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Le projet AU (Agriculture Urbaine)

1-L'Institut de la Vie et l'Agriculture urbaine

2-Whose is the city?

3-A North-South network on urban agriculture

4-Charte Nord-Sud de l'agriculture urbaine

5-Les jardins urbains: une manière de bien-vivre, ensemble.

6-Jardins et santé

7-Les séminaires

1-L'Institut de la Vie et l'Agriculture urbaine

Lignes de force

Au cours de ces 6 années (1997-2003), l'Institut de la Vie poursuit, croyons-nous, une démarche originale dont nous pouvons retracer les principales étapes.

1. En 1997, le colloque de Kigali nous amenait à réfléchir, dans le cas d'une ville précise, avec la participation des autorités municipales, au problème des déchets. Nos biens sont-ils destinés à un " aller simple " (G. Bertolini) vers les décharges urbaines ? La ville n'est-elle qu'un immense avaloir de biens venus d'ailleurs ? L'agriculture, notamment, ne peut-elle restituer aux jardins urbains ou à la campagne une part de la matière organique qu'elle y a reçu ?

2. Des séjours en Afrique Centrale (plus de 6 mois de 1999 à 2002), en particulier à Butembo (N-E du Congo) nous ont fait découvrir avec la population la réalité de l'agriculture urbaine, son déploiement comme opérateur socio-économique dans les domaines de la nutrition, de la santé, de l'écologie, … voire de l'éducation.

3. Les résultats d'une vaste enquête, longuement préparée par des associations locales, sur la base d'un questionnaire touchant à la vie des gens, n'ont sans doute pas été exploités suffisamment vu l'ampleur des données. Cependant, aux yeux de la population, l'AU devenait un problème et un espoir. Les enquêteurs et les associations locales pouvaient au long d'une semaine se réunir, construire des arbres à problèmes et à solutions, hiérarchiser leurs priorités (la première étant la demande de formation), se structurer en 4 pôles d' " initiatives citadines ", définir leurs objectifs et leurs besoins notamment en matière d'expertise universitaire désormais mise au service (non plus moteur) des capacités paysannes (A. Sen).

4. Un séminaire à Ath-Bruxelles (et à Lille) en septembre 2002 fut l'occasion d'une réflexion partagée et d'un échange d'expériences sur l'AU en Belgique et en Afrique (avec la présence de 20 partenaires venus de 8 villes d'Afrique Centrale). Une charte Nord-Sud de l'Agriculture urbaine y fut rédigée. Elle sera progressivement appropriée par les représentants des villes d'Afrique Centrale, réunis en un réseau " AU " d'Afrique Centrale. Une lettre trimestrielle (4 numéros jusqu'ici) servira de lien. Chaque ville s'investit dans une réflexion sur le thème " construire la ville avec l'agriculture ". Cette réflexion sera une contribution à l'Alliance mondiale pour un monde responsable, pluriel et solidaire de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l'Homme.

5. Un surgeon inattendu du travail sur l'AU fut le fait des jardins scolaires, mis sur pied suite au séminaire de décembre 2000. Ils sont, dans cette partie d'Afrique aux écoles dévastées, comme une bouffée d'air : contribution au minerval, support pédagogique dans les matières de calcul, géométrie, économie, écologie, … Une école qui " apprend à faire " comme le demande le grand historien de l'Afrique Noire Joseph Ki-Zerbo. Nous avons appelé cette initiative " rendre à l'Afrique son école ". A Butembo, un séminaire local (en janvier 2003) a rédigé une charte des jardins scolaires ; l'Institut de la Vie rassemble les expériences de jardins scolaires de par le monde; un séminaire régional est envisagé, fin de cette année 2003 à Bukavu.

6. Une réflexion s'engage sur les jardins en Wallonie. Notamment, quel encadrement législatif ? Mais aussi quel apport à la santé ? Santé physique, santé mentale et sociale selon la définition de l'OMS, santé communautaire, santé écosystémique ? Jardins du lien. " Le lien plus précieux que le bien ", écrit P. Viveret.

Pour en savoir plus.

2-Whose is the city?

3-A North-South network on urban agriculture

By M. Ansay and S. Deutsch (Institut de la Vie, Bruxelles), J-M. Godeau (Université de Liége), S. Mapatano, (Diobass, Bukavu, RDC).

Abstract submitted in : European Research Network on " intra or peri-urban agricultural spaces "24-25 October 2003Gargnano del Garda (BS)Italy

It has been shown for a long time that urban agriculture (UA) is more than an oxymoron (the mere juxtaposition of antagonistic terms).In fact, agriculture ( in its simplest form or expression) may be an essential part of urban food security, ecology, job creation,,… and quality of life. Quality of life is specially relevant when considering the women involvement in the South but may be considered from the point of view of the social health or of the living together in the North.

Its most important challenge is the difficulty of "taking into account what is not accounted" ( P. Viveret, 2001).

The Institut de la Vie in partnership with the Foundation Charles-Léopold Mayer pour le Progrès de l'Homme contrives in Central Africa in order that UA should be taken into consideration by politics of urban food security, waste reutilization ( "waste as a commodity" was the main topic of a seminar held in Kigali in 1997), job creation, women role recognition, school pedagogy,…Some 7 African cities were participating following a seminar held in Brussels - Ath ( and Lille) seminar in September 2002. Kinshasa ( "gardening in the streets") and an old experience of the JEEP NGO; Lubumbashi ( and the problems related to the closing down of a very big factory); Bukavu ( a yearly seminar on UA with the special commitment of each participating body pushing action in 5 directions: reforestation and erosion, breeding, ecology, school gardening); Butembo (an NGO has been erected which is based on people initiatives and synergy in UA).

In conclusion of the Brussels - Ath seminar, a North-South chart on UA trying to put together the problems of UA in the North and in the South has been worked out by the participants .

Another topic is the interesting contribution of school gardening in the fields of geometry, economy, ecology,.. in the primary school programs. By this way, gardening becomes an important constituent of pedagogy, didactics,.. in deprived areas. Boys and girls are committed to the transformation of their immediate and very near environment. ( "Usikie habari!" - "take care of your immediate environment!"). A preliminary seminar has been convened in Butembo ( January 2003) and an another one is planned in Bukavu in November 2003).

Peace in the Great lakes region is not very far from the UA field: e.g., the animal divagation is a case of concern in the city also. There is also the challenge of sharing the city between its inhabitants and the necessary dialogue with the urban authorities. ( "Whose is the city?" asks the Foundation H. Böll).

4-Charte Nord-Sud de l'agriculture urbaine

A l'occasion du colloque : " Ville du Nord et villes du Sud, à la rencontre de l'agriculture urbaine - réalité et initiatives ", qui s'est déroulé en Belgique en septembre 2002, des acteurs de l'agriculture urbaine du Nord et du Sud ont pu échanger sur leurs expériences et leurs pratiques dans leurs pays respectifs. Chacun a ainsi pris connaissance des pratiques de l'autre, mais aussi a pu comprendre sa propre pratique sous un éclairage nouveau, " métissé ".

Suite à cette rencontre, nous, Citoyens du Sud et du Nord, agriculteurs urbains, personnes engagées au sein d'associations ou d'ONGs, techniciens, scientifiques et autorités locales, souhaitons réaliser une Charte pour affirmer le droit pour tous à pratiquer l'agriculture urbaine.

Ce que nous entendons par " agriculture urbaine "

L'agriculture urbaine regroupe l'ensemble des activités en zone urbaine et péri-urbaine de culture, d'élevage et d'acheminement des matières premières ainsi que le traitement et la commercialisation des produits agricoles. Elle se distingue de l'agriculture rurale par son intégration au système économique et écologique urbain et par la nature du flux des échanges. Ce sont à la fois des systèmes producteurs professionnels et des systèmes familiaux d'auto-consommation.

Selon le PNUD, actuellement environ 800 millions de personnes dans le monde se nourrissent grâce à l'agriculture urbaine. Pour 200 millions d'entre elles, il s'agit de l'activité principale. Dans la plupart des villes du Sud, ce sont les femmes qui représentent la majorité des agriculteurs urbains. L'agriculture urbaine représente aujourd'hui environ 20 % de la production agricole totale.

Nous sommes persuadés que les pratiques d'agriculture urbaine devraient renforcer dans nos villes du monde :

1. La responsabilité collective et individuelle face à la gestion de la terre, notre seule, unique et irremplaçable patrie.

2. Le mieux être des populations urbaines du monde, notamment en ce qui concerne la production, l'utilisation et l'élimination des aliments et des déchets ainsi générés ; en ce qui concerne aussi la beauté du paysage, condition de la qualité de l' " habiter en ville".

Ceci signifie, à des degrés divers suivant les contextes locaux du Sud ou du Nord où se développent ces pratiques, que nous pensons que l'agriculture urbaine favorise entre autres :

La sécurité alimentaire, essentiellement dans les pays du Sud ;

Le développement économique local ;

La réduction de la pauvreté ;

La participation sociale des pauvres urbains, et notamment des femmes ;

La création ou la réhabilitation d'espaces verts dans les villes ;

La réutilisation productive de certains déchets urbains (comme les ordures ménagères et les eaux usées) ;

La resocialisation ou la re-liaison sociale de certaines personnes ;

La convivialité, les rencontres de voisinage, notamment dans les quartiers en difficultés des pays du Nord ;

Le lien à la terre, l'éducation à l'environnement et au développement durable ;

La sensibilisation et la formation aux métiers de l'agriculture, voire la création d'emplois nouveaux.

Les valeurs que nous partageons

La terre est un bien commun. Nous avons la responsabilité de veiller à sa protection.

Le renforcement des liens sociaux, de solidarité et d'entraide, sans discrimination culturelle, ethnique ou sociale, doivent caractériser les adhérents à la présente Charte.

Le dialogue pour la paix et l'harmonie, la justice et l'équité doivent permettre de construire un environnement urbain propice à la vie et à l'épanouissement de l'Homme.

Les besoins de survie des populations ainsi que les initiatives économiques ne doivent pas prendre le dessus sur l'équilibre écologique et la qualité du paysage. Le paysage nous relie les uns aux autres : c'est un espace et un regard.

La conviction que l'agriculture urbaine peut aider à créer un cadre de vie au bénéfice de chacun.

Nos principes d'action pour les pays du Sud

1. Une gouvernance basée sur les acteurs et les savoirs locaux, sur une planification urbaine, systémique et contractuelle. Mais tenir compte de la spécificité de l'AU dans les villes qui se trouvent sous l'étau de la guerre ; de la contribution de l'AU dans la re-construction des villes ravagées par la guerre.

Parce ce que nous constatons un manque de reconnaissance de l'agriculture urbaine et d'implication des autorités locales, il faut promouvoir une nouvelle gouvernance pour une approche systémique de l'agriculture urbaine où la participation des acteurs locaux est une composante primordiale.

Sensibiliser, éduquer et informer les acteurs en valorisant les savoirs locaux et en tenant compte du contexte local. Pour ce faire, il faut pratiquer un diagnostic scientifique, une évaluation de la situation avant d'agir.

Promouvoir la planification urbaine pour définir les terrains réservés à l'agriculture urbaine sur base d'une approche contractuelle afin d'en assurer la pérennité. Cette planification doit être systémique pour assurer un développement durable.

2. Les thématiques de l'AU : l'eau (eaux), les déchets comme matière première, les espèces locales, l'érosion, l'accès aux technologies et aux financements en vue d'un développement durable.

3. Un réseau regroupant acteurs et actrices, échangeant expériences et connaissances par média appropriés, notamment la radio. Favoriser une approche genre mais aussi multidisciplinaire et concertée des acteurs scientifiques, municipaux,..

Nos principes d'action pour les pays du Nord

1. Contribuer à la sécurité et à la démocratie alimentaires.

2. Recréer du lien et de la solidarité par les jardins. D'un jardin à l'autre, on échange des recettes, des graines, … Retrouver son corps, parfois perdu, oublié. Se réinsérer dans le tissu économique et social en préparant les " paniers " de la confiance.

3. Décider en communauté des services et des ressources (surfaces, eau, outils, conseils,…) à partager. Car il y a beaucoup de friches urbaines, d'espaces communs en pied d'immeubles , d'espaces ouverts le long des routes, des chemins de fer.

4. Revaloriser le jardin comme lieu de la biodiversité au sens biologique et culturel. Développer les ceintures vertes.

5. Considérer le jardin comme la plus petite unité d'une éco-cité responsable et durable . Jardins et absorption des ordures ménagères; jardins et usage des biocides ; jardins et sols pollués ; …

6. Contribuer à la santé tant physique que psychologique et sociale; à la beauté du paysage urbain.

Nos principes généraux d'action pour promouvoir l'agriculture urbaine tant au Nord qu'au Sud.

Nous considérons que Nord et Sud peuvent trouver des convergences dans l'analyse des données historiques, de la réalité du " développement " , des causes de la pauvreté, de la mise en péril des équilibres écologiques, du système économique dominant. Les pays du Sud et pays du Nord " vivent des réalités différentes " notamment en ce qui concerne les responsabilités de l'Etat. Mais " nous devons reconnaître que nous avons véritablement un problème de responsabilité citoyenne responsable ".

1. Une démarche participative d'identification des besoins de l'AU, de planification urbaine, de formation des acteurs, d'implication des autorités locales et de l'Etat.

Identifier, par une approche systémique et participative, les besoins de l'agriculture urbaine, notamment via la réalisation d'études permettant de faire un état des lieux exhaustif.

Faire participer la population à la planification urbaine pour intégrer l'agriculture urbaine dans une politique durable de la ville. Demander aux gouvernements le développement de programmes spécifiques d'agriculture urbaine et notamment d'un service national d'encadrement des agriculteurs urbains.

Sensibiliser, former et impliquer les acteurs de l'agriculture urbaine dans une démarche systémique et participative.

2. Des moyens, des ressources, des savoirs, des échanges, une pérennisation.

Mobiliser les moyens humains, matériels et financiers pour rendre opérationnelles les activités de l'agriculture urbaine. Impliquer les ONGs et les partenaires financiers.

Favoriser la politique d'auto-promotion des activités d'agriculture urbaine pour pérenniser les actions sur le terrain notamment par la sécurisation des tenures.

Exploiter rationnellement les ressources de l'agriculture urbaine en favorisant l'utilisation de technologies adaptées et respectueuses de l'environnement.

Valoriser les savoirs locaux, la biodiversité et la recherche-action en vue de promouvoir la sécurité alimentaire, la santé et le bien-être de la population.

Favoriser les concertations, les échanges d'expériences au travers de réseaux Sud-Sud, Nord-Nord et Nord-Sud.

²Pour la rédaction de cette Charte, nous nous sommes inspirés de nos expériences du Nord et du Sud ainsi que de certaines Chartes déjà existantes : la Charte des Jardins de Cocagne ; la Charte du Jardin dans tous ses états ; la déclaration de Nyanga (Zimbabwe) ; la déclaration des 33 cités d'Amérique Latine et des Caraïbes (déclaration de Quito) ; la déclaration de Shenzhen (Chine) sur les éco-cités; la déclaration de Dakar (maires d'Afrique Occidentale) ; la charte des responsabilités humaines (Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire).

Bruxelles, Bukavu,Louvain-la-Neuve, Lubumbashi, Versailles. Septembre 2002 ; Août 2003.

5-Les jardins urbains: une manière de bien-vivre, ensemble.

Dans le prolongement de la journée " mieux vivre ensemble ", organisée par le Centre pour l'égalité des chances, un projet est présenté. Il vise à orienter la politique dans le domaine des jardins . Cultiver son jardin, c'est en effet une manière de " bien vivre, ensemble ". Le projet a une triple articulation :

-des " récits d'expérience " montreront le prix qu'attachent les gens à un " bout de terre " ;

-des " actions de jardinage " seront rencontrées et analysées. Quelle est leur signification au point de vue formation du lien social, sécurité alimentaire, développement durable, santé, beauté ? ;

-pour orienter le politique, ou évaluera la situation actuelle en matière réglementaire (en Belgique, dans les pays européens, …) mais aussi en matière économique et sociale. Quel agenda pour demain ?

L'Institut de la Vie, depuis 1997, a développé diverses actions, notamment au Sud (au Rwanda, au Nord Est du Congo) sur le thème de l'agriculture urbaine.

Un récent séminaire (Ath, Lille, Bruxelles) en septembre 2002, a rapproché des expériences de jardinage urbain d'Europe et d'Afrique.

L'Institut de la Vie travaille également à Anderlecht au sein d'un centre regroupant des femmes turques et magrebines, en des ateliers de la parole, sur le thème de l'autonomisation et plus récemment des parcours scolaires difficiles.

Pour en savoir plus

6-Jardins et santé

7-Les séminaires

7.1 Atelier régional sur l'agriculture et les nouvelles dynamiques urbaines en Afrique Centrale du 20 au 24 novembre 2006 à Bukavu (RDC)


7.2 -Séminaire sur :Villes du Nord et villes du Sud; A la rencontre de l'agriculture urbaine; septembre 2002

Actes

Sommaire

Expériences d'agriculture urbaine en Belgique

Liste des expériences d'agriculture urbaine en Belgique et en France

- questionnaire d'enquête sur l'agriculture urbaine à Bujumbura