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Dépressivité
Politique, ressources, valeurs
Déterminants des comportements
Comportements et modes de vie
Santé et bien-être
Lieux de vie, environnement, services
0-5 ans
6-18 ans
Adultes
Personnes âgées
Population

Données - Commentaires - Implications - Origine des données - A propos des CES-D



Les résultats présentés ci-après sont obtenus à partir de l'échelle CES-D (Center for Epidemiologic Studies - Depression Scale), instrument d'auto-évaluation de la symptomatologie dépressive dont l'objectif est de refléter un état d'esprit particulier à la personne au cours de la semaine qui a précédé le test (ce dernier a été adapté et validé en Belgique). Les résultats concernent un échantillon représentatif de 2.200 jeunes scolarisés dans la Région bruxelloise, dans les trois réseaux d'enseignement et les deux régimes linguistiques.Précisons que l'échelle de symptomatologie pré-dépressive est construite à l'aide d'items tels que les problèmes de sommeil et d'appétit, les sentiments de solitude, de tristesse, l'absence d'estime de soi. (Le seuil critique de 21 est basé sur l'adaptation de l'échelle faite par Bailly dans une population scolarisée et validée par des diagnostics cliniques).

DONNEES

Dans l'ensemble des jeunes interrogés, 28% des filles présentent des sentiments dépressifs par rapport à 17 % des garçons. Pendant la scolarité obligatoire, la proportion de garçons exprimant des sentiments dépressifs reste stable, quel que soit l'âge. Par contre, cette proportion passe chez les filles de 21,3 % pour le groupe des 14 ans à 33,6% pour celui des 17-18 ans (Graphique 1).

Graphique 1 : score de dépression supérieur à 21 (%),
selon le sexe et l'âge, à Bruxelles-Capitale.

Dans l'ensemble, 36,2% des jeunes d'origine maghrébine ou turque et 35,1% des jeunes filles non belges et non C.E.E. présentent des sentiments dépressifs. Dans la tranche des 15-16 ans, 46% des filles d'origine maghrébine ou turque et 33% des filles non belges et non C.E.E. expriment des sentiments dépressifs par rapport à 25% des filles C.E.E. (graphique 2).

Graphique 2 : score de dépression supérieur à 21 (%),
selon le sexe et la nationalité, à Bruxelles-Capitale.

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COMMENTAIRES

On constate que le vécu dépressif est plus important chez les non- Belges et les non- C.E.E. que chez les Belges. Ces différences entre nationalité ne s'observent pas chez les garç çons. Dans tous les groupes d'âge ou de nationalité, les filles sont plus nombreuses à présenter un score dépressif supérieur à 21. Symptômes prédépressifs et tentatives de suicide sont associés à la consommation de drogues illicites, d'alcool, de tabac ou de médicaments à but psychotrope. Toutefois, on n'a pas montré de relation de causalité entre la consommation de ces produits et les symptômes prédépressifs (ou vice-versa), sauf dans le cas du tabac chez les filles : elles fumeraient davantage pour calmer leur angoisse. D'autres facteurs tels que les problèmes familiaux ou scolaires, le manque de projets d'avenir, les difficultés relationnelles en général sont aussi associés avec les symptômes dépressifs ou les tentatives de suicide.


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IMPLICATIONS

Pour améliorer la qualité de vie des jeunes qui souffrent de dépression ou de symptômes prédépressifs, il faudrait :

  • prendre des mesures en vue de réduire les facteurs d'ordre social qui causent le stress (solitude, formation mal adaptée, chômage);
  • mettre en place des structures d'aide psychologique et psychiatrique extra-hospitalières pleinement intégrées dans la collectivité;
  • donner aux jeunes souffrant d'isolement social les moyens de faire face aux situations pénibles et les encourager à participer à la vie de la collectivité en leur offrant des activités stimulantes (atelier moto, alpinisme, etc.).

Rédaction @ ULB-PROMES, janvier 1997 : @ Danielle PIETTE et Nouara CHAOUI



ORIGINE DES DONNEES :
  • Les données sont extraites du rapport de recherche: "De Clercq M., Vrankx A., Navarro F. & Piette D.

  • Enquête santé mentale des jeunes de l'enseignement secondaire en Région de Bruxelles-Capitale. Bruxelles: Plate-forme de Concertation pour la Santé Mentale pour Bruxelles-Capitale en collaboration avec ULB/PROMES 1996". Tél. de la Plate-forme: +(0)2/513.97.00.
    Cette étude a été réalisée au printemps 1994 parmi un échantillon représentatif de jeunes des écoles francophones et flamandes de la Région de Bruxelles-Capitale.
    Le questionnaire anonyme a été rempli en classe en présence d'un enseignant.
     
  • Voir aussi les fiches SANOMETRE

  • "Tentatives de suicide et idéations suicidaires","Suicide" et"Services santé mentale"ainsi que le SANTE PLURIEL 11 (M. Prévost et D. Piette. Le bien-être psycho-social des jeunes; résultats partiels de l'enquête comportements des jeunes 1990. ULB-PROMES 1993).
POUR EN SAVOIR PLUS :
  • Adolescence. Dossiers documentaires INSERM. Paris: Nathan 1993 (ISBN 2.09172.040.2).

A PROPOS DE CES-D :

  • Radloff L.S. The CES-D scale: a self-report depression scale for research in the general population. In: Applied Psychological measurement, 1977;1:385-401.
  • Fürhrer R., Rouillon F. La version franç çaise de l'échelle CES-D. Description et traduction de l'échelle d'auto-évaluation. Psychiatr. et Psychobiol., 1989;4:163-166.
  • Verhaegen L. et al.Depressive symptoms and employement status among Belgian adolescents. Rev. Epidém. et Santé Publique, 1994;42:119-127.
  • Bailly D. e.a. La dépression chez l'adolescent. A propos d'une enquête réalisée auprès d'une population d'adolescents scolarisés. Psychiatr. et Psychobiol., 1990;5:363-373.

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