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Projet de recherche
Malgré le foisonnement des travaux scientifiques observé ces dernières décennies en études urbaines, le cloisonnement disciplinaire reste souvent de mise et de nombreuses pistes de recherche demeurent inexplorées. En s'intéressant à la problématique de l'identification, du rôle et de la place des élites dans les processus de recomposition urbaine pour les trois derniers siècles de l'histoire de Bruxelles, le projet d'ARC "Les élites dans la ville", qui réunit géographes, historiens et sociologues, a l'ambition de combler partiellement ces lacunes.
La question des
élites a en effet rarement été traitée dans l'étude de la composition
de l'espace urbain. En sciences sociales et en géographie, la
résurgence de la question sociale dans le champ urbain a eu pour
conséquences de privilégier la recherche sur la pauvreté, délaissant
les sphères sociales privilégiées. En histoire, la
problématique
des modes d'action de ces groupes sur la ville a souvent été étudiée
pour des périodes anciennes et en utilisant le terme d'élite comme un
paravent contre les anachronismes. Les élites de l'espace
bruxellois n'ont donc pas encore été mises sous la loupe, bien que
cette ville constitue depuis le Moyen-Âge un pôle d'attraction
pour des
populations relevant de cette étiquette.
L’objectif
principal de cette recherche interdisciplinaire, débutée en octobre
2006, est d’analyser les modes opératoires (emprise foncière,
résidence, production d’espaces spécifiques, mise en fonctionnement de
réseaux influents, prise de position publique sur ce que devrait être
la ville, insertion dans les sphères de décision, etc.) utilisés par
certains groupes élitaires pour agir sur la ville, lui donner
forme et
signification. Si certains groupes détiennent des leviers de
pouvoir et des capacités d'action sur la ville, mais aussi des libertés
de choix, notamment en matière résidentielle, plus étendus que d'autres
acteurs urbains, qu'en est-il exactement de ces pouvoirs spécifiques ?
Pour tenter de répondre à ces questions, la recherche repose sur trois thèses de doctorat, dans chacune des disciplines concernées (Louise Babar - géographie, Anne Bauwelinckx - histoire, Céline Tellier - sociologie), ainsi que sur un vivier important de chercheurs actifs dans les études urbaines. L'orchestration du projet est assurée par un.e post-doctorant.e lui/elle-même formé à l'interdisciplinarité.






