Le CISP-Club se porte bien, du moins
humainement et intellectuellement. Bien que sa liste de diffusion ne se montre
que modérément active et que ses ressources soient extrêmement limitées, il est
le creuset et le lieu d’échange d’une activité intense développée par ses
membres autour des outils de traitement de l’information en médecine générale
et en soins de premier recours.
L’atelier de Namur, particulièrement réussi,
avait réuni en octobre 2000 des français, belges, hollandais, roumains et
tunisiens autour du thème des collection de donnée en médecine générale. Des
actes ont été publiés et sont disponibles.
La période 2000/2001 a vu de nombreux
développements et activités :
Le livre CISP-2 a été publié par Care
Editions ainsi qu’un exemplaire de bureau plastifié de la CISP-2. Dans le même
temps, la version électronique ou CISP-2-E a été publiée sur le site du WICC.
En novembre 2000, j’ai été invité, en tant
que président de notre association à la réunion du groupe Patient
Classification System Suisse à Berne. Cette réunion a mis en présence tous les
responsables hospitaliers, d’assurance et de gestion de santé suisse qui m’ont
fait l’honneur de m’inviter à faire un exposé détaillé sur la CISP. A l’issue
de cette réunion, le Dr Bruner, président de l’association suisse de médecine a
pris position pour un système d’information qui reposera sur la trilogie CIM –
CIF – CISP.
Toujours en novembre 2000 j’ai pu présenter
la CISP et ses principes lors du salon de l’informatique médicale MIBSIM à
Gand.
L’intense recherche autour du dossier médical
informatisé en Belgique et l’influence des membres du CISP-Club a donné un
résultat remarquable. En effet, la CISP a été retenue comme obligatoire pour
obtenir le futur label de qualité de l’état fédéral belge et les développeurs
de logiciels médicaux se voient dans l’obligation de l’implanter dans leur
système s’ils veulent voir leur produits labellisés.
Toujours en Belgique, une convention entre
les membres du groupe MFSP (Médecine de Famille et Soins Primaires) de l’Ecole
de Santé publique de l’ULB et l’Astrazeneca Foundation a permis la mise en
place d’une formation de formateur en traitement de l’information en soins de
première ligne. Michel Roland, Bernard Dendeau et moi-même avons ainsi
contribué à la formation de 12 médecins dont trois sont d’ailleurs présents à
notre atelier de Neuchâtel. Les outils de cette formation sont disponibles sur
notre site Internet. (Voir CISPFORM).
Toujours en Belgique et grâce au support
constant du Dr Jean Paul Dercq, responsable des soins primaires au Ministère
fédéral belge de la santé, il a été décidé d’élaborer un Thésaurus bilingue
Français Néerlandais transcodé sur la CISP-2 dans un premier temps et puis sur
la CIM-10 l’année suivante. Michel Roland et Vania Siderova assurent la
conduite du projet en collaboration avec nos collègues de l’Université de Gand.
Les effort des membres de notre association
portent leurs fruits en France. Sous l’impulsion déterminante de Jean-François
Brûlet et Philippe Ameline un petit groupe de notre association s’est attaché à
imaginer, décrire, convaincre les décideurs et mettre au point un système de
collection et de traitement d’information au bénéfices des médecins de famille
et dans le cadre des Unions Professionnelles des Médecins Libéraux
français.
C’est ainsi qu’est né à Lyon le projet
Episodus, soutenu par l’UPML de Rhône-Alpes (UPMLRA) et en février 2001 une
rencontre autour de ce projet nous a permis de rencontrer Vincent Griesser à
Lyon. De cette réunion est issue l’idée et l’organisation de notre Atelier 2001
ici à Neuchâtel.
L’union professionnelle des médecins libéraux
d’Iles de France (UPML-IDF) n’est pas en reste puisqu’elle commandite le projet
Prometheus dans lequel nos membres jouent un rôle déterminant. Une réunion
organisée à Paris en Janvier a fait une large place au CISP-Club et c’est au
titre de président de notre association que j’y étais invité.
Nous avons ainsi pu inciter les deux plus
importantes UPML de France à se lancer dans le difficile métier du recueil et
traitement de l’information. Une caractéristique extrêmement importante de ces
deux projets et du projet Thesaurus en Belgique est la mise à disposition de la
communauté des sources des programmes et des documents électroniques produits.
De ce fait, le CISP-Club se place délibérément dans la philosophie du Logiciel
Libre et de la libre circulation des outils indispensables au développement de
la recherche en médecine générale et en soins primaires. (Open source et Open
documents)
Enfin la Marais Breton (France, pays Nantais) se montre tout aussi
actif. Jacques Humbert a été crédité d’un fond de recherche par la CNAM pour
analyser la gestion des situations d’urgence en médecine générale et par les
structure locales y compris l’hôpital régional.
Le logiciel éO-CISP, soutenu par la SFTG
participe aussi à la diffusion de la CISP de façon directe. Le logiciel éO équipe
le groupe de médecin du Marais Breton et la collaboration active de Christian
Simon, responsable de ce logiciel, aux travaux des membres du club a permis
l’insertion dans éO-CISP du LOCAS, produit terminologique réalisé en Belgique
par Care Edition.
La collaboration active du groupe
d’utilisateur d’éO, de membres de la SFTG et de membres du CISP-Club est très
bénéfique. C’est ainsi que le SMUGA (service médical d’urgence des généralistes
d’Angers), en choisissant de s’équiper d’éO-CISP comme logiciel se voit de
facto proposer un traitement d’information en CISP qui permet bien sur une
extraction des données en CIM..
Le groupe VIDAL a décidé le transcodage de sa
banque de donnée terminologique avec la CISP-2-E et m’a invité à Paris pour une
réunion de travail à ce sujet. Laurent Letrilliard collabore depuis lors avec
Jean-François Forget, généraliste auteur en charge du transcodage CISP pour
VIDAL.
Sur le plan international non francophone,
les membres du CISP-Club ont aussi un rôle clef. C’est ainsi que François
Mennerat et Laurent Letrilliart ont réussi la gageure de recevoir à Paris la
WONCA International Classification Committee lors d’une session mémorable dans
les locaux de la CNGE et avec la collaboration très active de la Société de
Formation et Thérapeutique Généraliste à Paris en Septembre 2001. A
l’initiative de François Mennerat, les travaux faits en France par des membres
de la SFTG, ceux de la SSMG et le groupe Assum de Bordeaux ont pu être présentés
au WICC. Jacques Elkine et moi-même avons aussi participé aux travaux du WICC à
Paris. Avec Jacques Humbert ce sont donc cinq membres du CISP-Club qui sont
membres du WICC avec lequel nous restons en relations extrêmement étroites.
Les travaux de François Mennerat,
vice-président du CISP-Club, membre du CENTC251 et président de PROREC France
sont déterminants dans le domaine des normes en continuités des soins. La
prénorme européenne qu’il a contribué à définir dans ce domaine est essentielle
pour le développement futur des dossiers médicaux informatisé et la recherche
en traitement de l’information dans notre discipline. François Mennerat a aussi
participé à la réunion de Copenhagen entre le groupe de classification de l’OMS
et le WICC. A l’issue de cette rencontre, l’inclusion de ICPC (CISP) dans la
Famille de Classification de l’OM a été entrevue comme une possibilité
sérieuse, ceci a ensuite été confirmé à Washington ou le même groupe a convenu de
mettre en place un groupe de travail.
En Tunisie, nos travaux se sont bien
exportés. Une thèse de médecine
générale a été publiée dans ce pays par le Dr Ahmed Baya qui a décrit
l’activité d’un Centre de Santé de Base grâce à la CISP.
Et enfin, nous avons eu la surprise de
découvrir ici à Neuchâtel que notre site Internet a permis à un groupe de
médecin Italien de la région Emilie-Romagne, représentée à notre atelier par le
Dr Fabio Casadei, de s’initier à la CISP-2, traduite par leur soins en Italien
et incluse dans leur logiciel collaboratif de gestion d’information en soins de
base.
L'Office Fédéral Suisse de Statistique nous a
fait l'honneur d'inviter notre atelier à se tenir dans la ville de Neuchâtel. Le
vendredi 23 novembre, à l'instigation de Vincent Griesser, nous étions les
invités de l'OFS dasn ses locaux et nous avons pu y présenter largement nos
travaux. L'atelier du CISP-Club s'est tenu ensuite le samedi et le dimanche et
l'ambiance studieuse, cordiale et chaleureuse a permis à près de 30 chercheurs
d'origine diverses, médecins généralistes ou spécialistes, informaticiens,
ingénieurs et spécialistes en santé publique et classifications d'échanger avec
passion. Je pense que chacun gardera de cet atelier un souvenir exceptionnel.
Au chapitre des difficultés, il faut citer le
manque chronique de fond propre de notre association et d’investissement
personnel des membres dans la vie de l’association. Alors que nos travaux de
recherche, qu’on pourrait affubler du qualificatif de recherche fondamentale,
commencent à trouver des applications performantes soutenues par des groupe
professionnels , nous sommes dans l’incapacité de financer nos activités autrement
que sur nos fonds personnels. Les membres payants leur cotisation sont rares et
il y a peu de recrutement.
Et enfin, malgré les investissement de
plusieurs de nos membres dans des activités extérieures, le fonctionnement du
CISP-Club laisse à désirer. Le financement, l’information, l’organisation et la
coordination, quatre postes indispensables au fonctionnement du club sont
actuellement assumés par trop peu de personnes. Il est urgent de définir ces
fonctions et de trouver parmi les membres les enthousiasmes nécessaires à leur
réalisation.
Marc Jamoulle
Président du CISP-Club
http://www.ulb.ac.be/esp/cisp/rapport_prdt_2001.htm