La
démocratie fondée sur le respect des droits
de l'Homme et du pluralisme ne peut se contenter d'une adhésion
sans critique; ce n'est pas une vérité intemporelle mais une norme
humaine, contradictoire et fragile. Loin d'être d'une pureté idéale,
elle est complexité qui invite chacun à intervenir à la recherche
d'une amélioration toujours possible. Les instituteurs laïques du
siècle dernier travaillaient d'arrache-pied à l'alphabétisation des
enfants des masses laborieuses: ils étaient en effet persuadés que,
lorsque tout le monde saurait lire, la voie de la démocratie s'ouvrirait
largement. Nous le savons aujourd'hui, leur attente ne fut que partiellement
satisfaite: la circulation effrénée d'informations en tous genres,
de pertinences diverses nous place devant un problème nouveau.
Ce n'est pas tout de lire, d'écouter ou de regarder, encore faut-il
être capable de sélectionner dans cette surabondance de quoi élaborer
des jugements dont on espère qu'ils détermineront nos comportements
de citoyen. De par sa nature, la démocratie invite au débat, à l'échange
d'idées à propos des principes et des valeurs qui la sous-tendent
et qui la font exister, et à propos de tout ce qui la limite, la met
en danger ou la nie. Mystifier la démocratie ou en faire un idéal
pur, reviendrait à déconnecter de sa pratique quotidienne avec le
risque d'en détourner ceux qui mettraient en doute la réalisation
de ces idéaux perçus comme inaccessibles. Dénoncer les perversions
du système démocratique, en tracer les limites, c'est répandre une
des valeurs essentielles de l'éthique démocratique, à savoir la transparence
et la vérité.
***
Voir
aussi : autonomie, citoyenneté,
révolte, séparation
Églises/État
A
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