair que l’eau joue un rôle majeur sur le climat.

L’eau s’échappe des océans par évaporation : en été, la moyenne est 1,5 kg d’eau évaporée par m² et par jour. Une partie de celle-ci se condense et retourne en pluie à l’océan, mais le reste est transporté au-dessus des terres, auxquelles il apporte les pluies et la neige, tout particulièrement aux régions d’altitude élevée et donc plus froides. Cette eau constitue les cours d’eau, entretient les glaciers et humidifie les sols. Le ruissellement ramène ensuite une partie de cette eau à la mer, mais pas la totalité puisque, là aussi, il y a à nouveau évaporation et précipitations... Au niveau du sol, c’est la transpiration des végétaux qui joue le rôle primordial dans l’évaporation. Toute modification de la couverture végétale est ainsi capable d’entraîner une modification sensible du climat local.
Une estimation rapide montre que l’eau présente dans l’atmosphère se renouvelle environ 40 fois par an.

Humidité de l’air

La quantité de vapeur d’eau présente dans l’air ne peut pas dépasser un certain maximum, qui est fonction de la température. Cette valeur correspond à la saturation de l’atmosphère locale en vapeur d’eau : l’humidité relative est alors de 100 % et il pleut dans votre appartement !!! Lorsque la température baisse, cette limite diminue elle aussi, de sorte qu’une partie de la vapeur d’eau se condense. C’est ce qui se passe lorsque de la buée apparaît sur une surface froide (vitre, par exemple). Ces réflexions expliquent que l’air est généralement plus humide en été et plus sec en hiver.

L’hygromètre est l’instrument qui mesure le taux d’humidité. L’invention des premiers instruments de ce type date sans doute du XVe siècle, lesquels, pendant longtemps, ne furent que de simples balances portant de la laine, une éponge, des cordes... Ces objets, dits « hygroscopiques », changent en effet aisément de masse, de forme, de couleur ou de longueur en absorbant de l’eau. Aujourd’hui, nous utilisons encore différents types de sels absorbants placés dans les colis ou appareillages devant rester au sec.

Le premier hygromètre à cheveu fut construit par le savant suisse de Saussure (1740-1799), qui mit à profit la variation de longueur d’un cheveu tendu, en fonction de l’humidité. Ce type d’appareil doit malheureusement être étalonné assez souvent et son fonctionnement n’est pas linéaire.

Pour qu’un liquide s’évapore, il faut lui fournir de l’énergie ; c’est la chaleur latente. Le plus souvent, cette énergie est puisée dans le milieu environnant, de sorte que celui-ci refroidit. À l’inverse, la condensation libère la même énergie. Ces quantités d’énergie sont très importantes : il faut six fois plus d’énergie pour évaporer un gramme d’eau que pour chauffer cette même quantité d’eau de 0°C à 100°C.

Ceci correspond bien à notre expérience quotidienne : la sensation de froid est intense si nous sortons en étant mouillés. Tous les systèmes de réfrigération utilisent d’ailleurs ce phénomène pour faire du froid.
Ces considérations énergétiques autour des changements d’état ont notamment amené la confection du psychromètre au XIXe siècle (du grec psukhros, « froid »). Celui-ci, assez fiable, est basé sur la différence de température entre un thermomètre sec et un autre, mouillé. L’instrument à vocation didactique illustrant cet article est constitué de deux thermomètres : l’un, sec, à gauche et l’autre, à droite, dont la partie sensible est maintenue mouillée au moyen d’une mousseline trempant dans un réservoir d’eau. Le liquide à l’intérieur du tube est de l’alcool.

Si T = température du thermomètre sec et T’ celle du thermomètre mouillé, on a les pourcentages d’humidité suivants :
T’ (°C) T-T’ (°C)
1 2 3 4 5
10 87 76 66 57 49
15 89 80 71 63 55
20 91 82 74 67 61.
Si la différence de température est nulle, le taux d’humidité est bien entendu de 100 %. L’air est considéré comme sec avec moins de 50 % d’humidité et très humide à partir de 80 %.

Avril 2013: L’Arum maculatum du Jardin botanique Jean Massart

Si les collections botaniques du Jardin Massart constituent un outil didactique remarquable pour l’enseignement de la botanique, celui-ci dispose également de nombreux « objets pédagogique » tels que des fruits ou parties de plantes en bocaux ou encore des modèles de fleurs dont certains, de très belle facture, datent du milieu du XXe siècle et sont toujours utilisés pour les démonstrations des cours de biologie végétale. Tel est le cas du gouet tacheté ou Arum maculatum.

Il s’agit d’une plante herbacée qui se trouve communément dans les sous-bois, où elle fleurit au début du printemps. Vous la trouverez, pour le moment, au niveau de la zone humide du Jardin Massart.

Ses feuilles peuvent être maculées de taches sombres et contiennent des cristaux d’oxalate de calcium les protégeant des herbivores. Les fleurs sont portées sur un spadice terminé par une massue violacée et enveloppé dans une spathe. Celle-ci constitue un piège pour les insectes qui, attirés par l’odeur dégagée par le spadice, pénètrent à l’intérieur de la spathe et assurent la pollinisation des ovaires, lesquelles se transforment en fruits rouge vif extrêmement toxiques.

Mars 2013: Les huiles de chaulmoogra du Musée des Plantes médicinales et de la Pharmacie

Le 26 janvier se tenait la Journée mondiale des Lépreux. Le Musée des Plantes médicinales et de la Pharmacie a tenu à consacrer son objet du mois à cette maladie. Tant en Extrême-Orient qu’en Afrique et en Amérique du Sud, la médecine traditionnelle a fait appel, pour traiter la lèpre, à des huiles extraites de graines de différentes espèces de plantes appartenant à la famille des flacourtiacées, notamment, des espèces d’Hydnocarpus produisant les huiles de chaulmoogra.

L’activité spécifique de ces huiles sur le Mycobacteriumleprae, le bacille responsable de la lèpre, est expliquée par la présence, dans ces matières grasses, d’acides gras cyclopenténiques, tels les acides hydnocarpique, chaulmoogrique et gorlique.

Il faut souligner l’extraordinaire phénomène de convergence et la perspicacité des guérisseurs qui ont conduit des populations occupant des territoires éloignés à utiliser des huiles dont les compositions sont très proches. Jusqu’à l’utilisation des sulfones (au cours des années 1940), puis jusqu’à celle de l’association de trois antibiotiques (au cours des années 1980), les huiles de chaulmoogra, administrées par voie externe ou interne, puis par voie parentérale (huiles ou dérivés d’hémisynthèse mieux tolérés), ont constitué les seuls traitements disponibles.

Février 2013: Le télescope historique du Centre de Culture Scientifique de Parentville,
par André Koeckelenbergh

Le Centre de Culture Scientifique hérita, en mai 2000, du grand télescope de l’Institut d’Astronomie et d’Astrophysique de l’ULB. Au service des étudiants et des groupes scolaires depuis plusieurs dizaines d’années, il devenait nécessaire, pour les astronomes et astrophysiciens de l’Université, d’acquérir un instrument plus moderne.

Cet outil pédagogique, composé en fait d’une lunette, de deux astrographes et d’un télescope newtonien, utilisant un miroir parabolique de 28 cm d’ouverture, a tout naturellement trouvé sa place au CCS.

Au fil des mois, selon les opportunités, cratères de la Lune, phases de Vénus, anneaux de Saturne, tache rouge de Jupiter, calottes polaires de Mars et quelques étoiles doubles sont observés depuis le campus de Parentville à Charleroi, pour la plus grande joie des petits et grands. Depuis son installation, qui nécessita d’importants investissements par la construction d’un observatoire approprié, le Centre de Culture Scientifique a toujours privilégié l’accessibilité du télescope à tous les publics. Les observations nocturnes et les activités organisées autour du thème de l’astronomie par le CCS sont devenues un pôle attractif certain et renvoient une image dynamique d’un centre de sciences véritablement ouvert et parfaitement intégré dans les structures culturelles locales.

En ce sens, chaque vendredi soir, entre septembre et mai, les associations d’astronomes amateurs et scientifiques de la région se relaient pour proposer aux curieux, observations d’astres et de planètes et commentaires passionnés.

Le CCS a beaucoup insisté sur la mise en place rapide d’une réelle synergie avec le monde associatif local et, si le succès est bel et bien au rendez-vous, c’est aussi grâce au dévouement des professeurs, chercheurs et techniciens de l’ULB et, en particulier, son Institut d’Astronomie et d’Astrophysique.

En 1910, l’Université libre de Bruxelles fête son septante-cinquième anniversaire. À cette occasion, le professeur d’astronomie Paul Stroobant reçoit un cadeau somptueux d’un ancien étudiant : Fernand Jacobs, homme d’affaires, journaliste, fondateur de l’Aéroclub de Belgique et de la Société belge d’Astronomie. Il s’agit d’une excellente lunette fabriquée en France par le facteur d’instruments Secrétan. Son objectif est ouvert à 16 cm, ce qui tolère des grossissements de l’ordre de 400 fois. C’est le cadet des instruments professionnels à l’époque. Il est mû par un système d’horlogerie à remontoir et à poids. En ce temps-là, l’ULB, logée rue des Sols, en pleine ville, négocie l’achat de terrains qui seront laissés libres au Solbosch (plateau d’Ixelles) après la clôture de l’Exposition universelle de 1910. La lunette est prévue pour ces futures « nouvelles installations ». La guerre de 1914-1918 et ses séquelles repousseront la réalisation du projet à la fin des années vingt. Le professeur Stroobant inaugurera l’Institut d’Astronomie en 1929. La lunette est installée sous coupole et sur le toit du bâtiment des « Sciences appliquées », côté avenue Depage. On lui a joint deux astrographes (appareils photographiques, l’un de 14 cm et l’autre de 12 cm d’ouverture), avec lesquels le professeur Cox fera la partie expérimentale de sa thèse d’Agrégation et qu’utiliseront plusieurs générations d’étudiants.

La seconde extension de l’Université, en 1949-1952 verra l’exil de l’Institut d’Astronomie dans le bâtiment dit « des constructions civiles ». Il fut précédé par le déplacement de la coupole du côté de l’avenue Jeanne, là où sont actuellement les « tennis ». Alors étudiant, l’auteur de cette notice se rappelle ce « petit bâtiment », où l’instrument était posé sur une dalle percée afin d’y laisser descendre les poids de l’horlogerie. Lesquels se décrochaient en fin de course, ce qui imposait un exercice peu ragoûtant de plongée du bras dans une fosse crasseuse ! L’Institut se déplaça pour un temps à l’étage de la Villa Capouillet, puis fut installé au neuvième étage du « bâtiment de physique », l’actuel « bâtiment D », à l’avenue Depage.

L’administrateur de l’Université, Paul Gillet, fut, avec le professeur Raymond Coutrez, l’artisan de la rénovation de l’ensemble instrumental, qui fut installé au onzième étage du nouveau bâtiment, sur une maîtresse poutre verticale indépendante du bâtiment pour l’isoler des vibrations. Dans le même élan, l’entraînement fut électrifié et la fréquence du courant stabilisée par un dispositif électronique synchronisé sur les signaux horaires et sur la fréquence émise par le laboratoire de physique voisin. Le système optique fut complété par un télescope newtonien, qui réutilisa le miroir parabolique de 28 cm de diamètre que l’Institut avait reçu en 1928 en vue de son installation au Solbosch. Un ancien étudiant, devenu pharmacien à Anvers, et qui pratiquait l’astronomie en amateur, s’était reconverti en tailleur de miroirs de télescope. En guise de matière première : des hublots de navires dont on se fournissait aisément dans un port. La technique utilisée pour tailler le miroir a été exposée dès 1922 par Paul Vincart, dans la revue Ciel et Terre. Le polissage se faisait par l’intermédiaire d’oxyde de fer pulvérulent (rouge anglais) et par frottement sur une surface recouverte d’un parchemin. Cette technique donnait un beau poli brillant au miroir, mais de légers défauts étaient dus à la friction forte du verre et provoquait des microfontes locales. Le miroir de Vincart fut exposé dans le petit musée de l’Institut et cité en exemple aux étudiants. Vers 1965, au moment où se prépare l’implantation avenue Depage, un amateur astronome, Hubert de Thier, devenu un maître dans l’art de la taille des miroirs et qui travaillait depuis de longues années l’électronique avec Raymond Coutrez, proposa de resurfacer le miroir en utilisant la technique du polissoir en poix, beaucoup plus souple. Ainsi fut fait, et le miroir parabolique de 28 cm d’ouverture, excellent du point de vue optique, placé dans un barillet compensateur des déformations du verre, fut installé en parallèle avec la « vieille » lunette de Secrétan. Son tube fut un tuyau de bakélite usiné sur les tours de l’Université. Dès 1967, les séances d’observation à la coupole reprirent sous la direction de Jules Brouet, professeur à l’Athénée d’Uccle. Ce dernier décéda inopinément en août 1968 et l’auteur de cette note prit le relais dès octobre. Des centaines d’étudiants eurent la chance par beau temps de voir la Lune, Saturne, Jupiter ou Mars avec la lunette et le télescope, comparant les qualités des deux instruments. Quelques étudiants devinrent des fidèles de tous les soirs d’observation, aidant le titulaire dans une tâche rendue de plus en plus pénible en raison de l’éclairage urbain. Qu’ils en soient remerciés.

Avec le temps, mécanique et électronique eurent des défaillances. Peu à peu, l’ensemble se déclassa. Il fut utilisé jusqu’en 1998, époque où il fut décidé d’envisager l’achat d’un instrument plus moderne, optiquement à peu près équivalent. C’est ainsi que la lunette Secrétan, ses astrographes et le télescope « Vincart-Coutrez-de Thier » ont été déplacés au Musée des Sciences et des Techniques (actuellement Centre de Culture Scientifique de l'ULB), sur le Campus de Parentville à Charleroi. En dépit des éclairages urbains et autoroutiers, les cratères de la Lune, les phases de Vénus, les anneaux de Saturne, la tache rouge de Jupiter, les calottes polaires de Mars et quelques étoiles doubles pourront guider jeunes et moins jeunes sur les chemins du ciel. Une éclipse, une belle comète, pourquoi pas une Nova, restent au programme des occasions à ne pas perdre.

Dès son installation à Parentville, l’instrument, toujours flanqué de ses deux astrographes, fut utilisé à l’occasion de la Nuit des Étoiles annuelle, organisée en commun avec les Cercles d’Amateurs d’astronomie de la région de Charleroi et l’Institut d’Astronomie et d’Astrophysique de l’ULB. À l’occasion des Dimanches des Sciences, il permet de montrer le Soleil et ses taches aux nombreux visiteurs. De même, lors des stages « jeunes » d’été et de Pâques, il est prévu, quand le climat s’y prête, d’observer les taches solaires. Enfin, à tour de rôle, les cercles d’amateurs assurent des démonstrations publiques nocturnes dans la soirée des vendredis, entre septembre et mai.

Le 7 mai 2003, le passage de la planète Mercure sur le Soleil permit de tester un dispositif d’imagerie électronique (Webcam) et d’enregistrer une séquence longue de ce phénomène, grâce à l’installation d’une petite lunette précédée d’un filtre monochromateur H-alpha à large bande. Celui-ci est principalement destiné à l’observation des protubérances solaires. Il est placé devant l’objectif d’une lunette de 80 mm d’ouverture et 1200 mm de focale ayant appartenu, dans un lointain passé (1975), aux Jeunesses scientifiques de l’Athénée de Charleroi (Solvay), conservée par l’ASBL Jeunesse et Science, et remise en service au CCS pour le plus grand profit des jeunes amateurs astronomes de la région de Charleroi.

En 2004, les dispositifs de guidages fins ayant été remis en fonctionnement, le passage de Vénus devant le Soleil, le 8 juin, donna lieu à une observation combinée (ULB-Solbosch et CCS-Parentville), qui a pu être suivie sur les sites web du CCS et de l’ULB. À cette occasion également, l’instrument fut libéré de la surcharge de ses deux astrographes, qui nécessitent un entretien profond et sont aujourd’hui partiellement obsolètes. En effet, les techniques d’imagerie électronique sont destinées à remplacer l’astrophotographie, par défaut d’émulsions et de formats adéquats à des prix démocratiques.

Janvier 2013: Le kaka de nuit du Muséum de Zoologie et d’Anthropologie

Strigopskakapo ou perroquet-hibou, whakapapa ou kaka de nuit. Une des pièces remarquables du Muséum de Zoologie et d’Anthropologie de l’ULB se trouve être un kakatoa, espèce actuellement en grand danger d’extinction ! Le kakatoa, c’est un perroquet nocturne endémique de Nouvelle-Zélande. Son nom signifie « perroquet de nuit » en maori. C’est un oiseau lourd, dont les ailes ne servent plus guère qu’à effectuer quelques vols planés à partir des branches d’arbres qu’il escalade allègrement. Ses pattes puissantes lui permettent de parcourir de longues pendant la nuit, que ce soit pour se nourrir ou pour séduire une femelle. Dans ce cas, le mâle quitte les sous-bois ou le bord de l’océan pour se rendre au sommet des collines et y établir son aire de parade. Pour appeler les femelles, il émet des sortes d'explosions produites par dilatation du thorax. On dit qu’il gronde toute la nuit. Par temps clair, son ronflement s’entend à plus d'un kilomètre de distance.

Chaque mâle produit plusieurs milliers d'explosions toutes les nuits pendant 3 ou 4 mois. Au cours de cette période, il perd parfois près de la moitié de sa masse corporelle. Le kaka a une durée de vie relativement longue et une adolescence assez prolongée. Le mâle ne commence à parader qu’à l'âge de 5 ans et la femelle ne répond aux appels explosifs du mâle qu’ayant atteint l'âge de 9 à 11 ans. Ils se reproduisent ensuite irrégulièrement, tous les 2 ou 3 ans.

Parce que se plumes n’ont pas besoin de la robustesse et de la rigidité requises par les oiseaux qui volent, elles sont étonnamment douces. Le masque facial composé de fines plumes lui donne l’apparence d'un hibou. Le bec entouré de vibrisses est très utile quand il se déplace tête baissée dans les sous-bois.

Le kakatoa encourt le sort du Didusineptus, connu sous le doux nom de Dodo, qui disparut petit à petit après l’arrivée des Européens sur l’île Maurice, avec leur lot de rats, de chiens et de chats prédateurs. Le Dodo n’ayant précédemment pas d’ennemis se trouva bien dépourvu de moyens de défense contre les rongeurs et carnivores du vieux continent. Ainsi en serait-t-il du Kaka sans les récents plans de sauvegarde et la protection de réserves naturelles situées dans les îles alentour de la Nouvelle- Zélande. Selon les données du CITES (www.cites.org/fra/disc/text.php), le kakatoa est en danger critique d’extinction. Il n’en reste qu’une centaine d’individus dans de rares îles septentrionales devenues réserves ; citons Maud, Codfish, Stewart et LittleBarrier.

Décembre 2012: La voiture à hydrogène de l’Expérimentarium de Chimie

Le dihydrogène (H2), souvent appelé hydrogène, est un gaz qui a la propriété de véhiculer l’énergie. Le dihydrogène n’existe pas à l’état naturel sur terre, il faut le produire. C’est un carburant propre, à condition que son mode de production ne rejette pas de CO2. Il doit être stocké afin de pouvoir être utilisé dans un dispositif comme une pile à combustible, qui équipe cette voiture à hydrogène.

La voiture à hydrogène fonctionne grâce à une pile à combustible. Le véhicule est muni d’une pile réversible, c’est-à-dire que la cellule d’électrolyse qui produit le dihydrogène est confondue avec la pile à combustible qui va le consommer. La partie électrolyse est alimentée en électricité au moyen d’un panneau solaire éclairé par une lampe de 150 Watts. Lors de l’électrolyse, de l’hydrogène et de l’oxygène sont produits dans des tubes distincts, comme dans la cellule d’électrolyse classique. Lorsque les tubes sont remplis de dihydrogène et de dioxygène, la voiture est mise en mode pile, ce qui permet de consommer les gaz et de mettre le véhicule en mouvement.

1. Méthodes de production de l’hydrogène – Électrolyse de l’eau. Cette méthode consiste à faire passer un courant électrique dans une cellule contenant de l’eau pour récupérer les gaz produits (dioxygène, O2, et dihydrogène, H2). Cette méthode permet de produire du dihydrogène de grande pureté.
- Production bactérienne. Certaines bactéries produisent du dihydrogène en condition de stress, voire spontanément. La production industrielle se fait à grande échelle dans des bioréacteurs.
- Vaporéformage d’hydrocarbures. Cette réaction est l’une des plus utilisées actuellement dans l’industrie. Il s’agit d’arracher les hydrogènes d’une chaîne carbonée pour former des molécules de dihydrogène et de dioxyde de carbone.

2. Stockage de l’hydrogène
- Absorption dans les hydrures. Les hydrures fonctionnent comme des éponges à dihydrogène. En variant les conditions du milieu (pH, température, pression, solvant), il est possible de stocker/ déstocker du dihydrogène.
- Dans des réservoirs sous haute pression. Il s’agit de la méthode la plus utilisée car elle permet de maximiser la densité énergétique de l’hydrogène. En effet, cette forme de stockage permet de diminuer le volume de gaz et ainsi de le véhiculer plus facilement.
- Adsorption sur des nanostructures carbonées. Certains composés (graphène, nanotube, fullerène, etc..) peuvent adsorber du dihydrogène. Cette méthode permet, en faisant varier température et pression, d’adsorber/désorber de l’hydrogène un grand nombre de fois.

3. Usages de l’hydrogène
- Moteur à explosion. Le dihydrogène peut servir de carburant classique, comme l’essence dans les moteurs à explosion. Le dihydrogène pourrait alors devenir une alternative au pétrole, limitant ainsi la pollution, car la combustion du dihydrogène ne libère que de l’eau.
- Pile à combustible. Une pile à combustible est un dispositif permettant de convertir l’énergie chimique en énergie électrique. Son fonctionnement est basé sur les réactions d’oxydoréduction et conduit théoriquement à un rendement énergétique bien plus important que la combustion thermique.