Chapitre 2. Partie 5.
Grille d'évaluation.

 


1 - Remarques préalables.
 

Nous allons nous efforcer, dans les lignes qui suivent, d'appliquer en pratique les fondements que nous venons de développer dans les quatre premiers titres du chapitre Deux. En effet, nous allons nous pencher sur les qualités et les défauts de trois logiciels : AXISANTE, MEDICLICK! et éO-CISP. Ces logiciels sont tous trois disponibles sur le marché français. A cet effet, nous nous sommes servis de versions de démonstration disponibles gratuitement.

Comme déjà précisé au chapitre Un, les questions traitant de la sécurité, de la signature électronique et de la hiérarchisation des accès au fichier, ou encore de la confidentialité des données, ne seront pas explicitées, pas plus que les services des éditeurs, le caractère des bases de données ou la pérennité des données médicales. Il en va de même pour toutes les questions ayant trait au secrétariat, à l'agenda, à la comptabilité, aux outils d'aide à la prescription, aux systèmes experts ou encore au dépistage des interactions médicamenteuses pour ne citer que ces quelques modules.

La question bien plus critique encore du codage des actes et des pathologies est abordée en détail dans le chapitre Trois. Aucun logiciel digne de ce nom ne saurait se dispenser d'offrir une telle fonctionnalité.

Les questions entrant dans le domaine des formats de santé nécessaires à une télétransmission cohérente et efficace sont traitées au chapitre Quatre de cet ouvrage. Retenons néanmoins le caractère impératif d'une telle fonctionnalité dans la perspective d'un réseau de soins ou tout au moins dans le cadre légal de la télétransmission des feuilles électroniques de soins.

Nous n'insisterons pas davantage sur les questions purement techniques traitant de la place qu'occupe un fichier médical moyen (archivage) ou encore des extensions applicatives (logiciels de bureautique comme les traitements de texte ou les tableurs type Office, systèmes experts type Vidal électronique, applications de présentation graphique, logiciels de compression, programmes anti-virus, plug-in Internet concernant la télétransmission des feuilles de soins électroniques, module de réception de résultats biologiques, etc.).


2 - Mise en application des préceptes élaborés ci-dessus à travers une tentative de grille d'évaluation.
 

2.1 - Qualité de l'interface graphique et qualité de son ergonomie.
 

(1). La transparence est un point habituellement bien géré par les logiciels.

Trois aspects sont abordés :
- la consistance graphique,
- la consistance fonctionnelle,
- la sensation de stabilité.

Surtout les consistances graphique et fonctionnelle sont respectées par les différentes applications. Au contraire, les logiciels tirent habituellement moins bien leur épingle du jeu en matière de stabilité de l'environnement logiciel, dans la mesure où l'on assiste bien souvent à un véritable ballet des écrans, rendant une orientation assez difficile.

* Ainsi, dans AXISANTE, seules les barres des menus et parfois des outils forment un cadre stable (figures AXISANTE-1 et AXISANTE-2).

* La même remarque s'applique à MEDICLICK! (figures MEDICLICK!-1 et MEDICLICK!-2).

* Le logiciel éO-CISP offre une sensation de stabilité particulièrement intéressante, puisque les écrans se succèdent dans les mêmes conditions de présentation. Il suffit à l'utilisateur d'actionner la glissière dans la barre des outils (figure éO-CISP-1).
 

(2). L'intégrité esthétique est un autre point important. Elle se décline en plusieurs points :

- le nombre de boutons,
- le nombre des fenêtres,
- les fenêtres défilantes.

* Dans AXISANTE, le nombre de boutons est relativement important, les fenêtres sont assez nombreuses. Toutefois, les fenêtres défilantes restent suffisamment spacieuses pour éviter un défilement permanent (figure AXISANTE-2).

* Par contre, MEDICLICK! illustre à la perfection la confusion à laquelle peut conduire une multitude de fenêtres toutes dotées de leur ascenseur vertical, fractionnant (figures MEDICLICK!-1 et MEDICLICK!-2), voire noyant les informations véritablement importantes dans une myriade de données d'intérêt secondaire (figure MEDICLICK!-3). Pourtant, le nombre de boutons employées dans cette application reste raisonnable.

* L'application éO-CISP reste assez sobre en matière de boutons. Cependant, le souhait des concepteurs de respecter une démarche orientée maladie exige parfois un nombre d'écran un peu plus élevé. De même, la chronologie des consultations s'articule par une seule grande fenêtre dotée d'un ascenseur vertical (figure éO-CISP-2).
 

(3). La qualité des métaphores dépend de trois aspects :

- les métaphores doivent être univoques,
- les métaphores doivent être intuitives,
- les métaphores doivent être distinctes.
 

* Concernant AXISANTE, le constat est médiocre. En effet, si les métaphores restent univoques, elles sont nettement moins intuitives, et, si on n'y regarde de plus près, la distinction devient parfois laborieuse entre certaines icônes (figure AXISANTE-3).

* Les métaphores dans MEDICLICK! sont parfaitement univoques et distinctes, leur qualité intuitive est satisfaisante (figure MEDICLICK!-4).

* Le logiciel éO-CISP ne fait pas exception lui non plus (figure éO-CISP-3).
 

(4). La bonne mesure des éléments graphiques.

Il est impératif que tous les éléments graphiques soient sciemment dosés afin d'éviter une surcharge audiovisuelle du médecin utilisateur. Ceci concerne au même titre :

- les couleurs (arrière-fonds notamment),
- les polices,
- les sons,
- les animations.

* En ce qui concerne AXISANTE, on peut estimer que l'équilibre est suffisamment respecté (figure AXISANTE-1 et AXISANTE-2).

* Au contraire, MEDICLICK! sature par moment l'utilisateur par sa surcharge en polices et par ses arrière-fonds différents (figure MEDICLICK!-1).

* L'application éO-CISP, quant à elle, sait faire preuve de parcimonie s'agissant des différents arrière-fonds et polices, rendant la présentation générale suffisamment simple (figure éO-CISP-2).
 

(5). Juger de la qualité artistique d'une interface graphique est affaire de goût. Cependant, il existe des interfaces qui, de l'avis de tout le monde, sont franchement déplaisantes à contempler.

* Le logiciel AXISANTE se range dans la moyenne des logiciels quant à sa qualité artistique. Par ailleurs, les tons restent discrets.

* Il en va de même pour MEDICLICK! et pour éO-CISP.
 

(6). L'ergonomie de l'interface graphique de l'application est un chapitre essentiel à étudier. Plusieurs points importent à cet égard.

(6.1). L'ergonomie des fenêtres concerne :

- le découpage intelligent de l'écran,
- l'équilibre des fenêtres,
- la pertinence des écrans,
- toute la gamme des effets d'optique (zoom, prévisualisation, paravent, effet téléscopique, cascade ou mosaïque),
- une qualité particulière des barres (barre des menus, barre des outils, barre du titre, barre des tâches, menu système, barre d'état).

* AXISANTE s'attache à reproduire le dossier Bristol du médecin en se servant d'artifices comme les spirales pour découper l'écran en différentes fenêtres de saisie. L'équilibre des fenêtres est assez remarquable. La pertinence des écrans est également satisfaisante, comme en témoigne par exemple la page de garde (figure AXISANTE-1).

Par ailleurs, AXISANTE a recours de manière importante à des effets d'optique comme les zoom et les fenêtres de visualisation. Malheureusement, cela peut être à l'origine d'un certain degré de confusion de la part du médecin utilisateur (cf. sensation de stabilité). Les barres sont très classiques. Cependant, on retiendra la possibilité de se servir d'une palette des outils et l'affichage du nom du patient dans la barre de titre.

* Sur ce point, nous nous rendons compte des défauts flagrants de MEDICLICK! en matière d'interface graphique. En effet, nulle question d'équilibre des fenêtres selon les étapes de la consultation (figure MEDICLICK!-1). Bien pire, la pertinence de certaines fenêtres selon l'écran en question est assez douteuse (figure MEDICLICK!-3).

* Quant à éO-CISP, il satisfait aux règles de base tout en assurant un découpage assez judicieux, servi par une méthode de défilement intelligente (figure éO-CISP-2). On ne saurait d'ailleurs trop souligner la pertinence des différentes fenêtres composant la page essentielle des consultations.

(6.2). La géométrie des boutons est conditionnée par :

- la disposition des icônes,
- la taille des icônes.

* Dans AXISANTE, les icônes se placent généralement, à l'instar de la plupart des applications, en haut, en bas ou encore aux coins des écrans (figures AXISANTE-1, AXISANTE-2 et AXISANTE-5). La taille des boutons est également tout-à-fait acceptable.

* La même remarque s'applique aux applications MEDICLICK! et éO-CISP.

(6.3). La hiérarchie des informations est servie par :

- l'identification de la fenêtre active,
- la hiérarchie des couleurs des arrière-fonds et des polices.
 

* Dans AXISANTE, aucune hiérarchie ne semble régir les différentes couleurs employées. La fenêtre active n'est mise en évidence par aucun code de couleur particulier hormis la couleur de la barre de titre.

* Dans certains écrans comme la page de garde de MEDICLICK!, aucune véritable hiérarchisation des informations n'est lisible au premier regard (figure MEDICLICK!-1).

* Dans éO-CISP, les arrière-fonds sont particulièrement discrets entre les zones grisâtres et les champs en blanc, ces derniers permettant de bien mettre en valeur les données intéressantes au simple coup d'œil (figure éO-CISP-2).

(6.4). Un recours aisé aux fonctions et/ou aux consultations peut se faire à l'aide :

- des boutons,
- des palettes d'icônes,
- des menus,
- de la barre des tâches,
- des raccourcis clavier.

* AXISANTE permet un accès aux icônes par le seul outil de pointage (souris) à travers un click sur les menus, la barre des outils ou encore la palette des outils. Les raccourcis clavier sont malheureusement quasi-inexistants (hormis les fonctions Windows comme le copier-coller).

La présentation des consultations est chronologique et il suffit de double-cliquer sur les différentes dates pour voir s'afficher le détail des consultations.

* MEDICLICK! autorise trois types d'accès aux différentes étapes de la consultation : les icônes de la barre des outils, le pointage de la barre des menus et pour finir des raccourcis clavier spécifiques à côté des raccourcis classiques de Windows (figure MEDICLICK!-5).

* éO-CISP ne reconnaît pour seuls raccourcis clavier que les raccourcis habituels dans l'environnement Windows. L'utilisateur doit donc se contenter d'accéder aux différentes fonctions par le biais de son outil de pointage (icônes, barre des menus).

(6.5). Les différents moyens permettant d'offrir une aide de qualité sont :

- une aide contextuelle et intuitive,
- une barre d'aide,
- des bulles de messages,
- des boîtes de dialogue,
- des boîtes de message,
- des assistants,
- des messages d'alerte ou d'erreur.

* AXISANTE n'offre pas d'aide contextuelle, ni de bulles de message ou d'assistant à proprement parler. Cependant, cette application aide l'utilisateur à travers une barre d'aide figurant au bas de l'écran, potentiellement réversible (figures AXISANTE-1 et suivantes). Il s'y ajoute un menu d'aide hypertextuel permettant d'explorer les grandes fonctions du logiciel (figure AXISANTE-6).

* Le logiciel MEDICLICK! offre le même type de fonctionnalités (figures MEDICLICK!-1 et MEDICLICK!-6).

* Dans éO-CISP, des bulles de message et un manuel en ligne proposent d'apporter leur aide au médecin en difficulté (figure éO-CISP-3).
 

(7). Le paramétrage permet au médecin utilisateur de personnaliser son outil de travail. Quatre aspects sont essentiels à ce titre :

- la prise en compte des goûts de l'utilisateur pour la géométrie des fenêtres,
- la prise en compte des goûts de l'utilisateur quant à la chronologie des enchaînements,
- les questions d'accessibilité,
- le degré d'inviolabilité des différents écrans (géométrie et enchaînements).

* AXISANTE n'offre aucune possibilité d'influer sur le design ou le fonctionnement de l'interface graphique (figure AXISANTE-7).

* Le logiciel MEDICLICK! permet le redimensionnement des écrans d'impression, mais les différentes fenêtres de la consultation restent figées. MEDICLICK! permet par contre le choix des polices (figure MEDICLICK!-7).

* Le logiciel éO-CISP ne permet aucun paramétrage notable au médecin utilisateur de l'application.
 
 

2.2 Dynamique de l'interface graphique
 

(1). La navigation à travers le logiciel peut être facilitée par :

- un cadre de navigation,
- des icônes,
- les raccourcis clavier,
- un menu déroulant,
- des onglets thématiques,
- des liens hypertextuels.

* Le seul moyen de se déplacer dans AXISANTE consiste à passer par les outils, soit de la page de garde (figure AXISANTE-1), soit par l'intermédiaire d'un écran spécialement dédié à cette tâche (figure AXISANTE-8), soit par un click sur les différents champs de la page de garde.

* MEDICLICK! se sert des mêmes types de fonctionnalités (figure MEDICLICK!-8). Il propose en outre des raccourcis clavier (MEDICLICK!-5). Par ailleurs, cette application propose également un écran de résumé où il suffit de cliquer sur les dates pour obtenir un aperçu des différentes rencontres.

* La navigation dans éO-CISP peut se faire par le biais de la barre des menus. Cependant, l'application permet une astuce particulièrement intéressante sous la forme d'une bande de défilement qui permet de passer d'écran en écran en se servant des icônes d'avance ou de recul (figure éO-CISP-4).
 

(2). La dynamique de la saisie peut être plus ou moins riche selon les applications. Ainsi, on distingue :

- le texte libre,
- les tabulations et les actions de glisser-déposer,
- des glossaires extensibles et paramétrables de phrases type ou de documents type,
- une réponse par défaut, un report automatique avec implémentation secondaire, des champs de saisie obligatoire,
- des boîtes de dialogue et des onglets thématiques,
- des rubriques de saisie supplémentaires,
- des menus déroulants,
- des menus contextuels,
- des assistants,
- des documents semi-structurés s'alimentant par le biais de variables liées au patient,
- des fonctionnalités d'interruption de la saisie et de modification des données.

* AXISANTE offre selon les cas des fonctionnalités de saisie en texte libre (figure AXISANTE-2), par tabulation et report automatique (figure AXISANTE-9), des formulaires de saisie supplémentaire (figure AXISANTE-10) et des documents semi-structurés (figure AXISANTE-11). AXISANTE offre par ailleurs des fonctionnalités d'avortement de la saisie (icône "brasero" dans la figure AXISANTE-2).

* MEDICLICK! permet également toute une flopée de modalités de saisie différentes (figures MEDICLICK!-9, MEDICLICK!-10 et MEDICLICK!-11).

* Dans éO-CISP, les modalités de saisie sont plutôt standard (figure éO-CISP-5). La saisie est avant tout guidée par l'environnement même, puisque les différents écrans appellent une saisie orientée.
 

(3). L'interactivité se construit sur plusieurs piliers différents :

- la souveraineté quant à la décision sur le parcours dans l'arborescence du logiciel,
- la liberté absolue d'agir face aux événements,
- un retour d'information en temps réel,
- une flexibilité à part entière (anticipation, réversibilité).

* AXISANTE satisfait aux conditions énumérées ci-dessus. En effet, l'application autorise un libre accès aux différentes parties du dossier, notamment par le biais de l'écran "visualisation" (figure AXISANTE-8). Ce logiciel intègre également la fonction "annuler" (raccourci clavier [CTRL] + Z). Il est dommage qu'une seule étape en arrière ne soit mémorisée.

* Les mêmes remarques s'appliquent aux logiciels MEDICLICK! et éO-CISP.
 
 

2.3 Respect des séquences de travail du médecin généraliste

Une application de qualité, destinée à la médecine générale, se doit de respecter les principes suivants.
 

(1). Intégration des écrans de base (fiche d'état civil, écran de recherche, tableau de bord de l'historique du patient, prescription de certificats, d'examens complémentaires et d'ordonnances) et de leurs fonctionnalités.

Les principaux écrans sont :

- la fiche d'état civil (identifiants discriminatoires, option d'arbre généalogique)
- la fenêtre de recherche de dossiers (multi-critères, manipulation de dossiers multiples)
- la fiche d'identité médicale (synopsis, ventilation des différents moments de la consultation, typologie des informations affichées, facteurs de risque et contre-indications, statut vaccinal, événements de vie)
- l'écran prescriptions (posologies, interactions médicamenteuses, contre-indications, affections de longue durée)
- les modules de rappel, un glossaire des RMO, etc.

* AXISANTE propose toute la gamme des écrans de saisie (figures AXISANTE-12, AXISANTE-13 et AXISANTE-14). Leurs fonctions suffisent aux besoins généraux. Cependant, il n'est pas possible d'enchaîner des patients entre eux pour créer des arbres généalogiques. Par ailleurs, les champs recevant les différentes informations sont artificiellement séparés, fractionnant de la sorte les renseignements importants (figure AXISANTE-2).

* MEDICLICK! se comporte de manière semblable sur ce sujet (figures MEDICLICK!).

* L'application éO-CISP offre les mêmes modalités de base (figures éO-CISP). Nous illustrerons ces propos par la qualité de la fiche des antécédents et de l'écran de paramétrage des alarmes et rappels (figures éO-CISP-6 et éO-CISP-7).
 

(2). Modélisation des données recueillies à travers une structuration implicite ou explicite des écrans de la consultation (infrastructure orientée problème et SOAP, paramètres anthropométriques, biologie, prescriptions)

* AXISANTE est extrêmement défaillant sur ce point capital, tout comme il l'est d'ailleurs sur les chapitres du codage des pathologies et du format des bases de données avec possibilité d'exportation. En effet, il ne propose aucune structuration orientée problèmes, il n'offre aucun outil de codification et ses formats sont propriétaires.

* L'application MEDICLICK! ne fait qu'ébaucher une modélisation de la structure sur un mode SOAP (figure MEDICLICK!-2).

* L'application éO-CISP répond parfaitement à l'impératif d'une structuration orientée problèmes des consultations sur le modèle SOAP, tout en permettant une ventilation chronologique (figures éO-CISP-2 et éO-CISP-8).


3 - Retranscription de l'évaluation des logiciels dans la grille proposée.
 

Une cotation est proposée point par point. L'échelle de cotation se décrit comme suit :

- mention très bien :     +++++  5 croix
- mention bien :             ++++  4 croix
- mention moyen :           +++  3 croix
- mention médiocre :          ++  2 croix
- mention mauvais :             +  1 croix
 - mention nul :                     0  0 croix.

Les différents critères mentionnés points par points permettent d'estimer une cote qui peut, le cas échéant, être multipliée par un coefficient afin de déterminer un score total (voir plus loin).
 
 

1. Qualité de l'interface graphique 
 AXIS.
MEDIC.
éO-CISP
1.1. transparence
- consistance graphique
- consistance fonctionnelle
- sensation de stabilité
4


 

4


 

4


 

1.2. intégrité esthétique
- nombre de boutons
- nombre des fenêtres
- fenêtres défilantes
3


 

1


 

3


 

1.3. qualité des métaphores 
- métaphores univoques
- métaphores intuitives
- métaphores distinctes
2


 

3


 

3


 

1.4. bonne mesure des éléments graphiques
- couleurs (arrière-fonds notamment)
- polices
- sons
- animations
3



 

2



 

3



 

1.5 qualité artistique de l'interface graphique
3
3
3
1.6. ergonomie de l'interface graphique ...
...
...
...
1.6.1. ergonomie des fenêtres
- découpage intelligent de l'écran
- équilibre des fenêtres
- pertinence des écrans
- effets d'optique
- qualité particulière des barres
4
 
 
 
 
  
2
 
 
 
 
 
4
 
 
 
 
 
1.6.2. ergonomie ou géométrie des boutons
- disposition des icônes
- taille des icônes
3
 
  
3
 
 
3
 
 
1.6.3. hiérarchie des informations
- identification de la fenêtre active
- hiérarchie des couleurs et des polices
3
 
 
1
 
 
4
 
 
1.6.4. recours aisé aux fonctions
- boutons
- palettes d'icônes
- menus
- barre des tâches
- raccourcis clavier.
3

 
 
 
 
 
5

 
 
 
 
 
3

 
 
 
 
 
1.6.5. aide de qualité
- aide contextuelle et intuitive
- barre d'aide
- bulles de messages
- boîtes de dialogue
- boîtes de message
- assistants
- messages d'alerte ou d'erreur
3
 
 
 
 
 
 
  
3
 
 
 
 
 
 
 
3
 
 
 
 
 
 
 
1.7. paramétrage
- géométrie des fenêtres
- chronologie des enchaînements
- accessibilité
- inviolabilité des différents écrans
2



 

4



 

2



 

2. Dynamique de l'interface graphique
AXIS.
MEDIC.
éO-CISP
2.1. navigation
- cadre de navigation
- icônes
- raccourcis clavier
- menu déroulant
- onglets thématiques
- liens hypertextuels
3
 
 
 
 
 
 
4
 
 
 
 
 
  
4
 
 
 
 
 
  
2.2. dynamique de la saisie
- texte libre
- tabulations, actions de glisser-déposer
- glossaires extensibles et paramétrables 
- réponse par défaut, report automatique avec implémentation, champs de saisie obligatoire
- boîtes de dialogue et onglets thématiques
- rubriques de saisie supplémentaires
- menus déroulants
- menus contextuels
- assistants
- documents semi-structurés
- fonctionnalités d'interruption de la saisie et de modification des 
données
4
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
4
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
3
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
2.3. interactivité
- décision sur le parcours dans l'arborescence du logiciel
- liberté face aux événements
- retour d'information en temps réel
- flexibilité (anticipation, réversibilité)
4



 

4



 

4



 

3. Respect des séquences de travail 
AXIS.
MEDIC.
éO-CISP
3.1. intégration des écrans de base et de leurs fonctionnalités
- fiche d'état civil
- recherche de dossiers
- fiche d'identité médicale
- prescriptions
- modules de rappel, glossaire des RMO
4




 

4




 

4




 

3.2. structuration implicite ou explicite des écrans de la consultation
0
1
4
Points non développés en détail
AXIS.
MEDIC.
éO-CISP
4. type de base de données  (objet, relationnel, sémantique)
/
/
/
5. sécurisation des données (authentification, signature électronique, perennité des données)
/
/
/
6. codage des pathologies (approprié à la médecine générale, transcodable à la CIM, reproductible)
/
/
/
7. format d'exportation des données (HL7, PROREC, GEHR, XML ...)
/
/
/

 


4 - Conclusions concernant la grille d'évaluation.
 

De tout ceci, nous pouvons retenir plusieurs points essentiels :

(i) - L'évaluation de logiciels médicaux destinés à la médecine générale doit procéder d'un travail en équipe. La grille proposée plus haut, finalisée au terme d'un projet de réflexion tâchant de découvrir l'ensemble des critères nécessaires à une appréciation cohérente et reproductible, semble un moyen possible pour atteindre cet objectif.

Outre le fait que certains points n'ont pas été développés davantage, on peut imaginer perfectionner cette cotation en proposant des coefficients aux différentes rubriques et une cote générale, de manière à permettre au médecin novice de mieux s'orienter dans le choix des applications professionnelles. En effet, des critères comme l'orientation problème, et à fortiori la codification des données, pèsent bien plus lourd que par exemple la qualité artistique de l'interface graphique. Toutefois, attacher un coefficient adéquat point par point semble très délicat et devra procéder d'une réflexion collective.

(ii) -  L'évaluation des trois logiciels ci-dessus est fondée sur une opinion toute personnelle. Il est évident que cette estimation demande à être confrontée, voire confortée partiellement par des pairs généralistes, de préférence utilisateurs de longue date des différentes applications.

(iii) - Dans notre étude, les deux premiers logiciels butent véritablement sur le chapitre de la structuration des données saisies. Seul éO-CISP dépasse le stade du simple recueil de données pour s'intéresser au versant modélisation de la consultation, puisque non seulement il offre une structuration de l'interface graphique en mode orienté problème, mais qu'en outre, il intègre une fonction de codification des données en CIM (Classification Internationale des Maladies) et en CISP (Codification Internationale en Soins Primaires). Ce point essentiel sera abordé plus en détail dans le chapitre Trois.

Quant aux autres critères, MEDICLICK! se démarque par la faiblesse de son interface graphique, malgré un recours aux fonctions très bien étudié, atténuant quelque peu le défaut précité. Pour sa part, AXISANTE souffre de la qualité de ses icônes, ce qui handicape un peu l'intuition du médecin utilisateur.

Evidemment, des études plus poussées pourront, à l'avenir, tenter de dégager les schémas de réflexion du corps médical. En effet, quelles sont les icônes les plus intuitives ? Comment dessiner une interface dynamique sans pour autant exposer le médecin à un ballet des écrans plongeant l'utilisateur dans une confusion totale ?

Comment conjuguer structuration de l'interface et modélisation des données recueillies au cours de la consultation ? En effet, une multitude d'écrans risque de biaiser l'exploitation de données qui sont par définition ouvertes, à vouloir forcer des données dans un écran bien spécifique. Ainsi, un motif de consultation comme la toux peut autant être un motif de consultation qu'une constatation clinique ou encore un diagnostic, voire les trois ensemble !

Voilà des sujets d'études qu'il faudra approfondir afin de sortir le marché logiciel médical de sa torpeur actuelle ...