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Marc Jamoulle
Le médecin généraliste et de famille désireux de prendre en charge le patient usager de drogue veillera à lui offrir les mêmes conditions de prise en charge que pour les autres patients, quelque soit le site où il pratique. Le médecin généraliste et de famille veillera à acquérir la compétence nécessaire pour accompagner les usagers de drogue dans leur parcours de vie. En développant son savoir-faire et son savoir-être, de préférence en relation avec ses pairs, il veillera à maintenir sa performance dans le domaine des toxicomanies. La continuité et la coordination des soins au travers d'un réseau multidisciplinaire seront au centre de ses préoccupations.
L'approche thérapeutique sera basée sur une vision globale de l'être humain, prenant en compte les dimensions biologiques, psychologiques et socioculturelles. Le médecin généraliste et de famille de l'usager de drogue veillera à intégrer l'éducation pour la santé et la prévention à la pratique curative. Il sera particulièrement attentif à la prévention primaire, au dépistage, à la réhabilitation et au regard sur la nocivité potentielle de sa propre pratique. Il mettra en place les outils psychothérapeutiques appropriés et veillera à sa propre santé mentale et physique.
Dans la mesure où le médecin généraliste et de famille utilise des produits addictifs pour traiter, il veillera à prendre toutes les précautions nécessaires à la sauvegarde de la santé de son patient et de la collectivité. Quelques soient les circonstances, aucun traitement ne pourra être entrepris qui n'ait fait l'objet d'un consensus éclairé entre le patient et son médecin personnel. Si le traitement implique l'usage de substances addictives, il ne pourra en aucun cas être interrompu abruptement. Le médecin se défendra de toute pression morale ou financière vis-à-vis du patient traité par substance addictive. Un tel traitement qui peut s'étaler sur plusieurs années, va de pair avec la réhabilitation psychosociale du patient et doit être poursuivi quels que soient les événements qui peuvent affecter la vie du patient.
Le patient toxicomane est un patient comme tous les autres et
1-La particularité de la toxicomanie justifie une approche spécifique et
donc une formation spécifique qui permettent la prise en charge décrite
2-La toxicomanie ne peut pas être prise en charge sans la
pluridisciplinarité évoquée et ce contrairement à d'autres affections qui
peuvent être traitées de manière plus individuelle.
3-Il peut arriver que le soignant ne se sente pas prêt à prendre en charge
ce type de problème: contre-transfert négatif, impossibilité pour le
médecin d'accrocher avec ce type de patients, besoin de référer le
toxicomane à un confrère qui acceptera de le soigner, limitations au niveau
de la disponibilité comme avec d'autres types de pathologies ou d'autres
types de patients.
4-Je crois comme toi qu'une bonne prévention primaire fait partie du
quotidien de la médecine générale, mais je me demande si celle-ci n'est pas
dépassée au moment où le toxicomane consulte, puisqu'il arrive déjà avec un
passé souvent chargé et rentre peut-être alors dans un contexte de
prévention secondaire. Cela ne me semble en tout cas pas la priorité pour
ce type de problème.
Francis Capet, Michel Roland,
Didier Picard,
D De Vleeschouwer,
D. Pestiaux
Déclaration d'intention ;
Le médecin généraliste et de famille et l'usager de drogue
Le médecin de famille et l'usager de drogue
Commentaires et propositions
Votre avis
Ce texte qui effleure la thématique de l'éthique professionnelle et du soins aux usagers de drogues a été écrit à l'issue d'une rencontre entre médecin généralistes Français, Portugais et Belges à Villamura, Portugal au printemps 1997. Il est soumis ici à votre regard critique.
Merci de me faire parvenir vos commentaires.
Plusieurs collègues ont apporté leur contribution à la réflexion sur ce thème qui touche à l'éthique de l'approche des usagers de drogue. Leur réflexion sont reproduites ci-dessous. Une réécriture du texte, collective, pourrait être tentée si le besoin d'un texte de référence se faisait sentir.
1.
Le médecin généraliste et de famille et l'usager de drogue
2.
Commentaires et propositions.
Contact :
D. Pestiaux
Dans quelle mesure cet excellent texte proposé ne convient-il pas pour tout
patient vu en médecine générale et, donc, en corrollaire, se pose la
question de la spécificité de la prise en charge du toxicomane.
Contact :
D De Vleeschouwer
L'asbl CCLA (Citoyens Comme Les Autres) soutient cette déclaration d'intention. Seule remarque d'importance: Qu'en est-il du suivi du traitement en prison?. Sans doute, faut-il le comprendre dans la phrase: "il (le traitement) ne pourra être interrompu abruptement". Néanmoins la situation dans les prisons belges et les obstacles mis au suivi des traitements par la méthadone nécessiteraient à notre avis de développer dans un paragraphe les engagements du médecin généraliste en cas d'incarcération de son patient. Car il faut bien le reconnaître, l'incarcération des usagers de drogues en traitement n'est pas une pratique accidentelle, mais hélas très fréquente.
Contact :
D. Picard
Il me semble qu'il manque a ce texte une indication concernant les limites
de l'intervention du MG auprès des usagers de drogues.
Quand le MG doit-il faire appel à une équipe pluridisciplinaire, a un
centre specialise, a des confreres specialistes?
Je suis inquiet de constater que certains - sachant que la prescription de
medicaments de substitution est relativement simple - s'autorisent a
traiter seuls des toxicomanes presentant des etats pathologiques annexes ou
connexes a leur usage de drogues, tels des troubles psychiatriques graves,
ou un etat de grossesse.
Contact :
utilisez le formulaire
3.
Merci de discuter ce texte et me faire parvenir vos remarques, commentaires, critiques et suggestions. Faites part de votre opinion soit en tapant un court texte dans le formulaire ci-dessous soit par courriel à l'adresse : marc.jamoulle@ulb.ac.be soit encore par courrier postal.
Votre avisMarc Jamoulle
94 rue Frere Orban
6040 Jumet, Belgique
Tel 32 71 285577
Fax 32 71 285570
Courriel :
marc.jamoulle@ulb.ac.be
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