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Biographies


"Le mal qui a frappé successivement toutes les sociétés humaines et qui les a fait périr en des crises de douleur et de sang, c'est une inégalité trop flagrante dans les répartitions des richesses sociales."

Henri La Fontaine
in Le collectivisme

 

LE MUNDANEUM

De sa rencontre avec Paul Otlet, en 1890, va naître l’aventure du Mundaneum, une bibliothèque universelle, mémoire du savoir de l’humanité.

Malgré ses nombreuses autres activités, La Fontaine s’investit dans ce projet et notamment comme principal bailleur de fonds. En 1895, ils créent l’Office International de Bibliographie dans le but de développer un répertoire bibliographique universel constitué des notices de l’ensemble des ouvrages publiés dans le monde. A cette fin, un nouvel outil est mis au point la Classification Décimale Universelle (CDU).

La matérialisation de leur travail, le Palais Mondial - Mundaneum - s’installe en 1920 au Cinquantenaire. Ce lieu doit devenir " le point de rencontre, le centre de coordination de l'organisation internationale de l'intelligence, (...) un instrument dans la marche de l’humanité vers un avenir radieux. "

Il s’agit là d’une préfiguration de la Cité Mondiale, une autre utopie d'Otlet qui réussit à intéresser un moment des architectes tels Le Corbusier et Jeanneret.

Malheureusement plusieurs facteurs, dont la crise économique et le désintérêt de l'État belge, vont mettre fin à l’existence du Palais Mondial.

Après des années d’errance et d’abandon, qui lui ont coûté une part non négligeable de ses collections, le Mundaneum a enfin trouvé asile à Mons où il est installé depuis 1996.

RÉFÉRENCES

Cent Ans de l'office international de bibliographie, 1895 / 1995 - Mons : Éditions Mundaneum, 1995

Le Mundaneum : un internet de papier - Mons : Éditions Mundaneum, 1998

Henri La Fontaine : un pacifiste / Anne Cugnon - Espace de Liberté n° 266 / décembre 1998, p. 31

Mundaneum. Henri La Fontaine, un idéaliste acharné / Andrée Despy-Meyer - dans Bruxelles : les francs-maçons dans la cité - Bruxelles : Éditions Marot, 2000 - pp. 215-225

Henri La Fontaine, Tracé(s) d’une vie / ouvrage collectif - Mons : Éditions Mundaneum, 2002

Henri La Fontaine / Marinette Bruwier - dans Illustres et francs-maçons / coordonné par Luc Nefontaine – Bruxelles : Éditions Labor, 2004 – pp. 123-128

A CONSULTER :

Le site du Mundaneum : http://www.mundaneum.com/

Aux porte du Temple - une exposition réalisée par le Cercle Humaniste Henri La Fontaine - Le blog de l'exposition : www.expofmwaterloo.spaces.live.com

Henri La Fontaine (1854-1943)

Avocat, sénateur, militant féministe et pacifiste

Prix Nobel de la Paix (1913)

 

Issu des milieux bourgeois progressistes de Bruxelles, Henri La Fontaine fait partie de cette génération nouvelle, plutôt non-conformiste et imprégnée de culture humaniste. Il va s’illustrer dans nombre de combats d'avant-garde de son temps, il intervient notamment en faveur de la crémation. Il prend également part à l'aventure de l'Université Nouvelle fondée suite à l'exclusion par l'ULB d'Élisée Reclus, célèbre savant anarchiste. Libre penseur, il écrit en 1911: "Il faut abattre l'autocratie cléricale dans notre pays".

Au cours de ses études universitaires, il se spécialise en droit international. Son doctorat de l'Université Libre de Bruxelles en poche, il s’inscrit au barreau et exerce comme avocat dès 1877. Un temps secrétaire d'Edmond Picard, il collabore aux Pandectes Belges. Dès les années 1880, cet esprit éclectique publie indifféremment des articles, notamment dans le journal démocratique La Réforme, et des ouvrages touchant tant aux questions de droit qu’à la politique, à la musicologie, à la poésie et à l'alpinisme.

Très concerné par les problèmes sociaux de son temps et optant pour l’internationalisme socialiste, sur les conseils d’Emile Vandervelde, il s'engage vers 1894 dans les rangs du POB (Parti ouvrier belge). Il mène dès lors une carrière parlementaire bien remplie, exerçant notamment les mandats de sénateur successivement pour le Hainaut, Liège et le Brabant (1895-1936), de conseiller communal à Bruxelles (1904-1908) et de vice-président du Sénat (1930-1936).

Co-fondateur de la Ligue Belge du Droit des Femmes (1892) avec sa sœur Léonie, Louis Frank, Isala Van Diest et Marie Popelin, il milite activement pour la cause féministe, s'intéressant de près à l'enseignement professionnel des femmes et se battant notamment pour l'accès des femmes à la profession d'avocat.

En 1882, il est initié à la loge du Grand Orient Les Amis philanthropes dont il sera par la suite Vénérable Maître à deux reprises. Là aussi, il défend ses idéaux féministes, se faisant l'avocat d'une franc-maçonnerie mixte. C'est ainsi qu'il joue un rôle décisif dans la création du Droit Humain à Bruxelles (1912) auquel il s'affiliera en 1925 et au sein duquel il créera en 1929 l'Atelier n°907, La Paix, qui se consacre à des problèmes internationaux.

Inspiré par les thèses du pacifiste anglais Hodgson Pratt, il participe à la fondation de la Société belge pour l'Arbitrage et la Paix en 1889 dont il devient rapidement secrétaire général. En 1891, il publie un Essai de bibliographie de la paix. Son engagement, il le concrétise par la suite en accédant à la présidence du Bureau International de la Paix à Berne dont le propos est de faire la connexion entre les différentes organisations pacifistes dans le monde. La Fontaine se distingue également au sein de l'Union Interparlementaire, une assemblée internationale de parlementaires prônant des thèses pacifistes plus modérées, embryon, selon lui, d'un parlement universel.

Dès lors, il consacre une part importante de son énergie à faire progresser son idéal et se rend à toutes les grandes conférences pour la paix. Ainsi, c'est son combat opiniâtre en faveur du règlement pacifique des conflits qui se voit récompensé en 1913 par le prix Nobel de la Paix.

Ayant choisi l'exil en 1914, il publie à Boston The Great Solution - la Magnissima Charta - Essay on Evolutionary and Constructive Pacifism (1916). Dans cet ouvrage, qui connaît un écho considérable à l’époque, il exprime la quintessence de son projet pacifiste. Le but est d’organiser l’ordre public international des États en tissant des liens juridiques puissants entre ceux-ci. Il développe le concept d’arbitrage universel, de médiation, et d’un appareil judiciaire international, à savoir une Cour internationale de Justice, qui réglerait les conflits au sein de cette société d’Etats. Y sont également explicitement prévus le droit à l'autodétermination des peuples et et la responsabilité collective des États pour le respect des droits des minorités et des "backward peoples" des colonies. Il y fait également une proposition d'une modernité remarquable pour l'époque : que l'exploitation des richesses terrestres se fasse dans l’intérêt collectif des hommes.

Après la guerre, bien que découragé face à la déliquescence des idéaux pacifistes, il continue son action en présidant le BIP et l’Association Belge pour la Société des Nations jusqu’en 1937. Durant les années trente, son action se réoriente vers la défense des droits de l'Homme et il adhère notamment au Comité de Vigilance des Intellectuels antifascistes.

Pour plus d'information sur les biographies, consultez le Caldoc, centre de documentation du CAL

 

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