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Suicide
Politique, ressources, valeurs
Déterminants des comportements
Comportements et modes de vie
Santé et bien-être
Lieux de vie, environnement, services
0-5 ans
6-18 ans
Adultes
Personnes âgées
Population

Données - Commentaires - Implications - Origine des données



Selon le programme de l'OMS "Les Buts de la Santé pour Tous", les politiques devraient viser un renversement de la tendance à la hausse du nombre de suicides et des tentatives de suicide (but 12). L'évolution dans le temps du taux de mortalité par suicide chez les jeunes fait l'objet de cette fiche SANOMETRE. (Voir aussi la fiche "Tentative de suicide et idéation suicidaire").

DONNEES

DONNEES RELATIVES AU SUICIDE

Les données de mortalité révèlent que durant l'année 1955, aucun jeune de moins de 15 ans n'est mort par suicide. Pendant la même année, 4 garçons et 1 fille sur 100.000 âgés de 15 à 19 ans sont décédés par suicide.

Tableau 1 : taux de mortalité par suicide par 100.000 personnes,
par sexe et âge entre 1955 et 1991 (Belgique).
année moins de 15 ans 15-19 ans 20-24 ans
garçons filles garçons filles garçons filles
1955
1957
1959
1961
1963
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
4
4
4
4
4
7
6
4
6
9
8
10
9
9
8
10
8
11
6
1
3
3
3
2
4
3
3
2
2
4
4
4
2
3
4
1
2
1
8
6
6
11
9
12
9
10
8
10
17
19
17
21
21
18
22
23
22
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4
3
4
3
4
2
2
4
4
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6
6
8
7
5
8
6
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COMMENTAIRES

Les jeunes garçons sont plus nombreux que les filles à se suicider. Cette différence entre sexe s'observe dans tous les groupes d'âge : à partir de 70 ans, il y a 3 fois plus d'hommes que de femmes qui se suicident.

Tableau 2 : taux de mortalité par suicide par 100.000 personnes
par Région, sexe et âge en 1991.
Région moins de 15 ans 15-19 ans 20-24 ans
garçons filles garçons filles garçons filles
Bruxelles
Flandre
Wallonie
Belgique
0
0
3
1
0
0
0
0
4
5
7
6
4
1
1
1
29
16
31
22
6
5
7
6

On observe une différence entre les 3 régions en défaveur de la Wallonie et en faveur de la Flandre (Tableau 2). Ce gradient nord-sud en faveur de la Flandre apparaîtra souvent dans ces fiches, que cela concerne les jeunes ou les adultes, la mortalité ou les comportements à risques.

L'évolution observée entre 1955 et 1991 montre l'augmentation progressive du taux de suicides chez les jeunes. Actuellement, rien ne laisse prévoir un renversement de tendance. Il est vrai que des biais d'enregistrement des données peuvent expliquer cette évolution. Toutefois, cette situation alarmante s'observe également chez nos voisins : il semble donc bien y avoir une mortalité croissante par suicide chez les jeunes.

Le suicide est le dessus de l'iceberg. Nous avons vu dans la fiche SANOMETRE "Tentative de suicide et idéation suicidaire" qu'à 15 et 16 ans, 40% des jeunes ont déjà pensé se suicider. Un quart d'entre eux (10%) y pensent ou y ont pensé plus d'une fois. Les filles sont plus nombreuses que les garçons à avoir des pensées suicidaires et à déclarer une ou des tentatives de suicide. Elles sont toutefois proportionnellement moins nombreuses à se suicider ou à "réussir" un suicide. Ceci s'explique en partie par les moyens choisis par les jeunes pour mettre un terme à leur vie : les filles sont plus nombreuses à choisir les médicaments et les garçons la pendaison.
Ces données, ainsi que celles contenues dans les fiches SANOMETRE "Tentative de suicide et idéation suicidaire", "Dépressivité" et "Services santé mentale" doivent servir de base à un débat sur le malaise grandissant de l'adolescence. Toutefois, il ne semble pas indiqué de stigmatiser l'adolescence sans considérer l'ensemble de notre société en profond désarroi économique et politique, sans perspective claire de solution tant individuelle que générale.


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IMPLICATIONS

Deux niveaux d'actions doivent être considérés :

  1. une promotion de la santé mentale adressée à l'ensemble de la jeunesse.
    • Améliorer la santé mentale et le bien-être nécessite une action ciblée vers les jeunes: développement de la communication, de l'habilité à faire face aux problèmes (le "coping") et de résoudre des situations de crise de longue durée ("resiliency"). Mais cet aspect est probablement moins indispensable que celui qui vise à changer l'environnement dans lequel le jeune évolue :
      • la famille dont les capacités à communiquer et à négocier pourraient être développées;
      • l'école qui doit devenir un lieu d'espoir et d'acquisition de compétences;
      • le village, le quartier ou la ville qui doivent offrir aux jeunes des possibilités de loisirs variés et des perspectives professionnelles.
  2. un service d'aide psychologique aux jeunes en difficulté, à leurs parents, amis et enseignants (voir fiche SANOMETRE "Dépressivité" et "Services santé mentale"). En particulier, il est urgent de développer des stratégies pour repérer les jeunes en souffrance et pour accompagner les jeunes qui ont fait une tentative de suicide.

Rédaction @ ULB-PROMES, janvier 1997 : @ Danielle PIETTE et Nouara CHAOUI



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