
Aphrodite, qui est femme, allume le feu qui rend fou d'une femme,
mais c'est Eros qui tient les rênes des désirs qui vont vers les
hommes. Quelle voie dois-je prendre ? Dois-je aller vers le
garçon ou vers sa mère ? Je pense qu'Aphrodite elle-même
déclarerait : "Le garçon éffronté a gagné !"
MELEAGRE 18,
Guirlande
La
civilisation grecque est la première, en Occident, à témoigner
d'une véritable culture de l'amour. Les mots grecs pour parler
d'amour sont bien éloignés des nôtre car aucun ne correspond
exactement à ce que nous entendons aujourd'hui en utilisant ce mot : Philia,
Eros, Agapè.
La Philia est plutôt cette amitié réciproque qui s'appuie sur la
considération que chacun des partenaires a pour l'autre. Pour que la
Philia existe, il faut que le respect réciproque soit possible et,
donc, que la différence sociale entre partenaires ne soit pas trop
importante. C'est pourquoi notamment, en raison de la différence
profonde de statut que les Grecs entretenaient entre l'homme et la
femme, cette amitié, cette estime mutuelles, visent surtout des
relations entre personnes du même sexe, et principalement entre
hommes.
L'Eros
désigne plutôt le désir, un désir qui naît du manque et de
l'incomplétude des humains. Ainsi, les dieux n'éprouvent pas l'Eros
parce qu'ils sont, contrairement aux humains, des êtres
complets.
L'Eros est l'élan sexuel vers un partenaire masculin ou féminin mais
il peut également désigner un désir d'élévation vers la
transcendance. Pour Platon, l'être humain par nature imparfait, ne
pourra combler son manque dans le seul amour physique. C'est dans
l'amour porté aux idées, dans la philosophie, que l'homme pourra
accéder à la plénitude.
L'Agapè
est avant tout un amour désintéressé et altruiste semblable à un
don de soi, qui n'attend rien en retour. L'Agapè s'oppose fortement
au désir, à l'Eros. La tradition chrétienne reprendra ce concept
qui s'apparente à la notion de charité. C'est à la fois, l'amour
que Dieu porte aux hommes ou celui que les hommes ressentent pour
Dieu, mais il sera également à la base de l'idée de l'amour du
prochain.