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Groupe d'études sur l'Ethnicité, le Racisme, les Migrations et l'Exclusion
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Mathieu BIETLOT CP : 124 Tél : +32-2-650.34.77 Fax : +32-2-650.46.59 Email : Mathieu.Bietlot at ulb.ac.be Statut: Chercheur recherches en cours : - approche foucaldienne – recherches précédentes : Avril 2001 Octobre 2001 : Recherche portant sur " Les attitudes à l’égard des demandeurs d’asile à Bruxelles et en Wallonie ", commanditée par les SSTC et effectuée en collaboration avec le CEDEM de l’Ulg dirigé par Marco Martiniello. Janvier 2001 Mars 2001 : Recherche réalisée à la demande du Ministre de la Justice, Marc Verwilghen, sur "L’effectivité et l’efficience de la loi sur la nationalité du 1er mars 2000 " en collaboration avec Frank Caestecker (EHSAL). publications : La mise à l’écart de l’étranger. Centres fermés et expulsions. Coord. par Pierre-Arnaud Perrouty, Bruxelles, Editions Labor, 2004, 187 pages (17 euros). Bietlot Mathieu, " Des droits ou une nationalité pour tous ? " in Nouvelle Tribune, n°31/32 : " Quand la Belgique intègre ", mars/mai 2003, pp. 76-81 Bietlot Mathieu, " Du disciplinaire au sécuritaire : de la prison au centre fermé " in Multitudes, n°11, janvier 2003, pp. 57-66 Bietlot M., Caestecker F., Hardeman F., Rea A., 2002, Evaluation de l’application de la loi du 1er mars 2000. Dans : Devenir Belge, Un an d’application du nouveau code de la nationalité belge (loi du 1 mars 2000), ed. Bruylant, Bruxelles. Bietlot M., Rea A., " La paix à l’épreuve de la diversité culturelle et de la xénophobie" in P. Calame, B. Denis & E. Remacle, L’art de la paix : approche transdisciplinaire, actes du colloque du 9 novembre 2001 à l’U.L.B., à paraître (publication du Pôle Bernheim d’Etudes sur la Paix et la Citoyenneté). Bietlot Mathieu, " Multiples réveils citoyens et globalisation des luttes : une société civile en voie de constitution ? " in Les Cahiers Marxistes, n°215 : " Casino Planétaire", avril-mai 2000, pp. 107-132 Bietlot Mathieu, "A l’ère du trépas du Tripalium, métamorphoses sociales " in Les Temps Modernes, n°600, 53ème année, juillet-août-septembre 1998, pp.57-104
Les centres fermés : un dispositif de pacification de l’espace public et de limitation étatique de la citoyenneté à l’ère de la mondialisation ? - approche foucaldienne – Institués par la loi Tobback du 6 mai 1993, les centres fermés sont destinés à accueillir, pour une période limitée, certaines catégories d’étrangers faisant l’objet d’une décision de maintien, de détention ou de mise à disposition du Gouvernement. La détention des étrangers dans les centres fermés s’organise toujours en fonction de l’organisation du rapatriement ou du refoulement des intéressés vers leur pays d’origine ou vers un autre pays. Ces institutions s’inscrivent dans la continuité de la politique migratoire belge toujours plus restrictive depuis 1974. Peu étudiés jusqu’à présent, ces centres fermés méritent de faire l’objet d’une recherche scientifique. C’est ce que nous nous proposons de réaliser à partir d’une approche assez originale dans le champ des travaux relatifs aux politiques migratoires. Nous faisons l’hypothèse que les centres fermés constituent un nouveau dispositif pouvant faire l’objet d’une analyse s’appuyant sur les outils de recherche et les grilles de lecture élaborés par Michel Foucault. Les travaux de celui-ci très critiques en matière d’épistémologie des sciences humaines, rendent problématique la référence à sa pensée en sciences sociales et politiques (nous aurons à nous positionner à ce propos). Pourtant, une part majeure de ses travaux s’est focalisée, d’une part, sur les processus (normalisateurs) de délimitation et de maîtrise de l’anormalité ou de l’altérité, d’autre part, sur les différents dispositifs de contrôle et d’assujettissement, notamment à travers des lieux d’enfermement tels que les asiles, les prisons, les hôpitaux. Or, premièrement, la définition de l’Etat de droit suppose une délimitation entre citoyen et non citoyen, la pratique d’enfermement et d’éloignement des étrangers illégaux désigne clairement ceux-ci comme non-citoyens, non sujet de droit, figure de l’altérité. La différenciation entre citoyens nationaux et étrangers illégaux succèderait à d’anciennes différenciations entre parias, marginaux, personnes dangereuses et le reste de la société. A ce sujet, il sera intéressant de questionner le concept de citoyenneté à l’ère de la mondialisation : dès lors que circulent sans frontières les capitaux, les biens, les services, l’information ou la main d’œuvre nécessaire et que la souveraineté nationale se trouve effritée tant par le haut (mondialisation) que par le bas (régionalisme), les frontières étatiques peuvent-elles encore délimiter la citoyenneté ? Ensuite, les centres fermés nous paraissent tout à fait relever des logiques et techniques disciplinaires et de l’univers carcéral décrits par Foucault. Les institutions disciplinaires caractérisant la modernité, nous nous interrogerons sur l’évolution post-moderne de nos sociétés et sur le déploiement des mécanismes de contrôle (plus souples, plus discrets, plus rapides) prenant le relais de la discipline : le contrôle électronique des positions et déplacements succédant à l’enfermement et l’ordonnancement. Les centres fermés se situeraient peut-être à l’intersection de ces deux processus : milieu clos (disciplinaire) participant à la gestion des flux migratoires (contrôle). Nous étudierons donc les centres fermés en les abordant comme un dispositif au sens foucaldien : lieu de complexes relations de pouvoir, comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des décisions réglementaires, des lois, des mesures administratives… Dispositif dont nous ébaucherons la généalogie à travers l’analyse des dispositions légales et mesures administratives ayant présidé à leur mise en place et résultant de processus multiples parfois discontinus et contradictoires, où convergent des intérêts d’origine différente. Notre attention se portera également sur les règles et modalités de fonctionnement à l’intérieur des centres. L’étude d’un dispositif foucaldien implique de s’intéresser à leurs effets principaux et secondaires. Si l’effet visé officiellement par les mesures d’enfermement et d’éloignement des étrangers consiste à gérer les flux migratoires, lutter contre la clandestinité et pacifier l’espace public, force est de constater que ces institutions se révèlent assez inefficaces : des étrangers continuent de pénétrer légalement ou illégalement sur le territoire et sont toujours en rapport de concurrence avec les travailleurs ou allocataires d’aide sociale belges. La non remise en question officielle de cette inefficacité nous incite à supposer que ces dispositifs, à l’instar de la prison étudiée par Foucault, d’une part, s’enracinent en profondeur dans un système plus large, et, d’autre part, doivent remplir fonctions secondaire sous-jacentes. Le système plus large n’est autre que l’expansion du néolibéralisme avec sa logique d’austérité accompagnée d’une rhétorique de la forteresse assiégée, son besoin de main d’œuvre docile et peu onéreuse (travail clandestin, délocalisation sur place), sa tendance au dépérissement du rôle social de l’Etat au profit de son rôle policier. Les fonctions connexes et implicites nous semblent d’ordre symbolique et idéologique, les effets visés se situent davantage à l’extérieur des centres fermés qu’en leur sein : dissuader les candidats à l’asile de venir en Belgique et montrer à l’opinion publique que des mesures rigoureuses (gage de succès électoraux) sont prises pour empêcher « toute la misère du monde » de venir profiter de notre sécurité sociale. Il s’agirait donc davantage de pacifier l’opinion publique que l’espace public.
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dernière mise à jour 27/01/06