4
Services santé mentale
Politique, ressources, valeurs
Déterminants des comportements
Comportements et modes de vie
Santé et bien-être
Lieux de vie, environnement, services
0-5 ans
6-18 ans
Adultes
Personnes âgées
Population

Données - Commentaires - Implications - Origine des données



L'étude "santé mentale des jeunes de l'enseignement secondaire en Région de Bruxelles-Capitale" s'est également intéressée au recours aux soins en cas de problème psychologique (Plate-forme de Concertation pour la Santé Mentale pour Bruxelles-Capitale en collaboration avec ULB-PROMES, 1996).
Cette enquête, réalisée en 1994 à l'aide d'un questionnaire anonyme auto-administré, a concerné 2.200 jeunes des différents réseaux et types d'enseignement appartenant aux deux régimes linguistiques.

DONNEES
Consultation "psy"

Dans l'ensemble de l'échantillon, 19% des adolescents comme des adolescentes ont déjà consulté un psychologue ou un psychiatre. Parmi les jeunes qui ont déjà consulté, le lieu le plus fréquemment cité est l'école ou le PMS (centre Psycho-Médico-Social attaché à l'école), suivi de la consultation privée (tableau 1).

Tableau 1 : Lieu de consultation en santé mentale,
par sexe, en %. (Région de Bruxelles-Capitale, 1994).
Lieu de consultation psychologique
ou psychiatrique
garçons filles
école et PMS
privé
hôpital
service santé entale
autre
ne sait pas
46,4
24,6
14,4
3,7
7,4
3,2
45,1
23,5
17,4
3,7
6,6
3,7
Total 100 100

De plus, le médecin généraliste est cité par 5% des garçons et par 8% des filles.
L'hospitalisation en psychiatrie a été vécue par 2,4% des garçons et par 1,4% des filles.
Ces pourcentages ne varient pas de manière significative en fonction de l'âge ou de la nationalité.

Inégalités de recours aux soins d'après la nationalité

Parmi les 316 jeunes filles décrivant des symptômes dépressifs (score supérieur à 21 à l'échelle CES-D, voir SANOMETRE "Dépressivité"), 9% des filles d'origine maghrébine ou turque consultent un psychologue ou un psychiatre contre 32% des filles belges et 40% des filles originaires de la C.E.E. (tableau 2).

Tableau 2: consultation d'un psychiatre / psychologue par les jeunes filles décrivant des symptômes dépressifs selon la nationalité en %.
(Région de Bruxelles-Capitale, 1994).
Nationalité consultent ne consultent pas
Belge
Autres pays C.E.E.
Maghrébine / Turque
Autres
32
40
9
22
68
60
91
78

Connaissance des services

Plusieurs types de services "santé mentale" concernent le jeune. Le service PMS est le mieux connu des adolescents. Dans l'ensemble de l'échantillon, près d'un jeune sur quatre a entendu parler d'un service de santé mentale et un jeune sur cinq d'un centre de guidance (tableau 3).

Tableau 3: connaissance des services concernant la santé mentale par sexe, en %. (Région de Bruxelles-Capitale, 1994).
Service total garçons filles
BPMS
Infor-jeunes/ JIAC*
Planning familial / CGSO**
SSM
Centre de guidance
91
59
52
26
20
91
56
41
25
21
91
62
60
28
20
*JIAC : Jongeren Informatie en Adviescentrum
**CGSO : Centrum voor Geboorteregeling enSexuele Opvoeding

Données - Commentaires - Implications - Origine des données




COMMENTAIRES

Le recours aux soins révèle des inégalités entre jeunes filles présentant un vécu de type dépressif : les adolescentes d'origine maghrébine ou turque font moins appel à une aide psychologique ou psychiatrique. Rappelons que ces jeunes filles d'origine maghrébine ou turque sont proportionnellement plus nombreuses à présenter des problèmes d'ordre "psy" (voir fiche SANOMETRE 3 "Dépressivité").

Chaque école est obligatoirement reliée à un centre Psycho-Médico-Social. Ce n'est donc pas surprenant que les jeunes citent ou consultent ces services plus fréquemment que les autres. D'autres services sont également présents, de la consultation privée au centre Infor-Jeunes. L'étude ne permet pas de dire quelle est l'accessibilité perçue de ces services par les adolescents. On ne sait donc pas si les jeunes perçoivent bien le type d'aide que ces services peuvent apporter, la complémentarité entre les offres de soutien, les conditions de consultation (prix, confidentialité, etc.).

Il y a une souffrance psychologique et un mal-être des jeunes qui s'observent dans les comportements (consommation de produits de type psychotrope, absentéisme scolaire de confort, etc.) et/ou dans les réponses à quelques questions sur le bien-être. A chacune des cinq enquêtes HBSC (Health Behaviour of School-aged Children) déjà menées en Communauté française de Belgique entre 1986 et 1994 par D. Piette et son équipe (ULB-PROMES), de 5 À 8% des jeunes déclarent tout à la fois ne pas être heureux, se sentir très mal dans leur peau, ne pas avoir confiance en eux-mêmes, ne pas avoir de projets d'avenir et ne pas avoir d'amis proches.


Données - Commentaires - Implications - Origine des données




IMPLICATIONS

Le vécu dépressif, les idées suicidaires, les tentatives de suicide et les suicides (fiches SANOMETRE 1: "Tentatives de suicide et idéations suicidaires",2: "Suicide" et 3: "Dépressivité") soulignent l'importance des problèmes de santé mentale des jeunes adolescents aujourd'hui.

Il faut confier la responsabilité de la promotion du bien-être et de l'amélioration de l'école comme lieu de vie aux Directeurs d'établissements scolaires et aux enseignants, soutenus par et en collaboration avec le pouvoir organisateur de l'école, le centre PMS et les parents. Aux communes doit être confiée la responsabilité de développer - ou d'assurer le développement par diverses organisations - des lieux de partage et d'activités attirants pour les jeunes.

A côté de cette promotion de la santé mentale communautaire (amélioration de l'environnement humain et des lieux de vie des jeunes), il est important de définir une stratégie de diagnostic, de soutien et de traitement cohérente et claire.

A l'âge de la scolarité obligatoire, il est utile de renforcer le rôle en santé mentale du premier échelon que représente le centre PMS.
Au centre PMS revient la responsabilité de détecter les jeunes en souffrance psychologique, de les aider et éventuellement de les référer à une structure externe.

Parmi les conditions de réalisation d'une telle politique, on observe :

  • la nécessité de définir au sein des PMS une stratégie de diagnostic basée par exemple sur l'absentéisme, ou sur un questionnaire concernant le bien/mal-être des élèves;
  • l'identification des structures entourant l'école et les conditions de recours (prix, confidentialité éventuelle par rapport aux parents, etc.);
  • la concertation et la collaboration avec ces structures pour assurer un suivi adÉquat des jeunes en souffrance;
  • l'organisation par les équipes IMS et/ou PMS dans l'école de lieux de parole, de partage et d'entraide pour les jeunes qui consomment des drogues illicites, abusent de l'alcool ou de médicaments (similaire aux groupes d'aide aux fumeurs) ou encore vivent une situation familiale de rupture.
A ces conditions s'ajoutent une division non équivoque des tâches entre enseignants, IMS (Inspection Médicale Scolaire) et centre PMS, par exemple de la façon suivante :
  • les enseignants : promotion (estime de soi, communication, etc.) à l'attention de l'ensemble des jeunes, avec le soutien de l'Inspection Médicale Scolaire et du centre PMS et d'autres structures (planning familal, etc.);
  • l'Inspection Médicale Scolaire qui, outre le soutien aux enseignants pourrait travailler avec des groupes d'élèves en collaboration avec le centre PMS (groupe d'élèves obèses par exemple);
  • le centre PMS qui soutiendrait les enseignants dans leur action de prévention et se spécialiserait dans la promotion du bien-être et de la santé mentale avec les jeunes en souffrance et éventuellement avec leur famille.

Rédaction @ ULB-PROMES, février 1997: Nouara CHAOUI et @ Danielle PIETTE



ORIGINE DES DONNEES :
  • Les données sont extraites du rapport de recherche: "De Clercq M., Vrankx A., Navarro F. & Piette D.

  • Enquête santé mentale des jeunes de l'enseignement secondaire en Région de Bruxelles-Capitale. Bruxelles: Plate-forme de Concertation pour la Santé Mentale pour Bruxelles-Capitale en collaboration avec ULB/PROMES 1996".
    Tél. de la Plate-forme: +(0)2/513.97.00.
  • Cette étude a été réalisée au printemps 1994 parmi un échantillon représentatif de jeunes des écoles francophones et flamandes de la Région de Bruxelles-Capitale. Le questionnaire anonyme a été rempli en classe en présence d'un enseignant.
POUR EN SAVOIR PLUS :
  • Voir le rapport ci-dessus et aussi: Adolescence. Dossiers documentaires INSERM. Paris: Nathan 1993 (ISBN 2.09172.040.2).

Retour au début - Données - Commentaires - Implications - Origine des données

@ Webmaster

RETOUR AU SOMMAIRE DES FICHES SANOMETRES