Catherine LECLERCQ

Catherine LECLERCQ

Faculté de Philosophie et Lettres

Campus du Solbosch

ULB CP*, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles


Présentation des enseignements

Le cours de Didactique de l'Histoire de l'Art ne peut faire l'impasse sur les prédispositions officielles qui structurent l'enseignement en Belgique francophone. Les dispositifs légaux se révèlent compliqués. Les futurs enseignants, guides conférenciers, animateurs pédagogiques,... doivent pouvoir prendre conscience du champ précis dans lequel s'exercera leur pratique professionnelle. Ils doivent décoder, comprendre et s'approprier un arsenal pédagogique complexe qu'ils auront à maîtriser. Il s'agit de dominer sa discipline tout en respectant le programme des cours et son contenu, les activités d'apprentissage et le référentiel des compétences. Parce que notre culture est plurielle, parce que l'école doit développer des savoirs spécifiques, il est aussi nécessaire de construire quelques solides instruments intellectuels. Ce cours fournit aux étudiants des méthodes d'analyse. Celles-ci établissent une relation aux images, aux oeuvres, qui dépasse l'usage d'une terminologie imprécise. Pouvoir prendre en compte les fondements théoriques de la création artistique et l'appréhender conceptuellement doit donner du sens.Tout en insistant sur différentes approches de la didactique (socio-cognitive, épistémologique ou pédagogique), il est nécessaire de réfléchir aux postures particulières, aux mises en situation, aux outils méthodologiques qui induisent des stratégies qui tiennent compte des capacités métacognitives des apprenants. Enfin, la maîtrise des ressources documentaires est obligatoire pour la pratique du métier.
L'élaboration et l'organisation de nouveaux savoirs se fait en classe mais de multiples structures (musées, centres d'art contemporain, écomusées, centres culturels, fondations, espaces de collections ouverts au public, cinémas, théâtres,...) se révèlent aussi être dépositaire d'une expérience esthétique et culturelle. Le cours de Didactique (dans la mesure du possible) adapte sa réflexion pédagogique à l'éclectisme des espaces d'exposition.
Le cours de Pratique réflexive interroge sur la pratique professionnelle et replace l'épistémologie de la discipline dans un cadre presque anthropologique. Que transmet-on, que faut-il enseigner, quel est le sens des savoirs, comment poser une bonne question, comment évaluer, apparaissent comme des interrogations légitimes. Enseigner c'est pouvoir remettre en cause sa pratique professionnelle, c'est pouvoir se dégager des présupposés, des postulats ou encore des préjugés.
Les cours d'Exercices didactiques de l'Histoire de l'Art permettent aux étudiants de se confronter à la réalité de terrain. Cette mise en situation est essentielle dans leur formation. Ces cours privilégient l'argument de l'intelligence discursive, ils offrent la possibilité aux étudiants de structurer leur démarche pédagogique, d'expérimenter une méthode plutôt qu'une autre, de gérer le temps et l'espace, d'utiliser les mots justes, de susciter et de favoriser les échanges entre les apprenants, de travailler sur l'erreur et de faire en sorte que les élèves soient capables de réaliser un transfert de critères d'analyse dans un contexte renouvelé.


Présentation des thèmes de recherche

Deux projets me passionnent et me tiennent particulièrement à coeur.
D'une part la Didactique de l'Histoire de l'Art et en particulier celle de l'art contemporain. L'art contemporain se caractérise par une immense variété des positions esthétiques. La multiplicité est une de ses caractéristiques. Les questions de sens, de jeu, de divertissement, la mort des imaginaires au profit d'une imagerie personnelle, le lien presque organique entre l'historien de l'art et l'artiste ainsi que le rapport à l'histoire interpellent quant à la manière d'en parler. L'art contemporain se situe dans le surgissement, dans le presque rien, dans les espaces post-historiques où le langage est à réinventer et où les champs symboliques sont incommunicables. Il prolonge la modernité et s'inscrit dans l'exacerbation des codes esthétiques et la dissolution du concept. Dès lors se pose la question: comment en parler, comment l'aborder? Compte tenu de la variété structurale de la création artistique, ma recherche porte, entre autres, sur le problème de la frontière et de la limite, sur le concept de transgression, sur l'idée de rupture et sur la valorisation de l'originalité.
Sans doute l'art s'impose-t-il d'abord par son caractère sensible, par sa dimension emblématique qui relève des essences métaphysiques. Mais à l'âge de la technocréation, de la civilisation numérique, il est important de prendre en compte les NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication). Elles se présentent comme un outil qui offre la possibilité, grâce à l'image, à la vidéo, au son, au texte, d'installer une relation entre implicite et explicite. Elles jouent aussi de la transversalité des disciplines, elles ont le mérite d'interpeller, de provoquer le débat, de se réapproprier le territoire esthétique, de le faire connaître.

D'autre part, depuis plusieurs années, un de mes thèmes de recherche se situe dans le sillage du "sculptural". Depuis Rodin, le champ de la sculpture moderne et contemporaine doit sans cesse être requalifié. La démarche sculpturale s'élabore à partir d'une série de concepts comme par exemple celui de forme, d'objet, d'espace, de lumière ou de matière. Différents questionnements prennent racine et témoignent de la richesse de cette problématique. Parmi les thématiques émergentes, il en est une qui s'impose d'emblée. Elle porte sur la spécificité de la sculpture moderne et l'expérience de l'espace dans l'art contemporain. Très vite, au début du XXème siècle, quelques artistes sapent l'idée de sculpture en tant que volume et induisent une rupture radicale. Cette transgression brutale nous oblige à reconsidérer certaines notions comme l'expérience temporelle et spatiale ainsi que la narration. L'identité de la sculpture et de l'expérience tridimensionnelle implique que l'on réexamine des questions liées à la localisation du sens de l'oeuvre, à la technique (multiple sans originaux), à la matière (l'espace comme matériel malléable). In fine, la sculpture se positionne dans un champ élargi. L'oeuvre est vécue comme un investissement physique que l'on parcourt, comme une expérience esthétique éphémère ou comme un concept intellectuel. Cette réflexion en entraîne d'autres qui mettent en jeu le cadre des arts plastiques et sa structure compositionnelle, la dissolution du sculptural, la sculpture comme réalité phénoménale. L'art contemporain comme la sculpture a aboli la notion de genre, a ouvert la critique à la pluridisciplinarité et affiche une interrogation majeure qui déborde sur la question du sens.


Centre(s) de recherche

Mondes modernes et contemporains


Dernière(s) publication(s)

Leclercq, Catherine (2011). De la pertinence des notions d’authenticité et de multiple dans la sculpture moderne. Paper session presented at Cycle Histoire de l’Art – Approfondissement(8 février 2011).

Leclercq, Catherine (2010). Charles Van der Stappen: La sculpture monumentale. Cahiers des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (pp. 31-41).

Leclercq, Catherine (2010). Jacques de Lalaing (1858-1919): Artiste et homme du monde. Paper session presented at Cycle Histoire de l’Art – Approfondissement(2 février 2010).

Leclercq, Catherine (2010). Jacques de Lalaing. Notices pour la Nouvelle Biographie Nationale. Académie des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique.

Leclercq, Catherine (2010). Jacques de Lalaing (1858-1917): Quelques œuvres bruxelloises remarquables. Paper session presented at Société royale d’Archéologie de Bruxelles(19 octobre 2010).

Leclercq, Catherine (2009). Alexander Calder: esthétique du mouvement, de la couleur et du jeu. Paper session presented at Cycle Histoire de l’Art – Approfondissement(17 décembre 2009).

Leclercq, Catherine (2009). Langage plastique tridimensionnel et intégration urbaine, la tentation du pouvoir ? Paper session presented at Cycle Histoire de l’Art – Approfondissement(12 février 2009).

Leclercq, Catherine (2008). Jacques de Lalaing – Alphonse Willems: la rencontre de deux humanistes. Annales d'histoire de l'art et d'archéologie, 30, 85-100.

Leclercq, Catherine (2008). création du site www.jacquesdelalaing.be.

Leclercq, Catherine (2008). Jacques de Lalaing: artiste et homme du monde. Ecrit(ure)s de peintres belges (pp. 11-25). Berne: Peter Lang.

Leclercq, Catherine (2007). Jacques de Lalaing: le journal d’un artiste et d’un homme du monde. Paper session presented at Ecrit(ure)s de peintres belges(24-25 mai 2007: Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix, Namur).

Leclercq, Catherine (2006). Jacques de Lalaing. Artiste et homme du monde: Chronique fin de siècle. Bruxelles: Académie royale de Belgique.

Leclercq, Catherine (2006). Jacques de Lalaing. Paper session presented at Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique – Classe des Beaux-Arts(29 juin 2006).

Leclercq, Catherine (2006). Reliquaire : meurtres de Christian Boltanski. Paper session presented at L’œuvre de la semaine(Mars 2006).

Leclercq, Catherine (2006). Jacques de Lalaing. L'art au Sénat: Découverte d'un patrimoine (pp. 64-65). Editions Racine.

Leclercq, Catherine (2005). Pierre Theunis. Nouvelle Biographie Nationale. Académie des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique.

Leclercq, Catherine (2005). Le rêve d’Icare. Paper session presented at Cycle Histoire de l’Art – Approfondissement(8 février 2011).

Leclercq, Catherine (2005). Les sculptures de Bruxelles: De la fin de la Première guerre à nos jours. Paper session presented at Société royale d’Archéologie de Bruxelles(17 novembre 2005).

Leclercq, Catherine (2004). Mass Moving: Un aspect de l’Art Contemporain en Belgique. Dexia/Editions Labor.

Leclercq, Catherine (2004). Le CAP. Paper session presented at Cycle Histoire de l’Art – Approfondissement(22 octobre 2004).


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