Journées d’études internationales

BRUXELLES, OCTOBRE 2005

Presse communiste, presse radicale

Influence, culture, structures et moyens

(1919-2000)

 

APPEL À CONTRIBUTIONS

De L’Humanité à L’Unita, du Daily Worker au Drapeau Rouge, selon des chronologies différentes et des intensités diverses, les journaux communistes ont joué un rôle essentiel dans le façonnement des esprits, dans la mobilisation des militants, dans les batailles politiques et idéologiques, dans les combats développés envers la presse dite « bourgeoise ».

Pour certains, héritiers d’une grande tradition et appuyant un grand parti (en France) comme pour d’autres, de création nouvelle aux côtés d’un mouvement demeuré minoritaire (en Belgique ou en Grande Bretagne), ces journaux ont tous agité et secoué le pouvoir, constitué un élément de référence pour les services policiers, provoqué des polémiques furieuses.

Censés être des « organisateurs «  ces journaux ont aussi constitué un élément essentiel de l’identité politique offrant, au-delà de l’argumentation quotidienne nécessaire, « la ligne », un point d’ancrage affectif. La vente militante hebdomadaire fut pendant des décennies le trait spécifique de la militance communiste. Leur parution clandestine sous l’occupation allemande recréa bien souvent les structures défaites.

Cette mobilisation humaine et financière (vente et souscriptions) s’éclaire aujourd’hui de la connaissance des financements effectifs par le biais de l’Internationale communiste avant-guerre, de l’URSS et des pratiques commerciales par la suite.

Par ailleurs, par son contenu culturel, cette presse constitua bien souvent, mais dans quelle mesure, l’outil de connaissance et de formation d’une large partie des militants issus des milieux ouvriers, par lequel se cristallisa une certaine culture communiste, avec son langage, ses centres d’intérêts, ses auteurs, ses référents

Cette approche des journaux communistes gagne être étendue et comparée à celle des autres groupes radicaux, anarchistes, anarcho-syndicalistes, socialistes-révolutionnaires, communistes, trots kystes , dans la mesure où cette presse, éphémère ou installée, a été également construite sur un modèle militant qui privilégiait le fond à la forme, le message au style, la diffusion à la rentabilité. Cette notion même lui était étrangère et la fabrication militante a été le plus souvent de pair avec l’investissement des « fortunes » de ses réalisateurs et concepteurs. Des organisations se sont épuisées à soutenir un organe dont la diffusion était plus que réduite.


Ces journaux ont depuis toujours été l’objet d’une attention particulière des historiens des gauches, mais le plus souvent en fonction de leur contenu.

Plus rares sont les études sur leurs rédacteurs, leurs éditeurs, leurs diffuseurs, leur financement. Plus rares encore, les études du fonctionnement interne, du rapport aux militants, aux lecteurs.


Les gauches radicales ont-elles présenté à cet égard des spécificités ? Un journal libertaire est-il semblable à un organe trotskyste ? Le parti communiste a-t-il bénéficié en permanence et en suffisance de « l’or de Moscou » ? Qui dirige réellement la rédaction? Le journaliste dispose-t-il d’une sphère d’autonomie « professionnelle » ? Les organes des mouvements de jeunesses liés à ces partis ont ils une spécificité « jeune » ou ne sont –ils que des copies conformes dont la « jeunesse » n’est qu’un sous titre sans signification.

C’est à cette approche politiquement transversale, internationale et comparatiste que le CHSG voudrait consacrer deux jours d’examen et lance un appel à contribution.

 

 

Les chercheurs intéressés peuvent envoyer leur proposition, un schéma de 15 lignes, AVANT le 30 septembre 2004,

Par courrier à l’adresse suivante :

Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches,

Institut de Sociologie – Université Libre de Bruxelles,

44 avenue Jeanne, B-1050 Bruxelles (Belgique)

Par courriel aux adresses suivantes :