Jeudi l 25-01-2018
An efficient statistical method to compute molecular collisional rate coefficients

Plus de deux cent molécules ont été observées dans l'espace à ce jour à l'aide de télescopes au sol ou à bord de satellites. L'interprétation des observations recueillies nécessite de connaître la manière dont ces molécules interagissent entre elles, ce qui constitue une difficulté majeure.


Une nouvelle méthode théorique permettant d'étudier l'excitation de molécules interstellaires hautement réactives lors de collisions a été mise au point. Cette méthode se base sur un traitement statistique de la collision et permet d'obtenir des résultats très précis avec des temps de calcul drastiquement réduits. Ce nouveau travail ouvre la voie à une meilleure modélisation de l'abondance de ces molécules dans les milieux astrophysiques et par conséquent, à une meilleure compréhension de la physico-chimie des nuages moléculaires interstellaires où naissent les étoiles et les planètes.

The Astrophysical Journal Letters vol. 853 p. L5 (2018)

Jeudi l 18-01-2018
Le décryptage génétique des troubles neurodéveloppementaux amélioré

Depuis plusieurs années, l'évolution et le développement des outils de diagnostic génétique a mis en évidence la prévalence d'anomalies génétiques liées aux troubles du neurodéveloppement (TND).

Rassemblés au sein de l'Institut interuniversitaire de bioinformatique de Bruxelles (IB)², une équipe de recherche dirigée par les docteurs Guillaume Smits, Nicolas Deconinck et Catheline Vilain de l'HUDERF et le professeur Gianluca Bontempi de l'ULB (Machine Learning Group, Faculté des Sciences) ont travaillé à l'intégration de grands ensembles de données génomiques, épigénomiques, transcriptomiques et cliniques de ces troubles.

L'étude menée par Claudio Reggiani concerne le gène DLG2, un gène qui joue un rôle important dans le développement, la plasticité et la stabilité des synapses, la zone dans laquelle deux neurones se touchent et échangent des informations. La perte partielle de ce gène a été observée chez deux patients de l'HUDERF atteints de TND.

Publiés dans le journal scientifique Genome Medicine, les travaux ont permis d'identifier deux nouveaux promoteurs et exons codant pour des isoformes protéiques du gène DLG2, conservés chez l'homme et la souris et présents dans le cerveau fœtal. La suppression de ces nouvelles régions est apparue comme étant statistiquement associée au retard de développement et à la déficience intellectuelle dans deux cohortes indépendantes de patients, confortant ainsi le rôle pathogène de ces nouveaux éléments dans les symptômes des deux patients de l'HUDERF.

La contribution scientifique majeure est une nouvelle méthode pour l'intégration des données génétiques et fonctionnelles, qui se fonde sur un modèle additif de plusieurs signaux pertinents présents dans les bases de données. Avec l'aide des plates-formes de calcul big-data et distribuées (Hadoop/Spark), les outils développés ont permis la combinaison originale de tels signaux selon critères biologiques. Outre que le cerveau, la méthode d'intégration est applicable aux autres tissus du corps humain.

Novel promoters and coding first exons in DLG2 linked to developmental disorders and intellectual disability.
Référence Genome medicine, 9, 1, (page 67)

Mercredi l 10-01-2018
Archéologues et Géologues: une collaboration fructueuse

Les Bouches de Bonifacio, séparant la Corse de la Sardaigne, sont un passage maritime stratégique. Les îles de ce détroit – Lavezzi côté corse et Maddalena du côté sarde – ont dès lors fait l'objet d'une occupation intense, à toutes les époques.


Les vestiges archéologiques de cette région, et en particulier les carrières de granite, intéressent les archéologues car l'exploitation de la pierre était un enjeu important de l'économie régionale à l'époque romaine. De plus, la compréhension de l'exploitation du granite permet d'éclairer les fonctions des bâtiments environnants et, plus généralement, les motivations économiques de l'occupation romaine, et les routes d'échange à cette époque.

Au mois d'octobre, Nadine Mattielli (Laboratoire G-TIME, Faculté des Sciences) a rejoint l'équipe de Sébastien Clerbois (CReA-Patrimoine, Faculté de Philosophie et Sciences sociales) en collaboration avec la FAW (Fédération des archéologues de Wallonie et de Bruxelles) sur le terrain afin de réaliser une étude pétrologique et géochimique des granites des Bouches de Bonifacio. Les buts de la mission consistaient à (1) prospecter les sources d'extraction sur ces îles (seules quelques carrières ont été répertoriées et sont bien connues dans la littérature scientifique, mais beaucoup d'autres sites d'extraction ont été identifiés par le CReA en 2016 et lors de cette mission en 2017), (2) à étudier le potentiel archéologique des zones de carrière, et (3) à établir le lien entre les sites d'extraction, et les pierres utilisées pour la construction de la villa romaine Piantarella et d'autres bâtis.

Grâce à l'observation sur le terrain, les affleurements de granite, calcaire et craie qui ont alimenté les différentes phases de construction des murs de la villa Piantarella ont été identifiés; le lien devra être confirmé par les analyses géochimiques. Il a été également confirmé que l'exploitation romaine se concentrait sur l'île de San Bainzu, Cavallo et Lavezzi.

Mardi l 09-01-2018
Rencontre entre étudiants du programme TROPIMUNDO

Du 7 au 11 décembre dernier, les étudiants du programme TROPIMUNDO (Erasmus Mundus Masters Course in Tropical Biodiversity and Ecosystems), en provenance de Paris, Florence et Kourou ont rejoint ceux de Bruxelles à l'ULB, ainsi que tous les coordinateurs locaux des institutions partenaires, pour leur conférence annuelle.

Cours, conférences, activités de team-building, présentation de la structure du programme et plus particulièrement des différentes destinations où seront effectués les terrains sous les Tropiques ont ponctué ces quelques jours. Le tout s'est terminé par un dîner convivial à la Maison des Anciens de l'UAE où étaient aussi présents Muriel Moser et Eric Jespers, doyens des Facultés des Sciences de l'ULB et de la VUB, Marie-Soleil Frère, vice-rectrice aux Relations internationales et à la Coopération au développement de l'ULB, Luc Leyns et Serge Aron, présidents des départements de Biologie de la VUB et de l'ULB ainsi que des professeurs impliqués dans le programme TROPIMUNDO.

Ce programme, coordonné par le professeur Farid Dahdouh-Guebas de l'ULB, réunit 10 institutions partenaires réparties sur 5 continents (dont 5 destinations tropicales). Il recrute chaque année une trentaine d'étudiants internationaux arrivant de tous les horizons. La conférence a donc réunit une soixantaine d'étudiants en provenance de plus de 30 pays différents. Les diplômés reçoivent des diplômes multiples des différentes universités européennes impliquées dans les mobilités.

L'originalité de ce programme en biologie tropicale est de permettre aux étudiants de passer tout un semestre en école de terrain dans les tropiques humides de l'Amazonie, de l'Afrique, de l'Asie et/ou de l'Australie.

Plus d'information: www.tropimundo.eu

Vendredi l 22-12-2017
Des cellules bouillonnantes à la surface d'une étoile géante

La surface bouillonnante d'une étoile géante a été observée par une équipe internationale d'astrophysiciens dirigée par des chercheurs de l'Institut d'Astronomie et d'Astrophysique de l'Université libre de Bruxelles. L'étoile Pi Gruis, avec un rayon 640 fois plus grand que celui du Soleil, a révélé d'énormes cellules de convection à sa surface, similaires à celles que l'on trouve sur le Soleil mais soixante mille fois plus grandes. Ce travail est publié dans la revue Nature du 20 décembre 2017 (1).

Cette équipe (2) a utilisé l'instrument PIONIER (3) équipant le Very Large Telescope Interferometer (VLTI) de l'Observatoire Européen Austral (ESO) au Chili, pour étudier la surface de l'étoile. L'interférométrie est une technique qui permet de combiner la lumière de 4 télescopes (4) simultanément afin d'obtenir un plus grand pouvoir de résolution angulaire, c'est-à-dire de distinguer des détails très proches sur le ciel. Grâce à cette technique, l'équipe a pu reconstruire l'image de la surface de l'étoile et observer ainsi les cellules de convection. Elles sont dues au flux de chaleur transportée par la matière qui monte de l'intérieur vers la surface de l'étoile, de la même manière que les bulles formées par l'eau bouillante dans une casserole. La prouesse technique que cette observation représente est équivalente à celle qui consisterait à observer les motifs gravés sur une pièce de 1 EUR placée à une distance de 230.000 km, soit un peu plus de la moitié de la distance Terre – Lune (5) !

L'étoile Pi Gruis est située dans la constellation australe de la Grue, à une distance de 530 années-lumière. C'est une étoile de masse à peine plus élevée que le Soleil arrivée presqu'au terme de son évolution. A ce moment, la taille de l'étoile est colossale, au point qu'à l'échelle du système solaire, l'étoile Pi Gruis engloberait l'orbite de la planète Mars. C'est ce qui risque également de se produire pour le Soleil dans 8 milliards d'années environ. A ce moment, si comme prévu, le Soleil suit les traces de Pi Gruis, les 2 millions de cellules de convection (aussi appelées « grains de riz ») d'une taille de ~2000 km qu'il présente actuellement sur sa surface se transformeront en quelques structures géantes comme celles qui viennent d'être découvertes. Les cellules de convection de Pi Gruis atteignent une taille de 120 millions de km, soit environ 100 fois le diamètre du Soleil! Cette image de la surface d'une étoile - la plus détaillée obtenue à ce jour - révèle qu'une cellule de convection occupe presque 30% de la surface de l'étoile. Ces propriétés valident les modèles actuels décrivant les flux de matière dans les couches les plus externes des étoiles dans ces phases ultimes de leur évolution.

1) Large granulation cells on the surface of the giant star π1 Gruis, Paladini et al., Nature, 20 décembre 2017

2) L'équipe est constituée de C. Paladini, A. Jorissen, S. Van Eck, C. Siopis, G. Sadowski de l'Institut d'Astronomie et d'Astrophysique de l'Université libre de Bruxelles, ainsi que de chercheurs de la Georgia State University (Etats-Unis), de l'Université Grenoble Alpes (France), de l'Université d'Uppsala (Suède), de l'Observatoire Européen Austral (Chili), de l'Université de Vienne (Autriche), de l'Université de Nice Sophia-Antipolis (France), et de l'Université d'Exeter (Grande-Bretagne). L'équipe de l'Université libre de Bruxelles est financée par le F.R.S.-FNRS, par la Fondation ULB, et par Belspo (PRODEX et Be-BRAIN/STARLAB).

3) PIONIER est un instrument conçu et réalisé à l'Institut de Planétologie et d'Astrophysique de Grenoble.

4) Les quatre télescopes auxiliaires du VLTI, chacun possédant un miroir d'un diamètre de 1.8 mètres, ont été construits par la firme belge AMOS (Advanced Mechanical and Optical Systems ; http://www.amos.be). Ils sont mobiles et se déplacent sur des rails afin de les relocaliser sur 30 stations d'observation, en fonction des besoins de la mesure. Voir http://www.eso.org/sci/facilities/paranal/telescopes/vlti/at.html et https://www.eso.org/public/news/eso0651/


Large granulation cells on the surface of the giant star π1 Gruis.

par Paladini, Claudia ; Baron, F.; Jorissen, Alain ; Le Bouquin, Jean Baptiste J.B.; Freytag, Bernd; Van Eck, Sophie ; Wittkowski, Markus; Hron, Josef; Chiavassa, Andréa ; Berger, J.-P.; Siopis, Christos ; Mayer, A.; Sadowski, Gilles ; Kravchenko, Kateryna ; Shetye, Shreeya ; Kerschbaum, Franz; Kluska, Jacques J.; Ramstedt, Sofia
Référence Nature (London)