Le mot de la Doyenne


Chères étudiantes,
Chers étudiants,


Vous vous engagez cette année dans des études de droit ou de criminologie, que vous avez librement choisies, influencé·e·s peut-être par un idéal, un projet professionnel, voire une série télévisée.

Quelles que soient vos raisons, vous découvrirez les fondements du droit et de la criminologie, et vous approprierez petit à petit leurs codes, leurs logiques, leurs pratiques.


Vous apprendrez notamment que le droit n’est pas exactement ce cadre fixe, ce point de référence que vous vous étiez peut-être imaginé. C’est aussi un objet social au cœur de rapports de pouvoir, un enjeu de langage et un miroir de nos sociétés, de leur histoire et de leur avenir. Le droit est un peu partout dans la vie quotidienne, sans que nous en ayons conscience, mais il intervient aussi dans des circonstances exceptionnelles qui le mettent sur le devant de la scène.


Vous percevrez peut-être aussi que la délinquance est plus complexe que le sens commun se la représente généralement et que la question criminelle, au cœur des études de criminologie, interroge les frontières de la normalité et de la déviance, tout comme elle rappelle que l’État peut se saisir du champ pénal pour mener sa politique.


Vous découvrirez également que les usages et fonctions du droit dépendent pour beaucoup des acteurs qui s’en saisissent. Il peut aussi bien être un outil de conservation, de stabilité, qui permet de préserver un ordre établi, que s’avérer un instrument de transformation, d’émancipation et même de lutte. Il peut tout autant être mobilisé au service d’une cause juste qu’instrumentalisé à des fins lucratives. Le droit ne sert pas seulement à protéger des victimes, mais aussi à défendre des individus, quels que soient leurs actes et leurs parcours. Le droit peut en outre, en fonction des circonstances, servir la répression ou produire de l’exclusion.


Votre passage par la Faculté de droit et de criminologie marquera, pour la plupart d’entre vous, votre entrée dans la vie adulte et, une fois diplômé·e·s, vous engagera intellectuellement et socialement.

Plus d’une centaine d’enseignants et de chercheurs, dont de nombreux professionnels du droit et de la criminologie (avocats, magistrats, notaires, etc.), auront pour mission de vous accompagner dans ce parcours.


La Faculté de droit et de criminologie cultive à la fois cet enseignement tourné vers la pratique et le sens critique, fruits de son histoire. Cette histoire a commencé en 1834 avec la naissance de l’Université libre de Bruxelles, et la Faculté se sert de cette histoire comme d’un tremplin vers l’avenir. Son enseignement n’est pas seulement technique : les savoirs professionnels que la Faculté de droit et de criminologie dispense aux milliers d’étudiant·e·s, venus de Belgique et de l’étranger, sont complétés par les sciences sociales et la philosophie. Ses méthodes d’enseignement ne sont pas figées, mais sans cesse renouvelées grâce à diverses innovations pédagogiques, comme les cliniques du droit par exemple.


Le droit et la criminologie sont en outre à l’aube de grands bouleversements, induits notamment par la mondialisation qui brouille les frontières, par la concurrence normative, jouée en particulier par les normes économiques qui régulent de plus en plus nos vies, ou encore par le développement des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle.

La Faculté de droit et de criminologie rencontre donc un double défi : transmettre la connaissance du droit positif, dans laquelle s’enracine toute pratique juridique, et adapter celle-ci aux enjeux futurs, auxquels seront inévitablement confronté·e·s les étudiant·e·s.


Le droit et la criminologie de demain, pour une grande part, seront ce que vous en ferez. C’est un défi pour vous mais aussi pour nous qui devons vous transmettre des savoirs et vous donner les moyens de voler de vos propres ailes.


Je vous souhaite déjà, au nom de la Faculté de droit et de criminologie, une belle année académique.



Pr. Julie Allard,
Doyenne de la Faculté de Droit
et de Criminologie.