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Marc Henneaux reçoit le Prix Bogoliubov

Lundi le 23-02-2015

Le professeur Marc Henneaux - service de Physique mathématique des interactions fondamentales, Faculté des Sciences - vient de recevoir à Dubna (Russie) le Prix Bogoliubov, décerné par le Joint Institute for Nuclear Research, JINR.

Attribué par un jury international où siègent de nombreuses autorités scientifiques, ce Prix prestigieux récompense les travaux de Marc Henneaux sur la formulation théorique et mathématique des forces fondamentales de la nature, et en particulier la force de gravitation. Précisons que parmi les lauréats des années précédentes figurent notamment C.N. Yang (1996) et Y. Nambu (2001-2002), tous deux Prix Nobel de Physique, ainsi qu'Ilya Prigogine (ULB, Prix Nobel de Chimie).

Le prix est attribué simultanément à un scientifique russe et un scientifique étranger. Le lauréat russe 2014 est le Professeur Valery Rubakov de l'Institute for Nuclear Research de Moscou. Reconnu comme un des plus grands physiciens russes actuels, Valery Rubakov entretient aussi des relations scientifiques avec l'ULB et en particulier les service de Physique mathématique des interactions fondamentales et de Physique théorique, tous deux en Faculté des Sciences -.

L'attribution du Prix Bogoliubov à Marc Henneaux constitue une nouvelle reconnaissance internationale - le service compte notamment deux ERC Grants (Marc Henneaux et Geoffrey Compère) - de l'excellence de la physique théorique et mathématique à l'ULB initiée par T. De Donder, J. Géhéniau...

Europe: religion et politique

Jeudi le 19-02-2015

Deux visions de l'Union européenne se confrontent souvent dans l'imaginaire collectif: à une Europe « club chrétien » est opposée une UE matérialiste, athée voire christanophobe. Ces deux visions ont en commun d'avoir peu de fondement empirique faute d'étude scientifique poussée sur la question. Le projet européen ReIEP qui vient de se terminer après 4 années de recherches offre désormais quelques premières réponses.

Difficile – en Europe, la question religieuse est encore tabou -, l'enquête a réuni des chercheurs de 9 universités européennes et hors-Europe – une comparaison avec les Etats-Unis a été aussi menée -, sous la coordination de l'ULB et plus précisément de François Foret, chercheur au Cevipol - Faculté des Sciences sociales et politiques - et à l'Institut d'Etudes européennes, IEE.

« Nous avons réuni les interviews de 167 députés européens, soit un échantillon qui nous donne un tableau nuancé et complexe. Nous avons observé que la religion est certes présente au Parlement européen: elle joue un rôle secondaire, diffus et cependant significatif comme source éthique. Les parlementaires sont influencés par leur appartenance religieuse, qui interagit étroitement avec leur appartenance nationale et partisane. La variable religieuse en tant que tellen'intervient explicitement que sur des questions éthiques limitées, rarement à l'agenda européen: l'avortement, l'euthanasie, les pratiques sexuelles... En contradiction avec l'image du Parlement européen comme « forteresse assiégée », les groupes d'intérêt sont également présents mais n'entrent en contact avec les députés que quelques fois par an, voire par législature », souligne François Foret, co-auteur d'un livre (Cambridge University Press), sur cette question. François Foret poursuit ses recherches, notamment via une ARC – Action de recherche concertée – sur les « valeurs européennes », aux côtés de Ramona Coman (Cevipol) et François Heinderyckx (RESIC).


Personnalités et cafards

Des chercheurs de l'unité Ecologie sociale en Faculté de Sciences ont mis en évidence chez la blatte américaine, une de ces espèces plus couramment appelées cafard, l'existence de différentes personnalités chez les individus.

Comment les chercheurs sont-ils arrivés à cette conclusion? Après avoir constitué des groupes d'individus de même âge et de même sexe, chacun étant identifié à l'aide d'une puce sur le thorax, ces groupes ont été testés dans des expériences de choix d'abris. Les chercheurs ont par exemple noté que si certains individus sont peu téméraires, et s'installent dans le premier abri rencontré, d'autres blattes, plus exigeantes, ne se décident qu'après avoir visité les différents abris présents dans le dispositif. Publiés dans Proceedings B, ces résultats ont ainsi permis aux chercheurs d'identifier des traits de personnalités qui diffèrent entre chaque cafard.

Mais cette espèce qui vit en groupe, est aussi capable de réaliser des choix collectifs qui résultent du jeu complexe des personnalités de chaque individu et de la communication qui s'établit entre eux. Il en résulte à la fois une personnalité du groupe, qui n'est pas la moyenne de celles de ses membres, et qui est à l'origine de la capacité à résoudre des conflits au sein du groupe. Dès lors, comme dans le choix d'un restaurant par une bande de copains, il a été constaté que certains groupes de blattes parviennent aisément à une décision collective, tandis que d'autres, ayant des désaccords entre leurs membres, y arrivent avec difficulté. Pourtant, malgré ces différences de personnalités individuelles, à la fin de chaque expérience l'ensemble du groupe arrive a un consensus et finit toujours entassé dans le même abri.

L'équipe de l'ULB espère maintenant grâce à de nouvelles expériences, pouvoir mieux comprendre comment le réseau des communications et des personnalités contrôle la dynamique sociale.


Retour à l'emploi après un cancer

Chaque année, 60.000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués en Belgique; environ 40% de ces patients sont âgés de 18 à 64 ans, donc en âge de travailler. Mais une fois guéris, combien (ré)intègrent le marché du travail? Aujourd'hui, on l'ignore. Collaboratrice scientifique au Centre du cancer, doctorante au centre de recherche Santé environnementale et Santé au travail de l'Ecole de Santé publique, Régine Kiasuwa compte bien répondre à cette question dans les prochains mois. Elle consacre en effet sa thèse de doctorat à quantifier le retour au travail en Belgique, après un cancer. Un retour loin d'être évident tant pour le travailleur que pour l'entreprise, en particulier lorsque la maladie a laissé des séquelles physiques ou psychologiques ou a amené à revoir ses priorités dans la vie.

« Mon objectif est de chiffrer ce retour tout en comparant différents facteurs potentiels – le type de cancer, son stade au moment du diagnostic, le traitement suivi, par exemple. La politique de l'entreprise influence aussi: certaines sociétés proposent des aménagements de fonction, d'horaire, etc tandis que d'autres placent la rentabilité en priorité. Aujourd'hui, on ignore lequel de ces facteurs a le rôle le plus déterminant dans ce retour au travail. le savoir devrait permette d'améliorer les initiatives de réinsertion professionnelle déjà existantes ou à créer », explique Régine Kiasuwa.

Régine Kiasuwa interviendra lors de la 17e Journée de Médecine du travail, organisée par l'Ecole de Santé publique, sur le thème Quel avenir pour la médecine du travail ?, le 13 mars, sur le campus Erasme de l'ULB.


Ceci n'est pas un titre

Ceci n'est pas un titre... Clin d'œil au célèbre « Ceci n'est pas une pipe » (La Trahison des images) de René Magritte, l'ouvrage qui vient de sortir sous la coordination de Laurence Brogniez - Faculté de Philosophie et Lettres -, et ses collègues de Clermont-Ferrand - Marianne Jakobi, Cédric Loire -, se penche sur le rôle du titre d'une œuvre dans la création artistique. Les chercheurs se sont intéressés à différentes formes d'art: peinture, littérature, musique... depuis le 19e siècle.

« Auparavant, les œuvres ne portaient pas de titre ou c'étaient les marchands, le commanditaires ou les collectionneurs, qui les nommaient. Au 19e siècle, le monde de l'art s'autonomise, il s'approprie le pouvoir de la parole et voit dans le titre un espace d'expression supplémentaire », commente Laurence Brogniez, « Gauguin et Signac notamment utiliseront le titre comme un espace de création et de dialogue avec l'œuvre. Plus tard, Marcel Duchamp défend l'idée du titre énigmatique, apportant une « couleur invisible » à l'œuvre. Le surréaliste René Magritte deviendra maître de l'art de ce genre de titre conçu comme une énigme. Dans les années '60, autre stratégie, on voit apparaître des œuvres sans titre, ou seulement pourvues un numéro de série... ».

On assiste à des phénomènes similaires en musique ou en littérature, les pratiques se croisent avec par exemple le compositeur Erik Satie qui emprunte à la poésie le titre de ses œuvres ou le peintre Whistler qui intitule ses toiles Nocturne, Harmonie, etc., à l'instar de pièces musicales.

A découvrir dans Ceci n'est pas un titre qui vient de paraître aux Editions Fage.


Fonds social européen: projets wallons

Les gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles viennent d'approuver les projets co-financés dans le cadre du FSE - Fonds social européen - 2014-2020, proposés après une présélection par un jury d'experts indépendants.

Les projets soumis par l'ULB - et tous retenus - représentent un budget de plus de 12 millions d'euros dont la moitié sera supportée par le FSE.

Le Biopark Formation, acteur-clef de la formation continue de l'ULB sur son campus de Charleroi proposera aux travailleurs, des formations de pointe et aux demandeurs d'emploi, des parcours de formation destinés à une insertion professionnelle rapide, orientés vers l'immunologie, l'imagerie, la culture cellulaire, etc. - axes prometteurs du secteur biomédical et biotechnologique. Ces activités se mettront en place en partenariat étroit avec les acteurs académiques, institutionnels et industriels du Biopark. Le campus développe en effet un écosystème liant étroitement R&D, innovation, développement industriel et formation pour soutenir le redéploiement économique de la région.

L'ULB s'inscrit également dans le projet MIRVAL+ visant à amplifier l'impact des activités de recherche appliquée des universités et hautes écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur l'innovation dans les entreprises.

Enfin, un projet de masters en alternance universitaires MaAU-Hainaut est également soutenu ainsi que le projet VAE2020 pour la valorisation de l'acquis des expériences.


Amérique latine: bilan 2014

Année 2014 particulière pour l'Amérique latine puisque sept élections présidentielles et d'importantes élections législatives (Colombie) et locale (Pérou) s'y sont tenues. De quoi intéresser les politologues, parmi lesquels Frédéric Louault. Chercheur du Cevipol, Faculté des Sciences sociales et politiques, il co-signe un chapitre à ce propos dans le LAPO 2014, présenté le 12 février dernier à l'ULB.

Les chercheurs observent que dans l'ensemble, « l'Amérique latine a connu plus de continuité que de changement, et la gauche demeure la force politique dominante du continent ». En d'autres termes, les électeurs ont globalement renouvelé leur confiance aux équipes sortantes et ce malgré un contexte de mécontentement social et de tassement ou faible croissance économique. « L'explication des résultats électoraux est bien plus à chercher dans les caractéristiques de l'offre électorale et les stratégie de campagne », soulignent les auteurs. Des campagnes souvent qualifiées de sales ou houleuses avec des « attaques frontales, agressivité, scandales à répétition, rebondissements spectaculaires et inespérés »...

 

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