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Le maillage vert multifonctionnel
Le maillage vert multifonctionnel est un ensemble de parcs, chemins,
etc. qui permet aux cyclistes et aux piétons de se déplacer agréablement
dans la ville, d'avoir suffisamment de parcs pour les enfants, les adolescents
et les adultes, et qui permet également aux plantes et aux animaux de
vivre en ville.
La diversité des plantes en
ville
Souvent, on entend dire que la ville n'est que béton et grisaille. Pourtant,
pas moins de 731 espèces de plantes à fleurs sont présentes à Bruxelles
(160 km²), alors qu'un peu plus de 1300 espèces sont répertoriées
en Belgique. Si ce nombre n'a pas varié depuis un demi-siècle, on observe
que beaucoup d'espèces sont devenues rares ou ont disparu au profit d'autres
espèces plus banales ou même envahissantes.
Le maillage vert écologique
De nombreuses espèces de plantes et d'animaux vivent dans les parcs et
jardins de Bruxelles. Le maillage vert écologique veut leur rendre toute
la ville accessible, en assurant le passage d'un espace vert à l'autre.
Intérieur d'îlots et potagers
Que trouve-t-on à l'intérieur des pâtés de maisons ?
Friches, jardins, cours ou potagers ?
La santé des arbres urbains
En ville, un arbre grandit, se développe mais aussi se bat contre de
nombreuses attaques de l'homme et de la ville elle-même. Sa présence est
plus importante qu'on ne peut l'imaginer et pour éviter qu'il ne périsse,
il faut s'inquiéter de sa santé et … jouer au médecin des arbres.
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Plantes, fleurs et animaux en ville
Bien que les villes soient, par définition, avant tout le domaine des
humains, la nature y a aussi sa place : elle contribue à la qualité de
la vie et de l'environnement. En particulier, les parcs et les jardins
publics, en dehors de leur rôle de détente et d'accueil pour les habitants
du quartier et les personnes qui y sont occupées, ont un rôle écologique,
qu'ils partagent avec d'autres espaces moins accessibles.
Dans la Région de Bruxelles-Capitale, les surfaces vertes occupent plus
de la moitié (53%) du territoire. Elles abritent une grande variété d'animaux
et de végétaux qui forment le patrimoine biologique urbain. Celui-ci varie
fortement d'un lieu à l'autre, suivant les conditions rencontrées.
On trouve encore à Bruxelles, essentiellement en périphérie, des sites
semi-naturels : restes de paysage rural, zones humides ou fragments de
forêt qui ont échappé à l'urbanisation et où subsistent une faune et une
flore sauvages diversifiées et parfois rares. Une végétation spontanée
s'observe aussi dans les terrains vagues, sur les talus de chemin de fer
ou en bordure des voiries, sur les berges des voies d'eau ou encore dans
les jardins abandonnés.
Les créations urbanistiques telles que les parcs, les espaces sportifs
de plein air, les arbres d'alignement, les cimetières verdurisés constituent
une composante plus artificielle par leurs plantations ornementales d'espèces
souvent exotiques ainsi que par leur gestion généralement plus intensive
(tonte fréquente par exemple). Néanmoins, ces espaces offrent toute une
série de biotopes favorables aux végétaux et aux animaux de tous types.
De même, les espaces verts en intérieurs d'îlots, formés principalement
par des jardins privés, constituent une surface importante et peuvent,
suivant le type d'entretien qui y est pratiqué, contribuer à la biodiversité
urbaine. des espaces verts multifonctionnels
Des espaces verts multifonctionnels
Tout le monde a besoin d'espaces verts, mais chacun utilise les parcs
et jardins à sa façon, mettant l'accent soit sur leur caractère social,
soit sur leur caractère environnemental : certains vont dans un parc pour
se reposer, d'autres pour jouer au foot ou pour promener leur chien, certains
ne font que le traverser à vélo ou à pied pour se rendre quelque part,
d'autres encore veulent protéger un espace vert car il abrite des espèces
rares. Comme l'espace en ville est limité, il n'est pas possible de créer
partout des espaces verts correspondant chacun à un type particulier de
besoin. Le maillage vert multifonctionnel combine différents types de
fonctions sur un même espace afin de satisfaire au mieux les différents
utilisateurs.
Le parc de la Héronnière, à Watermael-Boitsfort, a été créé récemment
selon ces principes de maillage vert multifonctionnel. Le choix des espèces
plantées a été opéré en correspondance avec la flore et la faune naturelles
du site et le parc a été aménagé pour qu'il favorise leur développement.
Le parc est traversé par de nombreux piétons et cyclistes, il y existe
une piste pour VTT, des potagers, des jeux pour enfants, une zone réservée
aux chiens. Cet aménagement attire un public nombreux et varié, tout en
préservant la richesse naturelle du lieu.
Depuis quelques années, la gestion différenciée pratiquée dans différents
parcs publics permet de trouver un équilibre harmonieux entre la tradition
horticole et la spontanéité de la nature, tout en tenant compte des habitants
usagers des parcs. Ainsi, au parc de Woluwé, la tonte régulière de quelques
prairies humides a été remplacée par un fauchage annuel, favorisant certaines
espèces sauvages intéressantes.
Une étonnante diversité…
Souvent, on entend dire que la ville n'est que béton et grisaille. Pourtant,
Bruxelles est l'une des capitales européennes les plus vertes. Pas moins
de 731 espèces de plantes à fleurs y sont présentes dans un espace de
160 km², alors qu'un peu plus de 1300 espèces sont répertoriées en
Belgique. Si ce nombre n'a pas varié depuis des décennies (730 en 1970),
on observe cependant que 65 % de ces espèces ont, en région bruxelloise,
le statut d'espèce rare à rarissime. Certaines ont disparu au profit d'espèces
plus banales ou même envahissantes. Il en résulte que 255 espèces seulement,
soit 18 % de la flore belge, contribuent de manière visible à la diversité
végétale.
A cause de son intense urbanisation, le centre-ville (Pentagone) héberge
peu d'espèces de plantes sauvages (50 par km²) ; on les retrouve
dans les milieux artificiels tels que les parcs, les intérieurs d'îlots,
les talus de chemin de fer, les potagers, les cimetières. Les communes
périphériques, quant à elles, présentent une richesse floristique surprenante.
Ainsi les trois zones les plus riches sont le site semi-naturel du Moeraske
à Evere, du Scheutbos à Molenbeek-Saint-Jean et la partie sud d'Uccle.
…parfois envahissante
Dans la région de Bruxelles, 20 % des espèces sauvages (146) sont des
espèces exotiques qui, à un moment donné, ont été introduites, soit volontairement
pour l'ornement ou la culture, soit accidentellement via les voies de
communications (talus autoroutiers ou de chemin de fer, berges des cours
d'eau). Après acclimatation et adaptation, ces plantes sont devenues capables
de se propager spontanément. La renouée du Japon (Fallopia japonica) et
la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) font partie des cinq espèces
exotiques devenues envahissantes et néfastes car leur prolifération est
telle qu'elle conduit à l'élimination d'espèces rares et donc à l'appauvrissement
de la flore locale. On peut les observer en particulier le long des talus
de chemins de fer.
La renouée du Japon a été introduite pour la première fois en Europe
vers 1830, aux Pays-Bas et en Grande Bretagne, pour l'ornementation des
jardins d'où elle n'a pas tardé à s'échapper. La capacité colonisatrice
de la plante est liée à la robustesse de la croissance de ses rhizomes
(tiges souterraines) qui peuvent être fragmentés et transportés notamment
par les eaux. De plus, dans nos régions, aucun ennemi naturel ne lui est
connu.
La berce du Caucase est la plus grande plante herbacée de la flore européenne.
Elle peut atteindre 5 mètres de hauteur et doit son succès à une production
prolifique de semences, à sa croissance rapide ainsi qu'à sa résistance
au gel, à la sécheresse et à l'humidité. Son feuillage dense étouffe rapidement
les autres espèces. Elle présente un danger pour la santé publique car
sa manipulation provoque des irritations et brûlures de la peau.
Le maillage vert
Bien que diversifié, le patrimoine biologique urbain est, dans son ensemble,
fragmenté et soumis à une pression humaine croissante qui le fragilise
(constructions, pollutions, etc.). Sa conservation et son développement
passent par le suivi scientifique de la biodiversité et le contrôle des
espèces exotiques envahissantes, telle la berce du Caucase. Ils peuvent
être également favorisés, notamment par la création d'un réseau ou "maillage
vert", par la protection des intérieurs d'îlots, ainsi que par la détection
des arbres malades de nos parcs et avenues.
Etant donné la forte utilisation de l'espace en ville (routes, constructions),
les espaces verts se trouvent souvent isolés les uns des autres par des
obstacles physiques. Il en découle un isolement des populations végétales
et animales qui peut mener à leur extinction. Le maillage vert écologique
cherche à interconnecter en un réseau les espaces verts de valeur biologique
par des couloirs de liaison plantés et à en créer de nouveaux dans les
endroits peu verdurisés, de manière à favoriser les échanges entre populations
et à assurer leur survie à long terme.
Les intérieurs d'îlots
Près d'un tiers des surfaces vertes étant des jardins privés, les habitants
peuvent jouer un rôle actif en favorisant l'installation dans leur jardin
de la faune et de la flore sauvages de la région. En effet, l'intérieur
des îlots urbains se révèle à Bruxelles relativement vert, laissant place
à une végétation variée. La présence de cette végétation n'est évidemment
pas uniforme à travers la ville : très importante à certains endroits,
elle est quasi inexistante à d'autres. Cela dépend du type de bâti, des
quartiers et de leur localisation par rapport au centre-ville.
Nombreux sont les citadins qui aménagent leur intérieur d'îlot en jardin
ou en potager pour améliorer leur qualité de vie en ville. La gestion
de ces coins verts est importante si l'on veut obtenir un endroit agréable,
des fruits et des légumes de qualité, tout en préservant un environnement
local équilibré. Cela demande un choix adéquat et réfléchi des différents
types d'herbicides, d'insecticides et d'engrais utilisés.
La gestion des intérieurs d'îlots peut être aidée par leur classification
et l'évaluation de leur qualité, réalisée notamment à l'aide de photos
aériennes. En fonction des diagnostics posés (espèces rencontrées, diversité,
etc.) des mesures appropriées peuvent être proposées, allant d'un simple
maintien à des efforts d'amélioration visant à rendre ces intérieurs d'îlots
aussi verts, variés et agréables que possible, grâce à une biodiversité
accrue.
Un auxiliaire humble
Un auxiliaire précieux du jardinier, inattendu en ville, est le ver de
terre. On trouve à Bruxelles 22 des 30 espèces de vers de terre connues
en Belgique. Ces animaux constituent la biomasse la plus importante de
la région bruxelloise ! Malgré leur aspect peu engageant, ils sont très
utiles dans les jardins et les potagers car ils aèrent les sols en creusant
des galeries et les enrichissent en recyclant et en dégradant la matière
organique. Certaines espèces sont utilisées pour le compostage : grâce
à eux le compost est aéré, dégradé et recyclé.
L'arbre et la ville
La végétation urbaine joue des rôles multiples, qui sont loin de se limiter
à sa fonction esthétique. Elle a un effet "antipollution", notamment en
stabilisant la quantité de dioxyde de carbone (CO2) de l'air et en diminuant
les bruits de la ville. En été, les arbres apportent ombrage et fraîcheur
et servent d'écran contre les vents et les poussières. De nombreuses espèces
d'animaux y trouvent abri, logis et une voie de pénétration dans la ville
qui favorise la biodiversité.
En ville, les arbres font face à des conditions peu favorables auxquelles
ils ne peuvent échapper : un volume de terre restreint qui ne permet pas
un bon développement des racines, une disponibilité en eau qui peut manquer,
une température de l'air plus élevée que dans les milieux ruraux, de la
pollution atmosphérique, des attaques d'insectes, de champignons ou d'autres
parasites. Malgré leur immobilité, les arbres s'adaptent, mais parfois
l'accumulation de facteurs défavorables les affaiblit au point de les
faire disparaître.
Plusieurs techniques ont été mises en place pour détecter le stress ou
les maladies des arbres, dont une technique morphologique, qui ne se base
que sur les caractéristiques extérieures, et une technique physiologique
: la fluorescence chlorophyllienne. Le principe de cette dernière est
lié au métabolisme vital des végétaux : la photosynthèse. Grâce à des
pigments (chlorophylle, …), les plantes captent l'énergie solaire permettant
la production de sucre et de dioxygène (O2) à partir d'eau (H2O) et de
dioxyde de carbone (CO2). Une partie seulement de l'énergie solaire est
utilisée pour la photosynthèse, l'autre est rejetée sous forme de fluorescence
et de chaleur. La photosynthèse, la fluorescence et le dégagement de chaleur
sont donc des activités liées. Si l'activité photosynthétique est perturbée
par un stress ou une maladie, la fluorescence et le dégagement de chaleur
augmentent. La mesure de la fluorescence peut ainsi être considérée comme
un indicateur de l'activité photosynthétique : son intensité est en relation
inverse avec la photosynthèse des arbres.
Le but recherché par l'utilisation des critères morphologiques et physiologiques
est de faire face aux problèmes de manière précoce, fiable et rapide,
afin d'éviter les effets irréversibles qui surviennent souvent en même
temps que les premiers signes visibles de détérioration. En associant
les résultats des deux méthodes de diagnostic, il est possible d'identifier
les arbres à problème et de déterminer la gravité de leur état afin d'appliquer
au plus vite les thérapies adéquates assurant leur survie et le maintien
de leurs rôles multiples et utiles au cœur de la ville.
Jardin Botanique Jean Massart :
Claude Lefebvre, clefebvr@ulb.ac.be
Laurence Belalia, lbelalia@ulb.ac.be
Laboratoire de Botanique systématique :
Ingrid Parmentier, inparmen@ulb.ac.be
Laboratoire de Génétique et Ecologie végétale :
Pierre Meerts, pmeerts@ulb.ac.be
Section interfacultaire d'agronomie :
Muriel Eyletters, meylett@ulb.ac.be
Service de Systématique et Ecologie animale :
Guy Josens, gjosens@ulb.ac.be
Institut de Gestion de l'Environnement et d'Aménagement du Territoire
:
Marie-Françoise Godart, mfgodart@ulb.ac.be
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