Pourquoi étudier les mathématiques aujourd'hui ?

Les mathématiques sont une science vivante

La recherche en mathématique est particulièrement vigoureuse aujourd'hui. On publie chaque année plus de 60.000 articles présentant de nouveaux résultats, souvent aussi importants que ceux des siècles précédents. Ces résultats vont des sujets les plus théoriques aux plus appliqués, et mêlent les concepts les plus classiques aux plus novateurs. Une question élémentaire de théorie des nombres entiers écrite dans la marge d'un livre par Pierre de Fermat en 1637 n'a été résolue qu'en 1995 par Andrew Wiles, qui utilisait surtout des méthodes inventées dans les 30 dernières années.

Dans ce concert de la recherches, la Belgique se porte bien. Deux Belges ont obtenu la médaille Fields (le "Nobel des maths") : Pierre Deligne en 1978 et Jean Bourgain en 1994. Ils travaillent actuellement à l'Institute for Advanced Study à Princeton aux Etats-Unis.

En Belgique, la recherche s'effectue surtout dans les universités et au F.N.R.S. (Fonds National de la Recherche Scientifique). Les chercheurs belges sont largement présents sur la scène internationale et collaborent régulièrement avec les chercheurs de tous les pays.

Les mathématiques s'appliquent à la vie de tous les jours

Et ce sont aussi bien les mathématiques en cours de création que les méthodes anciennes qui s'appliquent, de façon parfois inattendue.

Les propriétés des nombres premiers sont étudiées depuis l'Antiquité, simplement parce qu'elles excitent l'imagination des chercheurs. Aujourd'hui, ces propriétés sont à la base de la cryptographie et de la théorie des codes correcteurs d'erreurs, sans lesquelles il n'y aurait pas de C.D., pas de G.S.M., ni d'Internet, ni de carte bancaire.

Des résultats du calcul différentiel et intégral sont à la base du scanner médical, de la reconstitution d'image, de la recherche du pétrole.

Les probabilités et la statistique s'appliquent dans les domaines d'activités les plus variés : banque, finance, assurance, biopharmacie, épidémiologie, sciences de l'environnement, économie ainsi que dans la plupart des domaines de recherche scientifique de la physique à la médecine en passant par la sociologie et la psychologie.

La modélisation mathématique remplace les expériences réelles dans de nombreux cas - qu'il s'agisse de comprendre les molécules biologiques ou de construire les airbags des voitures. Dans toutes ces études, on ne se contente pas d'utiliser des mathématiques connues depuis longtemps, mais on crée au fur et à mesure les mathématiques nouvelles qu'on emploie.

Les études de master en mathématiques à l'université mènent à un éventail de carrières particulièrement large

En suivant dans le détail le début de carrière des étudiants sortant d'un master en mathématiques en Belgique, on observe que tous sont actifs : ils entrent en majorité dans des organismes financiers (banques, compagnies d'assurances), se lancent dans la recherche au F.N.R.S. ou à l'université, poursuivent des études complémentaires, utilisent l'esprit de rigueur acquis durant leurs études dans des sociétés d'informatique. Peu d'entre eux aujourd'hui se tournent vers une carrière d'enseignant, ce qui va poser de sérieux problèmes de recrutement dans les écoles. En fait, selon le guide des études universitaires du CEDIEP, on pourrait doubler le nombre d'étudiants en mathématique sans saturer le marché de l'emploi