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Corinne TORREKENS
CP : 124
Tél
: +32-2-650.33.26
Fax
: +3-2-650.46.59
Email
: Corinne.Torrekens
at ulb.ac.be
Statut:
Chercheuse
recherches
en cours :
La
visibilité de l’islam au sein de l’espace public bruxellois
publications
:
Torrekens
C., « L’islam dans la capitale européenne :
vers l’émergence d’un islam européen ? »,
Emigrations et Voyages, vol
1, 1er semestre, avril 2005.
Document en
ligne
Torrekens, C., « Le
pluralisme religieux en Belgique », Diversité Canadienne, Volume 4 : 3,
automne 2005, pp 56-58.
Document en ligne
Torrekens, C., « Molenbeek :
avant-garde bruxelloise de la gestion de la diversité religieuse », Les
Cahiers de la Fonderie, n° 33, 2005, pp 62-66.
Document en ligne
conférence :
L’islam
en Belgique - 16 mars 2005
avec
Mohammed
Boulif, Philippe
Moureaux, Bernard
Clerfayt, Corinne
Torrekens, Mohammed El Battiui,
organisé par le cercle des étudiants socialistes
affiche

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à chercheurs
recherches en cours:
La présence de la religion musulmane au sein de l’espace public et
social des sociétés européennes est un phénomène en cours
d’implantation. Résultant de l’immigration étrangère de main-d’oeuvre
dans le courant des années 1960 et 1970 et de l’installation de
communautés principalement marocaine et turque, certaines manifestations
de la visibilité de l’islam en Belgique mais aussi ailleurs ont suscité,
et suscitent encore, des débats quant à l’homogénéité culturelle de la
société d’accueil. Les controverses liées à l’adaptation de salles en
lieux de prière réservés aux musulmans à la fin des années 1970 et au
début des années 1980 et celles, contemporaines cette fois, liées au
port du voile, illustrent ce propos. Qui plus est, la pratique de
l’islam a également nécessité l’adaptation du pays d’accueil et des
autorités publiques comme, par exemple, lors de la mise à disposition
des abattoirs et de l’organisation du ramassage des carcasses lors de
l’Aïd el-Kebir, la fête du mouton.
Or, les catégories analytiques issues des
recherches portant sur la logique migratoire ne suffisent plus, à elles
seules, à rendre compte de la totalité de l’inscription de l’islam dans
les sociétés européennes, pas plus que les études centrées sur
l’évolution de la religion musulmane au plan international. En effet,
l’islam en Belgique, et à fortiori à Bruxelles, n’est plus uniquement
une caractéristique liée à l’émigration de pays musulmans et tend même à
devenir un aspect normal du paysage, une figure native de la société.
L’islam est devenu un marqueur de l’identité territoriale et non plus
extra-territoriale. L’origine culturelle musulmane est désormais un
trait marquant pour une partie de la population et désigne même une des
différenciations majeures à l’intérieur de la “ société bruxelloise ”.
Car si la Belgique fait partie des six pays qui se spécifient à la fois
par le volume et le taux de présence des personnes d’origine musulmane,
Bruxelles est une des villes européennes au plus haut taux de présence
musulmane.
L’objectif principal de cette recherche est de pouvoir restituer dans un
cadre analytique la présence et la visibilisation de l’islam à
Bruxelles. Il s’agit en l’occurrence de pouvoir produire une
connaissance scientifique des islams présents à Bruxelles, d’identifier
leurs impacts sur la vie de certains quartiers et de repérer les modes
d’organisation locale en rendant compte des liens possibles entre les
institutions de l’islam, les mosquées, et d’autres institutions belges
(écoles, associations, partis politiques, etc.) et internationales
(Ligue islamique mondiale, etc.). Ceci suppose trois objets. Le premier,
qui s’inscrit dans une démarche d’analyse sociale et culturelle, vise à
établir une cartographie des différents modes d’appartenance à l’islam à
Bruxelles et consiste en une récolte de données qualitatives et
quantitatives dans un certain nombre de quartiers bruxellois où la
présence d’une communauté musulmane est facilement identifiable. Cet
objet d’étude porte sur ce qu’on pourrait qualifier d’islam ordinaire à
savoir toutes les manifestations quotidiennes et communautaires
organisant la vie des musulmans bruxellois. Derrière une image
globalisante de la communauté musulmane de Bruxelles, l’investigation de
terrain à la base de cet objet d’étude doit permettre de relever la
diversité de l’identité musulmane et sa visibilisation différenciée. Les
deux autres objets de cette recherche se situent à un niveau moins
ethnographique et s’inscrivent dans une démarche plus spécifiquement
politico-institutionnelle. Ainsi, il s’agit d’une part d’étudier
l’impact de l’identité musulmane locale sur les formes d’organisation
plus instituées, en particulier celles qui sont au centre de l’espace
public entendu comme espace de représentation et espace politique. Et
d’autre part, il s’agit d’évaluer les éventuels liens que les
communautés musulmanes de Bruxelles entretiennent avec leurs pays
d’origine ainsi qu’avec d’autres organisations islamiques
internationales. Ces objets nous permettront d’étudier les formes de
gestion de l’appartenance culturelle, religieuse et politique de l’islam
à Bruxelles et d’analyser la place qui est faite au religieux dans
l’espace public. Et afin de rendre compte de ces formes d’appartenance,
il est important de tenir compte d’un double point de vue : celui des
acteurs musulmans qui vivent subjectivement les formes d’appartenance à
l’islam ainsi que l’appréhension des formes organisées qui se donnent à
voir comme telles.
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