Gaia: premiers résultats du cartographe de l'espace

L'Agence Spatiale Européenne (ESA) vient de révéler les premiers résultats publics de la mission Gaia. Lancé fin 2013, le satellite a pour but de réaliser une carte 3D de notre Galaxie, en fournissant la distance, la vitesse ainsi que la composition chimique d'un milliard d'étoiles.

L'ESA vient de donner accès à la distance et au mouvement de plus de 2 millions d'étoiles, récoltés par ce cartographe de l'espace. Des données particulièrement intéressantes pour les astrophysiciens, qui se basaient jusqu'à présent sur les distances de "seulement" 118.000 étoiles fournies par Hipparcos, un satellite lancé en 1989 par l'ESA.

"Disposer de la distance d'une étoile permet de directement convertir la quantité de lumière reçue sur Terre en celle émise par l'étoile", expliqueDimitri Pourbaix, chercheur FNRS à l'Institut d'Astronomie et d'Astrophysique (Faculté des Sciences) et représentant belge dans le consortium de réduction des données Gaia, "Les astrophysiciens stellaires (dont ceux de l'ULB) sont donc directement intéressés par cette moisson de distances, mais ce ne sont pas les seuls. Chaque fois qu'une équipe annonce la découverte d'une nouvelle exo-planète dans la zone habitable d'une étoile, cela suppose la connaissance de la distance de cette étoile. Pour l'instant, les astronomes adoptent les distances fournies par Hipparcos et des approximations de distances pour les autres. Depuis ce mercredi, ils disposent de 2 millions de distances précises".

[photo: © ESA-ATG medialab/ESO-S. Brunier]


Master international en études urbaines

Le 5 septembre derniers, les recteurs Didier Viviers (ULB) et Paul De Knop (VUB) ont signé un accord de coopération pour créer ensemble un master en études urbaines. Depuis plus d'un an, les chercheurs et professeurs des deux institutions ont élaboré les lignes de force d'un nouveau et très attractif programme d'études sur la ville. À travers cet accord, les deux recteurs sortants invitent donc leur successeur respectif à poursuivre l'initiative pour lancer au plus tôt ce nouveau programme.

Le futur master vise à attirer à Bruxelles des étudiants internationaux dans le cadre d'un programme interdisciplinaire de très haut niveau. Les deux institutions s'appuieront sur leurs principaux centres de recherches actifs dans le domaine des études urbaines et tireront profit de l'expérience acquise par le très populaire programme Erasmus Mundus 4CITIES (www.4cities.eu).

Du côté de l'ULB, ce programme permettra de fédérer les équipes de recherche disséminée dans différentes facultés, entre autres l'Institut d'urbanisme et d'aménagement du territoire du service BATir (École polytechnique de Bruxelles), l'Institut de gestion de l'environnement et d'aménagement du territoire - IGEAT (Faculté des Sciences) et la Faculté d'Architecture La Cambre-Horta. La collaboration s'étendra même au-delà de ces trois facultés pour les compétences liées à la sociologie, l'histoire, le droit et l'économie afin de développer une offre intégrée et interdisciplinaire de programmes autour de la ville.

Ce projet s'inscrit parfaitement dans la stratégie d'ouverture vers la ville que la nouvelle rectrice de la VUB, Caroline Pauwels et le nouveau recteur de l'ULB, Yvon Englert souhaitent imprimer à leurs institutions respectives.


Comment les caméléons capturent leurs proies avec un piège adhésif étonnant

Sous une apparence nonchalante, les caméléons sont des prédateurs redoutables qui capturent leur proie en projetant soudainement leur langue avec une formidable précision. Ils peuvent même capturer des proies pesant jusqu'à 30% de leur propre poids ! Des chercheurs de l'Université libre de Bruxelles et de l'Université de Mons, en collaboration avec le Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris se sont penchés sur ce piège adhésif étonnant. Leur étude paraît dans la revue Nature Physics.

Un caméléon est un animal fascinant présentant de nombreuses caractéristiques étonnantes. Ses mains comportent des doigts séparés en deux groupes opposables lui permettant, telle une pince, de s'agripper fermement aux branches. Ses yeux ont une mobilité indépendante lui assurant un vaste champ de vision. Sa peau change de couleur grâce à la modification de l'organisation de nanocristaux qu'elle contient dans certaines cellules. Mais sa caractéristique la plus emblématique est peut-être sa langue protractile lui permettant d'attraper des proies à distance.

Sous une apparence nonchalante, les caméléons sont des prédateurs redoutables laissant peu de chances à leurs proies qu'ils capturent en projetant soudainement leur langue avec une formidable précision. Durant une capture, leur langue peut être projetée avec une accélération allant jusque 1500 m/s² et s'allonger pour atteindre une longueur d'environ deux fois leur taille. De cette manière, ils sont capables occasionnellement de capturer des proies pesant jusque 30% de leur propre poids. Une adhésion suffisante entre la proie et la langue est donc nécessaire pour permettre la capture de telles proies.

Emmenés par Fabian Brau de l'Université libre de Bruxelles, ULB – Unité de chimie physique non linéaire, Faculté des Sciences – et Pascal Damman de l'Université de Mons – Laboratoire Interfaces & Fluides Complexes –, des chercheurs de l'ULB, l'UMONS et du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris viennent de montrer que le mucus secrété au bout de la langue des caméléons avait une viscosité 400 fois supérieure à celle de la salive humaine.

Une méthode originale a été employée pour mesurer la viscosité de ce fluide secrété en très petite quantité. Une lame de microscope, placée devant une proie pour inciter le caméléon à projeter sa langue, permet de récolter un film mince mucus. Cette lame est ensuite placée sur un plan incliné. Le mouvement d'une bille de métal roulant sur cette dernière est alors filmé avec une caméra rapide. Sous l'action combinée de l'accélération gravitationnelle et de la force visqueuse produite par le fluide, la vitesse de la bille se stabilise pour atteindre une valeur constante, comme lors de la chute d'un parachutiste. La mesure de cette vitesse caractéristique permet de calculer la viscosité du fluide.

Cependant, la viscosité seule ne permet pas de connaitre la force d'adhésion entre la langue et la proie. En effet, cette force résulte de la résistance à se déformer du film de mucus lors d'un étirement soudain. Il faut donc également connaitre la vitesse à laquelle le mucus, se trouvant entre la proie et le bout de la langue, sera étiré durant une capture pour connaitre cette force de résistance (la force d'adhésion). Des outils de mécanique combinés avec des mesures de la morphologie de la langue ont permis de développer un modèle dynamique de capture de proie. Il montre qu'au-delà d'une valeur critique de la taille de la proie, le film de mucus rompt libérant ainsi cette dernière du piège mortel. Cette taille critique, qui dépend de la taille des caméléons, décrit bien l'évolution des plus grandes proies capturées par ces prédateurs tout en étant supérieure. Ce « facteur de sécurité » permet aux caméléons de capturer leur proies même quand les conditions ne sont pas optimales (contact partiel avec la proie ou proie fermement agrippée à son support).

La déformabilité de la langue durant la projection, produisant une grande surface de contact entre cette dernière et la proie, combinée à la viscosité élevée du mucus constitue donc un piège adhésif particulièrement efficace.

Publiée dans la revue Nature Physics de ce 20 juin, cette étude interdisciplinaire fournit une nouvelle méthodologie pour l'étude de la capture des proies par d'autres prédateurs, comme les salamandres ou les crapauds, se nourrissant de cette manière.

Fabian Brau, Déborah Lanterbecq, Leïla-Nastasia Zghikh, Vincent Bels, and Pascal Damman

Dynamics of prey prehension by chameleons through viscous adhesion

Nature Physics 2016, Advance Online Publication June 20, 2016, DOI:10.1038/nphys3795


MIT Technology: une ulbiste primée

Chaque année, depuis 1999, la prestigieuse revue MIT Technology révèle une nouvelle génération de chercheurs/innovateurs de moins de 35 ans, travaillant sur des thématiques globales pouvant changer notre façon de vivre. Cette année Allison Derenne, chercheuse au Laboratoire Structure et Fonction des membranes biologiques (SFMB) de la Faculté des Sciences, a été sélectionnée parmi 8 autres nominés pour sa volonté d'accélérer le développement et la production de biopharmaceutiques grâce à la spectroscopie infrarouge.

Depuis 2013, la chercheuse élabore des méthodes innovantes pour analyser la structure et la composition des protéines thérapeutiques, sur la base de l'expertise et des compétences développées depuis plus de 10 ans au laboratoire SFMB. Actuellement, Allison monte une spin-off nommée Spectralys Biotech, dont l'objectif est d'offrir des services et méthodes analytiques rapides, fiables et innovants aux entreprises biopharmaceutiques, en tirant parti de son expertise en spectroscopie infrarouge : la technologie développée par la chercheuse permettrait d'analyser plusieurs paramètres des protéines simultanément, sans calibrer les instruments à chaque fois, et de manière beaucoup plus rapide que les techniques actuelles.


Nouveau Master en Agroécologie

Circuits courts, production biologique, travail du sol sans labour, maraîchage en permaculture, agriculture urbaine, etc. Dans le domaine agroalimentaire, les nouvelles initiatives de transition ne cessent d'éclore. Le plus souvent, elles répondent aux associations et citoyens inquiets devant les crises planétaires (climat, biodiversité, énergie). Encore faut-il que les agriculteurs puissent être accompagnés par des professionnels disposant des compétences nécessaires pour concrétiser et crédibiliser les projets.

Le nouveau Master en Agroécologie interuniversitaire (ULg, ULB, Université Paris–Saclay, Agro Paris Tech), proposé dès la rentrée académique prochaine, tombe à propos. Son objectif: former des acteurs capables d'accompagner la transition agroécologique des systèmes de production alimentaire dans un contexte européen et tropical.

Ce modèle exige des approches interdisciplinaires qui permettront d'appréhender les systèmes de production et les systèmes alimentaires dans toute leur complexité. Ce changement est tel qu'il requiert qu'un nombre important d'acteurs tels que des conseillers techniques, des chercheurs, des enseignants soient formés pour accompagner cette transition agroécologique.

Le programme s'articule autour de 4 grands modules d'enseignement complété par des projets, des études de cas, des visites de terrain et des mises en situation permettant à l'étudiant d'être dans une posture active d'apprentissage. Le travail de fin d'études et le stage permettront à l'étudiant de découvrir de manière approfondie le monde professionnel de l'agroécologie. Enfin, un certain nombre de cours seront données en langue anglaise afin de plonger l'étudiant dans un contexte linguistique international favorable à son évolution professionnelle future.

Plus d'information:www.master-agroecologie.eu