Cultures d'Europe et les Débats de l'ULB : un mot d'explicationL'Université libre de Bruxelles, de par sa position privilégiée au sein de la capitale, organise depuis 2003 des cycles de conférences prestigieuses centrés sur l'Europe et ses cultures. Le but de Cultures d’Europe est de présenter à la communauté universitaire comme à "l’honnête homme" la réflexion de grands intellectuels sur les problèmes de société : le passé et l’avenir du continent, le pluralisme des points de vue, la mise à l’épreuve constante de valeurs démocratiques, mais aussi l’art, la littérature ou la science. Au cours des ans, les conférences organisées par l’asbl "Cultures d’Europe" se sont
imposées comme des événements incontournables de la vie de l’ULB et du paysage
culturel bruxellois. On ne compte plus les personnalités de haut niveau des mondes
philosophique, scientifique et culturel qui se sont succédé à notre tribune. A la grande
satisfaction des nombreux participants.
Cependant, dans un environnement qui se complexifie chaque jour davantage, la formule
de la conférence ex-cathedra ne semble plus répondre de manière satisfaisante à
la nécessité de pluralité dans l’expression des opinions.
C’est pourquoi l’asbl "Cultures d’Europe" a décidé de modifier sa formule en proposant,
non plus des conférences, mais des débats où les grandes questions de société seront
discutées de manière vivante et contradictoire. Cette approche plus dynamique et plus
critique sera mieux adaptée aux attentes du public curieux, humaniste et exigeant que
visent les organisateurs du cycle. Aucune pensée n’est définitive. Et personne ne peut penser seul. Telles sont les raisons
qui président à tout débat. La discussion critique, l’échange des points de vue sont nécessaires
à toute société moderne qui veut rester libre de ses choix et de ses jugements.
C’est le choix qu’a fait l’ULB en affirmant le principe du libre examen. Le libre examen,
regard critique sur toute tradition et refus d’adhérer aux divers dogmes de la pensée,
présente un beau paradoxe : le libre examen est une tradition qui invite à discuter des
traditions.
Mais cela n’implique pas pour autant qu’il n’y ait pas de repère.
Parce qu’en somme, le premier repère, c’est la culture du débat lui-même. Une culture
qui admet la nécessaire variété des points de vue. Une culture qui pense que le savoir
se construit collectivement. Une culture qui se développe et se transmet dans un
monde ouvert. Une culture qui a opté pour la liberté de pensée contre le dogmatisme.
Une culture qui décide d’accompagner ses changements par une réflexion ouverte et
collective.
C’est cela la culture du débat : le moteur du libre examen.
Mettre en question les idées reçues demande à l’homme épris de liberté de lutter
contre une pesanteur naturelle de l’esprit. Il s’agit de s’exercer à suspendre ses jugements,
de prendre le temps de les considérer à nouveaux frais et de faire l’effort d’écouter
un point de vue parfois déroutant.
Le débat confronte la variété des points de vue sur les grandes questions de la société.
De cette confrontation naissent de nouveaux points de vue, idéalement plus nuancés,
parce que nourris et renforcés par les objections des autres.
Ainsi la mise en débat des idées résulte-elle toujours d’un travail d’équipe, d’une dynamique
collective qui a vocation à n’être ni violente ni irénique. Elle ne se compare ni à la
guerre ni au consensus mou : elle met les idées en discussion pour que la pensée reste
vivante.
Tel est le rôle de l’Université.
|