Marc Henneaux reçoit le Prix Bogoliubov

Le professeur Marc Henneaux - service de Physique mathématique des interactions fondamentales, Faculté des Sciences - vient de recevoir à Dubna (Russie) le Prix Bogoliubov, décerné par le Joint Institute for Nuclear Research, JINR.

Attribué par un jury international où siègent de nombreuses autorités scientifiques, ce Prix prestigieux récompense les travaux de Marc Henneaux sur la formulation théorique et mathématique des forces fondamentales de la nature, et en particulier la force de gravitation. Précisons que parmi les lauréats des années précédentes figurent notamment C.N. Yang (1996) et Y. Nambu (2001-2002), tous deux Prix Nobel de Physique, ainsi qu'Ilya Prigogine (ULB, Prix Nobel de Chimie).

Le prix est attribué simultanément à un scientifique russe et un scientifique étranger. Le lauréat russe 2014 est le Professeur Valery Rubakov de l'Institute for Nuclear Research de Moscou. Reconnu comme un des plus grands physiciens russes actuels, Valery Rubakov entretient aussi des relations scientifiques avec l'ULB et en particulier les service de Physique mathématique des interactions fondamentales et de Physique théorique, tous deux en Faculté des Sciences -.

L'attribution du Prix Bogoliubov à Marc Henneaux constitue une nouvelle reconnaissance internationale - le service compte notamment deux ERC Grants (Marc Henneaux et Geoffrey Compère) - de l'excellence de la physique théorique et mathématique à l'ULB initiée par T. De Donder, J. Géhéniau...


Les cafards aussi ont une personnalité

Une équipe de chercheurs de la Faculté des Sciences de l'ULB a mis en évidence chez la blatte américaine, une de ces espèces plus couramment appelées cafard, l'existence de différentes personnalités chez les individus.

Comment en sont-ils arrivés à cette conclusion ? Après avoir constitué des groupes d'individus de même âge et de même sexe, chacun étant identifié à l'aide d'une puce sur le thorax, ces groupes ont été testés dans des expériences de choix d'abris. Les chercheurs ont par exemple noté que si certains individus sont peu téméraires, et s'installent dans le premier abri rencontré, d'autres blattes, plus exigeantes, ne se décident qu'après avoir visité les différents abris présents dans le dispositif. Ces résultats ont ainsi permis aux chercheurs d'identifier des traits de personnalités qui diffèrent entre chaque cafard.

Mais cette espèce qui vit en groupe, est aussi capable de réaliser des choix collectifs qui résultent du jeu complexe des personnalités de chaque individu et de la communication qui s'établit entre eux. Il en résulte à la fois une personnalité du groupe, qui n'est pas la moyenne de celles de ses membres, et qui est à l'origine de la capacité à résoudre des conflits au sein du groupe. Dès lors, comme dans le choix d'un restaurant par une bande de copains, il a été constaté que certains groupes de blattes parviennent aisément à une décision collective, tandis que d'autres, ayant des désaccords entre leurs membres, y arrivent avec difficulté. Pourtant, malgré ces différences de personnalités individuelles, à la fin de chaque expérience l'ensemble du groupe arrive a un consensus et finit toujours entassé dans le même abri. L'équipe de l'ULB espère maintenant grâce à de nouvelles expériences, pouvoir mieux comprendre comment le réseau des communications et des personnalités contrôle la dynamique sociale.

Le détail de cette étude est disponible sur : http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/282/1802/20142515


Comment des surfaces se rident

Prenez un raisin, laissez-le sécher et vous le verrez se réduire et sa peau se rider. Connu dans la nature, ce phénomène est le résultat d'une instabilité mécanique: le volume du raisin diminue, sa peau est trop rigide pour s'adapter et se met à onduler, à se rider...

En postdoctorat au MIT (Massachusetts Institute of Technology), Denis Terwagne – service de Sciences des Polymères, Faculté des Sciences – a exploré ce phénomène expérimentalement, en laboratoire équipé de machines de prototypage rapide. « Des outils de fabrication digitale tels que, par exemple, une imprimante 3D, nous ont permis d'étudier l'instabilité mécanique sur des sphères qui, lorsqu'on réduit la pression de l'air à l'intérieur, finissent par ressembler à des balles de golf, avec leurs ondulations. Ces observations de mécanique du solide, nos collègues mathématiciens les ont traduites en équations qui permettent aujourd'hui de prédire de manière universelle la morphologie de cette instabilité mécanique sur n'importe quelle géométrie de surface », explique le chercheur. L'étude vient d'ailleurs d'être publiée dans la revue Nature Materials.

De retour en Faculté des Sciences, Denis Terwagne poursuit ses explorations expérimentales et équipe actuellement son laboratoire en machine de prototypage rapide: imprimante 3D, découpeuse laser... «Grâce à ces nouveaux outils, l'expérimentateur bénéficie d'une immense potentialité de création. En interagissant directement avec la matière, il gagne en intuition physique », insiste Denis Terwagne. « Je suis en contact avec des chercheurs de la Faculté d'Architecture qui ont créé le FabLab ULB et je travaille également avec des collègues de l'Ecole Polytechnique de Bruxelles, etc. C'est l'un des intérêts de ce type d'approche : amener l'interdisciplinarité », ajoute-t-il.


Le VIH contrôle la voie NF-kappaB

Le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) et son cousin simien (VIS) ont développé un contrôle très précis de cette voie d'activation cellulaire NF-kappaB. Cette voie favorise la réponse immunitaire mais est également utile pour l'expression des protéines virales.

Les recherches menées par le Service de Virologie moléculaire (IBMM, Faculté des Sciences) et leurs homologues allemands (Institut de Virologie Moléculaire de l'Hôpital Universitaire de Ulm) ont permis de mettre en évidence l'implication des protéines virales NEF et VPU dans le contrôle de NF-kB, tant chez le VIH-1 que pour la plupart des lentivirus de primate. Exprimée précocement au cours du cycle réplicatif viral, NEF permet d'augmenter l'activation de la voie de signalisation NF-kB pour initier efficacement la transcription virale. Par la suite, VPU joue le rôle opposé en réprimant l'expression des gènes anti-viraux afin d'éviter une réponse immunitaire trop importante.

Ces résultats, publiés dans la revue Cell Reports du 3 février 2015, suggèrent donc qu'une régulation précise de l'activité de NF-kB par les effets opposés de NEF et VPU joue un rôle-clef dans la réplication du VIH-1, l'évasion immune et la pathogénèse du SIDA.


Car-sharing de voitures électriques

Le car-sharing de voitures électriques est souvent présenté comme une réponse aux problèmes de mobilité et de pollution en ville. Mais comment optimiser cette solution? La question est au cœur d'un projet Urban Europe qui réunit depuis quelques semaines, des partenaires autrichiens, italiens et belges: le projet e4-Share – Models for Ecological, Economical, Efficient, Electric Car-Sharing – auquel participe Bernard Fortz, service Graphes et Optimisation Mathématique, Faculté des Sciences.

« Notre groupe va développer des algorithmes pour optimiser la gestion de voitures électriques partagées, avec un système flexible, c'est-à-dire sans réservation des véhicules. Nous tenterons de répondre mathématiquement à des questions aussi concrètes qu'Où installer les stations de recharge pour ces voitures électriques? ou Comment réguler les stocks et les déplacements des véhicules entre parcs automobiles, en prenant en compte notamment les besoins des utilisateurs ou le temps de recharge des voitures? » explique Bernard Fortz, « Grâce au soutien d'Innoviris, nous étudions ces questions à Bruxelles, où nous collaborons avec une société bruxelloise qui gère des voitures électriques, ce qui nous permet d'être au plus près du terrain ».

 

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